Les quatre vents de l’esprit, 1881· I Le livre satirique — Le siècle —
II. « Lorsque j'étais encore un tout jeune homme pâle »
Lorsque j'étais encore‖ un tout jeune homme pâle,Et que j'allais entrer‖ dans la lice fatale,Sombre arène où plus d'un‖ avant moi se perdit,L'âpre Muse aux regards‖ mystérieux m'a dit :— Tu pars ; mais quand le Cid‖ se mettait en campagnePour son Dieu, pour son droit‖ et pour sa chère Espagne,Il était bien armé ;‖ ce vaillant Cid avaitDeux casques, deux estocs,‖ sa lance de chevet,Deux boucliers ; il faut‖ des armes de rechange ;Puis il tirait l'épée‖ et devenait archange.As-tu ta dague au flanc ?‖ Voyons, soldat martyr,Quelle armure vas-tu‖ choisir et revêtir ?Quels glaives va-t-on voir‖ luire à ton bras robuste ?— J'ai la haine du mal‖ et j'ai l'amour du juste,Muse ; et je suis armé‖ mieux que le paladin.— Et tes deux boucliers ?‖ — J'ai mépris et dédain.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a pâle / fatale féminine, classiqueb perdit / dit masculine, classiquec campagne / Espagne féminine, classiqued avait / chevet masculine, classiquee rechange / archange féminine, classiquef martyr / revêtir masculine, classiqueg robuste / juste féminine, classiqueh paladin / dédain masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources