Les quatre vents de l’esprit, 1881· III Le livre lyrique — La destinée —
VI. Près d’Avranches
La nuit morne tombait‖ sur la morne étendue.
Le vent du soir soufflait,‖ et, d’une aile éperdue,Faisait fuir, à travers‖ les écueils de granit,Quelques voiles au port,‖ quelques oiseaux au nid.
Triste jusqu’à la mort,‖ je contemplais le monde.Oh ! Que la mer est vaste‖ et que l’âme est profonde !Saint-Michel surgissait,‖ seul sur les flots amers,Chéops de l’occident,‖ pyramide des mers.
Je songeais à Égypte‖ aux plis infranchissables,À la grande isolée‖ éternelle des sables,Noire tente des rois,‖ ce tas d’ombres qui dortDans le camp immobile‖ et sombre de la mort.
Hélas ! Dans ces déserts,‖ qu’emplit d’un souffle immenseDieu, seul dans sa colère‖ et seul dans sa clémence,Ce que l’homme a dressé‖ debout sur l’horizon,Là-bas, c’est le sépulcre,‖ ici, c’est la prison.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a étendue / éperdue féminine, classiqueb granit / nid masculine, classiquea monde / profonde féminine, classiqueb amers / mers masculine, classiquea infranchissables / sables féminine, classiqueb dort / mort masculine, classiquea immense / clémence féminine, classiqueb l’horizon / prison masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources