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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La chute d’un ange, 1838

Sixième vision

Alphonse de Lamartine· 15 distiquess, alexandrins, 484 vers

Ainsi ces deux époux,‖ seuls, possesseurs d’un monde,Suivaient jour après jour‖ leur route vagabonde,Avaient devant leurs pas‖ l’univers tout entier,Et, sans but que l’amour,‖ s’y traçaient leur sentier.Ils semblaient seulement‖ dans leur marche presséeDe leurs premiers tyrans‖ vouloir fuir la pensée,Et, cherchant par instinct‖ les plus tièdes climats,Aux mers où meurt le jour‖ ils dirigeaient leurs pas.Ils pensaient qu’en marchant‖ plus loin, plus loin encore,Ils verraient mille fruits‖ sous leurs désirs éclore,Que les plus doux parfums‖ qui soufflent sous les cieuxY donnaient à l’air même‖ un goût délicieux,Que les rocs ruisselaient‖ du nectar des abeilles,Et qu’un oiseau céleste‖ y charmait les oreilles.« Nous nous arrêterons,‖ se disaient-ils entre eux,Aux lieux où le bonheur‖ est le plus savoureux,Aux bords où l’oiseau bleu‖ va reposer ses ailes ;Nous apprivoiserons‖ les petits des gazelles,Pour jouer sur la feuille‖ avec nos deux jumeaux ;Nous irons dérober‖ les œufs sous les rameaux ;Nous aurons pour demeure‖ une grotte de marbreFermée aux eaux du ciel,‖ ou le tronc creux de l’arbreDont les vastes rameaux‖ sur son flanc repliésDes cheveux de la tête‖ enveloppent les piés ;Nous serons bons à tous,‖ et, pour que l’on nous aime,Nous ferons alliance‖ avec les lions même,Avec l’oiseau du ciel‖ et l’insecte des champs :Mais avec l’homme, oh non !‖ les hommes sont méchants !À ces tableaux riants‖ qu’ils coloraient d’avance,Leur pas léger, semblable‖ au vol de l’espérance,Quoique lassé du jour,‖ les portait en avant ;Cependant dans leur fuite‖ ils s’arrêtaient souvent.

Tantôt les durs cailloux,‖ ou d’épineuses plantes,Des pieds de Daïdha‖ faisaient saigner les plantes ;Au cou de son amant‖ elle nouait ses bras,Et Cédar la portait‖ sans ralentir le pas.Ses fils sur une épaule‖ et sur l’autre la mère,Portant tout son bonheur,‖ charge douce et légère,Pressé de ces trois cœurs‖ dont il était l’appui,Il croyait emporter‖ l’univers avec lui !Et Daïdha, soufflant‖ à son front des caresses,Essuyait la sueur‖ avec ses molles tresses !Tantôt un roc pendant‖ sur un ravin profond,Se dressant comme un mur,‖ avec un gouffre au fond,Entr’ouvert sous leurs pieds,‖ s’opposait à leur marche :Si des arbres couchés‖ n’y jetaient pas une arche,Cédar laissait la mère‖ et ses fils sur le bord,Pour sonder le passage‖ y descendait d’abord,Puis, s’assurant l’orteil‖ sur d’étroits interstices,Levait vers eux les bras‖ du fond des précipices ;Des mains que Daïdha‖ de plus haut lui tendait,Recevait dans ses mains‖ l’enfant, qu’il descendait,Le couchait dans les fleurs,‖ remontait pour son frère,Prêtait comme un degré‖ son épaule à la mère ;Puis au fond du ravin‖ tous les deux descendus,Au mur de l’autre bord‖ par les mains suspendus,Et formant de leurs bras‖ une mobile échelle,Il élevait en haut‖ l’enfant qu’il prenait d’elle.Si des monts quelquefois‖ le fleuve ou le torrentOpposait à leurs pas‖ son rapide courant,Cédar, qui le premier‖ le passait à la nage,Déroulait en nageant‖ la liane sauvage,La tirait des deux mains,‖ et comme un câble fortLa nouait par le bout‖ au tronc de l’autre bord :Sur les flots écumants‖ la liane tenduePrêtait à Daïdha‖ sa corde suspendue.Retournant sur ses pas,‖ un enfant dans la main,Cédar, de nœuds en nœuds,‖ lui traçait le chemin ;Elle suivait, portant‖ sur sa tête élevéeSa blanche enfant tremblante‖ et d’écume lavée ;Et, comme sur le sable‖ un vol de blancs oiseauxQui font sécher leur aile,‖ ils s’essuyaient des eaux.

Un soir qu’ils reposaient‖ au fond des solitudes,Leurs membres succombant‖ à tant de lassitudes,Cédar, que son amour‖ éveillait à tout bruit,Entendit comme un souffle‖ et des pas dans la nuit.Soulevé sur le coude,‖ immobile, il écoute :Ces pas de leur abri‖ semblent chercher la route.Un souffle haletant,‖ qui paraît s’approcher,Fait frissonner d’horreur‖ tous les poils de sa chair ;Il croit qu’un lionceau‖ que le désert affameVient dévorer ses fils‖ sur le sein de sa femme,Il crie : un hurlement‖ lugubre lui répond ;L’animal à ses pieds‖ s’élance d’un seul bond :La feuille était épaisse‖ et la nuit était sombre ;Il voit contre ses flancs‖ se lever comme une ombre.Il s’élance au-devant‖ de ce lion dressé,Entre ses bras de fer‖ le reçoit enlacé ;Sans que son cœur défaille,‖ il sent sur sa poitrineL’ivoire de ses dents,‖ le vent de sa narine ;Dans la gueule béante‖ il plonge pour chercherLa langue qui voulait‖ tout son sang à lécher.L’animal étouffé‖ tombe, et ne fait entendreQu’un dernier hurlement‖ mélancolique et tendre,Et Daïdha, veillant‖ sur le couple qui dort,Sentit son cœur troublé‖ par cet accent de mort.Sur les bras de Cédar,‖ en cherchant les morsures,Sa main ne trempa pas‖ dans le sang des blessures ;Le lion qu’à ses pieds‖ Cédar avait couché,Au lieu de le broyer,‖ semblait l’avoir léché.Le sommeil referma‖ leur pesante paupière.Quand elle se rouvrit‖ enfin à la lumière,Cherchant leur ennemi‖ mort sous leur pied vainqueur,À sa vue, un seul cri‖ s’échappa de leur cœur ;Les amants consternés,‖ mornes, se regardèrentEt d’attendrissement‖ leurs regards s’inondèrent :Ce lion dont la langue‖ avait soif de leur sang,Des troupeaux de Cédar‖ c’était le chien gisant !De sa captivité‖ compagnon volontaire,Le seul ami longtemps‖ qui l’aima sur la terre !Que Daïdha flattait,‖ qui léchait les jumeaux !…Quand il eut vu son maître‖ englouti dans les eaux,Pour retrouver son corps‖ longtemps suivant la rive,Mais bientôt devancé‖ par l’onde fugitive,Hurlant de désespoir,‖ il avait descenduLe large cours des eaux‖ vers son maître perdu,Jusqu’au sable où la mer‖ déferle sur la plage ;Il avait traversé‖ l’embouchure à la nage ;Et, retrouvant enfin‖ sur le limon fouléUn pied d’homme récent‖ dans le sable moulé,Il avait pris sa course,‖ en quêtant place à place ;Et perdant, retrouvant‖ cent fois la même trace,Sans flairer en passant‖ les pieds de la tribu,Aux eaux qu’il traversait‖ sans avoir même bu,Il était accouru,‖ prompt à le reconnaître,Mourir, pour son amour,‖ de la main de son maître !Que le pauvre Cédar‖ eût donné de son sangPour le ressusciter‖ sous son souffle impuissant !Quel flot amer coula‖ de leur œil taciturne !Que Daïdha maudit‖ la méprise nocturne !Cherchant à ranimer‖ en vain les membres froids,Sur les longs poils combien‖ ils passèrent leurs doigts !Notre cœur souffre tant‖ de perdre qui nous aime !Mais le punir d’aimer !‖ mais le tuer soi-même !Pour le cœur des mortels‖ l’amour est un tel bien,Qu’il ne peut sans saigner‖ perdre celui d’un chien !Ils creusèrent sa tombe‖ au pied d’un sycomore ;Leurs yeux en le quittant‖ s’y détournaient encore.D’un nom cher et funèbre‖ ils nommèrent ce lieu,Et ce jour fut pour eux‖ morne comme un adieu !

Déjà douze soleils‖ avaient doré les nues,Depuis qu’ils avançaient‖ aux plages inconnues ;Ils étaient descendus‖ sur les bords de la mer ;Ils avaient de ses flots‖ goûté le sel amer,Et, perdant leurs regards‖ sur ce grand désert d’onde,Pris ce fleuve sans bord‖ pour la rive du monde.Ils suivaient ce rivage‖ aux gracieux contoursOù Tyr mille ans après‖ se couronna de tours ;Les vagues se jouaient‖ sur son cap solitaire,Comme avant la moisson‖ de blancs agneaux sur l’aire ;Les deux amants foulaient,‖ ignorants, sous leurs piés,Ces germes de cités‖ plus tard multipliés,Sans se douter qu’un jour‖ des peuples innombrablesDevaient au doigt de Dieu‖ se lever de ces sables !Leurs regards fascinés‖ suivaient cette eau sans fin ;Ils aimaient à marcher‖ sur l’or du sable fin,Que de longs flots ridés‖ des brises de l’aurorePour leurs pieds fatigués‖ amollissaient encore !Ces palpitations‖ de la mer dans son lit,Ce mouvement sans fin‖ d’un élément qui vit,Ces grands gémissements‖ accentuant ces plages,Des bords peints dans les eaux‖ les flottantes images,Ces mystères du fond‖ que l’œil peut traverser,Avec leurs sens ravis‖ tout semblait converser ;Et, leur cœur plein du bruit‖ qu’écoutait leur oreille,Ils marchaient, sur ces bords,‖ de merveille en merveille.Les bonds désordonnés‖ de l’abîme mouvant,Les grands chocs de la mer‖ sous les fougues du vent,Entre le velours d’herbe‖ et les vagues limpides,N’étendaient pas encor‖ des lisières arides ;Mais la vague endormie‖ et le feuillage épaisSe touchaient sur la grève‖ et se baisaient en paix.L’arbre trempait ses pieds‖ dans l’écume des plages,Et les flots attiédis‖ s’obscurcissaient d’ombrages.Le couple voyageur‖ savourait à la foisLes doubles voluptés‖ des ombres et des bois.

Déjà, comme une tour‖ que son sommet écrase,Le Carmel devant eux‖ s’affaissait sur sa base.Dans le sein de la mer‖ dont il brunit l’azurSon cap retentissant‖ s’avançait comme un mur ;La rame impatiente,‖ y brisant en fuméesSes écumes sans fin‖ par les brises semées,Comme un vase qui bout,‖ de ses bouillonnementsCouvrait et découvrait‖ les rochers écumants ;Un aigle y tournoyait‖ dans l’éternel orage,Et son aile en passant‖ ombrageait leur visage.La barrière semblait‖ impossible à franchir :À travers ces écueils,‖ qu’ils regardaient blanchir,Il fallait ou passer,‖ ou tourner la montagne ;Mais elle s’étendait‖ si loin dans la campagne,Que sa ligne d’azur,‖ interceptant les cieux,Leur opposait partout‖ le même obstacle aux yeux.Les jeunes fugitifs,‖ pour tenter ce passageSans exposer leurs fils‖ aux dangers de la plage ;Voulurent dans ses flots‖ d’abord seuls s’avancer.Dans le cœur d’un palmier‖ qui semblait les bercer,Ils couchèrent bien haut‖ la sœur avec le frère,De peur que le chacal‖ ne les flairât sur terre.En inclinant vers eux‖ le jeune arbre pliant,Ils baisèrent deux fois‖ le couple souriant ;Puis, laissant échapper‖ de leurs mains le tronc souple,Sa cime dans les airs‖ abrita le beau couple.

Cédar et Daïdha‖ s’avancèrent alorsSur l’humide corniche‖ entre l’onde et ses bords ;Tantôt posant à sec‖ leurs pieds nus sur la grève,Tantôt dans les torrents‖ que la vague soulève,D’un tourbillon d’écume‖ ensemble enveloppés,Repoussant de la mer‖ les bonds entrecoupés.Cédar, se suspendant‖ aux rocs de la montagne,Pressait de l’autre main‖ les flancs de sa compagne,De peur que du rocher‖ le flot redescendantN’emportât son amour‖ dans l’abîme grondant.La vague par moments,‖ comme une blanche toileSe déroulant sur eux,‖ les couvrait de son voile,Puis, déchirant aux rocs‖ le vert tissu des eaux,Sur leur corps ruisselant‖ retombait en lambeaux.Pour avancer d’un pas‖ sur la grève inégale,Leurs yeux d’un flot à l’autre‖ épiaient l’intervalle :Leur mort ou leur salut‖ dépendait d’un clin d’œil ;Enfin de gouffre en gouffre‖ et d’écueil en écueil,Tantôt touchant le fond‖ et tantôt à la nage,Ils doublèrent le cap,‖ et virent l’autre plage,Qui déroulait au loin‖ sur le flot attiédiSa verdure bronzée‖ aux rayons du midi.

À je ne sais quel dieu‖ dans leur cœur rendant grâce,Les deux amants ravis‖ revinrent sur leur trace ;Et Cédar, arrivant‖ à peine le premier,Pour prendre les enfants‖ inclina le palmier.Déjà, se grandissant‖ vers eux d’une coudée,Daïdha de baisers‖ les couvrait en idée,Et, sur l’orteil dressée‖ et les deux bras tendus,Attendait qu’à son sein‖ Cédar les eût rendus,Quand, au niveau de l’œil‖ abaissant le tronc d’arbre,Tout leur sang devint glace‖ et leur front devint marbre :Dans le cœur du palmier‖ les enfants n’étaient plus !…Alors l’air se remplit‖ de leurs cris éperdus !Dans la confusion‖ de leurs mille pensées,Portant partout leurs pas‖ et leurs mains insensées,Ils allaient d’arbre en arbre ;‖ à la cime des troncsComme des oiseleurs‖ ils plongeaient leurs deux fronts,Espérant que leurs yeux‖ se trompaient de feuillage,Et que de leur palmier‖ un autre était l’image,Quand un cri de détresse‖ entendu dans les cieuxVers la crête du roc‖ leur fit lever les yeux.L’aigle qu’ils avaient vu‖ tournoyer sur l’abîme,Fendant maintenant l’air‖ d’un vol calme et sublime,Ses larges ailerons‖ tendus d’un vol dormant,Leur cachait de son ombre‖ un peu du firmament,Et, comme le ballon‖ emporte la nacelle,Tenant en équilibre‖ un fardeau sous son aile,Il nageait en pressant‖ des ongles triomphantsVers son aire emporté‖ le dernier des enfants.

De peur qu’un cri d’effroi‖ ne fît ouvrir sa serreEt ne précipitât‖ l’enfant broyé sur terre,Daïdha, retenant‖ son cri sourd dans son cœur,À Cédar, de son doigt,‖ montrait l’oiseau vainqueur.Ils le virent nager‖ vers l’immense ouvertureD’un antre qui du cap‖ couronnait la ceinture,Et, sans même plier‖ ses ailes pour entrer,Avec son cher fardeau‖ dans l’ombre s’engouffrer.Vers l’antre au même instant‖ un cri porta leur âme.Comme en un incendie‖ on voit la jeune femmeAvant d’ouvrir la bouche‖ ou même de penser,Dans sa demeure en feu‖ rapide s’élancer,Saisir le fer brûlant‖ où le plomb fondu coule,Gravir l’échelle en feu‖ qui sous ses pieds s’écroule,Et jusqu’au toit fumant,‖ d’où l’homme même a fui,Retrouver son enfant‖ ou périr avec lui :Telle, avant que son cœur‖ réfléchisse et balance,Sur les pas de Cédar‖ sa compagne s’élance.Le cap oppose en vain‖ sa pente à leur élan,Leurs pieds sûrs défîraient‖ le chamois et l’élan ;On dirait que leur cœur‖ vers le ciel les soulève ;De corniche en corniche‖ ils passent comme un rêve ;Leur bouche ne prend pas‖ le temps de respirer,À peine sentent-ils‖ leurs mains se déchirer :Leur œil, sur qui l’amour‖ jette un voile sublime,Ne voit pas sous leurs pas‖ s’approfondir l’abîme ;Aux plantes par les mains‖ suspendus quelquefois,Et cherchant un appui‖ du pied sur les parois,Aux coups du vent des mers‖ qui sur le cap se brise,Ils flottent balancés‖ comme l’herbe à la brise.

Mais au-dessus des rocs‖ qu’ils franchissent enfin,La pente s’adoucit ;‖ un sol à gazon finEntre un rempart et l’autre‖ à leurs pieds se déroule ;En ruisseaux serpentants‖ un filet d’onde y coule ;Au-dessus du glacis‖ d’où tombent ces ruisseaux,Une large caverne‖ élève ses arceaux.Ils courent haletants,‖ ils entrent sous la roche ;Un aigle colossal‖ s’envole à leur approche,Et du vent de son aile‖ à demi renversés,Les précipite à terre‖ éblouis, terrassés.Mais le cœur maternel,‖ tremblant pour ce qu’il aime,Combattrait dans la nue‖ avec la foudre même.Entrés dans la caverne,‖ ils regardent au fond :Un grand cri leur échappe,‖ un autre leur répond ;Daïdha, fléchissant‖ sous sa joie imprévue,Revoit ses deux enfants,‖ et recule à leur vue !Devant ces fils cherchés‖ à travers le trépas,Quelle puissante main‖ arrêtait donc leurs pas ?Qui donc clouait leur âme‖ et leurs pieds à l’entrée ?Pourquoi leur voix en eux‖ était-elle rentrée ?Qui les faisait ainsi‖ balancer ?… Un regard.Au fond de la caverne,‖ un homme… un beau vieillardTenait dans ses genoux,‖ comme une tendre mère,Les deux jumeaux portés‖ par l’aigle dans son aire ;À leurs lèvres de rose‖ il faisait ruisselerL’ambre des pommes d’or‖ qu’il venait de peler ;Les deux enfants suçaient‖ la goutte qui s’épanche,En écartant des mains‖ sa chevelure blanche ;Et déjà la saveur,‖ la voix douce et les ris,De l’effroi sur leur bouche‖ avait calmé les cris.Ce vieillard n’avait pas‖ l’aspect rude et sauvageDes hommes dont Cédar‖ avait vu le visage,Ce front bas comprimé‖ par un brutal instinct,Cet œil dardant la flamme‖ ou par la ruse éteint.L’arche de son beau front,‖ en ovale élancée,Semblait se soulever‖ pour porter la pensée.L’âge avait élargi‖ l’orbite de ses yeux,La lumière en coulait‖ comme une aube des cieux ;De son regard pensif‖ l’égale et pure flammeDans un charbon brûlant‖ ne dardait pas son âme ;Mais la réflexion‖ le tempérait un peu,Comme une main qu’on met‖ entre l’œil et le feu.Ses lèvres, qu’entr’ouvrait‖ le vent de son haleine,Sur l’ivoire des dents‖ se recourbaient à peine ;D’un pli tendre et rêveur‖ la molle inflexionAdoucissait à l’œil‖ la mâle expression :On sentait que l’orgueil‖ ni l’injure faroucheN’avaient jamais froissé‖ les plis de cette bouche,Mais que cet air serein,‖ par son souffle exhalé,Avait entr’ouvert l’âme‖ avant qu’il eût parlé.Sa peau se nuançait‖ des teintes des lis pâles.L’intelligence auguste‖ animait ses traits mâles.Comme en forgeant l’outil‖ la meule et les marteauxPour une œuvre plus haute‖ aiguisent les métaux,On lisait sur ses traits‖ sillonnés de penséesLes traces qu’en passant‖ elles avaient laissées :Dans leurs inflexions‖ le temps avait écritL’effort mystérieux‖ du travail de l’esprit ;L’âme en mille reflets‖ y répandait son ombre.Les époux, dont les jours‖ étaient en petit nombre,Qui n’avaient qu’une idée‖ et qu’une passion,En contemplaient, surpris,‖ la sainte expression,Et sur ce front pensif‖ cette multiple empreinteLes frappait de respect,‖ d’étonnement, de crainte.En voyant du vieillard‖ le teint se nuancer,Sa bouche réfléchir‖ et son sourcil penser,Sous l’éclair de ses yeux‖ qu’un autre éclair efface,Ils croyaient voir passer‖ mille esprits sous sa face ;Et craignant l’invisible,‖ et n’osant approcher,Ils demeuraient assis‖ sur le banc de rocher.Dans le pan d’un manteau‖ d’une riche teinture,Dont les lambeaux de pourpre‖ entouraient sa ceinture,Il couvrait les jumeaux‖ jouant sur ses genoux ;Il jetait sur le couple‖ un regard triste et doux ;Et les voyant, frappés‖ de crainte et de silence,L’un à l’autre appuyés‖ se tenir à distance :« Pauvres enfants ! dit-il,‖ venez, voyez, touchez !Charmante fille d’Ève,‖ et vous, homme, approchez !Sont-ce là vos petits ?‖ que l’aigle les remporte ! »La première, à ces mots,‖ s’élançant de la porte,Daïdha vers ses fils,‖ les bras ouverts, courutEn appelant Cédar‖ pour qu’il la secourût.Mais le vieillard, tendant‖ leurs corps à ses caresses,Les remit dans son sein,‖ nid brûlant de tendresses.La mère sur leurs yeux‖ laissa ses yeux pleurer,Et Cédar à genoux‖ tomba pour adorer !

Ils n’osaient élever‖ la voix en sa présence !« C’est un dieu, disaient-ils‖ dans leur tendre ignorance ;Oui, c’est un dieu plus fort‖ et meilleur que nos dieux ;Habitant du rocher,‖ son corps est aussi vieux ;Il gouverne de là‖ les monts, les flots, la plaine ;L’aigle est son messager,‖ le vent est son haleine.Que fera-t-il de nous ?‖ que nous veut son esprit ? »Sans entendre ces mots,‖ le vieillard les comprit :« Relevez-vous, dit-il,‖ jeune homme, jeune femme ;Mon œil lit dans vos yeux‖ ce que pense votre âme !Regardez ! je ne suis‖ qu’un dieu d’os et de chair ;Un homme comme vous,‖ que vous pouvez toucher,Un vermisseau vivant‖ dans cette solitude,Et qui marche à la mort‖ par la décrépitude.Que du seul Dieu vivant‖ le terrible courrouxM’écrase sous sa main‖ si j’abusais de vous,Si, profitant du doute‖ où mon aspect vous plonge,Je laissais vos esprits‖ adorer un mensonge !…Jamais encor mes yeux‖ n’ont vu, charmants époux,Des cœurs aussi naïfs‖ sous des traits aussi doux !Jéhovah cache donc‖ ailleurs dans la natureDe la source d’Éden‖ quelque goutte encor pure ?Parlez, d’où venez-vous ?‖ où vous menaient vos pas ?Êtes-vous des mortels,‖ ou des anges d’en bas ?Une apparition‖ d’innocence bannie ?Un sourire du monde‖ avant son agonie ?Dites, ne craignez rien,‖ l’homme du ciel est bon :Dieu soit dans votre bouche‖ et dans mes yeux son nom ! »

Rassurés par la voix‖ si pleine de tendresseQue chacun de ses sons‖ semblait une caresse,Les deux adolescents,‖ s’approchant du vieillard,Sur lui de temps en temps‖ hasardant un regard,S’encourageant l’un l’autre‖ à son divin sourire,Répondant tour à tour,‖ finirent par tout dire.À leur touchant récit‖ sympathisant des yeux,La pitié remuait‖ son cœur silencieux ;Et des larmes parfois,‖ coulant de sa paupière,Ruisselaient sur sa joue‖ et roulaient sur la pierre.Daïdha, les voyant‖ briller sur le gazon,Se disait en son cœur :‖ « Puisqu’il pleure, il est bon :Il ne remettra pas‖ à Cédar ses entraves,Ou nous prendra du moins‖ tous deux pour ses esclaves. »Et pressant sur son cœur‖ ses fils furtivement,Les baisait en idée‖ à chaque battement.

Cependant le vieillard,‖ comme quelqu’un qui pense,Le front entre ses doigts,‖ demeurait en silence ;Puis il dit aux époux :‖ « Couple innocent d’amour,Consacrez par vos pas‖ mon sauvage séjour.Celui qui fait germer‖ l’herbe où l’agneau doit paîtreVous amène sans doute‖ ici pour le connaître ;Vous remplirez de joie‖ et d’amour ce beau lieu.Dieu seul manque à vos cœurs,‖ je vous apprendrai Dieu. »Et prenant par la main‖ la belle créatureQui s’ombrageait les yeux‖ avec sa chevelure,Comme Dieu conduisait‖ son couple dans Éden,Il les mena tous deux‖ dans un brillant jardin.C’était un sol en pente‖ aux flancs de la montagne,D’où les yeux dominaient‖ la mer et la campagne,Et qu’un rocher glissant,‖ et droit comme un rempart,De son mur de granit‖ cernait de toute part.Une source tombant‖ d’une grotte profondeSur les fleurs en rosée‖ y distillait son onde,Puis, humectant du sol‖ les velours diaprés,Allait un peu plus bas‖ désaltérer les prés.On l’entendait chanter,‖ en épanchant sa gerbe,Comme un vol gazouillant‖ d’alouettes dans l’herbe :Tous les beaux animaux‖ de notre race amisY buvaient, ou, couchés,‖ s’y groupaient endormis.Mille oiseaux, variés‖ de voix et de plumages,A l’envi de ces flots‖ chantaient sous les feuillages,Et des fruits inconnus‖ de formes, de grosseurs,Embaumaient l’air autour‖ de diverses saveurs.

Pour la première fois‖ ces fils de la nature,Cédar et Daïdha,‖ contemplaient la culture,Et voyaient des forêts‖ les trésors infinisSous la main dans un champ‖ par l’homme réunis,Comme dans le festin‖ qu’on prépare au conviveLa table réunit‖ les dons de chaque rive ;Ces fruits, qu’on ne cueillait‖ qu’en errant dans le bois,À leur main sans effort‖ s’offraient tous à la fois ;Les branches fléchissaient‖ sous les cônes énormes ;La greffe avait doublé‖ les saveurs et les formes ;Et d’admiration‖ surpris à chaque pas,Cédar les revoyant‖ ne les connaissait pas.Nul arbre parasite‖ à leurs rameaux fertilesN’enlaçait au hasard‖ ses branchages stériles ;De distance en distance‖ ils croissaient isolésSur un champ où la brise‖ ondoyait dans les blés ;Les épis presque mûrs‖ bruissaient sur leur paille,Comme des feuilles d’or‖ qu’un lamineur travaille.

Le vieillard, sous ses doigts‖ broyant l’or du froment,En fit sortir le suc‖ comme un lait écumant :« C’est ce lait, leur dit-il,‖ dont la glèbe fécondeNourrit dans les cités‖ les grands peuples du monde. »Et sous la pierre ronde‖ en écrasant le grain,Sa voix leur expliqua‖ la merveille du pain.Le vieillard, du jardin‖ leur montrant les merveilles,Leur cueillait tour à tour‖ la pêche aux chairs vermeilles,La figue aux pleurs de miel,‖ la poire aux sucs fondants ;Et la séve en nectar‖ ruisselait sous leurs dents.Les oiseaux à leurs pieds‖ en disputaient l’écorce.Quand le frugal festin‖ eut ranimé leur force :Beau couple, leur dit-il,‖ habitez ce séjour :Une fleur y manquait,‖ c’était le chaste amour ;Comme un parfum du cœur‖ que Dieu l’y fasse éclore !Dormez sous le figuier‖ ou sous le sycomore !Mangez les fruits de Dieu,‖ goûtez son doux sommeil !Quand l’alouette aura‖ chanté votre réveil,Je reviendrai vous voir,‖ enfants, et vous instruireDu saint nom de Celui‖ que l’aurore fait luire !Vous saurez quel destin‖ m’a conduit en ce lieu ;Aimez son serviteur,‖ mais n’adorez que Dieu ! »

À ces mots, le vieillard‖ les bénit d’un saint geste.Du jour qui s’éteignait‖ ils passèrent le resteÀ se parler tout bas‖ de ce visible esprit,Et dans cet entretien‖ le sommeil les surprit.

Versification

Forme
15 distiquess (distiques)
Rimes
242((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
15 distiquess
Mots à la rime
a monde / vagabonde féminine, classiqueb entier / sentier masculine, classiquec pressée / pensée féminine, classiqued climats / pas masculine, classiquee encore / éclore féminine, classiquef cieux / délicieux masculine, classiqueg abeilles / oreilles féminine, classiqueh eux / savoureux masculine, classiquei ailes / gazelles féminine, classiquej jumeaux / rameaux masculine, classiquek marbre / l’arbre féminine, classiquel repliés / piés masculine, classiquem aime / même féminine, classiquen champs / méchants masculine, classiqueo d’avance / l’espérance féminine, classiquep avant / souvent masculine, classiquea plantes féminine, classiqueb bras / pas masculine, classiquec mère / légère féminine, classiqued l’appui / lui masculine, classiquee caresses / tresses féminine, classiquef profond / fond masculine, classiqueg marche / arche féminine, classiqueh bord / d’abord masculine, classiquei interstices / précipices féminine, classiquej tendait / descendait masculine, classiquek frère / mère féminine, classiquel descendus / suspendus masculine, classiquem échelle / d’elle féminine, classiquen torrent / courant masculine, classiqueo nage / sauvage féminine, classiquep fort / bord masculine, classiqueq tendue / suspendue féminine, classiquer main / chemin masculine, classiques élevée / lavée féminine, classiquet oiseaux / eaux masculine, classiquea solitudes / lassitudes féminine, classiqueb bruit / nuit masculine, classiquec écoute / route féminine, classiqued s’approcher / chair masculine, classiquee affame / femme féminine, équivalentef répond / bond masculine, classiqueg sombre / ombre féminine, classiqueh dressé / enlacé masculine, classiquei poitrine / narine féminine, classiquej chercher / lécher masculine, classiquek entendre / tendre féminine, classiquel dort / mort masculine, classiquem morsures / blessures féminine, classiquen couché / léché masculine, classiqueo paupière / lumière féminine, classiquep vainqueur / cœur masculine, classiqueq regardèrent / s’inondèrent féminine, classiquer sang / gisant masculine, classiques volontaire / terre féminine, non classiquet jumeaux / eaux masculine, classiqueu rive / fugitive féminine, classiquev descendu / perdu masculine, classiquew plage / nage féminine, classiquex foulé / moulé masculine, classiquey place / trace féminine, classiquez tribu / bu masculine, classiquea reconnaître / maître féminine, classiqueb sang / impuissant masculine, classiquec taciturne / nocturne féminine, non classiqued froids / doigts masculine, classiquee aime / soi-même féminine, classiquef bien / chien masculine, classiqueg sycomore / encore féminine, classiqueh lieu / adieu masculine, classiquea nues / inconnues féminine, classiqueb mer / amer masculine, classiquec d’onde / monde féminine, classiqued contours / tours masculine, classiquee solitaire / l’aire féminine, classiquef piés / multipliés masculine, classiqueg innombrables / sables féminine, classiqueh fin masculine, classiquei l’aurore / encore féminine, classiquej lit / vit masculine, classiquek plages / images féminine, classiquel traverser / converser masculine, classiquem oreille / merveille féminine, classiquen mouvant / vent masculine, classiqueo limpides / arides féminine, classiquep épais / paix masculine, classiqueq plages / d’ombrages féminine, classiquer fois / bois masculine, classiquea écrase / base féminine, classiqueb l’azur / mur masculine, classiquec fumées / semées féminine, classiqued bouillonnements / écumants masculine, classiquee orage / visage féminine, classiquef franchir / blanchir masculine, classiqueg montagne / campagne féminine, classiqueh cieux / yeux masculine, classiquei passage / plage féminine, classiquej s’avancer / bercer masculine, classiquek frère / terre féminine, classiquel pliant / souriant masculine, classiquem souple / couple féminine, classiquea alors / bords masculine, classiqueb grève / soulève féminine, classiquec enveloppés / entrecoupés masculine, classiqued montagne / compagne féminine, classiquee redescendant / grondant masculine, classiquef toile / voile féminine, classiqueg eaux / lambeaux masculine, classiqueh inégale / l’intervalle féminine, classiquei d’œil / écueil masculine, classiquej nage / plage féminine, classiquek attiédi / midi masculine, classiquea grâce / trace féminine, classiqueb premier / palmier masculine, classiquec coudée / idée féminine, classiqued tendus / rendus masculine, classiquee d’arbre / marbre féminine, classiquef plus / éperdus masculine, classiqueg pensées / insensées féminine, classiqueh troncs / fronts masculine, classiquei feuillage / l’image féminine, classiquek l’abîme / sublime féminine, classiquel dormant / firmament masculine, classiquem nacelle / aile féminine, classiquen triomphants / enfants masculine, classiquea serre / terre féminine, classiqueb cœur / vainqueur masculine, classiquec ouverture / ceinture féminine, classiqued entrer / s’engouffrer masculine, classiquee âme / femme féminine, classiquef penser / s’élancer masculine, classiqueg coule / s’écroule féminine, classiqueh fui / lui masculine, classiquei balance / s’élance féminine, classiquej élan / l’élan masculine, classiquek soulève / rêve féminine, classiquel respirer / déchirer masculine, classiquem sublime / l’abîme féminine, classiquen quelquefois / parois masculine, classiqueo brise féminine, classiquea enfin / fin masculine, classiqueb déroule / coule féminine, classiquec ruisseaux / arceaux masculine, classiqued roche / approche féminine, classiquee renversés / terrassés masculine, classiqueg fond / répond masculine, classiqueh imprévue / vue féminine, classiquei trépas / pas masculine, classiquej l’entrée / rentrée féminine, classiquek regard / vieillard masculine, classiquel mère / aire féminine, classiquem ruisseler / peler masculine, classiquen s’épanche / blanche féminine, classiqueo ris / cris masculine, classiquep sauvage / visage féminine, classiqueq instinct / éteint masculine, classiquer élancée / pensée féminine, classiques yeux / cieux masculine, classiquet flamme / âme féminine, classiqueu peu / feu masculine, classiquev haleine / peine féminine, classiquew inflexion / expression masculine, classiquex farouche / bouche féminine, classiquey exhalé / parlé masculine, classiquez pâles / mâles féminine, classiquea marteaux / métaux masculine, classiqueb pensées / laissées féminine, classiquec écrit / l’esprit masculine, classiqued ombre / nombre féminine, classiquee passion / expression masculine, classiquef empreinte / crainte féminine, classiqueg nuancer / penser masculine, classiqueh efface / face féminine, classiquei approcher / rocher masculine, classiquej teinture / ceinture féminine, classiquek genoux / doux masculine, classiquel silence / distance féminine, classiquem touchez / approchez masculine, classiquen remporte / porte féminine, classiqueo courut / secourût masculine, classiquep caresses / tendresses féminine, classiqueq pleurer / adorer masculine, classiquea présence / ignorance féminine, classiqueb dieux / vieux masculine, classiquec plaine / haleine féminine, classiqued esprit / comprit masculine, classiquee femme / âme féminine, classiquef chair / toucher masculine, classiqueg solitude / décrépitude féminine, classiqueh courroux / vous masculine, équivalentei plonge / mensonge féminine, classiquej époux / doux masculine, classiquek nature / pure féminine, classiquel pas / bas masculine, classiquem bannie / agonie féminine, classiquen bon / nom masculine, classiquea tendresse / caresse féminine, classiqueb vieillard / regard masculine, classiquec sourire / dire féminine, classiqued yeux / silencieux masculine, classiquee paupière / pierre féminine, classiquef gazon / bon masculine, classiqueg entraves / esclaves féminine, classiqueh furtivement / battement masculine, classiquea pense / silence féminine, classiqueb d’amour / séjour masculine, classiquec paître / connaître féminine, classiqued lieu / Dieu masculine, classiquee créature / chevelure féminine, classiquef Éden / jardin masculine, classiqueh rempart / part masculine, classiquei profonde / onde féminine, classiquej diaprés / prés masculine, classiquek gerbe / l’herbe féminine, classiquel amis / endormis masculine, classiquem plumages / feuillages féminine, classiquen grosseurs / saveurs masculine, classiquea nature / culture féminine, classiqueb infinis / réunis masculine, classiquec convive / rive féminine, classiqued bois / fois masculine, classiquee énormes / formes féminine, classiquef pas masculine, classiqueg fertiles / stériles féminine, classiqueh isolés / blés masculine, classiquei paille / travaille féminine, classiquea froment / écumant masculine, classiqueb féconde / monde féminine, classiquec grain / pain masculine, classiqued merveilles / vermeilles féminine, classiquee fondants / dents masculine, classiquef l’écorce / force féminine, classiqueg séjour / amour masculine, classiqueh éclore / sycomore féminine, classiquei sommeil / réveil masculine, classiquej instruire / luire féminine, classiquea geste / reste féminine, classiqueb esprit / surprit masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

484 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, CHEZ L’AUTEUR, RUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1861· numérisation wikisource.org· Sources