Toute la lyre, 1893· III
XXX. Nuit
Toute la nature vivanteTravaille, à l'heure où le jour fuit,Sous je ne sais quelle épouvanteQui tombe des astres la nuit.
Livrée aux mystères sans nombre,Morne, elle voit en frémissantS'ouvrir sur elle dans cette ombreL'œil-de l'Inconnu tout-puissant.
Oh ! quel effroi ! se reconnaître,Sans durée et sans liberté,À la discrétion de l'être.Qui se meut dans l'éternité !
Noire énigme où tout se rassemblePour cacher le but et le mot !On sent en bas quelqu'un qui tremble ;On, sent quelqu'un qui rêve en haut.
28 avril 1846.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a vivante / épouvante féminine, classiqueb fuit / nuit masculine, classiquea nombre / ombre féminine, classiqueb frémissant / tout-puissant masculine, classiquea reconnaître / l'être féminine, classiqueb liberté / l'éternité masculine, classiquea rassemble / tremble féminine, classiqueb mot / haut masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources