Les quatre vents de l’esprit, 1881· I Le livre satirique — Le siècle —
XIV. À un écrivain
Prends garde à Marchangy.‖ La prose poétiqueEst une ornière où geint‖ le vieux Pégase étique.Tout autant que le vers,‖ certes, la prose a droitÀ la juste cadence,‖ au rhythme divin ; soit ;Pourvu que, sans singer‖ le mètre, la cadenceS’y cache et que le rhythme‖ austère s’y condense.La prose en vain essaie‖ un essor assommant.Le vers s’envole au ciel‖ tout naturellement ;Il monte ; il est le vers ;‖ je ne sais quoi de frêleEt d’éternel, qui chante‖ et plane et bat de l’aile ;Il se mêle, farouche‖ et l’éclair dans les yeux,À toutes ces lueurs‖ du ciel mystérieuxQue l’aube frissonnante‖ emporte dans ses voiles.Quand même on la ferait‖ danser jusqu’aux étoiles,La prose, c’est toujours‖ le sermo pedestris.Tu crois être Ariel‖ et tu n’es que Vestris.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a poétique / étique féminine, classiqueb droit / soit masculine, classiquec cadence / condense féminine, classiqued assommant / naturellement masculine, classiquee frêle / l’aile féminine, classiquef yeux / mystérieux masculine, classiqueg voiles / étoiles féminine, classiqueh pedestris / Vestris masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources