Toute la lyre, 1893· III
IX. « Quant à l'obscurité que tu dis éternelle »
Quant à l'obscurité‖ que tu dis éternelle,Qu'en sais-tu ? l'univers‖ tient-il dans ta prunelle ?L’ombre est la forme énorme et triste de l’ennui ;Mais qu'y vois-tu ? Sais-tu‖ ce que c'est qu'Aujourd'hui ?As-tu bien une idée‖ exacte de la phaseOù tu passes, tremblant‖ d'épouvante ou d'extase ?Qui te dit que le monde,‖ étant un noir vivant,N'a pas comme toi-même,‖ homme jouet du vent,Son moment de sommeil‖ où la brume le couvre,Après quoi son œil sombre‖ et vertigineux s'ouvre !Cet instant fugitif‖ où le sort a jetéLes vagues siècles noirs‖ de ton humanité,Peut-être est-ce la nuit‖ du monde ? Sais-tu l'heure ?Sais-tu si tu n'es pas‖ un être vain qui pleureEt se déforme, et n'est,‖ en attendant la mort,Qu'un rêve sur le front‖ de l'infini qui dort ?
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a éternelle / prunelle féminine, classiqueb l’ennui / qu'Aujourd'hui masculine, classiquec phase / d'extase féminine, classiqued vivant / vent masculine, classiquee couvre / s'ouvre féminine, classiquef jeté / humanité masculine, classiqueg l'heure / pleure féminine, classiqueh mort / dort masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources