Méditations poétiques, 1812‑1847
HUITIÈME MÉDITATION. Adieu à Graziella
1813
Adieu ! mot qu’une larme‖ humecte sur la lèvre ;Mot qui finit la joie‖ et qui tranche l’amour ;Mot par qui le départ‖ de délices nous sèvre ;Mot que l’éternité‖ doit effacer un jour !
Adieu !… Je t’ai souvent‖ prononcé dans ma vie,Sans comprendre, en quittant‖ les êtres que j’aimais,Ce que tu contenais‖ de tristesse et de lieQuand l’homme dit, Retour !‖ et que Dieu dit, Jamais !
Mais aujourd’hui je sens‖ que ma bouche prononceLe mot qui contient tout,‖ puisqu’il est plein de toi ;Qui tombe dans l’abîme,‖ et qui n’a pour réponseQue l’éternel silence‖ entre une image et moi !…
Et cependant mon cœur‖ redit à chaque haleineCe mot qu’un sourd sanglot‖ entrecoupe au milieu,Comme si tous les sons‖ dont la nature est pleineN’avaient pour sens unique,‖ hélas ! qu’un grand adieu !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a lèvre / sèvre féminine, classiqueb l’amour / jour masculine, classiquea vie / lie féminine, classiqueb j’aimais / Jamais masculine, classiquea prononce / réponse féminine, classiqueb toi / moi masculine, classiquea haleine / pleine féminine, classiqueb milieu / adieu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Lamartine, Paris, CHEZ L’AUTEUR, HUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1860· numérisation wikisource.org· Sources