Les rayons et les ombres, 1840
XVIII. Écrit sur la vitre d’une fenêtre flamande
J'aime le carillon‖ dans tes cités antiques,Ô vieux pays gardien‖ de tes mœurs domestiques,Noble Flandre, où le Nord‖ se réchauffe engourdiAu soleil de Castille‖ et s'accouple au Midi !Le carillon, c'est l'heure‖ inattendue et folle,Que l'œil croit voir, vêtue‖ en danseuse espagnole,Apparaître soudain‖ par le trou vif et clairQue ferait en s'ouvrant‖ une porte de l'air.Elle vient, secouant‖ sur les toits léthargiquesSon tablier d'argent‖ plein de notes magiques,Réveillant sans pitié‖ les dormeurs ennuyeux,Sautant à petits pas‖ comme un oiseau joyeux,Vibrant, ainsi qu'un dard‖ qui tremble dans la cible ;Par un frêle escalier‖ de cristal invisible,Effarée et dansante,‖ elle descend des cieux ;Et l'esprit, ce veilleur‖ fait d'oreilles et d'yeux,Tandis qu'elle va, vient,‖ monte et descend encore,Entend de marche en marche‖ errer son pied sonore !
Malines, août 1837.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a antiques / domestiques féminine, classiqueb engourdi / Midi masculine, classiquec folle / espagnole féminine, classiqued clair / l'air masculine, classiquee léthargiques / magiques féminine, classiquef ennuyeux / joyeux masculine, classiqueg cible / invisible féminine, classiqueh cieux / d'yeux masculine, classiquei encore / sonore féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre complète, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1985· numérisation abu.cnam.fr· Sources