Poésies complètes, 1914· Le bois dormant· Rondes et chansons
Le passant
À Jean Psichari.
L’amour ne chante pas ;‖ il ne sourit jamais,Ni le matin, quand l’aube‖ argenté les sommets,Ni quand l’ombre, le soir,‖ s’épanche des collines,Ni quand le rouge été‖ flamboie à son midiEt du brouillard qui dort‖ dans l’éther attiédiPerce et dissipe au loin‖ les pâles mousselines.
L’amour ne chante pas ;‖ l’amour ne sourit pas.Il vient comme un voleur‖ de nuit, à petits pas,Retenant son haleine‖ et se cachant des mères.Il connaît que nul cœur‖ n’est ferme en son desseinEt qu’on ne dort jamais‖ qu’une fois sur le seinVêtu par nos désirs‖ de grâces éphémères.
L’amour ne chante pas,‖ ne sourit pas. Ses yeux,Brûlés de trop de pleurs,‖ sont lourds de trop d’adieuxPour croire qu’ici-bas‖ quelque chose persiste.Nul ne sait quand il vient,‖ ni comment, ni pourquoi,Et les cœurs ingénus‖ qu’emplit son vague effroiL’attendent qu’il est loin‖ déjà, le Passant triste !
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a jamais / sommets masculine, classiqueb collines / mousselines féminine, classiquec midi / attiédi masculine, classiquea pas masculine, classiqueb mères / éphémères féminine, classiquec dessein / sein masculine, classiquea yeux / d’adieux masculine, classiqueb persiste / triste féminine, classiquec pourquoi / effroi masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Librairie Plon, 1922· numérisation wikisource.org· Sources