La légende des siècles, 1859· XII Dix-septième siècle Les mercenaires
Le Régiment du baron Madruce
(garde impériale suisse)
I
Lorsque le régiment‖ des hallebardiers passe,L'aigle à deux têtes, l'aigle‖ à la griffe rapace,L’aigle d’Autriche, dit :— Voilà le régimentDe mes hallebardiers‖ qui va superbement.Leurs plumets font venir‖ les filles aux fenêtres ;Ils marchent droits, tendant‖ la pointe de leurs guêtres ;Leur pas est si correct,‖ sans tarder ni courir,Qu'on croit voir des ciseaux‖ se fermer et s'ouvrir.Et la belle musique,‖ ardente et militaire !Leur clairon fait sortir‖ une rumeur de terre.Tout cet éclat de rire‖ orgueilleux et vainqueurQue le soldat muet‖ refoule dans son cœur,Étouffé dans les rangs,‖ s'échappe et se délivreSous le chapeau, chinois‖ aux clochettes de cuivre ;Le tambour roule avec‖ un faste oriental,Et vibre, tout tremblant‖ de plaques de métal ;Si bien qu'on croit entendre‖ en sa voix claire et gaieSonner allègrement‖ les sequins de la paie ;La fanfare s'envole‖ en bruyant falbala.Quels bons autrichiens‖ que ces étrangers-là !Gloire aux hallebardiers !‖ Ils n'ont point de scrupuleContre la populace‖ et contre la crapule,Corrigeant dans les gueux‖ mal vêtus la fureurDe venir regarder‖ de trop près l'empereur ;Autour des archiducs‖ leur pertuisane veille,Et souvent d'une fête‖ elle revient vermeille,Ayant fait en passant‖ quelques trous dans la chairDu bas peuple en haillons‖ qui trouve le pain cher ;Ils ont un air fâché‖ qui tient la foule en bride ;Le grand soleil leur creuse‖ aux sourcils une ride ;Ce régiment est beau‖ sous les armes, rêvantA la terreur qui suit‖ son drapeau dans le vent ;Il a, comme un palais,‖ ses tours et sa façade ;Tous sont hardis et forts,‖ du fifre à l'anspessade ;Gloire aux hallebardiers‖ splendides ! ces piquiersSont une rude pièce‖ aux royaux échiquiers ;On sent que ces gaillards‖ sortent des avalanchesQui des cols du Malpas‖ roulent jusqu'à Sallanches ;En guerre, au feu, ce sont‖ des tigres pour l'élan ;A Schœnbrunn, chacun d’eux a l’air d’un chambellan ;Auprès de leur cocarde‖ ils piquent une rose ;Et tous, en même temps,‖ graves, ont quelque choseDe froid, de sépulcral,‖ d'altier, de solennel,Le grand baron Madruce‖ étant leur colonel !Leur hallebarde est longue‖ et s'ajoute à leur taille ;Quand ce dur régiment est dans une bataille,— Lâchât-on contre lui‖ les mamelouks du Nil, —La meute des plus fiers‖ escadrons, le chenilDes bataillons les plus‖ hideux, les plus épiques,Regarde en reculant‖ ce sanglier de piques.Ils sont silencieux‖ comme un nuage noir ;Ils laissent seulement‖ par instants entrevoirUne lueur tragique‖ aux multitudes viles ;Parfois leur humeur change,‖ ils entrent dans les villes,Ivres et gais, frappant‖ leurs marmites de fer,Et font devant le seuil‖ des maisons un bruit fier,Heureux, vainqueurs, sanglants,‖ chantant à pleine boucheLa noce de la joie‖ et du sabre farouche ;Ils ont nommé, tuant,‖ mourant pour de l'argent,Trépas leur capitaine,‖ et Danger leur sergent ;Ils traînent dans leurs rangs,‖ avec gloire et furie,Comme un trophée utile‖ à mettre en batterie,Six canons qu'a pleurés‖ monsieur de Brandebourg.Comme ils vous font japper‖ cela contre un faubourg !Comme ils en ont craché‖ naguère la voléeSur Comorn, la Hongrie‖ étant démuselée !Et comme ils ont troué‖ de boulets le manteauDe Vérone, livrée au feu par Colalto !Les déclarations‖ de guerre les font rire ;Ils signent ce qu'il plaît‖ à l'empereur d'écrire,Sous les puissants édits,‖ sous les rescrits altiers,Au bas des hauts décrets,‖ ils mettent volontiersCe grand paraphe obscur‖ qu'on nomme la mêlée ;Leur bannière à longs plis,‖ toute bariolée,Est une glorieuse‖ et fait claquer son fouet ;Walstein, comme une foudre‖ au poing, les secouait ;Leur mode est d'envoyer‖ la bombe en ambassade ;Ils sont pour l'ennemi‖ de mine si maussadeQue s'ils allaient un jour,‖ sur la terre ou la mer,Guerroyer quelque prince‖ allié de l'enfer,Rien qu'en apercevant‖ leurs profils sous le feutre,Satan se sentirait‖ le goût de rester neutre.Aussi, lourde est la solde‖ et riche est le loyer.Quand on veut des héros,‖ il faut les bien payer.On n'a point vu, depuis‖ Boleslas Lèvre-Torte,Une bande de gens‖ de bataille plus forteEt des alignements‖ d'estafiers plus hagards ;Max en fait cas, Tilly‖ pour eux a des égards,Fritz les aime ; en voyant‖ ces moustaches féroces,Les femmes de la cour‖ ont peur dans leurs carrossesEt disent : « Qu'ils sont beaux !‖ » Leurs os sont de granit ;L'électeur de Mayence‖ en passant les bénit,Et l'abbé de Fulda‖ leur rit dans sa simarre ;Leur habit est d'un drap‖ cramoisi, que chamarreUn galon triomphal,‖ auguste, étincelant ;Ils ont deux frocs de guerre,‖ un jaune et l'autre blanc,Sur le jaune, l'or brille‖ et largement éclate ;Quand ils portent le blanc‖ sur la veste écarlate,Car la pompe des cours‖ aime ce train changeant,On leur voit sur le corps‖ ruisseler tant d'argentQue ces fils des glaciers‖ semblent couverts de givre.Une troupe d'enfants‖ s'extasie à les suivre.Ils gardent à Schœnbrunn le secret corridor.Sur l'épaule, en brocart‖ brodé de pourpre et d'or,Ils ont, quoique plus d'un‖ soit hérétique en somme,Le blason de l'empire‖ et le blason de Rome ;Mais leur cœur huguenot‖ sans courroux le subit,Et, quand l'âge ou la guerre‖ ont usé leur habitEt qu'il faut au Prater‖ devant des rois paraître,Chacun d'eux, devenu‖ bon tailleur de bon reître,S'accroupit, prend l'aiguille‖ et remet en étatL'écusson orthodoxe‖ à son dos apostat.Ce sont de braves gens.‖ Jamais ils ne vacillent.En longs buissons mouvants‖ leurs hallebardes brillent.A Prague, à Parme, à Pesth,‖ devant Mariendal,Ils soutiennent le vaste‖ empereur féodal ;La révolte autour d'eux‖ se brise, échoue et sombre ;Ils ont le flamboiement,‖ l'ordre et l'épaisseur sombre ;Le vertige me prend‖ moi-même dans les airsEn regardant marcher‖ cette forêt d'éclairs.
II
Lorsque le régiment‖ des hallebardiers passe,L'aigle montagnard, l'aigle‖ orageux de l'espace,Qui parle au précipice‖ et que le gouffre entend,Et qui plane au-dessus‖ des trônes, emportantDans le ciel son pays,‖ la liberté, sa proie ;Le sublime témoin‖ du soleil qui flamboie,L'aigle des Alpes, roi‖ du pic et du hallier,Dresse la tête au bruit‖ de ce pas régulier,Et crie, et jusqu'au ciel‖ sa voix hautaine monte :
— O chute ! ignominie !‖ inexprimable honte !Ces marcheurs alignés,‖ ces êtres qui vont làEn pompe impériale,‖ en housse de gala,Ce sont de libres fils‖ de ma libre montagne !Ah ! les bassets en laisse‖ et les forçats au bagneSont grands, sont purs, sont fiers,‖ sont beaux et glorieuxPrès de ceux-ci, qui, nés‖ dans les lieux sérieuxOù comme des roseaux‖ les hauts mélèzes ploient,Fils des rochers sacrés‖ et terribles, emploientLa fermeté du pied‖ dans les cols périlleux,Le mystérieux sang‖ des mères aux yeux bleus,L'audace dont l'autan‖ vous emplit les narines,Le divin gonflement‖ de l'air dans les poitrines,La grâce des ravins‖ couronnés de bouquets,Et la force des monts,‖ à se faire laquais !La contrée affranchie‖ et joyeuse, matriceDe l'idée indomptable,‖ âpre et libératrice,La patrie au flanc rude,‖ aux bons pics arrogants,Qui portait les héros‖ mêlés aux ouragans,Douce, délivrant l'homme‖ et délivrant la bête,Sauvage, ayant le bruit‖ des chutes d'eau pour fêteEt la sereine horreur‖ des antres pour palais,La terre qui nous montre‖ au milieu des chaletsLe fier archer d'Altorf‖ tenant son arbalète,Et, titan, au-dessus‖ du lac qui le reflète,Enjambant les grands monts‖ comme des escaliers,La voilà maintenant‖ nourrice de geôliers,Et l'on voit pendre ensemble‖ à ses sombres mamellesLa honte avec la gloire,‖ ainsi que deux jumelles !L'aigle à deux fronts, marqué‖ de son double souffletA cette heure à travers‖ nos pâtres boit son lait !
Quoi ! la trompe d'Uri‖ sonnant de roche en roche,La couronne de fer,‖ qu'un montagnard décroche,Les baillis jetés bas, le föhn soufflant dix mois,Ces pentes de granit‖ où saute le chamoisEt qui firent glisser‖ Charles le Téméraire,Le mont Blanc qui ne dit‖ qu'à l'Himalaya : Frère !Ces sommets, éclatants‖ comme d'énormes lys ;Quoi ! le Pilate, quoi !‖ le Rigi, quoi ! Titlis,Ce triangle hideux‖ de géants noirs, qui cerneEt qui garde le lac‖ tragique de Lucerne ;Quoi ! la vaste gaîté‖ des nuages, des fleurs,Des eaux, des ouragans‖ puissants et querelleurs ;Quoi ! l'honneur, quoi ! l'épieu‖ de Sempach, la cognéeDe Morat bondissant‖ hors des bois indignée,La faulx de Morgarten,‖ la fourche de Granson ;La rudesse du roc,‖ la fierté du buisson ;Ces cris, ces feux de paille‖ allumés sur les faîtes ;Quoi ! sur l'affreux faisceau‖ des lances stupéfaitesL'immense éventrement‖ de Winkelried joyeux ;Quoi ! les filles d'Albis,‖ anges aux chastes yeuxLes grandes mers de glace‖ et leurs ondes muettes,Les porches d'ombre où fuit‖ le vol des gypaètes,Quoi ! l'homme affranchi, quoi !‖ ces serments, cette foi,Le bâton paysan‖ brisant le glaive roi,Quoi ! dans l'altier sursaut‖ de la vengeance austère,Comme la vieille France‖ a chassé l'Angleterre,L'Helvétie en fureur‖ chassant l'autrichien,Et l'empereur, cet ours,‖ et l'archiduc, ce chien,T'ayant pour Jeanne d'Arc,‖ ô Jungfrau formidable ;Quoi ! toute cette histoire‖ auguste, inabordable,Escarpée, au front haut, au chant libre, à l’œil clair,Blanche comme la neige,‖ âpre comme l'hiver,Et du farouche vent‖ des cimes enivrée,Terre et cieux ! aboutit‖ à la Suisse en livrée ?Est-ce que le mont Blanc‖ ne va pas se lever ?Ah ! ceci va plus loin‖ qu'on ne pourrait rêver !Plus loin qu'on ne pourrait‖ calomnier ! Oui, certes,L'indépendance errant‖ dans nos gorges désertes,Franche et vraie, et riant‖ sous le ciel pluvieux,A des ennemis ; certe‖ elle a des envieux ;Ces menteurs ont construit‖ bien des choses contre elle ;Chaque jour, leur amère‖ et lugubre querelleImagine une boue‖ à lui jeter au front,Et cherche quelque forme‖ horrible de l'affront ;Ils ont contre sa vieille‖ et vénérable gloireTout fait, tout publié,‖ tout dit, tout semblé croire,Ils ont tout supposé,‖ tout vomi, tout bavé,Mais cela, cependant,‖ ils ne l'ont pas trouvé ;Non, il n'en est pas un‖ qui, dans sa rage, inventeLa Liberté s'offrant‖ aux rois comme servante !
Qu'est-ce que nous allons‖ devenir maintenant ?Devant ce résultat‖ lugubre et surprenant,Qu'est-ce qu'on va penser‖ de vous, chênes, mélèzes,Lacs qui vous insurgez‖ sous les rudes falaises,Granits qui des géants‖ semblez le dur talon ?Qu'est-ce qu'on va penser‖ de toi, fauve aquilon ?Qu'est-ce qu'on va penser‖ de votre miel, abeilles ?Comme vous aurez honte,‖ ô douces fleurs vermeilles,Œillets, jasmins, d'avoir‖ connu ces hommes-ci !Puisque l'opprobre riche‖ est par vos cœurs choisi,Puisque c'est vous qu'on voit‖ vêtus de l'or des princes,Superbement hideux‖ et gardeurs de provinces,Pâtres, soyez maudits.‖ Oh ! vous étiez si beaux,Honnêtes, en haillons,‖ et libres, en sabots !
Auriez-vous donc besoin‖ de faste ? Est-ce la pompeDes parades, des cours,‖ des galas qui vous trompe ?Mais alors, regardez.‖ Est-ce que mes vallonsN'ont pas les torrents blancs‖ d'écume pour galons ?Mai brode à mes rochers‖ la passementerieDes perles de rosée‖ et des fleurs de prairie ;Mes vieux monts pour dorure‖ ont le soleil levant ;Et chacun d'eux brumeux,‖ branle un panache au ventD'où sort le roulement‖ sinistre des tonnerres,S'il vous faut, au milieu‖ des forêts centenaires,Une livrée, à vous‖ les voisins du ciel bleu,Pourquoi celle des rois,‖ ayant celle de Dieu ?Ah ! vous raccommodez‖ vos habits ! vos aiguilles,Sœurs des sabres vendus,‖ indigneraient des filles !Ah ! vous raccommodez‖ vos habits ! Venez voir,Quand la saison commence‖ à venter, à pleuvoir,Comme l'altier Pelvoux,‖ vieillard à tête blanche,Sait, tout déguenillé‖ de grêle et d'avalanche,Mettre à ses cieux troués‖ une pièce d'azur,Et, croisant les genoux‖ dans quelque gouffre obscur,Tranquille, se servir‖ de l'éclair pour recoudreSa robe de nuée‖ et son manteau de foudre !
Sur la terre où tout jette‖ un miasme empoisonneur,Où même cet instinct‖ qu'on appelle l'honneurDe pente en pente au fond‖ de la bassesse glisse,Il n'est qu'un peuple libre,‖ un montagnard, la Suisse ;Tous les autres, ramant‖ l'ombre des deux côtés,Sont les galériens‖ des blêmes royautés ;Or, les rois ont eu l'art‖ de mettre en équilibreLes pauvres peuples serfs‖ avec le peuple libre,Et font garder, afin‖ que l'ordre soit complet,Les esclaves, forçats,‖ par le libre, valet.
Et dire que la Suisse‖ eut jadis l'envergureD'un peuple qui se lève‖ et qui se transfigure !O vils marchands d'eux-même !‖ immonde abaissement !Leur enfance a reçu‖ ce haut enseignementQu'un peuple s'affranchit,‖ c'est-à-dire se crée,Par la révolte sainte‖ et l'émeute sacrée,Qu'il faut rompre ses fers,‖ vaincre, et que le lion,Superbe, pour crinière‖ a la rébellion.C'est leur dogme. A cette heure,‖ ils ont dans leur serviceDe punir dans autrui‖ leur vertu comme un vice ;Ils le font. Les voici‖ prêtant main-forte aux roisContre un Sempach lombard,‖ contre un Morat hongrois !Si bien que, maintenant,‖ c'est fini. Nous en sommesA cette indignité‖ qu'en tout pays les hommesEntendent l'Helvétie,‖ en des coins ténébreux,Chuchoter, proposant‖ à leurs maîtres contre euxSes archers, d'autant plus‖ lâches qu'ils sont plus braves,Fille publique auprès‖ des nations esclaves ;Et que le despotisme,‖ habile à tout plier,Met au monde un carcan,‖ à la Suisse un collier !
Donc, César vous admet‖ dans ses royaux repaires ;César daigne oublier‖ que vous avez pour pèresTous nos vieux héros, purs‖ comme le firmament ;Même un peu de pardon‖ se mêle à son paiement ;L'iniquité, le dol,‖ le mal, la tyrannie,Vous font grâce, et riant,‖ vous laissent l'ironieDe leur porte à défendre,‖ et d'un tambour honteuxEt d'un clairon abject‖ à sonner devant eux !
Hélas ! n'eût-on pas cru‖ ces monts invulnérables ?
Oh ! comme nous voilà‖ fourvoyés, misérables !D'où venez-vous ? de Pesth.‖ Et qu'avez-vous fait là ?L'aigle à deux fronts, sur qui‖ Guillaume Tell souffla,Suivait vos bataillons‖ de son regard oblique ;Trois ans d'atrocité‖ sur la place publique,Trois ans de coups de hache‖ et de barres de fer,Les billots, les bûchers,‖ les fourches, tout l'enfer,Les supplices hurlant‖ dans la brume hagarde,C'est là ce que l'Autriche‖ a mis sous votre garde.Devant vous, on tuait‖ le juste et l'innocent,Les coudes des bourreaux‖ étaient rouges de sang,Les glaives s'ébréchaient‖ sur les nuques, la cordeCoupait d'un hoquet noir‖ le cri : Miséricorde !On prodiguait au bois‖ en feu plus de vivantsQu'il n'en pouvait brûler,‖ même aidé par les vents ;On mêlait le héros‖ dans la flamme à l'apôtre,L'un n'était pas fini‖ que l'on commençait l'autre ;Les têtes des plus saints‖ et des plus vénérésPourrissaient au soleil‖ au bout des pieux ferrés ;On marquait d'un fer chaud‖ le sein fumant des femmes,On rouait des vieillards,‖ et vous êtes infâmes.Voilà ce que je dis,‖ moi, l'aigle pour de bon.
Le fourbe Gaïnas‖ et le louche BourbonN'ont trahi que des rois‖ dans leur noirceur profonde,Mais vous, vous trahissez‖ la liberté du monde ;Votre fanfare sort‖ du charnier, vos tamboursSont pleins du cri des morts‖ dénonçant les Habsbourgs ;Et, lorsque vous croyez‖ chanter dans la trompette,Ce chant joyeux, la tombe‖ en sanglot le répète.Forçant Mantoue, à Pesth‖ aidant le coutelas,Buquoy, Mozellani,‖ Londorone, Galas,Sont vos chefs ; vous avez,‖ reîtres, fait une espèceDe hauts faits et d'exploits‖ dont la fange est épaisse ;A Bergame, à Pavie, à Crème, à Guastalla,Vous témoins, vous présents,‖ vous mettant le holà,A la sainte Italie‖ on lisait sa sentence ;On promenait de rue‖ en rue une potence,Et vous, vous escortiez‖ la charrette ; et ceciNe vous quittera plus,‖ et sans fin ni merciCe souvenir vous suit,‖ étant de la nuit noire ;O malheureux ! vos noms‖ traverseront l'histoireA jamais balafrés‖ par l'ombre qui tombaitSur vos drapeaux des bras‖ difformes du gibet.
Deuil sans fond ! c'est l'honneur‖ de leur pays qu'ils tuent ;En se prostituant,‖ c'est moi qu'ils prostituent ;Nos vieux pins ont fourni‖ leurs piques, dont l'acierApporte dans l'égout‖ le reflet du glacier ;Ils traînent avec eux‖ la Suisse, quoi qu'on dise,Et les pâles aïeux‖ sont dans leur bâtardise ;Nos héros sont mêlés‖ à leurs rangs, nos grands nomsSont de leurs lâchetés‖ parents et compagnons,De sorte que, dans l'ombre‖ où César supplicieLe Salzbourg, la Hongrie‖ aux fers, la Dalmatie,Quand Fritz jette au bûcher‖ le Tyrol prisonnier,Quand Jean lie au poteau‖ l'Alsace, quand ReynierBat de verges Crémone‖ échevelée et nue,Quand Rodolphe après Jean‖ et Reynier continue,Quand Mathias livre Ancône‖ au sabre du hulan,Quand Albrecht Dent-de-fer‖ exécute Milan,Autour des nations‖ qui râlent sur la claie,Fürst, et Guillaume Tell,‖ et Melchthal font la haie !
Est-ce qu'ils oseront‖ rentrer sur nos hauteurs,Ces anciens laboureurs‖ et ces anciens pasteursQue l'Autriche aujourd'hui‖ caserne dans ses bouges ?Est-ce qu'ils reviendront‖ avec leurs habits rouges,Portant sur leur front morne‖ et dans leur œil fatalLa domesticité‖ monstrueuse du mal ?S'ils osent revenir,‖ si, pour faveur dernière,L'Autriche leur permet‖ d'emporter sa bannière,S'ils rentrent dans nos monts‖ avec cet étendardDont l'ombre fait d'un homme‖ et d'un pâtre un soudard,Oh ! quelle auge de porcs,‖ quelle cuve de fange,Quelle étable inouïe,‖ épouvantable, étrange,Femmes, essuierez-vous‖ avec ce drapeau-là ?Jamais dans plus de nuit‖ un peuple ne croula.Désespoir ! désespoir‖ de voir les Alpes sombres,Honteuses, projeter‖ leurs gigantesques ombresJusque dans l'antichambre‖ infâme des tyrans !Cieux profonds, purs azurs‖ sacrés et fulgurants,Laissez-moi m'en aller‖ dans vos gouffres sublimes !Que je perde de vue,‖ au fond des clairs abîmes,La terre, et l'homme, acteur‖ féroce ou vil témoin !O sombre immensité,‖ laisse-moi fuir si loinQue je voie, à travers‖ tes prodigieux voiles,Décroître le soleil‖ et grandir les étoiles ! —Aigle, ne t'en va pas ;‖ reste aux Alpes uni,
Et reprends confiance,‖ au seuil de l'infini,Aigle, dans la candeur‖ des neiges éternelles ;Ne t'en va pas ; et laisse‖ en tes glauques prunellesLes foudres apaisés‖ redevenir rayons ;Penchons-nous, moins amers,‖ sur ce que nous voyons ;La faute est sur le temps‖ et n'est pas sur les hommes.
Un flamboiement sinistre‖ emporte les Sodomes,Tout est dit. Mais la Suisse‖ au-dessus de l'affrontGardera l'auréole‖ altière de son front ;Car c'est la roche avec‖ de la bonté pétrie,C'est la grande montagne‖ et la grande patrie,C'est la terre sereine‖ assise près du ciel ;C'est elle qui, gardant‖ pour les pâtres le miel,Fit connaître l'abeille‖ aux rois par les piqûres ;C'est elle qui, parmi‖ les nations obscures,La première alluma‖ sa lampe dans la nuit ;Le cri de délivrance‖ est fait avec son bruit ;Le mot Liberté semble‖ une voix naturelleDe ses prés sous l'azur,‖ de ses lacs sous la grêle,Et tout dans ses monts, l'air,‖ la terre, l'eau, le feu,Le dit avec l'accent‖ dont le prononce Dieu !Au-dessus des palais‖ de tous les rois ensemble,La pauvre vieille Suisse,‖ où le rameau seul tremble,Tranquille, élèvera‖ toujours sur l'horizonLes pignons effrayants‖ de sa haute maison.Rien ne ternit ces pics‖ que la tempête lave,Volcans de neige ayant‖ la lumière pour lave,Qui versent sur l'Europe‖ un long ruissellementDe courage, de foi,‖ d'honneur, de dévouement,Et semblent sur la terre‖ une chaîne d'exemples ;Toujours ces monts auront‖ des figures de temples.Qu'est-ce qu'un peu de fange‖ humaine jaillissantVers ces sublimités‖ d'où la clarté descend ?Ces pics sont la ruine‖ énorme des vieux âgesOù les hommes vivaient‖ bons, aimants, simples, sages ;Débris du chaste éden‖ par la paix habité,Ils sont beaux ; de l'aurore‖ et de la véritéIls sont la colossale‖ et splendide masure ;Où tombe le flocon‖ que fait l'éclaboussure ?Qu'importe un jour de deuil‖ quand, sous l'œil éternel,Ce que noircit la terre‖ est blanchi par le ciel ?
L'homme s'est vendu. Soit.‖ A-t-on dans le louageCompris le lac, le bois,‖ la ronce, le nuage ?La nature revient,‖ germe, fleurit, dissout,Féconde, croît, décroît,‖ rit, passe, efface tout.La Suisse est toujours là,‖ libre. Prend-on au piègeLe précipice, l'ombre‖ et la bise et la neige ?Signe-t-on des marchés‖ dans lesquels il soit ditQue l'Ortheler s'enrôle‖ et devient un bandit ?Quel poing cyclopéen,‖ dites, ô roches noires,Pourra briser la dent‖ de Morcle en vos mâchoires ?Quel assembleur de bœufs‖ pourra former un jougQui du pic de Glaris‖ aille au piton de Zoug ?C'est naturellement‖ que les monts sont fidèlesEt purs, ayant la forme‖ âpre des citadelles,Ayant reçu de Dieu‖ des créneaux où le soir,L'homme peut, d'embrasure‖ en embrasure, voirÉtinceler le fer‖ de lance des étoiles.Est-il une araignée,‖ aigle, qui dans ses toilesPuisse prendre la trombe‖ et la rafale et toi ?Quel chef recrutera‖ le Salèze ? à quel roiLe Mythen dira-t-il :‖ Sire, je vais descendre ?Qu'après avoir dompté‖ l'Athos, quelque Alexandre,Sorte de héros monstre‖ aux cornes de taureau,Aille donc relever‖ sa robe à la Jungfrau !Comme la vierge, ayant‖ l'ouragan sur l'épaule,Crachera l'avalanche‖ à la face du drôle !
Aigle, ne maudis pas,‖ au nom des clairs torrents,Les tristes hommes, fous,‖ aveugles, ignorants.Puis, est-ce pour jamais‖ qu'on embauche les hommes ?Non, non. Les Alpes sont‖ plus fortes que les Romes ;Le pays tire à lui‖ l'humble pâtre pleurant ;Et si César l'a pris,‖ le mont Blanc le reprend.Non, rien n'est mort ici.‖ Tout grandit, et s'en vante.L'Helvétie est sacrée,‖ et la Suisse est vivante ;Ces monts sont des héros‖ et des religieux ;Cette nappe de neige‖ aux plis prodigieuxD'où jaillit, lorsqu'en mai‖ la tiède brise ondoie,Toute une floraison‖ folle d'air et de joie,Et d'où sortent des lacs‖ et des flots murmurants,N'est le linceul de rien,‖ excepté des tyrans.
Gloire aux monts ! leur front brille‖ et la nuit se dissipe ;C'est plus que le matin‖ qui luit ; c'est un principe !Ces mystérieux jours‖ blanchissant les hauteurs,Qu'on prend pour des rayons,‖ sont des libérateurs ;Toujours aux fiers sommets‖ ces aubes sont donnéesAux Alpes Stauffacher,‖ Pélage aux Pyrénées !
La Suisse dans l'histoire‖ aura le dernier motPuisqu'elle est deux fois grande,‖ étant pauvre, et là-haut ;Puisqu'elle a sa montagne‖ et qu'elle a sa cabane.La houlette de Schwitz‖ qu'une vierge enrubanne,Fière, et, quand il le faut,‖ se hérissant de clous,Chasse les rois ainsi‖ qu'elle chasse les loups.Gloire au chaste pays‖ que le Léman arrose !A l'ombre de Melchthal,‖ à l'ombre du mont Rose,La Suisse trait sa vache‖ et vit paisiblement.Sa blanche liberté‖ s'adosse au firmament.Le soleil, quand il vient‖ dorer une chaumière,Fait que le toit de paille‖ est un toit de lumière ;Telle est la Suisse, ayant‖ l'honneur dans ses prés verts,Et de son indigence‖ éclairant l'univers.Tant que les nations‖ garderont leurs frontières,La Suisse éclatera‖ parmi les plus altières ;Quand les peuples riront‖ et s'embrasseront tous,La Suisse sera douce‖ au milieu des plus doux.
Suisse ! à l'heure où l'Europe‖ enfin marchera seule,Tu verras accourir‖ vers toi, sévère aïeule,La jeune Humanité‖ sous son chapeau de fleurs ;Tes hommes bons seront‖ chers aux hommes meilleurs ;Les fléaux disparus,‖ faux dieu, faux roi, faux prêtre,Laisseront le front blanc‖ de la paix apparaître ;Et les peuples viendront‖ en foule te bénir,Quand la guerre mourra,‖ quand, devant l'avenir,On verra, dans l'horreur‖ des tourbillons funèbres,Se hâter pêle-mêle‖ au milieu des ténèbres,Comme d'affreux oiseaux‖ heurtant leurs ailerons,Une fuite effrénée‖ et noire de clairons !
En attendant, la Suisse‖ a dit au monde : Espère !Elle a de la vieille hydre‖ effrayé le repaire ;Ce qu'elle a fait jadis‖ pour les siècles est fait ;La façon dont la Suisse‖ à Sempach triomphaitReste la grande audace‖ et la grande manièreD'attaquer une bête‖ au fond de sa tanière.Tous ses nuages, blancs‖ ou noirs, sont des drapeaux.L'exemple, c'est le fait‖ dans sa gloire, au repos,Qui charge lentement‖ les cœurs et recommence ;Melchthal, grave et penché‖ sur le monde, ensemence.
Un jour, à Bâle, Albrecht,‖ l'empereur triomphant,Vit une jeune mère‖ auprès d'un jeune enfant ;La mère était charmante ;‖ elle semblait encore,Comme l'enfant, sortie‖ à peine de l'aurore ;L'empereur écouta‖ de près leurs doux ébats,Et la mère disait‖ à son enfant tout bas :« Fils, quand tu seras grand,‖ meurs pour la bonne cause. »Oh ! rien ne flétrira‖ cette feuille de rose !Toujours le despotisme‖ en sentira le pli ;Toujours les mains prêtant‖ le serment de GrutliApparaîtront en rêve‖ au peuple en léthargie ;Toujours les oppresseurs‖ auront, dans leur orgie,Sur la lividité‖ de leur face l'effroiDu tocsin qu'Unterwald‖ cache dans son beffroi,Tant que les nations‖ au joug seront nouées,Tant que l'aigle à deux becs‖ sera dans les nuées,Tant que dans le brouillard‖ des montagnes l'éclairÉbauchera le spectre‖ insolent de Gessler,On verra Tell songer‖ dans quelque coin terrible.Et les iniquités,‖ la violence horrible,La fraude, le pouvoir‖ du vainqueur meurtrier,Cibles noires, craindront‖ cet arbalétrier.Assis à leur souper,‖ car c'est leur crépuscule,Et le jour qui pour nous‖ monte, pour eux recule,Les satrapes seront‖ éblouissants à voir,Raillant la conscience,‖ insultant le devoir,Mangeant dans les plats d'or‖ et les coupes d'opales,Joyeux ; mais par instant‖ ils deviendront tout pâles,Feront taire l'orchestre,‖ et, la sueur au front,Penchés, se parlant bas,‖ tremblants, regarderontS'il n'est pas quelque part,‖ là, derrière la table,Calme, et serrant l'écrou‖ de son arc redoutable.Pourtant il se pourra‖ qu'à de certains moments,Dans les satiétés‖ et les enivrements,Ils se disent : « Les yeux‖ n'ont plus rien de sévère ;Guillaume Tell est mort.‖ » Ils rempliront leur verre,Et le monde comme eux‖ oubliera. Tout à coup,A travers les fléaux‖ et les crimes debout,Et l'ombre, et l'esclavage,‖ et les hontes sans nombre,On entendra siffler‖ la grande flèche sombre.
Oui, c'est là la foi sainte,‖ et, quand nous étouffons,Dieu nous fait respirer‖ par ces pensers profonds.Au-dessus des tyrans‖ l'histoire est abondanteEn spectres que du doigt‖ Tacite montre à Dante ;Tous ces fantômes sont‖ la liberté planant,Et toujours prête à dire‖ aux hommes : Maintenant !Et, depuis Padrona‖ Kalil aux jambes nuesJusqu'à Franklin ôtant‖ le tonnerre des nues,Depuis Léonidas‖ jusqu'à Kosciuszko,Le cri des uns du cri‖ des autres est l'écho.Oui, sur vos actions,‖ de tant de deuil mêlées,Multipliez les plis‖ des pourpres étoilées,Ayez pour vous l'oracle,‖ et Delphe avec Endor,Maîtres ; riez le front‖ coiffé du laurier d'or,Au pied de la fortune‖ infâme et colossale ;Tout à coup Botzaris‖ entrera dans la salle,Byron se dressera, le poëte héros,Tzavellas, indigné‖ du succès des bourreaux,Soufflettera le groupe‖ effaré des victoires ;Et l'on verra surgir‖ au-dessus de vos gloiresL'effrayant avoyer‖ Gundoldingen, cassantSur César le sapin‖ des Alpes teint de sang !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 280((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a passe / rapace féminine, classiqueb dit / régiment / superbement masculine, classiquec fenêtres / guêtres féminine, classiqued courir / s'ouvrir masculine, classiquee militaire / terre féminine, classiquef vainqueur / cœur masculine, classiqueg délivre / cuivre féminine, classiqueh oriental / métal masculine, classiquei gaie / paie féminine, classiquej falbala / étrangers-là masculine, classiquek scrupule / crapule féminine, classiquel fureur / l'empereur masculine, classiquem veille / vermeille féminine, classiquen chair / cher masculine, classiqueo bride / ride féminine, classiquep rêvant / vent masculine, classiqueq façade / l'anspessade féminine, classiquer piquiers / échiquiers masculine, classiques avalanches / Sallanches féminine, classiquet l'élan / chambellan masculine, classiqueu rose / chose féminine, classiquev solennel / colonel masculine, classiquew taille / bataille féminine, classiquex Nil / chenil masculine, classiquey épiques / piques féminine, classiquez noir / entrevoir masculine, classiquea viles / villes féminine, classiqueb fer / fier masculine, classiquec bouche / farouche féminine, classiqued l'argent / sergent masculine, classiquee furie / batterie féminine, classiquef Brandebourg / faubourg masculine, classiqueg volée / démuselée féminine, classiqueh manteau / Colalto masculine, classiquei rire / d'écrire féminine, classiquej altiers / volontiers masculine, classiquek mêlée / bariolée féminine, classiquel fouet / secouait masculine, classiquem ambassade / maussade féminine, classiquen mer / l'enfer masculine, classiqueo feutre / neutre féminine, classiquep loyer / payer masculine, classiqueq Lèvre-Torte / forte féminine, classiquer hagards / égards masculine, classiques féroces / carrosses féminine, classiquet granit / bénit masculine, classiqueu simarre / chamarre féminine, classiquev étincelant / blanc masculine, classiquew éclate / écarlate féminine, classiquex changeant / d'argent masculine, classiquey givre / suivre féminine, classiquez corridor / d'or masculine, classiquea somme / Rome féminine, classiqueb subit / habit masculine, classiquec paraître / reître féminine, classiqued état / apostat masculine, classiquee vacillent / brillent féminine, classiquef Mariendal / féodal masculine, classiqueg sombre féminine, classiqueh airs / d'éclairs masculine, classiquea passe / l'espace féminine, classiqueb entend / emportant masculine, classiquec proie / flamboie féminine, classiqued hallier / régulier masculine, classiquee monte / honte féminine, classiqueb là / gala masculine, classiquec montagne / bagne féminine, classiqued glorieux / sérieux masculine, classiquee ploient / emploient féminine, classiquef périlleux / bleus masculine, classiqueg narines / poitrines féminine, classiqueh bouquets / laquais masculine, classiquei matrice / libératrice féminine, classiquej arrogants / ouragans masculine, classiquek bête / fête féminine, classiquel palais / chalets masculine, classiquem arbalète / reflète féminine, classiquen escaliers / geôliers masculine, classiqueo mamelles / jumelles féminine, classiquep soufflet / lait masculine, classiquea roche / décroche féminine, classiqueb mois / chamois masculine, classiquec Téméraire / Frère féminine, classiqued lys / Titlis masculine, classiquee cerne / Lucerne féminine, classiquef fleurs / querelleurs masculine, classiqueg cognée / indignée féminine, classiqueh Granson / buisson masculine, classiquei faîtes / stupéfaites féminine, classiquej joyeux / yeux masculine, classiquek muettes / gypaètes féminine, classiquel foi / roi masculine, classiquem austère / l'Angleterre féminine, classiquen l'autrichien / chien masculine, classiqueo formidable / inabordable féminine, classiquep clair / l'hiver masculine, classiqueq enivrée / livrée féminine, classiquer lever / rêver masculine, classiques certes / désertes féminine, classiquet pluvieux / envieux masculine, classiqueu elle / querelle féminine, classiquev front / l'affront masculine, classiquew gloire / croire féminine, classiquex bavé / trouvé masculine, classiquey invente / servante féminine, classiquea maintenant / surprenant masculine, classiqueb mélèzes / falaises féminine, classiquec talon / aquilon masculine, classiqued abeilles / vermeilles féminine, classiquee hommes-ci / choisi masculine, classiquef princes / provinces féminine, classiqueg beaux / sabots masculine, classiquea pompe / trompe féminine, classiqueb vallons / galons masculine, classiquec passementerie / prairie féminine, classiqued levant / vent masculine, classiquee tonnerres / centenaires féminine, classiquef bleu / Dieu masculine, classiqueg aiguilles / filles féminine, classiqueh voir / pleuvoir masculine, classiquei blanche / d'avalanche féminine, classiquej d'azur / obscur masculine, classiquek recoudre / foudre féminine, classiquea empoisonneur / l'honneur masculine, classiqueb glisse / Suisse féminine, classiquec côtés / royautés masculine, classiqued équilibre / libre féminine, classiquee complet / valet masculine, classiquea l'envergure / transfigure féminine, classiqueb abaissement / enseignement masculine, classiquec crée / sacrée féminine, classiqued lion / rébellion masculine, classiquee service / vice féminine, classiquef rois / hongrois masculine, classiqueg sommes / hommes féminine, classiqueh ténébreux / eux masculine, classiquei braves / esclaves féminine, classiquej plier / collier masculine, classiquea repaires / pères féminine, classiqueb firmament / paiement masculine, classiquec tyrannie / l'ironie féminine, classiqued honteux / eux masculine, classiquea invulnérables / misérables féminine, classiqueb là / souffla masculine, classiquec oblique / publique féminine, classiqued fer / l'enfer masculine, classiquee hagarde / garde féminine, classiquef l'innocent / sang masculine, non classiqueg corde / Miséricorde féminine, classiqueh vivants / vents masculine, classiquei l'apôtre / l'autre féminine, classiquej vénérés / ferrés masculine, classiquek femmes / infâmes féminine, classiquel bon / Bourbon masculine, classiqueb profonde / monde féminine, classiquec tambours / Habsbourgs masculine, classiqued trompette / répète féminine, classiquee coutelas / Galas masculine, classiquef espèce / épaisse féminine, classiqueg Guastalla / holà masculine, classiqueh sentence / potence féminine, classiquei ceci / merci masculine, classiquej noire / l'histoire féminine, classiquek tombait / gibet masculine, classiquea tuent / prostituent féminine, classiqueb l'acier / glacier masculine, classiquec dise / bâtardise féminine, classiqued noms / compagnons masculine, classiquee supplicie / Dalmatie féminine, classiquef prisonnier / Reynier masculine, classiqueg nue / continue féminine, classiqueh hulan / Milan masculine, classiquei claie / haie féminine, classiquea hauteurs / pasteurs masculine, classiqueb bouges / rouges féminine, classiquec fatal / mal masculine, classiqued dernière / bannière féminine, classiquee étendard / soudard masculine, classiquef fange / étrange féminine, classiqueg drapeau-là / croula masculine, classiqueh sombres / ombres féminine, classiquei tyrans / fulgurants masculine, classiquej sublimes / abîmes féminine, classiquek témoin / loin masculine, classiquel voiles / étoiles féminine, classiquem uni / l'infini masculine, classiqueb éternelles / prunelles féminine, classiquec rayons / voyons masculine, classiqued hommes / Sodomes féminine, classiqueb l'affront / front masculine, classiquec pétrie / patrie féminine, classiqued ciel / miel masculine, classiquee piqûres / obscures féminine, classiquef nuit / bruit masculine, classiqueg naturelle / grêle féminine, classiqueh feu / Dieu masculine, classiquei ensemble / tremble féminine, classiquej l'horizon / maison masculine, classiquek lave féminine, classiquel ruissellement / dévouement masculine, classiquem d'exemples / temples féminine, classiquen jaillissant / descend masculine, classiqueo âges / sages féminine, classiquep habité / vérité masculine, classiqueq masure / l'éclaboussure féminine, classiquer éternel / ciel masculine, classiquea louage / nuage féminine, classiqueb dissout / tout masculine, classiquec piège / neige féminine, classiqued dit / bandit masculine, classiquee noires / mâchoires féminine, classiquef joug / Zoug masculine, classiqueg fidèles / citadelles féminine, classiqueh soir / voir masculine, classiquei étoiles / toiles féminine, classiquej toi / roi masculine, classiquek descendre / Alexandre féminine, classiquel taureau / Jungfrau masculine, classiquem l'épaule / drôle féminine, classiquea torrents / ignorants masculine, classiqueb hommes / Romes féminine, classiquec pleurant / reprend masculine, classiqued vante / vivante féminine, classiquee religieux / prodigieux masculine, classiquef ondoie / joie féminine, classiqueg murmurants / tyrans masculine, classiquea dissipe / principe féminine, classiqueb hauteurs / libérateurs masculine, classiquec données / Pyrénées féminine, classiquea mot / là-haut masculine, classiqueb cabane / enrubanne féminine, classiquec clous / loups masculine, classiqued arrose / Rose féminine, classiquee paisiblement / firmament masculine, classiquef chaumière / lumière féminine, classiqueg verts / l'univers masculine, classiqueh frontières / altières féminine, classiquei tous / doux masculine, classiquea seule / aïeule féminine, classiqueb fleurs / meilleurs masculine, classiquec prêtre / apparaître féminine, classiqued bénir / l'avenir masculine, classiquee funèbres / ténèbres féminine, classiquef ailerons / clairons masculine, classiquea Espère / repaire féminine, classiqueb fait / triomphait masculine, classiquec manière / tanière féminine, classiqued drapeaux / repos masculine, classiquee recommence / ensemence féminine, classiquea triomphant / enfant masculine, classiqueb encore / l'aurore féminine, classiquec ébats / bas masculine, classiqued cause / rose féminine, classiquee pli / Grutli masculine, classiquef léthargie / orgie féminine, classiqueg l'effroi / beffroi masculine, classiqueh nouées / nuées féminine, classiquei l'éclair / Gessler masculine, classiquej terrible / horrible féminine, classiquek meurtrier / arbalétrier masculine, classiquel crépuscule / recule féminine, classiquem voir / devoir masculine, classiquen d'opales / pâles féminine, classiqueo front / regarderont masculine, classiquep table / redoutable féminine, classiqueq moments / enivrements masculine, classiquer sévère / verre féminine, classiques coup / debout masculine, non classiquet nombre / sombre féminine, classiquea étouffons / profonds masculine, classiqueb abondante / Dante féminine, classiquec planant / Maintenant masculine, classiqued nues féminine, classiquee Kosciuszko / l'écho masculine, classiquef mêlées / étoilées féminine, classiqueg Endor / d'or masculine, classiqueh colossale / salle féminine, classiquei héros / bourreaux masculine, classiquej victoires / gloires féminine, classiquek cassant / sang masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
561 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources