Vers, 1894· Troisième partie
« Je sais que tu es pauvre »
Je sais que tu es pauvre :Tes robes sont modestes.Mine douce, il me resteMa douleur : je te l'offre.
Mais tu es plus jolieQue les autres, ta boucheSent bon — quand tu me touchesLa main, j'ai la folie.
Tu es pauvre, et à causeDe cela tu es bonne ;Tu veux que je te donneDes baisers et des roses.
Car tu es jeune fille :Les livres t'ont fait croireEt les belles histoires,Qu'il fallait des charmilles,
Des roses et des mûres,Et les fleurs des prairies ;Que dans la poésieOn parlait de ramures.
Je sais que tu es pauvre :Tes robes sont modestes.Mine douce, il me resteMa douleur : je te l'offre.
1888
Versification
- Mètre
- Hexasyllabes
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources