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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Les Épaves, 1876

Le poète et la vie

AU MAÎTRE ET À L’AMI À MON CHER AUGUSTE BARBIER CE POÈME EST DÉDIÉ

Auguste Lacaussade· distiques, alexandrins, 533 vers

Thou, Nature, partial Nature, I arraign ;
Of thy caprice maternal I complain
The lion and the bull thy care have found,
One shakes the forests, and one spurns the ground.
Thy minions, kings defend, control, devour,
In all th’omnipotence of rule and power. —
But, oh ! Thou bitter step-mother and hard,
To the poor, fenceless, naked child — the Bard !BURNS.
Voulez-vous connaître le mécanisme de la pensée
et ses effets, lisez les poètes. Voulez-vous
connaître la morale, la politique, lisez les poètes.
Ce qui vous plaît chez eux, approfondissez-le :
c’est le vrai. Ils doivent être la grande étude du
philosophe qui veut connaître l’homme.J. JOUBERT.

I

S'il est sous le soleil‖ un être misérable,Un être au front marqué‖ d'une angoisse incurable,Un douloureux esprit,‖ un ardent désœuvré,Un cœur d'amour avide‖ et de bonheur sevré,C'est bien ce fou sublime‖ aux chimères troublées,Le fervent sectateur‖ des Neuf Déguenillées.Des humaines douleurs‖ cumulant les trésors,Aux maux de l'âme il joint‖ les misères du corps.Faible et nu, contre lui‖ tout s'arme et le torture.Il t'accuse à bon droit,‖ ô marâtre Nature !Quel que soit le limon‖ dont l'a pétri ta main,Le poète, à coup sûr,‖ n'est pas ton Benjamin.Bonne à tous, pour lui seul‖ imprévoyante ou dure,Tu n'as point en souci‖ les peines qu'il endure ;Ton âme reste sourde‖ au cri de ses besoins.Chaque être, cependant,‖ est l'objet de tes soins :Le loup a la forêt,‖ le lion son repaire ;D'astuce tu pourvus‖ la femme et la vipère ;Prodigue aux plus cruels,‖ tu donnas, à leur tour,Sa forte griffe au tigre‖ et son bec au vautour ;D'un cuir chaud et velu‖ tu revêtis l'onagre,Et d'un manteau brodé‖ le sénateur podagre ;Dans sa robe de dards‖ s'en va le hérisson ;Sûr au moins d'un abri,‖ rampe le limaçon ;Quand elle a bu des fruits‖ la sève parfumée,Dans sa cellule dort‖ la guêpe envenimée ;Les rois, tes favoris,‖ un globe dans la main,Versent en paix le sang‖ et l'or du genre humain ;Le bureaucrate altier‖ vit de réponses rogues ;L'avocat vend des mots,‖ le docteur vend des drogues ;Pour piège et pour logis‖ l'araignée a ses fils ;Diplomate et renard‖ trament des tours subtils ;Le lièvre et le poltron,‖ la duègne et la tortueBroutent tranquillement‖ leurs feuilles de laitue ;Le Juif et le marchand,‖ putois de la cité,Dans leurs comptoirs infects‖ volent en sûreté ;Et tous, bêtes et gens,‖ race à qui rien ne pèse,Tout cela dans ton sein,‖ Nature ! est à son aise :Ouvrant de larges bras‖ à ta postérité,Tu fus clémente à tous,‖ au poète excepté.

II

Partiale Nature !‖ aigre et dure nourrice !Aveugle est ton amour‖ ou cruel ton caprice.Et pourtant, si quelqu'un‖ est digne de pitié,C'est bien ce grand enfant,‖ idiot à moitié,Qui, pensif et distrait‖ aux pièges qu'on lui dresse,Incapable de ruse‖ ou de mondaine adresse,S'en va, les yeux au ciel,‖ donner à chaque pasContre une terre hostile‖ et qu'il ne comprend pas.Pour esquiver du sort‖ les fantasques colères,Si du lièvre il avait,‖ du moins, les pieds célères !Comme le daim vaguant‖ dans l'épaisseur des bois,Fuyant des envieux‖ les féroces abois,S'il pouvait oublier‖ la meute et ses morsures !Pour éventrer les chiens‖ les cerfs ont leurs ramures,Mais les siennes, à lui,‖ sont celles dont l'hymenPare les plus grands fronts‖ d'une discrète main,Celles qu'une Béjart‖ plante au front d'un Molière !Du superbe Mammon‖ flairant la crasse altière,Chiens et flatteurs, du moins,‖ ont dos souple et nez fin.Lui, faute de bassesse,‖ il aura froid et faim.Sa sensibilité,‖ triste objet de risée,Comme un vivant sans peau,‖ marche à tout exposée :Au centuple il subit‖ dans son âme et sa chairEt l'insulte du sot‖ et l'injure de l'air.Couronné, comme Hamlet,‖ de sa fierté souffrante,Il va traînant partout‖ son insanie errante.

III

Ô symbole éternel‖ des plus hautes douleurs,Déshérité splendide‖ aux navrantes pâleurs,Ce monde au cœur de fer,‖ que la lyre importune,Jamais ne comprendra‖ ton auguste infortune !

Ne soupçonnant qu'un fou‖ sous ses divins haillons,Les courtisans laquais‖ jappent sur ses talons ;Mais le vieux Claudius,‖ fratricide adultère,En tout ceci pressent‖ un sinistre mystère :Des lèvres du rêveur‖ il tombe quelquefoisDe ces mots ambigus,‖ menaçants pour les rois,Qui du peuple Midas‖ font dresser les oreilles.Depuis lors, il est bruit‖ de choses sans pareilles,D'un fantôme apparu,‖ de forfaits dévoilés,De crimes triomphants‖ et de droits violés ;D'une aube expiatoire‖ où cette Ombre égorgéeSortira du cercueil‖ radieuse et vengée ;D'un Dieu lent à punir‖ et prompt à pardonner,Mais dont l'heure tardive‖ à la fin va sonner ;De mille autres propos‖ et rêves fatidiques,Tels qu'il en doit sortir‖ des cerveaux lunatiques.Croire au ciel ! croire à Dieu !‖ pauvre tête à l'envers !…Sont-ce des mots sans suite‖ ou des dessins pervers ?…Polonius en rit ;‖ mais Claudius, plus sage,De l'envoyé bizarre‖ a compris le message.Il aura l'œil sur lui :‖ deux amis, fins limiers,Épîront ses regards,‖ ses gestes familiers.Tous les moyens sont purs‖ quand le but est l'empire.Qui parle ainsi de droits‖ contre l'État conspire.D'intimes conseillers‖ un collège appeléA reconnu qu'Hamlet‖ a le crâne fêlé,Que ce visionnaire‖ à verbe de prophètePour la ville et la cour‖ est un vrai trouble-fête ;Qu'il se faut défier‖ de ces êtres nerveuxEt pâles, et couvant‖ l'éclair sous leurs cheveux ;Qu'il est temps que l'État,‖ l'arbre aux rameaux utiles,Sème aux vents de l'exil‖ ses branches infertiles,Et cætera. — Platon,‖ à son tour consulté,Opine pour qu'il soit‖ en tout honneur traité :« Avant de le bannir‖ de notre République,De roses couronnons‖ ce front mélancolique,Dit le sage, et montrons‖ au vulgaire odieuxEn quelle estime on tient‖ un possédé des Dieux. »Accord touchant ! bientôt‖ on crie, à son de trompe,Que la foule s'alarme‖ à tort, et qu'on la trompe ;Que tous ces bruits de spectre‖ et d'apparitions,Présages de malheurs,‖ sont folles visions ;Que les choses vont bien,‖ que Claudius y veille ;Que l'État mange et boit‖ et digère à merveille ;Que le seigneur Hamlet,‖ l'orgueil de sa maison,D'amour pour Ophélie‖ a perdu la raison ;Mais qu'un rhéteur divin,‖ un mage vénérable,PLATO, n'a point jugé‖ le malade incurable ;Qu'il le faudrait distraire‖ et faire voyager,Lui montrer ces doux ciels‖ où fleurit l'oranger ;Que l'air des monts, le bruit‖ cadencé de la vagueOnt un charme apaisant‖ pour le front qui divague ;Que l'abandon, l'exil‖ avec loisir goûté,Le logos opérant,‖ lui rendront la santé.On dit ; et peuple et cour,‖ Gertrude et la patrie,D'un fratricide époux‖ la complice flétrie,Tous hâtent le départ,‖ — et l'aube à sa rougeurVoit sur les flots passer‖ le pâle voyageur…Mais, pour que tout concoure‖ au succès qu'on espère,L'Esculape royal,‖ l'incestueux beau-père,A pris soin de pourvoir‖ la flottante prison— Outre l'espionnage,‖ outre la trahison —D'un bourdonnant essaim‖ de guérisseurs critiques.

IV

Ô critiques, salut !‖ ô frères des moustiquesMoins les ailes, salut !‖ Éternels dénigreursQui distillez le faux‖ et qui vivez d'aigreurs,Coupe-gorge infestant‖ de votre bande arméeLes bois saints de la Muse‖ et de la Renommée,Nous direz-vous un jour‖ quel venimeux bonheurVous trouvez à tirer‖ sur le noble rêveur,Qui, près de vous passant,‖ de vous n'eut jamais cure ?Scorpions embusqués,‖ vous vivez de piqûre !De vos trompes suçant‖ la moelle des auteurs,Sans eux que seriez-vous,‖ insectes contempteurs ?Se gorgeant au soleil‖ de chairs en pourriture,Vit-on jamais les vers‖ conspuer leur pâture ?Et vous, vermiculets,‖ vous criez, vous bavezSur ceux dont vous mangez,‖ sur ceux dont vous vivez !Parasites rampeurs, habitants des carnières,Vermines qui souillez‖ des lions les crinières,Pour tout mordre et trouer,‖ tarets aux dards jaloux,Où sont vos raisons d'être ?‖ à quoi donc servez-vous ?Le fumier produit ; vous,‖ vous êtes plus aridesQue les silex brûlés‖ par les soleils torrides.D'anxiétés d'eunuque‖ et de désirs rongés,De vos stérilités‖ sur tous vous vous vengez.Parbleu ! prenez-vous en‖ au ciel qui vous fit naîtrePour convoiter la Muse‖ et non pour la connaître.À produire impuissants,‖ qu'avez-vous secondé ?Quel noble esprit par vous‖ fut dans sa marche aidé ?Vit-on jamais sortir‖ l'utile ou la pratique —Je ne dis pas le beau —‖ d'un crâne de critique ?Et le barde est par vous‖ de bon à rien traité,De fol, de songe-creux‖ et d'inutilité.Et sur ce, votre voix‖ juge, approuve ou gourmande ;Et vous niez la sève‖ en dévorant l'amande ;Et régentant la lyre,‖ et tranchant des hautains,Dogmatisant au nom‖ des Grecs et des Latins,Et parlant prose et vers‖ sans en savoir la langue,Et pour le diamant‖ prenant toujours sa gangue,Et promenant sans fin‖ vos myopes flambeauxDu soleil des vivants,‖ à la nuit des tombeaux,Ricanant à la mort,‖ insultant à la vie,Et sans cesse ajoutant‖ le cynisme à l'envie,Il ne vous suffit point,‖ acharnés disséqueurs,De mordre, — vous raillez‖ en déchirant les cœurs !

Quoi ! la Muse, pour vous‖ quittant ses chastes voiles,Vous aurait enseigné‖ le verbe des étoiles ;Dans la sphère de l'âme‖ et des divinitésVos yeux auraient accès !‖… Messieurs, vous vous vantez !Et que sauriez-vous voir‖ à ces sacrés mystères ?Pas si haut ! Dieu vous fit‖ pour d'autres ministères,Ailleurs est votre place !‖ Exercez vos vertusDu rôle de Zoïle‖ au rôle d'Anytus.En ces siècles d'opprobre‖ où règnent les Tibères,D'un pouvoir soupçonneux‖ faites-vous les Cerbères,C'est bien ! et, poursuivant‖ les généreux chanteurs,Jetez sur leurs talons‖ vos abois délateurs,C'est bien ! et si l'un deux,‖ la colère dans l'âme,Proteste au nom du droit‖ contre un Olympe infâme,Et, sous le dais bravant‖ le crime couronné,Venge au moins dans ses vers‖ son espoir enchaîné,Dénoncez aux faux dieux‖ le fils des Prométhées !Accusez-le d’orgueil ! c’est très bienÔ panthées !Oh ! qu'il est à propos‖ et qu'il vous sied vraiment,En ces jours de bassesse‖ et d'avilissementOù la peur, l'égoïsme‖ incline aux platitudes,De flétrir chez autrui‖ les nobles attitudes !Sur ce gouffre où l'honneur‖ sent partout un écueil,Celui qui se tient droit,‖ vous l'accusez d'orgueil.Ah ! si vous blâmez tant‖ près de vous le poèteQui passe, et libre, et triste,‖ et portant haut la tête,C'est que de l'homme en lui‖ marche la dignité ;C'est qu'il a su garder‖ intacte sa fierté ;C'est que, fermant son cœur‖ aux lâches défaillances,Il n'a point, lui, vendu‖ ni trahi ses croyances ;C'est que, resté debout,‖ et fidèle à son Dieu,De ce qu'il a de trop,‖ vous, vous avez trop peu !

Mais non ! pour tant crier‖ aux ulcères de l'âme,Pour jeter de si haut‖ et l'insulte et le blâme,Nul doute que, planant‖ loin de nos passions,Des vertus votre vol‖ hante les régions.Hélas ! ce vol s'arrête‖ aux ardoises d'un Louvre.La domesticité‖ de ses combles vous couvre !Des lucarnes ! voilà‖ les sublimes hauteursD'où vous plongez sur nous‖ vos regards scrutateurs.Voilà de quels sommets,‖ votre main vengeresseChâtiant des rimeurs‖ la tête pécheresse,Au nom de l'art, au nom‖ du bien, au nom du ciel,Vous videz sur leurs fronts‖ l'urne de votre fiel !

V

Ô fronts ceints de lauriers‖ et de mélancolie,Par l'audace des sots‖ poussés à la folie,Ces lauriers douloureux,‖ de tant de pleurs mouillés,Par d'obscurs mécréants‖ les verriez-vous souillés ?…Oui ! vivre, c'est souffrir.‖ Brisé par la tempête,Contre la vague en vain‖ se débat le poète.Inégale est la lutte !‖ inutile est l'effort !Autour de lui descend‖ la nuit lourde du sort.Sur sa poupe, où chantait‖ une jeune Espérance,Planent de noirs oiseaux,‖ la Haine et la Souffrance.Battu des flots, poussé‖ par le courant fatal,Quel port voit-il surgir‖ dans l'ombre ? — L'hôpital.Il y roule épuisé‖ de lutte et de vieillesse.Dans ce dernier abri‖ qu'un monde amer lui laisse,Saignant, le cœur tordu,‖ jusque dans l'âme atteint,Sur lui-même affaissé,‖ d'heure en heure il s'éteint,Impassible à la haine‖ à ses flancs incrustée,Mort au ressentiment‖ de sa force insultée !

Succombant à la tâche,‖ en des champs calcinés,Et servant de pâture‖ aux dogues acharnés,Ainsi le fier coursier,‖ mort de faim et de peines,Gît insensible aux dents‖ de tous ces « fils de chiennes » !La mort, soit ! mais subir‖ leurs dents et leurs abois !Saurais-tu donc « mourir‖ sans vider ton carquois »,Poète ! Ô Pythien,‖ sur l'engeance aux poils rêchesFais jaillir et bondir‖ et retenir tes flèches !Purge l'air ! montre enfin‖ au fétide agresseurQuelle force repose‖ au fond de ta douceur !Lève-toi, justicier !‖ et prouve à qui te blesseQue la bonté chez toi‖ n'est point de la faiblesse !Fais sentir aux frelons‖ que l'abeille a son dard !Frappe ! Pour être juste‖ il n'est jamais trop tard !

Il fut un âge, hélas !‖ où, d'accords altérées,Tes lèvres ignoraient‖ les rimes acérées ;Où loin du Mal, les yeux‖ sur tes astres secrets,Tu n'en soupçonnais rien‖ en tes dédains distraits ;Mais son souffle a troublé‖ les hautes solitudes,Mais le temps est passé‖ des molles quiétudes,Mais le rêve a fait place‖ à la réalité,Mais ton œil s'est ouvert‖ à l'âpre vérité,Mais en face du sot,‖ du lâche aux airs superbes,De ta lèvre a jailli‖ l'hymne aux mètres acerbes ;Mais l'âge et la pensée,‖ en mûrissant tes chants,S'ils t'ont fait humble aux bons,‖ t'ont fait rude aux méchants ;Mais ton cœur, ô poète !‖ ô nature irascible !Dieu ne l'a point pétri‖ d'une argile impassible.Les triomphes du Mal‖ révoltent tes esprits !Dans ton âme inflammable‖ aux véhéments méprisL'horreur du Mal, l'horreur‖ de son œuvre abhorréeSait allumer du Bien‖ la colère sacrée.

Adieu donc, solitude‖ aux bois infréquentés,Calme des jours, bonheurs,‖ hélas ! trop peu goûtés ;Rêves et cordes d'or‖ de la lyre première,Déserts peuplés d'oiseaux,‖ de brises, de lumière !Adieu, forêt ! lac vierge‖ où l'âme en son vol purCueillait les bleus lotus‖ et les songes d'azur !Adieu, printemps du cœur,‖ aube aux clartés vermeilles,Frais matins de la Muse‖ aux sonores abeilles !Adieu, miel de l'Hymette !‖ adieu, placidité !…Et toi, fermente en nous,‖ miel de virilité,Généreuse liqueur‖ dont l'abeille bibliqueEmplissait du lion‖ la gueule symbolique !Dans le cœur du poète‖ en proie aux coups du sort,Coule, ô mâle ambroisie !‖ ô breuvage du fort !

VI

Mais quoi ! voulant chanter,‖ voici que ta voix pleure,Muse ! Le siècle est sourd‖ et la plainte est un leurre.Pour moi, je prise peu‖ ces lyriques accès :Donc restons, en nos vers,‖ prosaïque et français.

Ta bonne humeur, voilà‖ toute ma convoitise,Mère des vrais heureux,‖ fraîche et grasse Bêtise !Tes fils se portent bien ;‖ et, quels que soient les temps,Et le monde, et la vie,‖ ils sont toujours contents.Rien ne trouble chez eux‖ l'égalité de l'âme.Ce sont de bons fourreaux‖ que n'use point la lame.Que sur la terre en pleurs‖ s'obscurcissent les cieux,N'en dînant pas plus mal,‖ ils n'en dorment que mieux.Contre les maux publics‖ cuirassés d'indolence,Sourds aux clameurs d'autrui,‖ digérant en silence,Indifférents couchés‖ sur leurs bonheurs épais,Pareils au bœuf stupide,‖ ils ruminent en paix.D'un désastre privé‖ si le trait les traverse,En sursaut réveillés‖ par la fortune adverse,Ils disent simplement,‖ cœurs patients et doux,Que le ciel est aveugle‖ et n'a soin que des fous.Si le sort, leur versant‖ les nectars de la terre,De liquides rubis‖ couronne leur cratère,Leur tranquille égoïsme‖ y boit modérément ;Ils savent être heureux‖ imperturbablement !Tant ils sont convaincus,‖ saturés de largesse,Que des dieux leur fortune‖ atteste la sagesse.Seulement, pour ces cœurs‖ résignés aux bienfaitsDu ciel, les mécontents‖ sont des esprits mal faits.Au bord des étangs verts‖ où sa pâture grouille,Le héron mange ainsi‖ gravement sa grenouille,Et s'étonne des cris‖ que pousse au fond des airsL'aigle battu des vents‖ ou brûlé des éclairs ;Très sage, il en conclut,‖ en savourant sa proie,Qu'un aigle, quoi qu'on dise,‖ a moins d'esprit qu'une oie.

Dieu juste ! et c'est donc là‖ la vie ! Et le héron,Le satisfait repu,‖ l'égoïste poltron,Insultera toujours‖ ceux-là qui dans leur voieS'en vont sous les éclairs‖ où ta main les envoie !Et ce n'est point assez‖ des tourmentes du ciel,Il faut boire l'outrage‖ et l'éponge de fiel,Et s'entendre crier‖ par des goujats immondesQue tout est pour le mieux‖ dans ce meilleur des mondes !Quoi ! leurs maux, à tout prendre,‖ ils les ont mérités !…Ô des biens d'ici-bas‖ vous les déshérités,À ces bâtards du cœur‖ et de l'intelligenceMontrez-vous ! Produisez‖ vos titres de naissance !À l'astre paternel‖ votre droit est pareil,Poètes ! réclamez‖ votre place au soleil.

VII

Peuple ! le lys des monts,‖ coupe de parfums pleine,N'eut jamais en mépris‖ la courge de la plaine.Le rossignol, qui vit‖ de tristesse et de chants,Du pourceau pour les glands‖ respectent les penchants.De la nature, ô peuple !‖ absente est l'ironie.Rien de vil, rien de grand‖ où tout n'est qu'harmonie.Les monts, comme la plaine,‖ ont leur utilité.N'accuse point d'orgueil‖ ou de stérilité.Ces masses de granit,‖ dont les crêtes chenuesPortent le poids des vents‖ et la fureur des nues.Dans ces flancs douloureux‖ que tu crois en reposS'élabore le fleuve‖ où boiront tes troupeaux.Leurs froids sommets veillant‖ sur les sommeils du mondeAnnoncent le lever‖ de l'astre qui féconde.Le poète a, comme eux,‖ l'esprit dans l'avenir :Il sent en lui gronder‖ les choses à venir ;Le siècle qui sera‖ sur son front se reflète ;Voilà ce qui lui fait,‖ hélas ! l'âme inquiète,Et lui met sous les doigts‖ ces verbes flamboyantsDont il couvre à tes yeux‖ les murs de tes tyrans.Et pourtant il sait trop,‖ rêvant orgie et fêtes,Que ton cœur goûte peu‖ la voix de tes prophètes ;Que tu priserais mieux‖ les vins de Balthasar,Toi qui vendis tes dieux‖ pour du pain à César !Il sait trop bien ton cœur,‖ ce cœur prompt au reproche,Plus mobile que l'onde‖ et plus dur que la roche ;Pleurant le joug du Nil‖ aux fertiles engrais,Pour les oignons d'Égypte‖ il connaît tes regrets ;Il connaît ton amour‖ pour Néron et la boue !Va ! n'attends pas du moins‖ que jamais il t'en loue.Le poète sur toi‖ ne s'est jamais mépris ;Mais à tes flatteurs seuls‖ il garde ses mépris.Il a vu ce qu'ont fait‖ tes rhéteurs et tes prêtresPour avilir chez toi‖ le sang fier des ancêtres ;Dans sa tendresse austère,‖ il te traite en enfant :De ses justes dégoûts‖ sa pitié te défend !

VIII

Oui, tu peux oublier‖ ou nier ses tendresses,Tu le retrouveras‖ au jour de tes détresses,Tu le retrouveras,‖ tel qu'il fut autrefois,Versant pour ton salut‖ son sang après sa voix.Sa race est lumineuse‖ et remplit tes annales.Laisse aboyer l'envie‖ aux sottises banales,Interroge l'histoire,‖ ô peuple ! et ton passé.Par les déserts, son pied‖ s'est-il jamais lassé ?Quel cœur jamais plus vaste‖ en ses sollicitudesProdigua tant d'amour‖ à tant d'ingratitudes ?Songe à ce bras puissant‖ qui noya dans les mersPharaon et l'exil,‖ Pharaon et les fers.Souviens-toi vers le ciel‖ de ces mains étendues,Conjurant du Très-Haut‖ les foudres suspendues ;De ces ardents labeurs‖ par qui l'humanitéDu vrai Dieu, du vrai culte,‖ a trouvé l'unité.Le poète est la voix‖ sous les éclairs vibrante,Qui vers le but promis‖ conduit ta vie errante :Selon les temps, les lieux,‖ qu'il soit législateur,Ou prophète, ou soldat,‖ il est ton bienfaiteur.Vengeant ta liberté‖ des tyrans menacée,Glaive en main il combat‖ et tonne avec Alcée.Quand les Rois, que la haine‖ intestine enhardit,Sur le sol des aïeux‖ posent leur pied maudit,Le poète s'émeut ;‖ de son âme électriqueJaillit, comme la foudre,‖ un chant patriotique,Ce chant dont l'étincelle,‖ embrasant tout ton cœur,D'un combat inégal‖ te fait sortir vainqueur :Souffle dévastateur,‖ l'hymne aux strophes altièresD'une horde barbare‖ a purgé tes frontières !

IX

Soixante ans sont passés.‖ Une commotionSoudaine a tout chez toi‖ remis en question,Et la société‖ sur ses bases remue ;Et charte, et trône, et lois,‖ comme un oiseau qui mue,Elle a tout secoué.‖ Du royal oripeauLe phénix éternel‖ a dévêtu sa peau.D'un monde qui renaît‖ s'agitent les problèmes,Et l'Europe s'ébranle,‖ et les rois, faces blêmes,Tombent à ce grand vent‖ qui souffle de Paris,Comme d'un arbre mort‖ tombent des fruits pourris.Ce tremblement subit‖ est fait pour tout confondre ;Sous son pied chacun sent‖ le vieux sol qui s'effondre.Que sera l'avenir ?‖ Nous doit-il, ô terreurs !Ramener du passé‖ les tragiques horreurs ?L'hyène des faubourgs‖ déjà partout aboie ;La grande ville au vent‖ de l'épouvante ondoie ;Le pâle citoyen‖ regarde à l'horizon :Le ciel est noir ; l'angoisse‖ habite sa maison.C'est l'inconnu qui monte,‖ et l'esprit le plus fermeDoute aux maux qu'en ses flancs‖ ce vaste orage enfermeUn monde est en travail ;‖ sur le chaos qui bout,Chacun cherche des yeux‖ quel sauveur est debout.Quel bras saura dompter‖ ou guider la tempête ?Quel homme ? — Il s'est levé !‖ — Quel est-il ? — Un poète !D'un unanime élan‖ porté sur le pavois,Il parle, et la tourmente‖ obéit. À sa voix,Croule au sein de nos murs‖ l'échafaud politique ;Et l'esclavage expire‖ aux bords de l'Atlantique,Et le droit triomphant‖ venge un droit outragé.D'un poids d'iniquité‖ le monde est allégé !L'avenir est conquis !‖ l'humanité respire !…Gloire au législateur‖ que la clémence inspire !De la cité nouvelle‖ il n'a rien rejeté,Rien, — l'exil, le bourreau,‖ l'esclavage excepté !Trois mois, l'âme impassible‖ aux assauts de la houle,Il conseille, il grandit,‖ il mène à Dieu la foule…Quand l'orage est vaincu,‖ de son règne il descend,Le cœur pur de remords,‖ les mains pures de sang !

X

D'autres temps sont venus.‖ Un bandit taciturneA mis le sceau dans l'ombre‖ à sa gloire nocturne.La liberté frappée,‖ un parlement détruit,Et le pouvoir volé,‖ sont l'œuvre d'une nuit.Et pour mieux assurer‖ ce vol à main armée,D'or, de vin et de sang‖ il a soûlé l'armée…Au jour de ton triomphe,‖ ô mère ! ô liberté !De la nuit du néant‖ tu l'as ressuscité ;Et parricide ingrat,‖ ce fourbe éclos d'un crime,Nouveau Macbeth, au lit‖ égorge sa victime,Et dit — du meurtre encor‖ les bras tout ruisselants —Qu'elle est morte frappée‖ au cœur par ses enfants !Et la foule — ô stupeur !‖ ô tourbe misérable ! —L'applaudit et l'absout‖ de ce meurtre exécrable,Et dans l'infâme auteur‖ d'un infâme attentat,Inepte, elle sait voir‖ le sauveur de l'État…Et quand chacun sous lui‖ se tait courbant la tête,Qui se redresse encore‖ et le juge ? Un poète !Tant qu'à la République‖ un seul souffle est resté,Du glaive et de la voix‖ le poète a lutté.Mais quand il vit un peuple‖ entier, qui se renie,Se coucher dans sa fange‖ et son ignominie,Et de ses fers léchant‖ l'enclume et les marteaux,Cynique, se vautrer‖ dans ses instincts brutaux,Il connut cette angoisse,‖ entre toutes amère,Qu'endure un fils, hélas !‖ à rougir de sa mère.Devant tant de misère‖ et tant d'abaissementSon cœur s'emplit de honte‖ et de ressentiment.Subir un tel forfait,‖ c'est en être complice !L'opprobre du silence !‖… Il vaut mieux le suppliceDe l'exil !… Il partit,‖ mais au front du pervers,Comme Dante, il laissa‖ la marque de son vers !L'impérial Caïn‖ sur sa face traîtressePorte à jamais le sceau‖ d'une main vengeresse ;Et le suprême arrêt‖ que ta bouche a dicté,Ô Muse ! Dieu l'impose‖ à la postérité !

XI

Toi, peuple trois fois vil,‖ interroge ton maître !Si le vrai peut sortir‖ de la bouche d'un traître,Lui-même il te dira‖ quel âpre châtimentGarde la Muse à qui‖ put trahir son serment ;De quelles visions‖ la Voix inexorableEmplit incessamment‖ son esprit misérable.De ses remords secrets‖ cette Voix est l'écho :Inflexible, pareille‖ à l'ombre de Banquo,Elle assiège sa table,‖ elle hante sa couche ;Et sans cesse il entend‖ cette invincible boucheLui crier : « Lève-toi,‖ fourbe ! et d'un sceptre d'orDans le sang ramassé‖ charge ta droite encor !Le sein qui t'accueillit‖ ne bat plus, ô couleuvre !C'est bien ! Mais hâte-toi !‖ vite, achève ton œuvre !Le siècle est ton complice‖ et l'abîme est content :Vite, sois empereur,‖ bandit ! l'enfer t'attend !Ainsi que pour Judas,‖ le juif au cœur sordide,Il n'est point de pardon‖ pour le liberticide ! »

XII

Poètes ! sur vos fronts‖ pèse un siècle de fer.Il est dur en ses chants‖ de voir s'ouvrir l'enfer,Et d'y plonger vivants,‖ et d'un vers implacable,Ceux-là qu'à réprouvés‖ la Muse irrévocable.Même contre le mal‖ la haine est un tourment.Inflexible est l'esprit,‖ mais le cœur le dément.Votre orage est pareil,‖ ô natures aimantes !À ces climats de flamme‖ aux subites tourmentes :Le sol tremble, l'abîme‖ ouvre un gouffre effrayant,Mais regardez le ciel !‖ il pleure en foudroyant.Pleurez ! c'est le destin,‖ mais chantez dans l'orage !Plus grand est le péril,‖ plus grand est le courage.Soyez, puisqu'il le faut,‖ voix faites pour bénir,Soyez l'écho vengeur‖ de l'intègre avenir !…De trop aimer le bien‖ je sais ce qu'il en coûte,Mais, qu'on le veuille ou non,‖ il faut marcher sa route.Marchez ! luttez ! buvez‖ dans la gloire ou l'oubliL'austère volupté‖ du devoir accompli !

Certes, le Mal est grand,‖ il est puissant, il règne,Des pouvoirs de la terre‖ il n'est plus rien qu'il craigne ;Le monde est son complice,‖ et, roi prédestiné,Trône, au nom de Satan,‖ Claudius couronné.Mais, si puissant qu'il soit,‖ son règne est transitoire ;À l'Invisible, un jour,‖ reviendra la victoire !Songez au Dieu caché,‖ toujours lent à punir,Mais dont le pied tardif‖ à la fin va venir !Comme le noble Hamlet‖ que l'inconnu travaille,D'un fatidique appel‖ votre âme en vous tressaille.Esprits nés pour le jour,‖ de lumière affamés,Précurseurs ! répandez‖ vos espoirs enflammés !Même à travers l'angoisse‖ et la mélancolie,Même au prix du bonheur,‖ hélas ! et d'Ophélie,Marchant à votre but,‖ et prêts à tout souffrir,Frappez au cœur le Mal,‖ dussiez-vous en mourir !

Oui, plus qu'en d'autres jours,‖ aux jours d'apostasie,Frères, il est amer,‖ le don de poésie !Est-ce un malheur de plus ?‖ une expiation ?Où vers les cieux promis‖ une âpre ascension ?Je ne sais ; mais je sais‖ que ton œuvre est auguste,Muse ! et qu'un Dieu bénit‖ qui saigne au nom du juste.Si ton culte est mortel‖ à l'esprit inspiré,Le martyre est fécond !‖ le supplice est sacré !

Versification

Forme
Distiques
Rimes
266((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Mots à la rime
a misérable / incurable féminine, classiqueb désœuvré / sevré masculine, classiquec troublées / Déguenillées féminine, classiqued trésors / corps masculine, classiquee torture / Nature féminine, classiquef main / Benjamin masculine, classiqueg dure / endure féminine, classiqueh besoins / soins masculine, classiquei repaire / vipère féminine, classiquej tour / vautour masculine, classiquek l'onagre / podagre féminine, classiquel hérisson / limaçon masculine, classiquem parfumée / envenimée féminine, classiquen main / humain masculine, classiqueo rogues / drogues féminine, classiquep fils / subtils masculine, classiqueq tortue / laitue féminine, classiquer cité / sûreté masculine, classiques pèse / aise féminine, classiquet postérité / excepté masculine, classiquea nourrice / caprice féminine, classiqueb pitié / moitié masculine, classiquec dresse / adresse féminine, classiqued pas masculine, classiquee colères / célères féminine, classiquef bois / abois masculine, classiqueg morsures / ramures féminine, classiqueh l'hymen / main masculine, classiquei Molière / altière féminine, classiquej fin / faim masculine, classiquek risée / exposée féminine, classiquel chair / l'air masculine, classiquem souffrante / errante féminine, classiquea douleurs / pâleurs masculine, classiqueb importune / infortune féminine, classiquea haillons / talons masculine, classiqueb adultère / mystère féminine, classiquec quelquefois / rois masculine, classiqued oreilles / pareilles féminine, classiquee dévoilés / violés masculine, classiquef égorgée / vengée féminine, classiqueg pardonner / sonner masculine, classiqueh fatidiques / lunatiques féminine, classiquei l'envers / pervers masculine, classiquej sage / message féminine, classiquek limiers / familiers masculine, classiquel l'empire / conspire féminine, classiquem appelé / fêlé masculine, classiquen prophète / trouble-fête féminine, classiqueo nerveux / cheveux masculine, classiquep utiles / infertiles féminine, classiqueq consulté / traité masculine, classiquer République / mélancolique féminine, classiques odieux / Dieux masculine, classiquet trompe féminine, classiqueu d'apparitions / visions masculine, classiquev veille / merveille féminine, classiquew maison / raison masculine, classiquex vénérable / incurable féminine, classiquey voyager / l'oranger masculine, classiquez vague / divague féminine, classiquea goûté / santé masculine, classiqueb patrie / flétrie féminine, classiquec rougeur / voyageur masculine, classiqued espère / beau-père féminine, classiquee prison / trahison masculine, classiquef critiques / moustiques féminine, classiqueb dénigreurs / d'aigreurs masculine, classiquec armée / Renommée féminine, classiqued bonheur / rêveur masculine, classiquee cure / piqûre féminine, classiquef auteurs / contempteurs masculine, classiqueg pourriture / pâture féminine, classiqueh bavez / vivez masculine, classiquei carnières / crinières féminine, classiquej jaloux / servez-vous masculine, classiquek arides / torrides féminine, classiquel rongés / vengez masculine, classiquem naître / connaître féminine, classiquen secondé / aidé masculine, classiqueo pratique / critique féminine, classiquep traité / d'inutilité masculine, classiqueq gourmande / l'amande féminine, classiquer hautains / Latins masculine, classiques langue / gangue féminine, classiquet flambeaux / tombeaux masculine, classiqueu vie / l'envie féminine, classiquev disséqueurs / cœurs masculine, classiquea voiles / étoiles féminine, classiqueb divinités / vantez masculine, classiquec mystères / ministères féminine, classiqued vertus / d'Anytus masculine, classiquee Tibères / Cerbères féminine, classiquef chanteurs / délateurs masculine, classiqueg l'âme / infâme féminine, classiqueh couronné / enchaîné masculine, classiquei Prométhées / bien / panthées féminine, classiquej vraiment / d'avilissement masculine, classiquek platitudes / attitudes féminine, classiquel écueil / d'orgueil masculine, classiquem poète / tête féminine, classiquen dignité / fierté masculine, classiqueo défaillances / croyances féminine, classiquep Dieu / peu masculine, classiquea l'âme / blâme féminine, classiqueb passions / régions masculine, classiquec Louvre / couvre féminine, classiqued hauteurs / scrutateurs masculine, classiquee vengeresse / pécheresse féminine, classiquef ciel / fiel masculine, classiquea mélancolie / folie féminine, classiqueb mouillés / souillés masculine, classiquec tempête / poète féminine, classiqued l'effort / sort masculine, classiquee Espérance / Souffrance féminine, classiquef fatal / L'hôpital masculine, classiqueg vieillesse / laisse féminine, classiqueh atteint / s'éteint masculine, classiquei incrustée / insultée féminine, classiquea calcinés / acharnés masculine, classiqueb peines / chiennes féminine, classiquec abois / carquois masculine, classiqued rêches / flèches féminine, classiquee agresseur / douceur masculine, classiquef blesse / faiblesse féminine, classiqueg dard / tard masculine, classiquea altérées / acérées féminine, classiqueb secrets / distraits masculine, classiquec solitudes / quiétudes féminine, classiqued réalité / vérité masculine, classiquee superbes / acerbes féminine, classiquef chants / méchants masculine, classiqueg irascible / impassible féminine, classiqueh esprits / mépris masculine, classiquei abhorrée / sacrée féminine, classiquea infréquentés / goûtés masculine, classiqueb première / lumière féminine, classiquec pur / d'azur masculine, classiqued vermeilles / abeilles féminine, classiquee placidité / virilité masculine, classiquef biblique / symbolique féminine, classiqueg sort / fort masculine, classiquea pleure / leurre féminine, classiqueb accès / français masculine, classiquea convoitise / Bêtise féminine, classiqueb temps / contents masculine, classiquec l'âme / lame féminine, classiqued cieux / mieux masculine, classiquee d'indolence / silence féminine, classiquef épais / paix masculine, classiqueg traverse / adverse féminine, classiqueh doux / fous masculine, classiquei terre / cratère féminine, classiquej modérément / imperturbablement masculine, classiquek largesse / sagesse féminine, classiquel bienfaits / faits masculine, classiquem grouille / grenouille féminine, classiquen airs / éclairs masculine, classiqueo proie / oie féminine, classiquea héron / poltron masculine, classiqueb voie / envoie féminine, classiqued immondes / mondes féminine, classiquee mérités / déshérités masculine, classiquef l'intelligence / naissance féminine, classiqueg pareil / soleil masculine, classiquea pleine / plaine féminine, classiqueb chants / penchants masculine, classiquec l'ironie / qu'harmonie féminine, classiqued utilité / stérilité masculine, classiquee chenues / nues féminine, classiquef repos / troupeaux masculine, classiqueg monde / féconde féminine, classiqueh l'avenir / venir masculine, classiquei reflète / inquiète féminine, classiquej flamboyants / tyrans masculine, classiquek fêtes / prophètes féminine, classiquel Balthasar / César masculine, classiquem reproche / roche féminine, classiquen engrais / regrets masculine, classiqueo boue / loue féminine, classiquep mépris masculine, classiqueq prêtres / ancêtres féminine, classiquer enfant / défend masculine, classiquea tendresses / détresses féminine, classiqueb autrefois / voix masculine, classiquec annales / banales féminine, classiqued passé / lassé masculine, classiquee sollicitudes / d'ingratitudes féminine, classiquef mers / fers masculine, classiqueg étendues / suspendues féminine, classiqueh l'humanité / l'unité masculine, classiquei vibrante / errante féminine, classiquej législateur / bienfaiteur masculine, classiquek menacée / Alcée féminine, classiquel enhardit / maudit masculine, classiquem électrique / patriotique féminine, classiquen cœur / vainqueur masculine, classiqueo altières / frontières féminine, classiquea commotion / question masculine, classiqueb remue / mue féminine, classiquec oripeau / peau masculine, classiqued problèmes / blêmes féminine, classiquee Paris / pourris masculine, classiquef confondre / s'effondre féminine, classiqueg terreurs / horreurs masculine, classiqueh aboie / ondoie féminine, classiquei l'horizon / maison masculine, classiquej ferme / enferme féminine, classiquek bout / debout masculine, classiquem pavois / voix masculine, classiquen politique / l'Atlantique féminine, classiqueo outragé / allégé masculine, classiquep respire / inspire féminine, classiqueq rejeté / excepté masculine, classiquer houle / foule féminine, classiques descend / sang masculine, non classiquea taciturne / nocturne féminine, classiqueb détruit / nuit masculine, classiquec armée / l'armée féminine, classiqued liberté / ressuscité masculine, classiquee crime / victime féminine, classiquef ruisselants / enfants masculine, classiqueg misérable / exécrable féminine, classiqueh attentat / l'État masculine, classiquei tête / poète féminine, classiquej resté / lutté masculine, classiquek renie / ignominie féminine, classiquel marteaux / brutaux masculine, classiquem amère / mère féminine, classiquen d'abaissement / ressentiment masculine, classiqueo complice / supplice féminine, classiquep pervers / vers masculine, classiqueq traîtresse / vengeresse féminine, classiquer dicté / postérité masculine, classiquea maître / traître féminine, classiqueb châtiment / serment masculine, classiquec inexorable / misérable féminine, classiqued l'écho / Banquo masculine, classiquee couche / bouche féminine, classiquef d'or / encor masculine, classiqueg couleuvre / œuvre féminine, classiqueh content / t'attend masculine, classiquei sordide / liberticide féminine, classiquea fer / l'enfer masculine, classiqueb implacable / irrévocable féminine, classiquec tourment / dément masculine, classiqued aimantes / tourmentes féminine, classiquee effrayant / foudroyant masculine, classiquef l'orage / courage féminine, classiqueg bénir / avenir masculine, classiqueh coûte / route féminine, classiquei l'oubli / accompli masculine, classiquea règne / craigne féminine, classiqueb prédestiné / couronné masculine, classiquec transitoire / victoire féminine, classiqued punir / venir masculine, classiquee travaille / tressaille féminine, classiquef affamés / enflammés masculine, classiqueg mélancolie / d'Ophélie féminine, classiqueh souffrir / mourir masculine, classiquea d'apostasie / poésie féminine, classiqueb expiation / ascension masculine, classiquec auguste / juste féminine, classiqued inspiré / sacré masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

533 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poesies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation poesies.net· Sources