Poésies complètes, 1914· Le bois dormant· Rondes et chansons
Évocation
Pour évoquer les jours défuntsIl m’a suffi de quelques roses :J’ai respiré dans leurs parfumsTes lèvres closes.
Je sais des jasmins d’occidentAussi veloutés que ta gorge ;Tes cheveux blonds sont cependantMoins blonds que l’orge.
Les violiers ont pris tes yeux ;Ton rire a passé dans la brise,Ton joli rire insoucieuxQu’un sanglot brise ;
Et les immortelles de mer,Qui s’ouvrent dans les dunes blanches,Ont la senteur de miel amerQu’avaient tes hanches…
Et c’est toi toute, gorge et front.Vieillis, pâlis, languis, qu’importe ?L’aube a des lys qui me rendrontTa beauté morte.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et tétrasyllabes (15 de 8, 5 de 4)· profil 4, 8
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a défunts / parfums masculine, classiqueb roses / closes féminine, classiquea d’occident / cependant masculine, classiqueb gorge / l’orge féminine, classiquea yeux / insoucieux masculine, classiqueb brise féminine, classiquea mer / amer masculine, classiqueb blanches / hanches féminine, classiquea front / rendront masculine, classiqueb qu’importe / morte féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Librairie Plon, 1922· numérisation wikisource.org· Sources