Poésies complètes, 1914· Le bois dormant· Rondes et chansons
Rondes
À Frédéric Plessis.
I
Tes pieds sont las de leurs courses.Voici le temps des regrets.L’automne a troublé les sourcesEt dévêtu les forêts.
Toutes les fleurs que tu cueillesMeurent dans tes doigts perclus.Comme elles tombent, les feuilles,Au bois où tu n’iras plus !
L’automne, hélas ! c’est l’automne.Songe aux longs soirs attristants.Là-bas, en terre bretonne,Les glas tintent tout le temps.
Ils tintent pour l’agonieDes fleurs que tu préférais.Ah ! ta moisson est finie !Voici le temps des regrets…
II
Couche-toi devant ta porte.Voici le temps des adieux.Écoute au ras de l’eau morteSiffler les tristes courlieux.
Ils traînent leurs ailes brunesEt leur long corps efflanquéSur la torpeur des lagunesEntre Perros et Saint-Ké.
Mais demain, ce soir peut-être,Tous ces longs corps amaigris,Tu les verras disparaîtreUn par un dans le ciel gris.
O l’amère parabole !Éteignez-vous, pauvres yeux !Les courlis gagnent le pôle :Voici le temps des adieux…
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a courses / sources féminine, classiqueb regrets / forêts masculine, classiquea cueilles / feuilles féminine, classiqueb perclus / plus masculine, classiquea l’automne / bretonne féminine, classiqueb attristants / temps masculine, classiquea l’agonie / finie féminine, classiqueb préférais / regrets masculine, classiquea porte / morte féminine, classiqueb adieux / courlieux masculine, classiquea brunes / lagunes féminine, classiqueb efflanqué / Saint-Ké masculine, classiquea peut-être / disparaître féminine, classiqueb amaigris / gris masculine, classiquea parabole / pôle féminine, classiqueb yeux / adieux masculine, équivalente
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Librairie Plon, 1922· numérisation wikisource.org· Sources