Toute la lyre, 1893· III
XL. « Un jour que je songeais à Dieu, j’ai reconnu »
Un jour que je songeais à Dieu, j’ai reconnuQue l'homme ici vient nu‖ pour s'en retourner nu,Que la tombe et la crèche‖ ont des rapports étranges,Qu'on naît dans un linceul‖ et qu'on meurt dans des langes,Et, qu'eût-on été grand,‖ superbe et triomphant,À force de vieillesse‖ on redevient enfant.Amour, pouvoir, richesse,‖ honneurs, apothéoses,Tous les biens d'ici-bas‖ passent comme les chosesQu'aperçoit dans la plaine‖ un voyageur de nuit.Voir un peu de lumière,‖ entendre un peu de bruit,C'est là toute la vie.‖ On marche ; on fait sa route ;L'un consulte la foi ;‖ l'autre écoute le doute ;
La clarté qui nous luit‖ nous conduit-elle au port ?On ne sait. On se dit,‖ à l'heure de la mort :Ai-je suivi la vraie ?‖ ai-je suivi la fausse ?Puis on est au hasard‖ jeté dans une fosse ;Ou l'on s'en va, chargé‖ du poids d'un monument,Attendre le clairon‖ du dernier jugement,Couché de tout son long‖ sans ouvrir la paupière,Seul dans l'intérieur‖ d'une chambre de pierre.
Nuit du 18 au 19 juillet 1843. — En malle-poste.
Versification
- Forme
- 2 distiquess (distiques)
- Rimes
- 10((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 distiquess
- Mots à la rime
- a reconnu / nu masculine, classiqueb étranges / langes féminine, classiquec triomphant / enfant masculine, classiqued apothéoses / choses féminine, classiquee nuit / bruit masculine, classiquef route / doute féminine, classiquea port / mort masculine, classiqueb fausse / fosse féminine, classiquec monument / jugement masculine, classiqued paupière / pierre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources