Poèmes et Paysages, 1852
À l’Île natale
Je puis mourir : j'ai dit,‖ ô mon île natale !Ton ciel, tes monts, tes bois,‖ tes champs, tes eaux, tes mers.Mon âme t'a payé‖ sa dette filiale :Sur tes flancs de granit‖ j'ai buriné mon vers.Chez moi ce n'est point l'art,‖ c'est le cœur qui te chante.Ma piété pour toi‖ fit ma voix plus touchante ;Mon cœur m'a révélé‖ tes secrètes beautés.D'autres fils te naîtront‖ qui des muses hantés,Admirant à leur tour‖ tes splendeurs et ta grâce,Par tes vals escarpés‖ cheminant sur ma trace,Lisant partout mon nom‖ sous la ronce vorace,Rediront après moi‖ ton ciel, tes monts, tes bois.Souris avec orgueil‖ à leur lyre nouvelle !L'écho de tes rochers‖ me restera fidèle,Car, versant à mes vers‖ ta sève maternelle,Ton âme, ô mon pays !‖ a passé dans ma voix.
Janvier 1892.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[abab] 2[aa] 1[aaa] 1[abbba]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a natale / filiale féminine, classiqueb mers / vers masculine, classiquec chante / touchante féminine, classiqued beautés / hantés masculine, classiquee grâce / trace / vorace féminine, classiquef bois / voix masculine, classiqueg nouvelle / fidèle / maternelle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Paysages, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1897· numérisation poesies.net· Sources