Poésies complètes, 1914· Impressions et souvenirs· En Bretagne
Pleine nuit
À André Bellessort.
Tandis que la Nuit monte‖ ainsi qu’une maréeSur les grèves du ciel‖ silencieusement,Emplis tes yeux profonds‖ de sa splendeur sacréeEt ton cœur orageux‖ de son apaisement
Déjà, comme une nef,‖ le croissant de la luneTend sa voile de nacre‖ et fend l’air aplani ;Tous ces astres, là-haut,‖ ce sont les feux de huneDes escadres de l’Infini.
Ô signaux lumineux‖ des étoiles filantes !Non, non, vous n’êtes pas‖ un assemblage vain,Météores rayant‖ le front des nuits brûlantes,Fulgurants radios‖ du navarque divin.
Comme au temps où son geste‖ enchaînait la rafale,Nos yeux, si l’Au-Delà‖ s’ouvrait à leur regard.Verraient, sur le tillac‖ de la barque amirale,Jésus assis au banc de quart.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (14 de 12, 2 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a marée / sacrée féminine, classiqueb silencieusement / apaisement masculine, classiquea lune / hune féminine, classiqueb aplani / l’Infini masculine, classiquea filantes / brûlantes féminine, classiqueb vain / divin masculine, classiquea rafale / amirale féminine, classiqueb regard / quart masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Librairie Plon, 1922· numérisation wikisource.org· Sources