Les quatre vents de l’esprit, 1881· III Le livre lyrique — La destinée —
XXIII. Sous terre
— Laisse-moi. ― Non. ― Ô griffe sombre,Bouche horrible ! Ô torture ! Ô deuil !Pourquoi te glisses-tu dans l’ombrePar les fentes de mon cercueil ?
— Il faut renouveler ma sève,Ô mort, voici le doux été.Toute la nature qui rêve,Spectre, a besoin de ma beauté !
Il faut qu’aucun lys ne m’efface ;L’abeille attend de moi le miel ;Il me faut un parfum qui fassePâmer les cygnes dans le ciel.
Je dois orner l’antre morose ;Je dois sourire au soir boudeur,Et donner à tout quelque choseDe ma grâce et de ma splendeur.
Il faut que je pare le voileDes vierges au lever du jour,Que je respire pour l’étoile,Que je rougisse pour l’amour.
Et pendant que l’aube m’arrose,Ma racine vers toi descend.— Qui donc es-tu ? ― Je suis la rose.— Et que veux-tu ? ― Boire ton sang.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a sombre / l’ombre féminine, classiqueb deuil / cercueil masculine, classiquea sève / rêve féminine, classiqueb été / beauté masculine, classiquea m’efface / fasse féminine, classiqueb miel / ciel masculine, classiquea morose / chose féminine, classiqueb boudeur / splendeur masculine, classiquea voile / l’étoile féminine, classiqueb jour / l’amour masculine, classiquea m’arrose / rose féminine, classiqueb descend / sang masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources