Fables, 1678‑1694· Fables choisies mises en vers Éditions Thierry et Barbin (1678-1679) et Barbin (1694)· Livre Ii
XII. La colombe et la fourmi
L'autre exemple est tiré‖ d'animaux plus petits.Le long d'un clair ruisseau‖ buvoit une colombe,Quand sur l'eau se penchant‖ une fourmis y tombe ;Et dans cet océan‖ on eût vu la fourmisS'efforcer, mais en vain,‖ de regagner la rive.La colombe aussitôt‖ usa de charité :Un brin d'herbe dans l'eau‖ par elle étant jeté,Ce fut un promontoire‖ où la fourmis arrive.Elle se sauve. Et là-dessusPasse un certain croquant‖ qui marchoit les pieds nus :Ce croquant, par hasard,‖ avoit une arbalète.Dès qu'il voit l'oiseau de Vénus,Il le croit en son pot,‖ et déjà lui fait fête.Tandis qu'à le tuer‖ mon villageois s'apprête,La fourmi le pique au talon.Le vilain retourne la tête :La colombe l'entend,‖ part, et tire de long.Le souper du croquant‖ avec elle s'envole :Point de pigeon pour une obole.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 2[abba] 1[aabab] 1[abab] 1[aa]
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (14 de 12, 5 de 8)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a petits / fourmis masculine, classiqueb colombe / tombe féminine, classiquec rive / arrive féminine, classiqued charité / jeté masculine, classiquee là-dessus / nus / Vénus masculine, classiquef arbalète / fête féminine, classiqueg s'apprête / tête féminine, classiqueh talon / long masculine, classiquei s'envole / obole féminine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
19 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fables, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1868· numérisation Project Gutenberg· Sources