Toute la lyre, 1893· II
XLIV. « C'est l'hiver. Ô villes folles »
C'est l'hiver. Ô villes folles,Dansez ! Dans le bal béantTourbillonnent les parolesDe la joie et du néant.
L'homme flotte dans la voieOù l'homme errant se perdit ;En bas le plaisir flamboie,En haut l'amour resplendit.
Le plaisir, clarté hagardeDu faux rire et des faux biens,Dit au noir passant : Prends garde !L'amour rayonne et dit : Viens ! —
Ces deux lueurs, sur la lameGuidant l'hydre et l'alcyon,Nous éclairent ; toute l'âmeVogue à ce double rayon.
Mer !j'ai fui loin des Sodomes ;Je cherche tes grands tableaux ;Mais ne voit-on pas les hommesQuand on regarde les flots ?
Les spectacles de l'abîmeRessemblent à ceux du cœur ;Le vent est le fou sublime,Le jonc est le nain moqueur.
Comme un ami l'onde croule ;Sitôt que le jour s'enfuitLa mer n'est plus qu'une fouleQui querellé dans la nuit ;
Le désert de l'eau qui souffreEst plein de cris et de voix,Et parle dans tout le gouffreÀ toute l'ombre à la fois.
Que dit-il ? Dieu seul recueilleCe blasphème ou ce sanglot ;Dieu seul répond à la feuille,Et Dieu seul réplique au flot.
Versification
- Forme
- 9 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 9(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 9 quatrains
- Mots à la rime
- a folles / paroles féminine, classiqueb béant / néant masculine, classiquea voie / flamboie féminine, classiqueb perdit / resplendit masculine, classiquea hagarde / garde féminine, classiqueb biens / Viens masculine, classiquea lame / l'âme féminine, classiqueb l'alcyon / rayon masculine, classiquea Sodomes / hommes féminine, classiqueb tableaux / flots masculine, classiquea l'abîme / sublime féminine, classiqueb cœur / moqueur masculine, classiquea croule / foule féminine, classiqueb s'enfuit / nuit masculine, classiquea souffre / gouffre féminine, classiqueb voix / fois masculine, classiquea recueille / feuille féminine, classiqueb sanglot / flot masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources