Les chants du crépuscule, 1835
XXV. « Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine »
Puisque j'ai mis ma lèvre‖ à ta coupe encor pleine ;Puisque j'ai dans tes mains‖ posé mon front pâliPuisque j'ai respiré‖ parfois la douce haleineDe ton âme, parfum‖ dans l'ombre enseveli ;
Puisqu'il me fut donné‖ de t'entendre me direLes mots où se répand‖ le cœur mystérieux ;Puisque j'ai vu pleurer,‖ puisque j'ai vu sourireTa bouche sur ma bouche‖ et tes yeux sur mes yeux ;
Puisque j'ai vu briller‖ sur ma tête ravieUn rayon de ton astre,‖ hélas ! voilé toujours ;Puisque j'ai vu tomber‖ dans l'onde de ma vieUne feuille de rose‖ arrachée à tes jours ;
Je puis maintenant dire‖ aux rapides années :— Passez ! passez toujours !‖ je n'ai plus à vieillir !Allez-vous-en avec‖ vos fleurs toutes fanées ;J'ai dans l'âme une fleur‖ que nul ne peut cueillir !
Votre aile en le heurtant‖ ne fera rien répandreDu vase où je m'abreuve‖ et que j'ai bien rempli.Mon âme a plus de feu‖ que vous n'avez de cendre !Mon cœur a plus d'amour‖ que vous n'avez d'oubli !
1er janvier 1835. Minuit et demi.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a pleine / haleine féminine, classiqueb pâli / enseveli masculine, classiquea dire / sourire féminine, classiqueb mystérieux / yeux masculine, classiquea ravie / vie féminine, classiqueb toujours / jours masculine, classiquea années / fanées féminine, classiqueb vieillir / cueillir masculine, classiquea répandre / cendre féminine, classiqueb rempli / d'oubli masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les feuilles d’automne ‒ Les chants du crépuscule, Paris, Classique Garnier, 1950· numérisation poesies.net· Sources