Vers, 1894· Troisième partie
« Avec les pistolets aux fontes »
Avec les pistolets aux fontes,Il monte, il monte, il monte, il monte,
Monte la côte de la route,Le soir dans la campagne rousse.
Chapeau tricorne : il est marquis ;Relevés sont ses pans d'habit.
Du tricorne une roide tresseTombe et en avant il se baisse.
Il est rasé, rasé, rasé,A les yeux bleus, un rouge nez.
Et il arrive près d'un bois :Il écoute, écoute des voix.
Les maisons sont loin, dans du bleu,Sur le coteau rayé de feu.
« Bourse ou vie ! » quelqu'un a crié…Il se dresse sur ses étriers.
Et ses mains garnies de dentellesFouillent les fontes de sa selle.
Et il prend les lourds pistoletsAux canons de cuivre ouvragés.
Et à deux mains, à droite, à gauche,Il tire, roide comme roche.
Le pistolet‖ pète et crache un tasDe feu avec un grand fracas.
Et il continue et il monteAvec sa queue‖ derrière le cou,
Avec ses pistolets aux fontes,Le chemin qui mène à Ramous.
1888
Versification
- Mètre
- Octosyllabes et ennéasyllabes (25 de 8, 3 de 9)· profil 8, 4÷5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources