Vers, 1894· Première partie
La Poussière Froide
La maison serait‖ pleine de roses et de guêpes.On y entendrait,‖ l'après-midi, sonner les vêpres ;Et les raisins couleurs‖ de pierre transparenteSembleraient dormir au‖ soleil sous l'ombre lente.Comme je t'y aimerais. Je te donne tout mon cœurQui a vingt-quatre ans,‖ et mon esprit moqueur,Mon orgueil et‖ ma poésie de roses blanches ;Et pourtant je ne te connais‖ pas, tu n'existes pas.Je sais seulement que,‖ si tu étais vivante,Et si tu étais comme‖ moi au fond de la prairie,Nous nous baiserions en‖ riant sous les abeilles blondes,Près du ruisseau frais,‖ sous les feuilles profondes.On n'entendrait que‖ la chaleur du soleil.
Tu aurais l'ombre des noisetiers sur ton oreille,Puis nous mêlerions nos‖ bouches, cessant de rire,Pour dire notre amour‖ que l'on ne peut pas dire ;Et je trouverais, sur‖ le rouge de tes lèvres,Le goût des raisins blonds,‖ des roses rouges et des guêpes.
Versification
- Mètre
- Vers de 12, 14, 11 et 13 syllabes (7 de 12, 5 de 14, 3 de 11, 3 de 13)· profil 5+6, 6=6, 5÷8, 6÷8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources