Les contemplations, 1855· Livre cinquième En marche
XVIII. Apparition
Je vis un ange blanc‖ qui passait sur ma tête ;Son vol éblouissant‖ apaisait la tempête,Et faisait taire au loin‖ la mer pleine de bruit.— Qu'est-ce que tu viens faire,‖ ange, dans cette nuit ?Lui dis-je. Il répondit :‖ — Je viens prendre ton âme.Et j'eus peur, car je vis‖ que c'était une femme ;Et je lui dis, tremblant‖ et lui tendant les bras :— Que me restera-t-il ?‖ car tu t'envoleras.Il ne répondit pas ;‖ le ciel que l'ombre assiègeS'éteignait… — Si tu prends‖ mon âme, m'écriai-je,Où l'emporteras-tu ?‖ montre-moi dans quel lieu.Il se taisait toujours.‖ — O passant du ciel bleu,Es-tu la mort ? lui dis-je,‖ ou bien es-tu la vie ?Et la nuit augmentait‖ sur mon âme ravie,Et l'ange devint noir,‖ et dit : — Je suis l'amour.Mais son front sombre était‖ plus charmant que le jour,Et je voyais, dans l'ombre‖ où brillaient ses prunelles,Les astres à travers‖ les plumes de ses ailes.
Jersey, septembre 1855.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a tête / tempête féminine, classiqueb bruit / nuit masculine, classiquec âme / femme féminine, classiqued bras / t'envoleras masculine, classiquee assiège / m'écriai-je féminine, classiquef lieu / bleu masculine, classiqueg vie / ravie féminine, classiqueh l'amour / jour masculine, classiquei prunelles / ailes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Contemplations, Éditions Classique Garnier, 1950· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources