Vers, 1894· Première partie
« Je mettrai des jacinthes blanches »
Je mettrai des jacinthes blanchesÀ ma fenêtre, dans l'eau claireQui paraîtra bleue dans le verre.
Je mettrai sur ta gorge blancheEt luisante comme un caillouDu ruisseau, des boules de houx.
Je mettrai sur la pauvre têteDu malheureux chien tout rogneuxQui a des taches dans les yeux
La plus douce de mes caresses,Pour qu'il s'en aille grelottantUn tout petit peu plus content.
Je mettrai ma main dans la tienne,Et tu me conduiras dans l'ombreOù tournent les feuilles d'automne,
Jusqu'au sable de la fontaineQue la pluie si douce a troué,Où se détrempe le vieux pré.
. . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . la pluie fineMa pensée douce‖ comme la bruine.
Je mettrai sur l'agneau qui bêleUne branche de lierre amerQui est noir parce qu'il est vert.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes surtout (21 de 8, 1 de 3, 1 de 10)· profil 8, 4+6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources