Contes et nouvelles, 1668‑1694· Livre deuxième 1667 — 1669
V. L’oraison de saint julien
NOUVELLE TIRÉE DE BOCCACE
Beaucoup de gens‖ ont une ferme foiPour les brevets,‖ oraisons et paroles :Je me ris d’eux ;‖ et je tiens, quant à moi,Que tous tels sorts‖ sont recettes frivoles :Frivoles sont,‖ c’est sans difficulté.Bien est-il vrai‖ qu’auprès d’une beautéParoles ont‖ des vertus nonpareilles ;Paroles font‖ en amour des merveilles :Tout cœur se laisse‖ à ce charme amollir.De tels brevets‖ je veux bien me servir ;Des autres, non.‖ Voici pourtant un conteOù l’oraison‖ de monsieur saint JulienÀ Renaud d’Ast‖ produisit un grand bien.S’il ne l’eût dite,‖ il eût trouvé mécompteÀ son argent,‖ et mal passé la nuit.
Il s’en alloit‖ devers Château-Guillaume,Quand trois quidams‖ (bonnes gens, et sans bruit,Ce lui sembloit,‖ tels qu’en tout un royaumeIl n’auroit cru‖ trois aussi gens de bien) ;Quand n’ayant, dis-je,‖ aucun soupçon de rien,Ces trois quidams,‖ tout pleins de courtoisie,Après l’abord,‖ et l’ayant saluéFort humblement :‖ « Si notre compagnie,Lui dirent-ils,‖ vous pouvoit être à gré,Et qu’il vous plût‖ achever cette traiteAvec que nous,‖ ce nous seroit honneur.En voyageant,‖ plus la troupe est complète,Mieux elle vaut,‖ c’est toujours le meilleur.Tant de brigands‖ infestent la province,Que l’on ne sait‖ à quoi songe le princeDe le souffrir.‖ Mais, quoi ! les mal-vivantsSeront toujours.‖ » Renaud dit à ces gens,Que volontiers.‖ Une lieue étant faite,Eux discourant,‖ pour tromper le chemin,De chose et d’autre,‖ ils tombèrent enfinSur ce qu’on dit‖ de la vertu secrèteDe certains mots,‖ caractères, brevets,Dont les aucuns‖ ont de très-bons effets ;Comme de faire‖ aux insectes la guerre,Charmer les loups,‖ conjurer le tonnerre,Ainsi du reste ;‖ où, sans pact ni demi(De quoi l’on soit‖ pour le moins averti),L’on se guérit,‖ l’on guérit sa monture,Soit du farcin,‖ soit de la mémarchure,L’on fait souvent‖ ce qu’un bon médecinNe sauroit faire‖ avec tout son latin.
Ces survenants,‖ de mainte expérience,Se vantoient tous ;‖ et Renaud, en silence,Les écoutoit « ‖Mais, vous, ce lui dit-on,Savez-vous point‖ aussi quelque oraison ?— De tels secrets,‖ dit-il, je ne me pique,Comme homme simple‖ et qui vis à l’antique.Bien vous dirai‖ qu’en allant par chemin,J’ai certains mots‖ que je dis au matin,Dessous le nom‖ d’oraison ou d’antienneDe saint Julien,‖ afin qu’il ne m’avienneDe mal gîter ;‖ et j’ai même éprouvé,Qu’en y manquant,‖ cela m’est arrivé.J’y manque peu :‖ c’est un mal que j’évitePar-dessus tous,‖ et que je crains autant.— Et ce matin,‖ monsieur, l’avez-vous dite ?Lui repartit‖ l’un des trois en riant.— Oui, dit Renaud.‖ — Or bien, répliqua l’autre,Gageons un peu‖ quel sera le meilleur,Pour ce jourd’hui,‖ de mon gîte ou du vôtre ? »
Il faisoit lors‖ un froid plein de rigueur ;La nuit de plus‖ étoit fort approchante,Et la couchée‖ encore assez distante.Renaud reprit :‖ « Peut-être, ainsi que moi,Vous servez-vous‖ de ces mots en voyage ?— Point, lui dit l’autre ;‖ et vous jure ma foi,Qu’invoquer saints‖ n’est pas trop mon usage :Mais si je perds,‖ je le pratiquerai.— En ce cas-là,‖ volontiers gagerai,Reprit Renaud,‖ et j’y mettrais ma vie,Pourvu qu’alliez‖ en quelque hôtellerie ;Car je n’ai là‖ nulle maison d’ami.Mous mettrons donc‖ cette clause au pari,Poursuivit-il,‖ si l’avez agréable :C’est la raison.‖ « L’autre lui répondit ;J’en suis d’accord ;‖ et gage votre habit,Votre cheval,‖ la bourse au préalable ;Sûr de gagner,‖ comme vous allez voir, »
Renaud dès lors‖ put bien s’apercevoirQue son cheval‖ avoit changé d’étable.Mais quel remède ?‖ En côtoyant un bois,Le parieur,‖ ayant changé de voix :« Çà, descendez,‖ dit-il, mon gentilhomme ;Votre oraison‖ vous fera bon besoin ;Château-Guillaume‖ est encore un peu loin. »Fallut descendre.‖ Ils lui prirent, en somme,Chapeau, casaque,‖ habit, bourse et cheval,Bottes aussi,‖ « Vous n’aurez tant de malD’aller à pied ?‖ » lui dirent les perfides.Puis, de chemin‖ (sans qu’ils prissent de guides)Changeant tous trois,‖ ils furent aussitôtPerdus de vue ;‖ et le pauvre Renaud,En caleçons,‖ en chausses, en chemise,Mouillé, fangeux,‖ ayant au nez la bise,Va tout dolent,‖ et craint avec raisonQu’il n’ait, ce coup,‖ malgré son oraison,Très-mauvais gîte ;‖ hormis qu’en sa valiseIl espéroit :‖ car il est à noter,Qu’un sien valet,‖ contraint de s’arrêterPour faire mettre‖ un fer à sa monture,Devoit le joindre.‖ Or il ne le lit pas,Et ce fut là‖ le pis de l’aventure :Le drôle, ayant‖ vu de loin tout le cas(Comme valets‖ souvent ne valent guères),Prend à côté,‖ pourvoit à ses affaires,Laisse son maître,‖ à travers champs s’enfuit,Donne des deux,‖ gagne devant la nuitChâteau-Guillaume,‖ et dans l’hôtellerieLa plus fameuse,‖ enfin la mieux fournie,Attend Renaud‖ près d’un foyer ardent,Et fait tirer‖ du meilleur cependant.
Son maître étoit‖ jusqu’au cou dans les boues ;Pour en sortir,‖ avoit fort à tirer.Il acheva‖ de se désespérer,Lorsque la neige,‖ en lui donnant aux joues,Vint à flocons,‖ et le vent, qui fouettoit.Au prix du mal‖ que le pauvre homme avoit,Gens que l’on pend‖ sont sur des lits de roses.Le sort se plaît‖ à dispenser les chosesDe la façon ;‖ c’est tout mal pu tout bien :Dans ses faveurs,‖ il n’a point de mesures :Dans son courroux,‖ de même, il n’omet rienPour nous mater :‖ témoin les aventuresQu’eut cette nuit‖ Renaud, qui n’arrivaQu’une heure après‖ qu’on eut fermé la porteDu pied du mur,‖ enfin, il s’approcha ;Dire comment,‖ je n’en sais pas la sorte.Son bon destin,‖ par un très-grand hasard,Lui fit trouver‖ une petite avanceQu’avoit un toit ;‖ et ce toit faisoit partD’une maison‖ voisine du rempart.Renaud, ravi‖ de ce peu d’allégeance,Se met dessous.‖ Un bonheur, comme on dit,Me vient point seul.‖ Quatre ou cinq brins de pailleSe rencontrant,‖ Renaud les étendit.« Dieu soit loué !‖ dit-il, voilà mon lit. »Pendant cela,‖ le mauvais temps l’assailleDe toutes parts :‖ il n’en peut presque plus.Transi de froid,‖ immobile et perclus,Au désespoir‖ bientôt il s’abandonne,Claque des dents,‖ se plaint, tremble et frissonneSi hautement,‖ que, quelqu’un l’entendit.Ce quelqu’un là,‖ c’étoit une servante ;Et sa maîtresse,‖ une veuve galanteQui demeuroit‖ au logis que j’ai dit ;Pleine d’appas,‖ jeune, et de bonne grâce.Certain marquis,‖ gouverneur de la place,L’entretenoit :‖ et, de peur d’être vu,Troublé, distrait,‖ enfin interrompu,Dans son commerce‖ au logis de la dame,Il se rendoit‖ souvent chez cette femmePar une porte‖ aboutissante aux champs ;Alloit, venoit,‖ sans que ceux de la villeEn, sussent rien,‖ non pas même ses gens.Je m’en étonne ;‖ et tout plaisir tranquilleN’est d’ordinaire‖ un plaisir de marquis :Plus il est su,‖ plus il leur semble exquis.
Or il avint‖ que la même soiréeOù notre Job,‖ sur la paille étendu,Tenoit déjà‖ sa fin tout assurée,Monsieur étoit‖ de madame attendu,Le souper prêt,‖ la chambre bien parée ;Bons restaurants,‖ champignons et ragoûts,Bains et parfums,‖ matelas blancs et mous,Vins du coucher ;‖ toute l’artillerieDe Cupidon,‖ non pas le langoureux,Mais celui-là‖ qui n’a fait en sa vieQue de bons tours,‖ le patron des heureux,Des jouissants.‖ Étant donc la donzellePrête à bien faire,‖ avint que le marquisNe put venir.‖ Elle en reçut l’avisPar un sien page :‖ et de cela la belleSe consola :‖ tel étoit leur marché.Renaud y gagne ;‖ il ne fut écoutéPlus d’un moment,‖ que, pleine de bonté,Cette servante,‖ et confite en tendresse,Par aventure,‖ autant que sa maîtresse,Dit à la veuve :‖ « Un pauvre souffreteuxSe plaint là-bas ;‖ le froid est rigoureux ;Il peut mourir :‖ vous plaît-il pas, madame,Qu’en quelque coin‖ l’on le mette à couvert ?— Oui, je le veux,‖ répondit cette femme.Ce galetas,‖ qui de rien ne nous sert,Lui viendra bien ;‖ dessus quelque couchetteVous lui mettrez‖ un peu de paille nette ;Et là-dedans‖ il faudra l’enfermer :De nos reliefs‖ vous le ferez souperAuparavant,‖ puis l’envoirez coucher, »
Sans cet arrêt,‖ c’étoit fait de la vieDu bon Renaud.‖ On ouvre ; il remercie,Dit qu’on l’avait‖ retiré du tombeau,Conte son cas,‖ reprend force et courage :Il étoit grand,‖ bien fait, beau personnage,Ne sembloit même‖ homme en amour nouveau,Quoiqu’il fût jeune.‖ Au reste, il avoit honteDe sa misère‖ et de sa nudité :L’Amour est nu,‖ mais il n’est pas crotté.Renaud dedans,‖ la chambrière monte,Et va conter‖ le tout de point en point.La dame dit :‖ « Regardez si j’ai pointQuelque habit d’homme‖ encor dans mon armoire ?Car feu monsieur‖ en doit avoir laissé.— Vous en avez,‖ j’en ai bonne mémoire. »Dit la servante.‖ Elle eut bientôt trouvéLe vrai ballot.‖ Pour plus d’honnêteté,La dame, ayant‖ appris la qualitéDe Renaud d’Ast‖ (car il s’étoit nommé),Dit qu’on le mît‖ au bain chauffé pour elle.Cela fut fait ;‖ il ne se fit prier.On le parfume,‖ avant que l’habiller.Il monte en haut,‖ et fait à la donzelleSon compliment,‖ comme homme bien appris.On sert enfin‖ le souper du marquis.Renaud mangea‖ tout ainsi qu’un autre homme ;Même un peu mieux,‖ la chronique le dit :On peut à moins‖ gagner de l’appétit.Quant à la veuve,‖ elle ne fit, en somme,Que regarder,‖ témoignant son désir ;Soit que déjà‖ l’attente du plaisirL’eût disposée,‖ ou soit par sympathie,Ou que la mine‖ ou bien le procédéDe Renaud d’Ast‖ eussent son cœur touché.De tous côtés‖ se trouvant assaillie,Elle se rend‖ aux semonces d’Amour.« Quand je ferai,‖ disoit-elle, ce tour,Qui l’ira dire ?‖ il n’y va rien du nôtre :Si le mari‖ est quelque peu trompé,Il le mérite,‖ et doit l’avoir gagnéOu gagnera ;‖ car c’est un bon apôtre.Homme pour homme,‖ et péché pour péché,Autant me vaut‖ celui-ci que cet autre, »Renaud n’étoit‖ si neuf, qu’il ne vît bien.Que l’oraison‖ de monsieur saint JulienFeroit effet,‖ et qu’il auroit bon gîte.Lui hors de table,‖ on dessert au plus vite.Les voilà seuls,‖ et, pour le faire court,En beau début.‖ La dame s’étoit miseEn un habit‖ à donner de l’amour.La négligence,‖ à mon gré si requise,Pour cette fois‖ fut sa dame d’atour :Point de clinquant ;‖ jupe simple et modeste :Ajustement‖ moins superbe que leste ;Un mouchoir noir,‖ de deux grands doigts trop cour ;Sous ce mouchoir‖ no sais quoi fait au tour :Par là Renaud‖ s’imagina le reste.Mot n’en dirai ;‖ mais je n’omettrai pointQu’elle était jeune,‖ agréable et touchante,Blanche surtout,‖ et de taille avenante,Trop ni trop peu‖ de chair et d’embonpoint.À cet objet,‖ qui n’eût eu l’âme émue ?Qui n’eût aimé ?‖ qui n’eût eu des désirs ?Un philosophe,‖ un marbre, une statue,Auroient senti‖ comme nous ces plaisirs.Elle commence‖ à parler la première,Et fait si bien,‖ que Renaud s’enhardit.Il ne savoit‖ comme entrer en matière ;Mais, pour l’aider,‖ la marchande lui dit ;« Vous rappelez‖ en moi la souvenanceD’un qui s’est vu‖ mon unique souci ;Plus je vous vois,‖ plus je crois voir aussiL’air et le port,‖ les yeux, la remembranceDe mon époux :‖ que Dieu lui fasse paix !Voilà sa bouche,‖ et voilà tous ses traits. »Renaud reprit :‖ « Ce m’est beaucoup de gloire.Mais vous, madame,‖ à qui ressemblez-vous ?À nul objet ;‖ et je n’ai point mémoireD’en avoir vu‖ qui m’ait semblé si doux.Nulle beauté‖ n’approche de la vôtre.Or me voici,‖ d’un mal, chu dans un autre !Je transissois :‖ je bride maintenant.Lequel vaut mieux ?‖ » La belle, l’arrêtant,S’humilia,‖ pour être contredite :C’est une adresse,‖ à mon sens, non petite.Renaud poursuit,‖ louant par le menuTout ce qu’il voit,‖ tout ce qu’il n’a point vu,Et qu’il verrait‖ volontiers, si la bellePlus que de droit‖ ne se montroit cruelle.« Pour vous louer,‖ comme vous méritez,Ajouta-t-il,‖ et marquer les beautésDont j’ai la vue‖ avec le cœur frappée(Car près de vous‖ l’un et l’autre s’ensuit),Il faut un siècle,‖ et je n’ai qu’une nuit,Qui pourrait être‖ encor mieux occupée. »Elle sourit ;‖ il n’en fallut pas plus.Renaud laissa‖ les discours superflus :Le temps est cher‖ en amour comme en guerreHomme mortel‖ ne s’est vu sur la terreDe plus heureux ;‖ car nul point n’y manquoit.On résista‖ tout autant qu’il falloit,Ni plus ni moins,‖ ainsi que chaque belleSait pratiquer,‖ pucelle ou non pucelle.Au demeurant,‖ je n’ai pas entreprisDe raconter‖ tout ce qu’il obtint d’elle ;Menu détail,‖ baisers donnés et pris,La petite oie,‖ enfin ce qu’on appelle,En bon françois,‖ les préludes d’amour ;Car l’un et l’autre‖ y savoient plus d’un tour.Au souvenir‖ de l’état misérableOù s’étoit vu‖ le pauvre voyageur,On lui faisoit‖ toujours quelque faveur.« Voilà, disoit‖ la veuve charitable,Pour le chemin ;‖ voici pour les brigands ;Puis pour la peur,‖ puis pour le mauvais temps ! »Tant, que le tout‖ pièce à pièce s’efface.Qui ne voudrait‖ se racquitter ainsi ?Conclusion,‖ que Renaud, sur la place,Obtint le don‖ d’amoureuse merci.Les d’eux propos‖ recommencent ensuite,Puis les baisers,‖ et puis la noix confite.On se coucha.‖ La dame, ne voulantQu’il s’allât mettre‖ au lit de sa servante,Le mit au sien ;‖ ce fut fait prudemment,En femme sage,‖ en personne galante.Je n’ai pas su‖ ce qu’étant dans le litIls avoient fait ;‖ mais, comme avec l’habitOn met à part‖ certain reste de honte,Apparemment‖ le meilleur de ce conteEntre deux draps‖ pour Renaud se passa :Là, plus à plein,‖ il se récompensaDu mal souffert,‖ de la perte arrivée.De quoi s’étant‖ la veuve bien trouvée,Il fut prié‖ de la venir revoir,Mais en secret,‖ car il falloit pourvoirAu gouverneur.‖ La belle, non contenteDe ces faveurs,‖ étala son argent.Renaud n’en prit‖ qu’une somme bastantePour regagner‖ son logis promptement.Il s’en va droit‖ à cette hôtellerieOù son valet‖ étoit encore au lit.Renaud le rosse,‖ et puis change d’habit,Ayant trouvé‖ sa valise garnie.Pour le combler,‖ son bon destin voulutQu’on attrapât‖ les quidams ce jour même.Incontinent‖ chez le juge il courut.Il faut user‖ de diligence extrêmeEn pareil cas ;‖ car le greffe tient bon,Quand une fois‖ il est saisi des choses ;C’est proprement‖ la caverne au lion :Rien n’en revient ;‖ là les mains ne sont closesPour recevoir ;‖ mais pour rendre, trop bien :Fin celui-là,‖ qui n’y laisse du sien.Le procès fait,‖ une belle potence,À trois côtés,‖ fut mise en plein marché :L’un des quidams‖ harangua l’assistanceAu nom de tous ;‖ et le trio branchéMourut contrit‖ et fort bien confessé.Après cela,‖ doutez de la puissanceDes oraisons !‖ dira quelqu’un de ceuxDont j’ai parlé :‖ trois gens, par-devers eux,Ont un roussin‖ et nombre de pistoles.Qui n’auroit cru‖ ces gens-là fort chanceux ?Aussi, font-ils‖ florès et caprioles,(Mauvais présage‖), et tout gais et joyeuxSont sur le point‖ de partir leur chevance,Lorsqu’on les vient‖ prier d’une autre danse.En contr’échange,‖ un pauvre malheureuxS’en va périr,‖ selon toute apparence,Quand sous la main‖ lui tombe une beauté,Dont un prélat‖ se seroit contenté.Il recouvra‖ son argent, son bagage,Et son cheval,‖ et tout son équipage ;Et, grâce à Dieu‖ et monsieur saint JulienEut une nuit‖ qui ne lui coûta rien.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 24[abab] 74[aa] 15[abba] 1[abbacca] 1[aabba] 3[abaab] 1[ababa] 2[aaa] 1[abbaba] 1[abbaab] 1[ababba] 1[ababccbc]
- Mètre
- Décasyllabes· profil 4+6
- Mots à la rime
- a foi / moi masculine, classiqueb paroles / frivoles féminine, classiquec difficulté / beauté masculine, classiqued nonpareilles / merveilles féminine, classiquee amollir / servir masculine, classiquef conte / mécompte féminine, classiqueg Julien / bien masculine, classiqueh nuit / bruit masculine, classiquea Château-Guillaume / royaume féminine, classiquec bien / rien masculine, classiqued courtoisie / compagnie féminine, classiquee salué / gré masculine, classiquef traite / complète féminine, classiqueg honneur / meilleur masculine, classiqueh province / prince féminine, classiquei mal-vivants / gens masculine, classiquej faite / secrète féminine, classiquek chemin / enfin masculine, classiquel brevets / effets masculine, classiquem guerre / tonnerre féminine, classiquen demi / averti masculine, classiqueo monture / mémarchure féminine, classiquep médecin / latin masculine, classiquea expérience / silence féminine, classiqueb dit-on / oraison masculine, classiquec pique / l’antique féminine, classiqued chemin / matin masculine, classiquee d’antienne / m’avienne féminine, classiquef éprouvé / arrivé masculine, classiqueg j’évite / dite féminine, classiqueh autant / riant masculine, classiquei l’autre / vôtre féminine, classiquej meilleur / rigueur masculine, classiqueb approchante / distante féminine, classiquec moi / foi masculine, classiqued voyage / usage féminine, classiquee pratiquerai / gagerai masculine, classiquef vie / hôtellerie féminine, classiqueg d’ami / pari masculine, classiqueh agréable / préalable / d’étable féminine, classiquei répondit / habit masculine, classiquej voir / s’apercevoir masculine, classiquec bois / voix masculine, classiqued gentilhomme / somme féminine, classiquee besoin / loin masculine, classiquef cheval / mal masculine, classiqueg perfides / guides féminine, classiqueh aussitôt / Renaud masculine, classiquei chemise / bise / valise féminine, classiquej raison / oraison masculine, classiquek noter / s’arrêter masculine, classiquel monture / l’aventure féminine, classiquem pas / cas masculine, classiquen guères / affaires féminine, classiqueo s’enfuit / nuit masculine, classiquep l’hôtellerie / fournie féminine, classiqueq ardent / cependant masculine, classiquea boues / joues féminine, classiqueb tirer / désespérer masculine, classiquec fouettoit / avoit masculine, classiqued roses / choses féminine, classiquef mesures / aventures féminine, classiqueg n’arriva / s’approcha masculine, classiqueh porte / sorte féminine, classiquei hasard / part / rempart masculine, classiquej avance / d’allégeance féminine, classiquek dit / étendit / lit masculine, classiquel paille / l’assaille féminine, classiquem plus / perclus masculine, classiquen s’abandonne / frissonne féminine, classiqueo l’entendit / dit masculine, classiquep servante / galante féminine, classiqueq grâce / place féminine, classiquer vu / interrompu masculine, classiques dame / femme féminine, classiquet champs / gens masculine, classiqueu ville / tranquille féminine, classiquev marquis / exquis masculine, classiquea soirée / assurée / parée féminine, classiqueb étendu / attendu masculine, classiquec ragoûts / mous masculine, classiqued l’artillerie / vie féminine, classiquee langoureux / heureux masculine, classiquef donzelle / belle féminine, classiqueg marquis / l’avis masculine, classiqueh marché / écouté / bonté masculine, classiquei tendresse / maîtresse féminine, classiquej souffreteux / rigoureux masculine, classiquek madame / femme féminine, classiquel couvert / sert masculine, classiquem couchette / nette féminine, classiquen l’enfermer / souper / coucher masculine, classiquea vie / remercie féminine, classiqueb tombeau / nouveau masculine, classiquec courage / personnage féminine, classiqued honte / monte féminine, classiquee nudité / crotté masculine, classiquef point masculine, classiqueg armoire / mémoire féminine, classiqueh laissé / trouvé masculine, classiquei d’honnêteté / qualité masculine, classiquej nommé / prier / l’habiller masculine, classiquek elle / donzelle féminine, classiquel appris / marquis masculine, classiquem homme / somme féminine, classiquen dit / l’appétit masculine, classiqueo désir / plaisir masculine, classiquep sympathie / assaillie féminine, classiqueq procédé / touché masculine, non classiquer d’Amour / tour masculine, classiques nôtre / apôtre / autre féminine, classiquet trompé / gagné / péché masculine, classiqueu bien / Julien masculine, classiquev gîte / vite féminine, classiquew court / l’amour masculine, classiquex mise / requise féminine, classiquey d’atour / cour / tour masculine, classiquez modeste / leste / reste féminine, classiquea point / d’embonpoint masculine, classiqueb touchante / avenante féminine, classiquec émue / statue féminine, classiqued désirs / plaisirs masculine, classiquee première / matière féminine, classiquef s’enhardit / dit masculine, classiqueg souvenance / remembrance féminine, non classiqueh souci / aussi masculine, classiquei paix / traits masculine, classiquej gloire / mémoire féminine, classiquek ressemblez-vous / doux masculine, classiquel vôtre / autre féminine, classiquem maintenant / l’arrêtant masculine, classiquen contredite / petite féminine, classiqueo menu / vu masculine, classiquep belle / cruelle féminine, classiqueq méritez / beautés masculine, classiquer frappée / occupée féminine, classiques s’ensuit / nuit masculine, classiquet plus / superflus masculine, classiqueu guerre / terre féminine, classiquev manquoit / falloit masculine, classiquew belle / pucelle féminine, classiquex entrepris / pris masculine, classiquey d’elle / appelle féminine, classiquez d’amour / tour masculine, classiquea misérable / charitable féminine, classiqueb voyageur / faveur masculine, classiquec brigands / temps masculine, classiqued s’efface / place féminine, classiquee ainsi / merci masculine, classiquef ensuite / confite féminine, classiqueg voulant / prudemment masculine, classiquei lit / l’habit masculine, classiquej honte / conte féminine, classiquek passa / récompensa masculine, classiquel arrivée / trouvée féminine, classiquem revoir / pourvoir masculine, classiquen contente / bastante féminine, classiqueo argent / promptement masculine, classiquep hôtellerie / garnie féminine, classiqueq lit / d’habit masculine, classiquer voulut / courut masculine, classiques même / extrême féminine, classiquet bon / lion masculine, classiqueu choses / closes féminine, classiquev bien / sien masculine, classiquew potence / l’assistance / puissance féminine, classiquex marché / branché / confessé masculine, classiquey ceux / eux masculine, classiquez pistoles / caprioles féminine, classiquea chanceux / joyeux / malheureux masculine, classiqueb chevance / danse / apparence féminine, classiquec beauté / contenté masculine, classiqued bagage / équipage féminine, classiquee Julien / rien masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
368 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Contes et nouvelles, Paris, CHARPENTIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources