Les chants du crépuscule, 1835
XVI. « Le grand homme vaincu peut perdre en un instant »
Le grand homme vaincu‖ peut perdre en un instantSa gloire, son empire,‖ et son trône éclatant,Et sa couronne qu'on renie,Tout, jusqu'à ce prestige‖ à sa grandeur mêléQui faisait voir son front‖ dans un ciel étoilé ;Il garde toujours son génie !
Ainsi, quand la bataille‖ enveloppe un drapeau,Tout ce qui n'est qu'azur,‖ écarlate, oripeau,Frange d'or, tunique de soie,Tombe sous la mitraille‖ en un moment haché,Et, lambeau par lambeau,‖ s'en va comme arrachéPar le bec d'un oiseau de proie !
Et qu'importe ! à travers‖ les cris, les pas, les voix,Et la mêlée en feu‖ qui sur tous à la foisFait tourner son horrible meule,Au plus haut de la hampe,‖ orgueil des bataillons,Où pendait cette pourpre‖ envolée en haillons,L'aigle de bronze reste seule !
21 février 1835.
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 6 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a instant / éclatant masculine, classiqueb renie / génie féminine, classiquec mêlé / étoilé masculine, classiquea drapeau / oripeau masculine, classiqueb soie / proie féminine, classiquec haché / arraché masculine, classiquea voix / fois masculine, classiqueb meule / seule féminine, classiquec bataillons / haillons masculine, équivalente
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les feuilles d’automne ‒ Les chants du crépuscule, Paris, Classique Garnier, 1950· numérisation poesies.net· Sources