Méditations poétiques, 1820
TRENTE-HUITIÈME MÉDITATION. Les fleurs
1837
Ô terre, vil monceau de boueOù germent d’épineuses fleurs,Rendons grâce à Dieu, qui secoueSur ton sein ces fraîches couleurs !
Sans ces urnes où goutte à goutteLe ciel rend la force à nos pas,Tout serait désert, et la routeAu ciel ne s’achèverait pas.
Nous dirions : À quoi bon poursuivreCe sentier qui mène au cercueil ?Puisqu’on se lasse en vain à vivre,Mieux vaut s’arrêter sur le seuil.
Mais, pour nous cacher les distances,Sur le chemin de nos douleursTu semes le sol d’espérances,Comme on borde un linceul de fleurs !
Et toi, mon cœur, cœur triste et tendre,Où chantaient de si fraîches voix ;Toi qui n’es plus qu’un bloc de cendreCouvert de charbons noirs et froids,
Ah ! laisse refleurir encoreCes lueurs d’arrière-saison !Le soir d’été qui s’évaporeLaisse une pourpre à l’horizon.
Oui, meurs en brûlant, ô mon âme,Sur ton bûcher d’illusions,Comme l’astre éteignant sa flammeS’ensevelit dans ses rayons !
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a boue / secoue féminine, classiqueb fleurs / couleurs masculine, classiquea goutte / route féminine, classiqueb pas masculine, classiquea poursuivre / vivre féminine, classiqueb cercueil / seuil masculine, classiquea distances / d’espérances féminine, classiqueb douleurs / fleurs masculine, classiquea tendre / cendre féminine, classiqueb voix / froids masculine, classiquea encore / s’évapore féminine, classiqueb d’arrière-saison / l’horizon masculine, classiquea âme / flamme féminine, classiqueb d’illusions / rayons masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Lamartine, Paris, CHEZ L’AUTEUR, HUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1860· numérisation wikisource.org· Sources