Méditations poétiques, 1820
VINGT-HUITIÈME MÉDITATION. À une fleur séchée dans un album
1827
Il m’en souvient, c’était aux plagesOù m’attire un ciel du midi,Ciel sans souillure et sans orages,Où j’aspirais sous les feuillagesLes parfums d’un air attiédi.
Une mer qu’aucun bord n’arrêteS’étendait bleue à l’horizon ;L’oranger, cet arbre de fête,Neigeait par moments sur ma tête ;Des odeurs montaient du gazon.
Tu croissais près d’une colonneD’un temple écrasé par le temps ;Tu lui faisais une couronne,Tu parais son tronc monotoneAvec tes chapiteaux flottants ;
Fleur qui décores la ruineSans un regard pour t’admirer !Je cueillis ta blanche étamine,Et j’emportai sur ma poitrineTes parfums pour les respirer.
Aujourd’hui, ciel, temple et rivage,Tout a disparu sans retour :Ton parfum est dans le nuage,Et je trouve, en tournant la page,La trace morte d’un beau jour !
Versification
- Forme
- 5 quintils (quintils)
- Rimes
- 5(abaab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quintils
- Mots à la rime
- a plages / orages / feuillages féminine, classiqueb midi / attiédi masculine, classiquea n’arrête / fête / tête féminine, classiqueb l’horizon / gazon masculine, classiquea colonne / couronne / monotone féminine, classiqueb temps / flottants masculine, classiquea ruine / étamine / poitrine féminine, classiqueb t’admirer / respirer masculine, classiquea rivage / nuage / page féminine, classiqueb retour / jour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
25 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Lamartine, Paris, CHEZ L’AUTEUR, HUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1860· numérisation wikisource.org· Sources