Les chansons des rues et des bois, 1865· Livre premier Jeunesse· III Pour Jeanne seule
II. « Jeanne chante ; elle se penche »
Jeanne chante ; elle se pencheEt s'envole ; elle me plaît ;Et, comme de branche en branche,Va de couplet en couplet.
De quoi donc me parlait-elle ?Avec sa fleur au corset,Et l'aube dans sa prunelle,Qu'est-ce donc qu'elle disait ?
Parlait-elle de la gloire,Des camps, du ciel, du drapeau,Ou de ce qu'il faut de moireAu bavolet d'un chapeau ?
Son intention fut-elleDe troubler l'esprit voiléQue Dieu dans ma chair mortelleEt frémissante a mêlé ?
Je ne sais. J'écoute encore.Était-ce psaume ou chanson ?Les fauvettes de l'auroreDonnent le même frisson.
J'étais comme en une fête ;J'essayais un vague essor ;J'eusse voulu sur ma têteMettre une couronne d'or,
Et voir sa beauté sans voiles,Et joindre à mes jours ses jours,Et prendre au ciel les étoiles,Et qu'on vînt à mon secours !
J'étais ivre d'une femme ;Mal charmant qui fait mourir.Hélas ! je me sentais l'âmeTouchée et prête à s'ouvrir ;
Car pour qu'un cerveau se fêleEt s'échappe en songes vains,Il suffit du bout de l'aileD'un de ces oiseaux divins.
Versification
- Forme
- 9 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 9(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 9 quatrains
- Mots à la rime
- a penche / branche féminine, classiqueb plaît / couplet masculine, classiquea parlait-elle / prunelle féminine, classiqueb corset / disait masculine, classiquea gloire / moire féminine, classiqueb drapeau / chapeau masculine, classiquea fut-elle / mortelle féminine, classiqueb voilé / mêlé masculine, classiquea encore / l'aurore féminine, classiqueb chanson / frisson masculine, classiquea fête / tête féminine, classiqueb essor / d'or masculine, classiquea voiles / étoiles féminine, classiqueb jours / secours masculine, classiquea femme / l'âme féminine, classiqueb mourir / s'ouvrir masculine, classiquea fêle / l'aile féminine, classiqueb vains / divins masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les chansons des rues et des bois, Paris, A. LACROIX, VERBOECKHOVEN ET Cie, ÉDITEURS, 1866· numérisation ebooksgratuits.com· Sources