Méditations poétiques, 1812‑1847
PREMIÈRE MÉDITATION. La pervenche
Pâle fleur, timide pervenche,Je sais la place où tu fleuris,Le gazon où ton front se penchePour humecter tes yeux flétris !
C’est dans un sentier qui se cacheSous ses deux bords de noisetiers,Où pleut sur l’ombre qu’elle tacheLa neige des blancs églantiers.
L’ombre t’y voile, l’herbe égoutteLes perles de nos nuits d’été,Le rayon les boit goutte à goutteSur ton calice velouté.
Une source tout près palpite,Où s’abreuve le merle noir,Il y chante, et moi j’y méditeSouvent de l’aube jusqu’au soir.
Ô fleur, que tu dirais de chosesÀ mon amour, si tu retiensCe que je dis à lèvres closesQuand tes yeux me peignent les siens !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a pervenche / penche féminine, classiqueb fleuris / flétris masculine, classiquea cache / tache féminine, classiqueb noisetiers / églantiers masculine, classiquea égoutte / goutte féminine, classiqueb d’été / velouté masculine, classiquea palpite / médite féminine, classiqueb noir / soir masculine, classiquea choses / closes féminine, classiqueb retiens / siens masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Lamartine, Paris, CHEZ L’AUTEUR, HUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1860· numérisation wikisource.org· Sources