Les quatre vents de l’esprit, 1881· III Le livre lyrique — La destinée —
LII. « Ô rois, de qui je vois les royaumes, là-bas »
Ô rois, de qui je vois‖ les royaumes, là-bas,Au fond d’un gouffre plein‖ de foudre et de combats,Je ne sais pas combien‖ de temps Dieu vous accorde ;Mais je sais qu’il me donne‖ en sa miséricordeUn petit coin de terre‖ où la rose fleurit.La vaste mer connaît‖ mon île et lui sourit,Et murmure à mes pieds‖ son doux épithalame,Et je ne connais rien‖ de plus calmant pour l’âmeQue cette solitude‖ immense, où j’ai des fleurs.Les frais zéphyrs de mai,‖ mystérieux souffleurs,Me chuchotent des vers‖ de Virgile à l’oreille ;Le printemps n’admet pas‖ ce qui le dépareille,Il chasse grêle et neige,‖ et sur l’hiver descendAvec le gai courroux‖ d’un enfant tout-puissant ;L’aurore et la jeunesse‖ entrent en équilibre ;Partout éclate et rit‖ la grande leçon libreD’amour, que chacun donne‖ et que chacun reçoit ;Nul n’échappe à la loi‖ divine, quel qu’il soit ;La jeune fille montre‖ au jeune homme la mousse ;Le petit oiseau voit‖ comment la feuille pousseAutour de l’humble nid,‖ par le chêne adopté ;Le papillon enseigne‖ au lys la volupté ;Je contemple ce tas‖ d’écoles buissonnières ;Et je hais l’affreux vent‖ qui gonfle vos bannières !
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 12((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a là-bas / combats masculine, classiqueb accorde / miséricorde féminine, classiquec fleurit / sourit masculine, classiqued épithalame / l’âme féminine, classiquee fleurs / souffleurs masculine, classiquef l’oreille / dépareille féminine, classiqueg descend / tout-puissant masculine, classiqueh équilibre / libre féminine, classiquei reçoit / soit masculine, classiquej mousse / pousse féminine, classiquek adopté / volupté masculine, classiquel buissonnières / bannières féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources