Les quatre vents de l’esprit, 1881· III Le livre lyrique — La destinée —
VII. « J’aime à me figurer, de longs voiles couvertes »
J’aime à me figurer,‖ de longs voiles couvertes,Des vierges qui s’en vont‖ chantant dans les cheminsEt qui sortent d’un temple‖ avec des palmes vertesAux mains ;
Un rêve qui me plaît‖ dans mes heures moroses,C’est un groupe d’enfants‖ dansant dans l’ombre en rond,Joyeux, avec le rire‖ à la bouche et des rosesAu front !
Un rêve qui m’enchante‖ encore et qui me charme,C’est une douce fille‖ à l’âge radieuxQui, sans savoir pourquoi,‖ songe avec une larmeAux yeux ;
Une autre vision,‖ belle entre les plus belles,C’est Jeanne et Marguerite,‖ astres, vous les voyez !Qui, le soir, dans les prés‖ courent avec des ailesAux pieds !
Mais des rêves dont j’ai‖ la pensée occupée,Celui qui pour mon âme‖ a le plus de douceur,C’est un tyran qui râle‖ avec un coup d’épéeAu cœur !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins et dissyllabes (15 de 12, 5 de 2)· profil 2, 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a couvertes / vertes féminine, classiqueb chemins / mains masculine, classiquea moroses / roses féminine, classiqueb rond / front masculine, classiquea charme / larme féminine, classiqueb radieux / yeux masculine, classiquea belles / ailes féminine, classiqueb voyez / pieds masculine, classiquea occupée / d’épée féminine, classiqueb douceur / cœur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources