Les chants du crépuscule, 1835
XXIV. « Oh ! pour remplir de moi ta rêveuse pensée »
Oh ! pour remplir de moi‖ ta rêveuse pensée,Tandis que tu m'attends,‖ par la marche lassée,Sous l'arbre au bord du lac,‖ loin des yeux importuns,Tandis que sous tes pieds‖ l'odorante vallée,Toute pleine de brume‖ au soleil envolée,Fume comme un beau vase‖ où brûlent des parfums ;
Que tout ce que tu vois,‖ les coteaux et les plaines,Les doux buissons de fleurs‖ aux charmantes haleines,La vitre au vif éclair,Le pré vert, le sentier‖ qui se noue aux villages,Et le ravin profond‖ débordant de feuillagesComme d'ondes la mer,
Que le bois, le jardin,‖ la maison, la nuée,Dont midi ronge au loin‖ l'ombre diminuée,Que tous les points confus‖ qu'on voit là-bas trembler,Que la branche aux fruits mûrs,‖ que la feuille séchée,Que l'automne, déjà‖ par septembre ébauchée,Que tout ce qu'on entend‖ ramper, marcher, voler,
Que ce réseau d'objets‖ qui t'entoure et te presse,Et dont l'arbre amoureux‖ qui sur ton front se dresseEst le premier chaînon ;Herbe et feuille, onde et terre,‖ ombre, lumière et flamme,Que tout prenne une voix,‖ que tout devienne une âme,Et te dise mon nom !
Enghien, 19 septembre 1834.
Versification
- Forme
- 4 sizains (sizains)
- Rimes
- 2{1(aabaab) 1(aabccb)}
- Mètre
- Alexandrins et hexasyllabes (20 de 12, 4 de 6)· profil 6, 6+6
- Strophes
- 4 sizains
- Mots à la rime
- a pensée / lassée féminine, classiqueb importuns / parfums masculine, classiquec vallée / envolée féminine, classiquea plaines / haleines féminine, classiqueb éclair / mer masculine, classiquec villages / feuillages féminine, classiquea nuée / diminuée féminine, classiqueb trembler / voler masculine, classiquec séchée / ébauchée féminine, classiquea presse / dresse féminine, classiqueb chaînon / nom masculine, classiquec flamme / âme féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les feuilles d’automne ‒ Les chants du crépuscule, Paris, Classique Garnier, 1950· numérisation poesies.net· Sources