Toute la lyre, 1893· III
IV. « Aucune aile ici-bas n'est pour longtemps posée »
Aucune aile ici-bas‖ n'est pour longtemps posée.Quand elle était petite,‖ elle avait un oiseau ;Elle le nourrissait‖ de pain et de rosée,Et veillait sur son nid‖ comme sur un berceau.Un soir il s’échappa. Que de plaintes amères !Dans mes bras en pleurant‖ je la vis accourir… —Jeunes filles, laissez,‖ laissez, ô jeunes mères,Les oiseaux s'envoler‖ et les enfants mourir !
C'est une loi d'en haut‖ qui veut que tout nous quitte.Le secret du Seigneur,‖ nous le saurons un jour.Elle grandit. La vie,‖ hélas ! marche si vite !Elle eut un doux enfant,‖ un bel ange, un amour.Une nuit, triste sort‖ des choses éphémères !Cet enfant s'éteignit,‖ sans pleurer, sans souffrir… —Jeunes filles, laissez,‖ laissez, ô jeunes mères,Les oiseaux s'envoler‖ et les enfants mourir !
22 juin 1842.
Versification
- Forme
- 2 huitains (huitains)
- Rimes
- 2(ababcdcd)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 huitains
- Mots à la rime
- a posée / rosée féminine, classiqueb oiseau / berceau masculine, classiquec amères / mères féminine, classiqued accourir / mourir masculine, classiquea quitte / vite féminine, classiqueb jour / amour masculine, classiquec éphémères / mères féminine, classiqued souffrir / mourir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources