Toute la lyre, 1893· I
II. Les évangélistes
Sur des livres où rien‖ n'était écrit encore,Quatre hommes méditaient‖ quand mourut l'homme-Dieu ;Tournés au nord, au sud,‖ au couchant, à l'aurore,Ces hommes se nommaient‖ Luc, Jean, Marc et Matthieu.Pendant que sur leur noir registreTombait l'ombre du mont sinistre,Et qu'ils rêvaient, battus des vents,On vit, sur la croix qui nous navre ;Les clous de l'immense cadavreGrandir et devenir vivants.
Le premier clou devint‖ un aigle à forme étrange,Le second fut un bœuf,‖ le troisième un lion,Le quatrième prit‖ la figure d'un angeAyant l'éclair pour aile‖ et pour œil le rayon ;Puis, s'envolant du haut calvaire,Ils quittèrent l'arbre sévère,Ils quittèrent l’affreux chevet,Et chacun, dans l'ombre où nous sommes,À l'oreille de ces quatre hommesVint raconter ce qu'il savait.
4 avril 1854.
Versification
- Forme
- 2 dizains (dizains)
- Rimes
- 2(ababccdeed)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (12 de 8, 8 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 2 dizains
- Mots à la rime
- a encore / l'aurore féminine, classiqueb l'homme-Dieu / Matthieu masculine, classiquec registre / sinistre féminine, classiqued vents / vivants masculine, classiquee navre / cadavre féminine, classiquea étrange / ange féminine, classiqueb lion / rayon masculine, classiquec calvaire / sévère féminine, classiqued chevet / savait masculine, classiquee sommes / hommes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources