Vers, 1894· Deuxième partie
Vieille Maison
À Odilon Redon.
Neige endolorissante‖ et morne, tu déroulesTa nappe liliale‖ au toit cher que je sais,Neige endolorissante,‖ ô neige qui t'écroules !
Et la maison vieillote‖ aux carreaux verts cassésA des airs de jeunesse‖ et de pâle frileuseEt ne se souvient plus‖ des contes jacassés :
Des contes jacassés,‖ au soir, par la fileuse,En la cuisine antique‖ où le pot noir chantaitAu rauque dévidoir‖ sa chanson douce et creuse.
La chandelle en résine‖ en un coin crépitait.Près de la plaque en fer,‖ les cris-cris aux cris grêlesS'enfuyaient dans la suie‖ et le matou grondait.
Maintenant, dans le vieux‖ salon, les herbes frêles,Les avoines ornant‖ les vases surannés,Ne se souviennent plus‖ des champs fauchés des grêles :
Et des plumes de paon,‖ des bimbelots fanés,Sont là qu'un bisaïeul‖ rapporta de la ChineD'où, jadis, bien des gens‖ revinrent ruinés.
Comme alors un gros chat‖ plie en arc son échineEt cligne en grommelant‖ de longs yeux mordorés— Et miaule, et l'on voit‖ une expression fine
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources