Vers, 1894· Première partie
Les grues…
À Pierre Loti.
Les grues sont passées dans‖ le ciel gris et leurs longuesLignes filaient‖ en grinçant, cris de neige et d'ombre ;C'est la saison où l'on‖ va pour orner les tombes.
Les misérables, les‖ aveugles mendierontAvec leurs mains rouges‖ et luisantes. Ils irontMourir dans les soirs noirs‖ en riant de frissons.
Les bêtes souffriront. J'ai vu‖ un vieux mendiantAvec des taches sur‖ les yeux et maltraitantSon pauvre chien la queue‖ sous le ventre, tremblant.
Il le traînait,‖ l'étranglant avec une corde,Disant : je l'ai jeté‖ à l'eau trois fois. La cordeA cassé. Il revient,‖ le cochon ! Et la corde
Tirait. Et le vieux chien,‖ compagnon de misèreDe ce vieux, semblait‖ lui dire : laisse-moi sur terreM'accrocher encore‖ à tes habits pleins de poussière.
Et lui, étant‖ homme, plus mauvais que le chien,Disait : cochon ! cochon !‖ va ! je te noierai bien…Et ils allaient tous deux‖ sous le grand ciel d'étain.
Versification
- Mètre
- Vers de 12 et 13 syllabes (14 de 12, 4 de 13)· profil 6=6, 5÷8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources