Toute la lyre, 1893· II
IV. « Quand la lune apparaît dans la brume des plaines »
Quand la lune apparaît‖ dans la brume des plaines,Quand l'ombre émue a l'air‖ de retrouver la voix,Lorsque le soir emplit‖ de frissons et d'haleinesLes pâles ténèbres des bois,
Quand le bœuf rentre avec‖ sa clochette sonorePareil au vieux poëte,‖ accablé, triste et beau,Dont la pensée au fond‖ de l'ombre tinte encoreDevant la porte du tombeau,
Si tu veux, nous irons‖ errer dans les vallées,Nous marcherons dans l'herbe‖ à pas silencieux,Et nous regarderons‖ les voûtes étoilées.C'est dans les champs qu'on voit les cieux !
Nous nous promènerons‖ dans les campagnes vertes ;Nous pencherons, pleurant‖ ce qui s'évanouit,Nos âmes ici-bas‖ par le malheur ouvertes,Sur les fleurs qui s'ouvrent la nuit !
Nous parlerons tout bas‖ des choses infinies.Tout est grand, tout est doux,‖ quoique tout soit obscur !Nous ouvrirons nos cœurs‖ aux sombres harmoniesQui tombent du profond azur !
C'est l'heure où l'astre brille,‖ où rayonnent les femmes !Ta beauté vague et pâle‖ éblouira mes yeux.Rêveurs, nous mêlerons‖ le trouble de nos âmesÀ la sérénité des cieux !
La calme et sombre nuit‖ ne fait qu'une prièreDe toutes les rumeurs‖ de la nuit et du jour,Nous, de tous les tourments‖ de cette vie amèreNous ne ferons que de l'amour !
À l’Assemblée, 15 juin 1849.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (21 de 12, 7 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a plaines / d'haleines féminine, classiqueb voix / bois masculine, classiquea sonore / encore féminine, classiqueb beau / tombeau masculine, classiquea vallées / étoilées féminine, classiqueb silencieux / cieux masculine, classiquea vertes / ouvertes féminine, classiqueb s'évanouit / nuit masculine, classiquea infinies / harmonies féminine, classiqueb obscur / azur masculine, classiquea femmes / âmes féminine, classiqueb yeux / cieux masculine, classiquea prière / amère féminine, classiqueb jour / l'amour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources