Les contemplations, 1843· Livre troisième Les luttes et les rêves
XV. Épitaphe
Il vivait, il jouait,‖ riante créature.Que te sert d'avoir pris‖ cet enfant, ô nature ?N'as-tu pas les oiseaux‖ peints de mille couleurs,Les astres, les grands bois,‖ le ciel bleu, l'onde amère ?Que te sert d'avoir pris‖ cet enfant à sa mère,Et de l'avoir caché‖ sous des touffes de fleurs ?
Pour cet enfant de plus‖ tu n'es pas plus peuplée,Tu n'es pas plus joyeuse,‖ ô nature étoilée !Et le cœur de la mère‖ en proie à tant de soins,Ce cœur où toute joie‖ engendre une torture,Cet abîme aussi grand‖ que toi-même, ô nature,Est vide et désolé‖ pour cet enfant de moins !
Mai 1843.
Versification
- Forme
- 2 sizains (sizains)
- Rimes
- 2(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 sizains
- Mots à la rime
- a créature / nature féminine, classiqueb couleurs / fleurs masculine, classiquec amère / mère féminine, classiquea peuplée / étoilée féminine, classiqueb soins / moins masculine, classiquec torture / nature féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Contemplations, Éditions Classique Garnier, 1950· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources