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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Méditations poétiques, 1820

TRENTE-SEPTIÈME MÉDITATION. La poésie sacrée

À M. EUGÈNE DE GENOUDE

Alphonse de Lamartine· DITHYRAMBE· strophes variées, alexandrins et octosyllabes, 254 vers

Son front est couronné‖ de palmes et d’étoiles ;Son regard immortel,‖ que rien ne peut ternir,Traversant tous les temps,‖ soulevant tous les voiles,Réveille le passé,‖ plonge dans l’avenir.Du monde sous ses yeux‖ les fastes se déroulent,Les siècles à ses pieds‖ comme un torrent s’écoulent ;

À son gré descendant‖ ou remontant leur cours,Elle sonne aux tombeaux‖ l’heure, l’heure fatale,Où sur sa lyre virginaleChante au monde vieilli‖ ce jour, père des jours.

Écoutez ! — Jéhovah s’élanceDu sein de son éternité.Le chaos endormi‖ s’éveille en sa présence ;Sa vertu le féconde,‖ et sa toute-puissanceRepose sur l’immensité.

Dieu dit, et le jour fut ;‖ Dieu dit, et les étoilesDe la nuit éternelle‖ éclaircirent les voiles ;Tous les éléments diversÀ sa voix se séparèrent ;Les eaux soudain s’écoulèrentDans le lit creusé des mers ;Les montagnes s’élevèrent,Et les aquilons volèrentDans les libres champs des airs.

Sept fois de Jéhovah‖ la parole fécondeSe fit entendre au monde,Et sept fois le néant‖ à sa voix répondit ;Et Dieu dit : Faisons l’homme‖ à ma vivante image.Il dit, l’homme naquit ;‖ à ce dernier ouvrage,Le Verbe créateur‖ s’arrête et s’applaudit.

Mais ce n’est plus un Dieu ;‖ — c’est l’homme qui soupire :Éden a fui… voilà‖ le travail et la mort.Dans les larmes sa voix expire ;La corde du bonheur‖ se brise sur sa lyre,Et Job en tire un son‖ triste comme le sort.

Ah ! périsse à jamais‖ le jour qui m’a vu naître !Ah ! périsse à jamais‖ la nuit qui m’a conçu,Et le sein qui m’a donné l’être,Et les genoux qui m’ont reçu !Que du nombre des jours‖ Dieu pour jamais l’efface !Que, toujours obscurci‖ des ombres du trépas,Ce jour parmi les jours‖ ne trouve plus sa place !Qu’il soit comme s’il n’était pas !

Maintenant dans l’oubli‖ je dormirais encore,Et j’achèverais mon sommeilDans cette longue nuit‖ qui n’aura point d’aurore,Avec ces conquérants‖ que la terre dévore,Avec le fruit conçu‖ qui meurt avant d’éclore,Et qui n’a pas vu le soleil.

Mes jours déclinent comme l’ombre ;Je voudrais les précipiter.Ô mon Dieu, retranchez le nombreDes soleils que je dois compter !L’aspect de ma longue infortuneÉloigne, repousse, importuneMes frères lassés de mes maux ;En vain je m’adresse à leur foule :Leur pitié m’échappe, et s’écouleComme l’onde au flanc des coteaux.

Ainsi qu’un nuage qui passe,Mon printemps s’est évanoui ;Mes yeux ne verront plus la traceDe tous ces biens dont j’ai joui.Par le souffle de la colère,Hélas ! arraché de la terre,Je vais d’où l’on ne revient pas :Mes vallons, ma propre demeure,Et cet œil même qui me pleure,Ne reverront jamais mes pas !

L’homme vit un jour sur la terreEntre la mort et la douleur ;Rassasié de sa misère,Il tombe enfin comme la fleur.Il tombe ! Au moins par la roséeDes fleurs la racine arroséePeut-elle un moment refleurir ;Mais l’homme, hélas ! après la vie,C’est un lac dont l’eau s’est enfuie :On le cherche, il vient de tarir.

Mes jours fondent comme la neigeAu souffle du courroux divin ;Mon espérance, qu’il abrége,S’enfuit comme l’eau de ma main.Ouvrez-moi mon dernier asile :Là, j’ai dans l’ombre un lit tranquille,Lit préparé pour mes douleurs.Ô tombeau, vous êtes mon père !Et je dis aux vers de la terre :Vous êtes ma mère et mes sœurs !

Mais les jours heureux de l’impieNe s’éclipsent pas au matin ;Tranquille, il prolonge sa vieAvec le sang de l’orphelin.Il étend au loin ses racines ;Comme un troupeau sur les collines,Sa famille couvre Ségor ;Puis dans un riche mausoléeIl est couché dans la vallée,Et l’on dirait qu’il vit encor.

C’est le secret de Dieu :‖ je me tais et j’adore.C’est sa main qui traça‖ les sentiers de l’aurore,Qui pesa l’Océan,‖ qui suspendit les cieux.Pour lui l’abîme est nu,‖ l’enfer même est sans voiles.Il a fondé la terre‖ et semé les étoiles :Et qui suis-je à ses yeux ?

Mais la harpe a frémi‖ sous les doigts d’Isaïe,De son sein bouillonnant‖ la menace à longs flotsS’échappe ; un Dieu l’appelle,‖ il s’élance, il s’écrie :Cieux et terre, écoutez !‖ silence au fils d’Amos !

Osias n’était plus :‖ Dieu m’apparut ; je visAdonaï vêtu‖ de gloire et d’épouvante :Les bords éblouissants‖ de sa robe flottanteRemplissaient le sacré parvis.

Des séraphins, debout‖ sur des marches d’ivoire,Se voilaient devant lui‖ de six ailes de feux ;Volant de l’un à l’autre,‖ ils se disaient entre eux :Saint, saint, saint, le Seigneur,‖ le Dieu, le roi des dieux !Toute la terre‖ est pleine de sa gloire !

Du temple à ces accents‖ la voûte s’ébranla ;Adonaï s’enfuit‖ sous la nue enflammée ;Le saint lieu fut rempli‖ de torrents de fumée ;La terre sous mes pieds trembla.

Et moi, je resterais‖ dans un lâche silence !Moi qui t’ai vu, Seigneur,‖ je n’oserais parler !À ce peuple impur qui t’offenseJe craindrais de te révéler !

Qui marchera pour nous ?‖ dit le Dieu des armées.Qui parlera pour moi ?‖ dit Dieu. — Qui ? Moi, Seigneur.Touche mes lèvres enflammées :Me voilà ! je suis prêt !… Malheur ;

Malheur à vous qui dès l’auroreRespirez les parfums du vin,Et que le soir retrouve encoreChancelants aux bords du festin !Malheur à vous qui par l’usureÉtendez sans fin ni mesureLa borne immense de vos champs !Voulez-vous donc, mortels avides,Habiter dans vos champs arides,Seuls, sur la terre des vivants ?

Malheur à vous, race insensée,Enfants d’un siècle audacieux,Qui dites dans votre pensée :Nous sommes sages à nos yeux !Vous changez la nuit en lumière,Et le jour en ombre grossièreOù se cachent vos voluptés ;Mais, comme un taureau dans la plaine,Vous traînez après vous la chaîneDe vos longues iniquités.

Malheur à vous, filles de l’onde,Îles de Sidon et de Tyr !Tyrans, qui trafiquez du mondeAvec la pourpre et l’or d’Ophir !Malheur à vous ! votre heure sonne ;En vain l’Océan vous couronne !Malheur à toi, reine des eaux.À toi qui, sur des mers nouvelles,Fais retentir comme des ailesLes voiles de mille vaisseaux !

Ils sont enfin venus‖ les jours de ma justice ;Ma colère, dit Dieu,‖ se déborde sur vous !Plus d’encens, plus de sacrificeQui puisse éteindre mon courroux !Je livrerai ce peuple‖ à la mort, au carnage :

Le fer moissonnera‖ comme l’herbe sauvageSes bataillons entiers ! —Seigneur, épargnez-nous !‖ Seigneur ! — Non, point de trêve :Et je ferai sur lui‖ ruisseler de mon glaiveLe sang de ses guerriers !Ses torrents sécheront‖ sous ma brûlante haleine ;Ma main nivellera‖ comme une vaste plaineSes murs et ses palais ;Le feu les brûlera‖ comme il brûle le chaume.Là, plus de nation,‖ de ville, de royaume ;Le silence à jamais !

Ses murs se couvriront‖ de ronces et d’épines ;L’hyène et le serpent‖ peupleront ses ruines ;Les hiboux, les vautours,L’un l’autre s’appelant‖ durant la nuit obscure,Viendront à leurs petits‖ porter la nourriture.Au sommet de ses tours !

Mais Dieu ferme à ces mots‖ les lèvres d’Isaïe :Le sombre ÉzéchielSur le tronc desséché‖ de l’ingrat IsraëlFait descendre à son tour‖ la parole de vie.L’Éternel emporta‖ mon esprit au désert.

D’ossements desséchés‖ le sol était couvert ;J’approche en frissonnant ;‖ mais Jéhovah me crie :Si je parle à ces os,‖ reprendront-ils la vie ?— Éternel, tu le sais.‖ — Eh bien ! dit le Seigneur,Écoute mes accents ;‖ retiens-les, et dis-leur :Ossements desséchés,‖ insensible poussière,Levez-vous ! recevez‖ l’esprit et la lumière !Que vos membres épars‖ s’assemblent à ma voix !Que l’esprit vous anime‖ une seconde fois !Qu’entre vos os flétris‖ vos muscles se replacent !Que votre sang circule‖ et vos nerfs s’entrelacent !Levez-vous et vivez,‖ et voyez qui je suis !J’écoutai le Seigneur,‖ j’obéis, et je dis :Esprit, soufflez sur eux‖ du couchant, de l’aurore ;Soufflez de l’aquilon,‖ soufflez !… Pressés d’éclore,Ces restes du tombeau,‖ réveillés par mes cris,Entre-choquent soudain‖ leurs ossements flétris ;Aux clartés du soleil‖ leur paupière se rouvre,Leurs os sont rassemblés,‖ et la chair les recouvre !Et ce champ de la mort‖ tout entier se leva,Redevint un grand peuple,‖ et connut Jéhova !

Mais Dieu de ses enfants‖ a perdu la mémoire :La fille de Sion,‖ méditant ses malheurs,S’assied en soupirant,‖ et, veuve de sa gloire,Écoute Jérémie,‖ et retrouve des pleurs.

Le Seigneur, m’accablant‖ du poids de sa colère,Retire tour à tour‖ et ramène sa main.Vous qui passez par le chemin,Est-il une misère‖ égale à ma misère ?

En vain ma voix s’élève,‖ il n’entend plus ma voix.Il m’a choisi pour but‖ de ses flèches de flamme,Et tout le jour contre mon âmeSa fureur a lancé‖ les fils de son carquois.

Sur mes os consumés‖ ma peau s’est desséchée ;Les enfants m’ont chanté‖ dans leurs dérisions ;Seul, au milieu des nations,Le Seigneur m’a jeté‖ comme une herbe arrachée,

Il s’est enveloppé‖ de son divin courroux ;Il a fermé ma route,‖ il a troublé ma voie ;Mon sein n’a plus connu la joie,Et j’ai dit au Seigneur :‖ Seigneur, souvenez-vous,

Souvenez-vous, Seigneur,‖ de ces jours de colère ;Souvenez-vous du fiel‖ dont vous m’avez nourri !Non, votre amour n’est point tari :Vous me frappez, Seigneur,‖ et c’est pourquoi j’espère.

Je repasse en pleurant‖ ces misérables jours ;J’ai connu le Seigneur‖ dès ma plus tendre aurore :Quand il punit, il aime encore ;Il ne s’est pas, mon âme,‖ éloigné pour toujours.

Heureux qui le connaît !‖ heureux qui, dès l’enfance,Porta le joug d’un Dieu‖ clément dans sa rigueur !Il croit au salut du Seigneur,S’assied au bord du fleuve,‖ et l’attend en silence.

Il sent peser sur lui‖ ce joug de votre amour ;Il répand dans la nuit‖ ses pleurs et sa prière,Et, la bouche dans la poussière,Il invoque, il espère,‖ il attend votre jour.

Silence, ô lyre ! et vous, silence,Prophètes, voix de l’avenir !Tout l’univers se tait d’avanceDevant celui qui doit venir.Fermez-vous, lèvres inspirées ;Reposez-vous, harpes sacrées,Jusqu’au jour où, sur les hauts lieux,Une voix au monde inconnueFera retentir dans la nue :PAIX À LA TERRE ET GLOIRE AUX CIEUX !

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
17[abab] 27[aa] 26[abba] 2[abaab] 1[abbacca] 1[abaccb] 1[abbba]
Mètre
Alexandrins et octosyllabes (121 de 12, 116 de 8, 9 de 6, 7 de 7, 1 de 10)· profil 6, 7, 8, 4+6, 6+6
Mots à la rime
a d’étoiles / voiles féminine, classiqueb ternir / l’avenir masculine, classiquec déroulent / s’écoulent féminine, classiquea cours / jours masculine, classiqueb fatale / virginale féminine, classiquea s’élance / présence / toute-puissance féminine, classiqueb éternité / l’immensité masculine, classiquea étoiles / voiles féminine, classiqueb divers / mers / airs masculine, classiquec séparèrent / s’écoulèrent féminine, classiqued s’élevèrent / volèrent féminine, classiquea féconde / monde féminine, classiqueb répondit / s’applaudit masculine, classiquec image / ouvrage féminine, classiquea soupire / expire / lyre féminine, classiqueb mort / sort masculine, classiquea naître / l’être féminine, classiqueb conçu / reçu masculine, classiquec l’efface / place féminine, classiqued trépas / pas masculine, classiquea encore / d’aurore féminine, classiqueb sommeil / soleil masculine, classiquec dévore / d’éclore féminine, classiquea l’ombre / nombre féminine, classiqueb précipiter / compter masculine, classiquec infortune / importune féminine, classiqued maux / coteaux masculine, classiquee foule / s’écoule féminine, classiquea passe / trace féminine, classiqueb évanoui / joui masculine, classiquec colère / terre féminine, classiqued pas masculine, classiquee demeure / pleure féminine, classiquea terre / misère féminine, classiqueb douleur / fleur masculine, classiquec rosée / arrosée féminine, classiqued refleurir / tarir masculine, classiquee vie / enfuie féminine, classiquea neige / abrége féminine, classiqueb divin / main masculine, classiquec asile / tranquille féminine, classiqued douleurs / sœurs masculine, classiquee père / terre féminine, équivalentea l’impie / vie féminine, classiqueb matin / l’orphelin masculine, classiquec racines / collines féminine, classiqued Ségor / encor masculine, classiquee mausolée / vallée féminine, classiquea j’adore / l’aurore féminine, classiqueb cieux / yeux masculine, classiquec voiles / étoiles féminine, classiquea d’Isaïe / s’écrie féminine, classiqueb flots / d’Amos masculine, classiquea vis / parvis masculine, classiqueb d’épouvante / flottante féminine, classiquea d’ivoire / gloire féminine, classiqueb feux / eux / dieux masculine, classiquea s’ébranla / trembla masculine, classiqueb enflammée / fumée féminine, classiquea silence / t’offense féminine, classiqueb parler / révéler masculine, classiquea armées / enflammées féminine, classiqueb Seigneur / Malheur masculine, classiquea l’aurore / encore féminine, classiqueb vin / festin masculine, classiquec l’usure / mesure féminine, classiqued champs / vivants masculine, classiquee avides / arides féminine, classiquea insensée / pensée féminine, classiqueb audacieux / yeux masculine, classiquec lumière / grossière féminine, classiqued voluptés / iniquités masculine, classiquee plaine / chaîne féminine, classiquea l’onde / monde féminine, classiqueb Tyr / d’Ophir masculine, classiquec sonne / couronne féminine, classiqued eaux / vaisseaux masculine, classiquee nouvelles / ailes féminine, classiquea justice / sacrifice féminine, classiqueb vous / courroux masculine, classiquec carnage / sauvage féminine, classiqueb entiers / guerriers masculine, classiquec trêve / glaive féminine, classiqued haleine / plaine féminine, classiquee palais / jamais masculine, classiquef chaume / royaume féminine, classiquea d’épines / ruines féminine, classiqueb vautours / tours masculine, classiquec obscure / nourriture féminine, classiquea d’Isaïe / vie féminine, classiqueb Ézéchiel / Israël masculine, classiquec désert / couvert masculine, classiqueb crie / vie féminine, classiquec Seigneur / dis-leur masculine, classiqued poussière / lumière féminine, classiquee voix / fois masculine, classiquef replacent / s’entrelacent féminine, classiqueg suis / dis masculine, classiqueh l’aurore / d’éclore féminine, classiquei cris / flétris masculine, classiquej rouvre / recouvre féminine, classiquek leva / Jéhova masculine, classiquea mémoire / gloire féminine, classiqueb malheurs / pleurs masculine, classiquea colère / misère féminine, classiqueb main / chemin masculine, classiquea voix / carquois masculine, classiqueb flamme / âme féminine, classiquea desséchée / arrachée féminine, classiqueb dérisions / nations masculine, classiquea courroux / souvenez-vous masculine, classiqueb voie / joie féminine, classiquea colère / j’espère féminine, classiqueb nourri / tari masculine, classiquea jours / toujours masculine, classiqueb aurore / encore féminine, classiquea l’enfance / silence féminine, classiqueb rigueur / Seigneur masculine, classiquea amour / jour masculine, classiqueb prière / poussière féminine, classiquea silence / d’avance féminine, classiqueb l’avenir / venir masculine, classiquec inspirées / sacrées féminine, classiqued lieux / CIEUX masculine, classiquee inconnue / nue féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

254 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Lamartine, Paris, CHEZ L’AUTEUR, HUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1860· numérisation wikisource.org· Sources