Les quatre vents de l’esprit, 1881· I Le livre satirique — Le siècle —
XXII. « Elle passa, je crois qu’elle m’avait souri »
Elle passa, je crois‖ qu’elle m’avait souri.C’était une grisette‖ ou bien une houri.Je ne sais si l’effet‖ fut moral ou physique,Mais son pas en marchant‖ faisait une musique.Quoi ! Ton pavé bruyant‖ et fangeux, ô Paris,A de ces visions‖ ineffables ! Je prisSes yeux fixés sur moi‖ pour deux étoiles bleues.Fraîche et joyeuse enfant !‖ Moineaux et hochequeuesOnt moins de gaîté folle‖ et de vivacité.Elle avait une robe‖ en taffetas d’été,De petits brodequins‖ couleur de scarabée,L’air d’une ombre qui passe‖ avant la nuit tombée,Je ne sais quoi de fier‖ qui permettait l’espoir.
Pendant que je songeais,‖ croyant encor la voirMême après qu’elle était‖ enfuie et disparue,Et que debout, pensif‖ au milieu de la rue,Contemplant, ébloui,‖ cet être gracieux,J’avais l’œil dans l’espace‖ et l’âme dans les cieux,Une vieille, moitié‖ chatte et moitié harpie,Au menton hérissé‖ d’une barbe en charpie,Vêtue affreusement‖ d’un sinistre haillon,Effroyable, et parlant‖ comme avec un bâillon,Me dit tout bas : ― Monsieur‖ veut-il de cette fille ?
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 12((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a souri / houri masculine, classiqueb physique / musique féminine, classiquec Paris / pris masculine, classiqued bleues / hochequeues féminine, classiquee vivacité / d’été masculine, classiquef scarabée / tombée féminine, classiqueg l’espoir / voir masculine, classiqueb disparue / rue féminine, classiquec gracieux / cieux masculine, classiqued harpie / charpie féminine, classiquee haillon / bâillon masculine, classiquef fille / chenille féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources