Les Épis, 1914· Au champ de la fantaisie
La débâcle
DANS LES ÎLES DE SOREL (Souvenirs du printemps de 1865)
— Joyeux avril, salut !‖ Ta brise enfin murmure.Se plait-elle à jouer‖ dans la chauve ramure ?Va-t-elle enfler ma voile‖ et bercer mon esquif ?Va-t-elle rider l'eau‖ du ruisseau fugitif ?Secouer des grands pins‖ la sombre chevelure ?Rendre au printemps tardif‖ sa glorieuse allure ?
Avril, sèche les fronts‖ mouillés par le travail,Mais qu'un soleil plus chaud‖ puisse fondre l'émailDont l'hiver enveloppe‖ et les champs et le fleuve !Qu'il redonne aux prés nus‖ une parure neuve !Qu'il ramène l'amour‖ et l'oiseau sous nos cieux !Qu'il rende à nos forêts‖ leurs chants mélodieux !Et qu'il verse aux rameaux‖ une sève abondante,Aux cœurs des jeunes gens,‖ une tendresse ardente !Avril, avril, ton souffle‖ est plein de volupté.Tes matins et tes soirs,‖ mois toujours enchanté,Éveillent l'harmonie,‖ épandent la lumière.Avril, tu viens enfin‖ égayer la chaumièreDont la bise d'hiver‖ a glacé le foyer.Avril, c'est toi qui fais,‖ sous ton souffle, ondoyerLes flots du Saint-Laurent‖ redevenus dociles,Quand tes feux ont fondu‖ leurs cristaux immobiles.
Hâte-toi, mois d'amour,‖ que je cueille une fleur,La première des bois,‖ la plus fraîche en couleur,Pour orner les cheveux‖ de ma tendre Henriette !Hâte-toi, que je berce‖ en ma barque discrèteSur les vagues d'azur‖ du fleuve paresseux,Celle qu'ont fait rougir‖ mes pudiques aveux ! »
Ainsi chantait, un jour,‖ d'une voix douce et fière,Sous les bois sans ombrage,‖ au bord du lac Saint-Pierre,Un fils du Saint-Laurent,‖ un barde jeune et bon,Doué du plus fatal,‖ mais du plus noble don.
Et, pendant qu'il chantait,‖ son œil mélancoliqueSuivait, dans le lointain,‖ une scène magique :C'était le fleuve aimé‖ qui, las d'être captif,S'agitait tout à coup‖ comme un coursier rétif,Secouait le fardeau‖ de ses glaces massives,En éclats scintillants‖ les poussait vers ses rives,Et les broyait ensemble‖ avec autant de bruitQu'en fait, à son réveil,‖ un volcan dans la nuit.
Les paysans heureux,‖ pour mieux voir le spectacleQu'offrait, ce printemps-là,‖ la tardive débâcle,Jusques au bord des eaux‖ venaient de toute part ;Leurs joyeuses clameurs‖ saluaient le départDe ces bancs de cristal,‖ dont l'attitude altièreAvait voulu braver‖ la saison printanière.
On voyait de partout‖ accourir des enfantsQui poussaient vers le ciel‖ mille cris triomphants ;Les cheveux enchaînés‖ par de frêles résilles,On voyait accourir‖ l'essaim des jeunes filles,En mantelets d'indienne,‖ en modestes jupons.Leurs bouches prodiguaient‖ des sourires fripons,Leurs voix semaient dans l'air‖ des notes argentines.Elles semblaient ainsi‖ de joyeuses ondinesQue le printemps rendait‖ à leurs limpides eaux,Et qui cherchaient leur grotte‖ au milieu des roseaux.Quelle est cette mignonne‖ à l'air humble, candide,Qui laisse sa compagne‖ et va, d'un pas timide,S'asseoir sur le vieux tronc‖ d'un orme renversé ?De quel touchant espoir‖ son cœur est-il bercé ?Quelle peine nouvelle,‖ ou quelle inquiétudeLui font, quand tout est gai,‖ chercher la solitude ?La joie ou la douleur‖ n'aiment guère le bruit.Son regard, attaché‖ sur la glace qui fuit,De temps en temps se lève‖ et se porte à la rive,Plein d'un trouble charmant‖ et d'une ardeur craintive.
Quel est l'objet aimé‖ dont le charme puissantPeut enchaîner ainsi‖ ce regard ravissant ?Est-ce donc toi, Damas,‖ ô rustique poète ?Et, celle qui t'attend,‖ est-ce ton Henriette ?Oh ! tu presses le pas ;‖ et, le front radieux,Tu diriges bientôt‖ ta course vers les lieuxOù la douce fillette‖ a choisi son refuge.En te voyant venir,‖ laissant tout subterfuge,Elle a baissé son front‖ où montait la rougeur,Baissé ses longs cils d'or‖ et son grand œil songeur.
Pendant que jusqu'au loin,‖ à la merci des ondes,S'agitent sourdement‖ les glaces vagabondes ;Pendant que sur les bords‖ les timides échosDisent les chants des bois‖ et la plainte des flots,Comme deux jeunes fleurs‖ épanchent leurs dictames,Henriette et Damas‖ vont épancher leurs âmes.Ils disent, en riant,‖ leurs soins un peu jaloux,Échangent de nouveau‖ les serments les plus doux,Et se sentent plus forts‖ pour l'heure de l'épreuve.Les parfums de la brise‖ et l'aspect du grand fleuve,Là pureté des airs,‖ les murmures, les chants,Les rayons du soleil‖ qui dorment sur les champs,Les bruits qui tout à coup‖ succèdent au silence,Cette étrange vigueur‖ et cette effervescenceQui circulent partout,‖ venant tout ranimer,Redoublent dans leurs cœurs‖ la puissance d'aimer.
Et la terre à leurs yeux‖ paraît bien rétrécie.Ils n'auront pas assez,‖ pour s'aimer, de la vie.Ils sentent quelque chose,‖ au fond de tant d'amour,Que ne peut leur donner‖ le terrestre séjour.Leurs regards confondus‖ se remplissent de larmes.Ils sont heureux pourtant.‖ Ces émois ont des charmes.De leurs cœurs oppressés‖ montent de longs soupirs.Hélas ! pourquoi faut-il‖ qu'au milieu des plaisirsIl se glisse souvent‖ une pensée amère ?Est-ce pour avertir‖ que tout est éphémère ?Que rien ne doit combler‖ nos désirs persistants ?Que tout passe bien vite,‖ et nous en même temps ?
— Henriette, disait‖ le sensible poète,Ton amour est ma vie,‖ et pourtant je regretteDe t'avoir, imprudent,‖ inspiré de doux feux.Je regrette le jour‖ où mes chastes aveuxOnt réveillé ton cœur‖ et fait rougir ta joue.Je t'aime comme alors,‖ et plus, je te l'avoue ;Mais que sert de s'aimer‖ si l'on ne peut s'unir,Si le prêtre de Dieu‖ ne doit pas nous bénir ?…Je suis bien pauvre, hélas !‖ et mon cœur désespèreDe te voir volontiers‖ partager ma misère.Mon luth, ô mon amie !‖ est mon unique bien.Le monde aime mes chants,‖ mais ne me donne rien.Je ne ramperais pas‖ d'ailleurs, devant un trône ;Je ne chanterais point‖ pour une vile aumône ;Et j'aime mieux rester‖ à jamais indigent,Que de vendre ma lyre‖ une pièce d'argent.
— Par quel chagrin, Damas,‖ ton âme est-elle étreinte ?Pourquoi ces mots amers ?‖ Fais taire cette crainte.Partager ton destin,‖ être pauvre avec toi,N'est-ce pas, ô Damas !‖ mon seul désir à moi ?L'or n'apporte souvent‖ qu'un bonheur bien futile ;L'amour et la vertu‖ le donnent moins fragile.
— Mais pourrai-je chanter‖ si je te vois souffrir ?Mes accords désolés‖ devront bientôt mourir.— Oh ! j'unirais ma voix‖ à ton accent suprême,Les pleurs mêmes sont doux,‖ ô Damas ! quand on s'aime !
— Qui parle par ta bouche,‖ ô charme de mon cœur ?De tous mes vains discours‖ ton amour est vainqueur.Je craignais de trouver‖ ton âme résignée…Et par un autre amour‖ peut-être enfin gagnée.
— Tu me blesses, Damas,‖ par ce cruel soupçon…Tribul est riche… Est-il‖ un honnête garçon ?
— Pardonne à ton ami,‖ ma sensible Henriette,Tu m'aimes, je le sais,‖ d'une amitié parfaite…Mais regarde, là-bas,‖ cet énorme rempartQue forment les glaçons‖ emportés au hasard.On dirait qu'un géant‖ les entasse avec rage,Pour détourner le fleuve,‖ et noyer son rivage.Quels bruits ! quelles clameurs !‖ quels longs mugissements !
— Quels chocs et quels éclats !‖ Quels vifs scintillementsLe soleil fait pleuvoir‖ de ces informes glaces !Comme on voit se dresser‖ leurs immenses surfaces !— Et le fleuve profond‖ s'arrête épouvanté…Qu'est devenu soudain‖ son aspect tant vanté ?
Son flot sombre et grondeur‖ jusqu'à nos pieds s'avance.Il couvre le rivage !‖… Il se hâte… Il s'élance !…Adieu, mon Henriette,‖ adieu ! Pardonne-moi :Je vais joindre ma mère,‖ et calmer son effroi.
Fleuve, ne souille pas‖ nos riches tapis d'herbe…N'as-tu donc plus assez,‖ pour ton onde superbe,Du lit que Dieu lui-même‖ a voulu te creuser ?Pourquoi, fleuve orgueilleux,‖ sur ton rivage oserJeter, comme un linceul,‖ l'écume de ton âme ?Es-tu donc, aussi toi,‖ pris du désir infâmeD'agrandir ton royaume‖ en volant tes voisins ?Depuis quand ces verts prés‖ et ces riants jardins,Sont-ils donc devenus‖ comme une urne profonde,Où peut insolemment‖ aller dormir ton onde ?Pourquoi ta voix grossie‖ a-t-elle tant d'horreur,Et pourquoi ton aspect‖ répand-il la terreur ?
Cet air de paix profonde‖ et d'allégresse pureQu'on voyait rayonner‖ sur la brune figureDe tous les paysans‖ réunis près des eaux,S'effaça tout à coup,‖ au penser des fléauxQue pouvait apporter‖ la vague déchaînée.La gaîté s'éteignit.‖ Et, l'âme consternée,Ils quittèrent en foule,‖ et précipitamment,Le rivage où montait‖ le terrible élément.
Henriette s'arrache‖ aux douceurs de son rêve.Elle voit que tout fuit.‖ Honteuse, elle se lèveEt tourne promptement‖ ses pas vers la maison.Mais voici que soudain,‖ à travers un buissonQui semblait un rideau‖ déchiré par les ormes,S'avance effrontément‖ un gars aux rudes formes,Et dont l'œil dilaté‖ flambe d'un feu jaloux.Il lui jette ces mots :Il n’est plus avec vous ?Eh bien, tant mieux pour lui.‖ J'aime et je suis tenace.
Elle lui répliqua :Mais le ciel vous menace…Regardez donc là-bas,‖ Tribul, et laissez-moi.Et rapide elle fuit‖ toute pâle d'effroi.
Quel spectacle inouï !‖ quel désordre ! quel trouble !L'on s'agite partout.‖ Le tumulte redouble.De nombreux paysans,‖ émus, épouvantés,En implorant le ciel,‖ errent de tous côtés.
Les uns laissent déjà‖ leur maison peu solide,Emportant avec eux,‖ dans leur fuite rapide,Tous les objets divers‖ qu'ils ont d'abord trouvés ;Ils cherchent un refuge‖ aux lieux plus élevés.Les autres, moins craintifs,‖ à cette heure suprême,Attendent leur destin‖ dans leur demeure même.La mansarde leur offre‖ un gîte bien étroit.Ils n'en pourront bientôt‖ sortir que par le toit ;Mais, plutôt que de fuir,‖ ils en font leur asile.
On sort de leur étable,‖ et l'on monte, à la file,Par des chemins nouveaux,‖ sur le fenil étroit,Génisses et brebis.‖ Et la terreur s'accroît…On entend le cheval‖ qui hennit et piétine,Et le bœuf paresseux‖ qui beugle et se mutine.Les coqs battent de l'aile‖ et chantent follement ;Les chiens, flairant le sol,‖ hurlent sinistrement ;La jeune fille en pleurs‖ jette une plainte amère,Et l'enfant étonné,‖ se cramponne à sa mère.
Oh ! spectacle navrant !‖ Les banquises, là-bas,S'accumulent toujours‖ avec un sourd fracas.Et le fleuve gonflé,‖ sur ses rives fécondes,Implacable, rejette‖ avec fureur ses ondes.
Les champs sont engloutis‖ sous des torrents nouveaux.Les arbres sans feuillage,‖ élevant leurs rameauxAu-dessus de ce lac‖ au flot rapide et sombre,Ressemblent au vaisseau‖ qui perd sa voile et sombre.Comme après un naufrage,‖ étendus sur les mers,Flottent au gré des vents‖ mille débris divers,Ainsi flottent partout,‖ dans l'immense prairie,Mille objets emportés‖ par le fleuve en furie.Et le soleil répand,‖ comme en signe d'adieu,Sur ce tableau lugubre‖ un long sillon de feu.
Quel calme, tout à coup‖ règne dans la nature !L'oiseau ne chante plus.‖ Nul sanglot, nul murmure…Au loin les bancs de glace,‖ immobiles, pressés,Semblent d'immenses rocs‖ l'un sur l'autre entassés.Les eaux ne montent plus ;‖ le fleuve se repose.Est-il donc effrayé‖ des souffrances qu'il cause ?Où se repose-t-il,‖ dans un traître sommeil,Pour lutter de nouveau,‖ plus terrible, au réveil ?
Dans les prés, au-dessus‖ ce ces vagues étranges,On ne voit s'élever‖ que les combles des grangesOù bêlent des moutons,‖ où beuglent des taureaux,Que les faîtes pelés‖ des pommiers, des bouleaux,Et que les gais pignons‖ des maisonnettes blanches.Des canots élégants‖ ou des radeaux de planchesAux fenêtres des toits‖ demeurent amarrés :C'est le dernier asile‖ où viendront, éplorés,Les pauvres paysans‖ chassés de leur demeure.Et, sur la nappe humide‖ on voit fuir, à toute heure,Au bruit de l'aviron‖ qui plonge dans les flots,D'une maison à l'autre,‖ un de ces longs canots.
Mais quelle est donc, là-bas,‖ cette fière nacelle ?L'eau comme en diamants‖ de la pale ruisselle.Quel est ce couple heureux‖ qui se parle d'amour,Sur l'élément perfide,‖ et sous les feux du jour ?C'est le barde rustique‖ et la tendre Henriette.Aimez-vous ! Aimez-vous !‖ Nulle voix indiscrèteAu vent ne jettera‖ vos propos amoureux.En face du malheur,‖ enfants, soyez heureux !L'amour est plus puissant,‖ entouré de ruines.La souffrance et l'amour‖ font les âmes divines.Aimez-vous ! Aimez-vous !‖ Le bonheur trop souvent,Est infidèle, hélas !‖ comme le flot mouvant.
O soleil paresseux,‖ tu caches ta lumière,Et tu n'as pas fini‖ ta course journalière !Vas-tu donc te coucher‖ comme un vieux pèlerinQui ne peut, sans dormir,‖ achever son chemin ?Pourquoi ce voile noir‖ qui va couvrir ta face ?Cet éclat qui languit ?‖ ce rayon qui s'efface ?Pourquoi ton front brillant‖ s'est-il donc obscurci,Et ton orbe orgueilleux,‖ tout à coup rétréci ?Naguère, en descendant‖ par delà les montagnes,Tu souriais encore‖ à nos fraîches campagnes ;Tu ranimais nos bois‖ par ta douce chaleur ;Tu rendais à nos prés‖ l'arôme et la couleur.
O soleil oublieux,‖ la terre est belle encoreQuand ton joyeux reflet‖ l'illumine et la dore !O soleil, tu n'es pas‖ créé pour le sommeil.Laisse-nous de longs jours‖ sous ton regard vermeil.Chasse loin, devant toi,‖ cette nue au flanc sombreQui monte à l'horizon‖ comme un spectre dans l'ombre !Et toi ne souffle pas,‖ fraîche brise du soir.Si les flots à ta voix‖ venaient à s'émouvoir,Si ton souffle agitait‖ cette nappe mouvante,Ce lac qui se fait mer…‖ le penser m'épouvante…Quels seraient nos malheurs !‖ Quel serait notre deuil !Ah ! nos champs deviendraient‖ un immense cercueil !
Le soleil, dérobé‖ par un épais nuage,A laissé, sur les eaux‖ qui couvrent le rivage,S'étendre, par degrés,‖ de lumineux sillons.Dans les cieux grisonnants‖ quelques pâles rayonsS'ouvrent en éventail‖ et glissent de la nue.Ils présagent qu'un vent‖ sur la campagne nueVa bientôt s'élever,‖ violent, furieux.Le front des paysans‖ devient plus soucieux ;Leur cœur, saisi d'effroi,‖ bat avec violence.Les époux, consternés,‖ échangent en silenceUn regard où la crainte‖ est mêlée à l'amour.Les mères, les enfants‖ s'en viennent, tour à tour,S'agenouiller, en pleurs,‖ devant la sainte imageDe celle dont la voix‖ dissipe tout orage :« O Vierge, disent-ils,‖ nous espérons en vous !Nous sommes vos enfants,‖ Vierge, secourez-nous ! »
Déjà l'ombre au ciel plane,‖ et chacun cherche un gîte.Sous l'haleine du vent‖ déjà l'onde s'agite ;Les flots après les flots‖ s'avancent menaçants.Ils se brisent aux troncs‖ des arbres frémissants,Emportent ça et là‖ les débris des clôtures,Inondent les foyers‖ et lèchent les toitures.O rivages aimés,‖ naguère si joyeux,Quel aspect désolant‖ vous offrez à nos yeux !Vous avez dépouillé‖ vos vêtements de fête,Et le printemps n'a pas‖ couronné votre tête !Vous êtes devenus‖ pareils au lit profondOù s'élance, écumeux,‖ un fleuve vagabond.
La nuit ! Voici la nuit‖ au front ceint de ténèbres,La nuit avec des voix,‖ des murmures funèbres !J'entends de longs soupirs,‖ de rauques hurlements !J'entends d'étranges bruits,‖ d'affreux gémissements,Des plaintes, des clameurs‖ qui montent jusqu'aux nues !Désespoirs inouïs,‖ angoisses inconnues !Voix d'hommes effrayés‖ appelant au secours !Voix de femmes pleurant‖ les fruits de leurs amours !Jeunes filles qu'étouffe‖ une terreur amère !Petits enfants en pleurs‖ qui demandent leur mère !Cris divers d'animaux‖ qui pressentent la mort !Vent qui souffle toujours,‖ et de plus en plus fort !Sourds murmures des flots‖ qui s'agitent et roulent !Lugubres craquements‖ des maisons qui s'écroulent !Tout se plaint, tout gémit‖ dans ce grand chaos noir,Tout n'est partout hélas !‖ que mort ou désespoir !
Voyez ce toit branlant‖ qu'entoure une charmille,Il berce sur l'abîme‖ une pauvre familleQui demande à grands cris‖ un secours trop tardif.Entendez-vous, là-bas,‖ cet autre accent plaintif ?C'est le suprême adieu‖ d'une mère éploréeA son fidèle époux,‖ à sa fille adorée.Trop faible pour laisser‖ sa couche de douleur,Elle commande aux siens‖ d'échapper au malheurQu'elle ne peut hélas !‖ éviter elle-même.Rien ne doit la sauver‖ de ce danger extrême.Elle voit devant elle‖ une effroyable mort,Mais s'occupe d'eux seuls‖ et tremble pour leur sort.L'eau s'élève avec bruit‖ vers son lit solitaire,Comme le sable autour‖ d'un tombeau qu'on enterre ;Déjà le toit frémit,‖ s'incline, et, sur les flotsS'écroule en étouffant‖ ses suprêmes sanglots.
Là-bas, là-bas, ô ciel !‖ qui luttent dans les ombres ?Quels sont, de toute part,‖ quels sont ces groupes sombresQui se tiennent noués‖ aux cimes des ormeaux ?Qui, noyés à demi,‖ cramponnés aux rameaux,Sont ballottés au gré‖ de la bise et des lames ?Des vieillards sans vigueur‖ et de plaintives femmes,Des vierges à l'œil doux‖ et de faibles enfants,Ont confié leurs jours‖ à ces gîtes mouvants.Ici, l'arbre chargé‖ d'une masse trop lourde,S'incline lentement,‖ pousse une plainte sourde,Et rend les malheureux‖ à l'abîme obscurci ;Là, c'est un faible enfant‖ que, de son sein transi,Laisse tomber, hélas !‖ une mère épuisée.Et, plus loin, un vieillard‖ dont la main s'est briséeSur les traîtres rameaux‖ d'un cenellier noueux,Replonge dans les flots‖ son crâne sans cheveux.
Où vont-ils ? Où vont-ils‖ sur la mer furibonde,Ces canots vacillants‖ et tout remplis de monde ?Ce n'est plus au refrain‖ des joyeuses chansonsQue dans les flots obscurs‖ plongent les avirons,C'est au bruit des sanglots‖ et des plaintes funèbres.Où vont ces malheureux‖ au milieu des ténèbres ?Quels perfides courants‖ les poussent vers l'écueil ?N'auront-ils pas aussi‖ les ondes pour cercueil ?O ciel ! protège-les ;‖ c'est assez de victimes !Referme, Dieu puissant,‖ ces horribles abîmesQue ton bras redoutable‖ a laissé s'entr'ouvrir,Et que l'on voie encor‖ ces rives refleurir !
O prière inutile !‖ En vain ma voix implore,Il faut une victime,‖ une victime encore !…O Damas ! ô Damas !‖ réponds, où donc es-tu ?Que devient ton amour ?‖ Que devient ta vertu ?Ton esprit égaré‖ rêve-t-il d'harmonie ?Damas, n'entends-tu pas‖ un râle d'agonie,Une plaintive voix‖ qui va s'affaiblissant ?N'entends-tu pas, Damas,‖ un adieu saisissantQu'un souffle ému peut-être‖ emporte sur son aile ?Que berce en s'éloignant‖ la vague solennelle ?Damas, tu ne vois pas,‖ pleins d'amour et d'effroi,Ces regards suppliants‖ qui se lèvent vers toi !C'est l'appel, c'est l'adieu‖ d'une mourante vierge ;Damas, c'est ton amie !‖ Elle est là, sur la berge,Qui lutte vaillamment,‖ et par un long effort,S'épuise à repousser‖ l'étreinte de la mort !
Mais si tu n'entends pas‖ sa douloureuse plainte,Un autre la comprend.‖ Seul, il vogue sans crainteAu milieu des débris‖ qui flottent sur les eaux.Il aime la tempête.‖ Il aime les fléaux.Il rit à ces malheurs‖ qui frappent d'aventureDes gens qui n'ont pour lui‖ qu'une parole dure.Il s'approche en chantant‖ un couplet infernal.Sur l'avant du canot‖ on voit luire un fanal.
En face de la mort‖ qui s'avance rapide,Henriette a saisi,‖ d'une main intrépide,La branche d'un pommier‖ que l'aïeul a planté.Elle soutient ainsi,‖ sur le gouffre indompté,Son visage souffrant,‖ sa chevelure blonde,Que chaque brise incline‖ et chaque flot inonde.De temps en temps sa voix‖ s'élève dans les airs,Mais nul ne peut répondre‖ à ses sanglots amers.Est-ce une illusion ?‖ Une barque s'avance !A son humide proue‖ un fanal se balance.La vierge sent l'espoir‖ renaître dans son cœur ;Elle s'attache à l'arbre‖ avec plus de vigueur,De crainte de périr‖ tout près d'être sauvée.
Alerte le rameur !‖ La barque est arrivée !…Mais quel démon la guide ?‖ Il ouvre un œil brutal,Et, sur sa bouche passe‖ un rire qui fait mal.Alors, dans sa terreur,‖ Henriette s'écrie :
— O Tribul, sauve-moi !‖… Sauve-moi, je t'en prie !
Et Tribul la regarde‖ avec un air moqueur.Son œil mauvais s'emplit‖ d'une étrange lueur,Et sa bouche sourit,‖ mais son front bas sourcille.
— Par pitié, sauve-moi !‖ reprend la jeune fille…Et son bras fatigué‖ glisse sur le rameau.Toujours silencieux,‖ son infâme bourreauVoit sur l'arbre agité‖ sa main blanche qui glisse,Et, dans son cœur pervers,‖ jouit de son supplice.
— Tribul ! Tribul !… pour Dieu !‖… Je péris !… Je péris.Et le monstre est muet.‖ Et l'étrange sourisQui fait épanouir‖ sa figure damnée,Répond seul aux sanglots‖ de cette infortunée.Il voit les flots émus‖ soulever ses cheveux,Ses bras se tordre en vain‖ dans leurs efforts nerveux ;Il voit sa main étreindre,‖ avec douleur et force,La branche qui frémit‖ et dont la rude écorceDéchire et fait saigner,‖ à chaque instant, ses doigts.
La victime faiblit,‖ et sa bouche est sans voix.Ses regards effarés‖ se couvrent de nuages ;Son esprit voit flotter‖ de sinistres images.Et le monstre impassible,‖ attend, attend toujours,Et pouvant la sauver,‖ la laisse sans secours.Enfin, fixant sur elle‖ un œil sinistre et fauve :
— Jure d'être à moi seul,‖ dit-il, et je te sauve.
La jeune infortunée‖ en entendant ces mots,Par un suprême effort‖ élève, sur les flots,Son front pâle et glacé‖ d'où la vague ruisselle.On voit se ranimer‖ une vive étincelleDans ce regard mourant‖ qui semblait ne plus voir.Elle est charmante encor‖ malgré le désespoirQui contracte et flétrit‖ sa figure étonnée :— Misérable ! dit-elle,‖ et sa voix indignéeDans l'écume des flots‖ va se perdre et mourir.Ses doigts endoloris‖ commencent à s'ouvrir ;Sa main n'a plus de force ;‖ elle glisse, elle glisse…
— Jure, dit le démon,‖ je finis ton supplice !Tout est sourd à sa voix,‖ hors le vent qui gémit.Mais la main d'Henriette‖ étreint l'arbre et frémit.C'est le terme fatal‖ d'une lutte effrayante…Une forme légère,‖ indécise, ondoyante,Se berce au gré des flots,‖ des vents impétueux ;Une main entr'ouverte,‖ un bras voluptueuxS'élèvent par instants‖ au-dessus de l'abîme ;Mais bientôt tout s'efface,‖ il ne reste qu'un crime.
Le barbare Tribul,‖ sans bruit, s'éloigne alors,Il vogue poursuivi‖ par un sombre remords.
O Damas ! ô Damas !‖ laisse mourir ta flamme !Elle n'est plus déjà,‖ la jeune et douce femmeDont la vertu touchante‖ et le naissant amourPayaient tes chastes feux‖ d'un si tendre retourLa mort a moissonné,‖ dès l'aurore de l'âge,La plus suave fleur‖ de ton joli village !N'éveille plus les bois‖ par des chants réjouis :Tes espoirs de bonheur‖ se sont évanouisComme un songe au réveil,‖ et comme une fumée !Ne la demande plus‖ ta jeune bien aimée ;Son corps charmant et pur‖ gît au fond du torrent !Elle a tourné vers toi‖ son regard expirant.
« Juin répand sur nos bords‖ les fleurs de sa corbeille.De suaves accents,‖ dès que le jour s'éveille,Font retentir au loin‖ nos bois mystérieux.Sur les sillons fumants‖ les insectes joyeuxSe hâtent à poursuivre‖ une facile proie.Le papillon doré‖ tend son aile de soieEt danse tout le jour‖ dans les rayons de feu.Le vaste Saint-Laurent‖ déroule son flot bleuQui vient mourir sans bruit‖ sur le sable, au rivage.L'air est tout parfumé,‖ le ciel est sans orage.Mais rien n'est beau pour moi,‖ car tout espoir est vain.Je voudrais que le jour‖ n'eut point de lendemain.
« Ceux qui m'aimaient le plus‖ m'ont laissé sur la terreAchever, triste et seul,‖ mon chemin solitaire.Je cherche autour de moi‖ les êtres regrettésQue le ciel m'a, naguère,‖ en un moment ôtés.Partout je n'aperçois‖ que ruines, désastres…La nuit est dans mon âme‖ et mon ciel est sans astres.
« O rivages chéris,‖ où sont ces toits riantsQui naguère brillaient‖ au milieu de vos champsPareils à des rubis‖ autour d'un diadème ?Pourquoi vois-je partout‖ la face morne et blêmeDe quelques malheureux‖ qui pleurent comme moi ?L'aspect de l'avenir‖ me fait trembler d'effroi.
« Roule, ô beau Saint-Laurent,‖ roule calme et tranquille !Viens caresser tes bords‖ d'une lame docile.Ta vengeance est parfaite,‖ ô fleuve souverain !Mais réponds à ma plainte,‖ et redis mon chagrin.Murmure, comme moi,‖ dans la douleur amère,Le nom de mon amie‖ et le nom de ma mère !Et quand je vais prier‖ sur leurs humbles tombeaux,Unis à mes accents‖ le doux bruit de tes eaux ! »
Ainsi chantait Damas.‖ Et sa muse plaintive,Sa muse attendrissait‖ les échos de la rive.Et puis, de temps en temps,‖ deux noms mélodieuxS'échappaient de sa lèvre‖ et montaient vers les deux
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 250((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a murmure / ramure féminine, classiqueb esquif / fugitif masculine, classiquec chevelure / allure féminine, classiquea travail / l'émail masculine, classiqueb fleuve / neuve féminine, classiquec cieux / mélodieux masculine, classiqued abondante / ardente féminine, classiquee volupté / enchanté masculine, classiquef lumière / chaumière féminine, classiqueg foyer / ondoyer masculine, classiqueh dociles / immobiles féminine, classiquea fleur / couleur masculine, classiqueb Henriette / discrète féminine, classiquec paresseux / aveux masculine, classiquea fière / Saint-Pierre féminine, classiqueb bon / don masculine, classiquea mélancolique / magique féminine, classiqueb captif / rétif masculine, classiquec massives / rives féminine, classiqued bruit / nuit masculine, classiquea spectacle / débâcle féminine, classiqueb part / départ masculine, classiquec altière / printanière féminine, classiquea enfants / triomphants masculine, classiqueb résilles / filles féminine, classiquec jupons / fripons masculine, classiqued argentines / ondines féminine, classiquee eaux / roseaux masculine, classiquef candide / timide féminine, classiqueg renversé / bercé masculine, classiqueh inquiétude / solitude féminine, classiquei bruit / fuit masculine, classiquej rive / craintive féminine, classiquea puissant / ravissant masculine, classiqueb poète / Henriette féminine, classiquec radieux / lieux masculine, classiqued refuge / subterfuge féminine, classiquee rougeur / songeur masculine, classiquea ondes / vagabondes féminine, classiqueb échos / flots masculine, classiquec dictames / âmes féminine, classiqued jaloux / doux masculine, classiquee l'épreuve / fleuve féminine, classiquef chants / champs masculine, classiqueg silence / effervescence féminine, classiqueh ranimer / d'aimer masculine, classiquea rétrécie / vie féminine, classiqueb d'amour / séjour masculine, classiquec larmes / charmes féminine, classiqued soupirs / plaisirs masculine, classiquee amère / éphémère féminine, classiquef persistants / temps masculine, classiquea poète / regrette féminine, classiqueb feux / aveux masculine, classiquec joue / l'avoue féminine, classiqued s'unir / bénir masculine, classiquee désespère / misère féminine, classiquef bien / rien masculine, classiqueg trône / aumône féminine, classiqueh indigent / d'argent masculine, classiquea étreinte / crainte féminine, classiqueb toi / moi masculine, classiquec futile / fragile féminine, classiquea souffrir / mourir masculine, classiqueb suprême / s'aime féminine, classiquea cœur / vainqueur masculine, classiqueb résignée / gagnée féminine, classiquea soupçon / garçon masculine, classiquea Henriette / parfaite féminine, classiqueb rempart / hasard masculine, classiquec rage / rivage féminine, classiqued mugissements / scintillements masculine, classiqueb glaces / surfaces féminine, classiquec épouvanté / vanté masculine, classiquea s'avance / s'élance féminine, classiqueb Pardonne-moi / effroi masculine, classiquea d'herbe / superbe féminine, classiqueb creuser / oser masculine, classiquec âme / infâme féminine, classiqued voisins / jardins masculine, classiquee profonde / onde féminine, classiquef d'horreur / terreur masculine, classiquea pure / figure féminine, classiqueb eaux / fléaux masculine, classiquec déchaînée / consternée féminine, classiqued précipitamment / élément masculine, classiquea rêve / lève féminine, classiqueb maison / buisson masculine, classiquec ormes / formes féminine, classiqued jaloux / mots / vous masculine, classiquee tenace / répliqua / menace féminine, classiqueb laissez-moi / d'effroi masculine, classiquea trouble / redouble féminine, classiqueb épouvantés / côtés masculine, classiquea solide / rapide féminine, classiqueb trouvés / élevés masculine, classiquec suprême / même féminine, classiqued étroit / toit masculine, classiquee asile / file féminine, classiqueb étroit / s'accroît masculine, classiquec piétine / mutine féminine, classiqued follement / sinistrement masculine, classiquee amère / mère féminine, classiquea là-bas / fracas masculine, classiqueb fécondes / ondes féminine, classiquea nouveaux / rameaux masculine, classiqueb sombre féminine, classiquec mers / divers masculine, classiqued prairie / furie féminine, classiquee d'adieu / feu masculine, classiquea nature / murmure féminine, classiqueb pressés / entassés masculine, classiquec repose / cause féminine, classiqued sommeil / réveil masculine, classiquea étranges / granges féminine, classiqueb taureaux / bouleaux masculine, classiquec blanches / planches féminine, classiqued amarrés / éplorés masculine, classiquee demeure / heure féminine, classiquef flots / canots masculine, classiquea nacelle / ruisselle féminine, classiqueb d'amour / jour masculine, classiquec Henriette / indiscrète féminine, classiqued amoureux / heureux masculine, classiquee ruines / divines féminine, classiquef souvent / mouvant masculine, classiquea lumière / journalière féminine, classiqueb pèlerin / chemin masculine, classiquec face / s'efface féminine, classiqued obscurci / rétréci masculine, classiquee montagnes / campagnes féminine, classiquef chaleur / couleur masculine, classiquea encore / dore féminine, classiqueb sommeil / vermeil masculine, classiquec sombre / l'ombre féminine, classiqued soir / s'émouvoir masculine, classiquee mouvante / m'épouvante féminine, classiquef deuil / cercueil masculine, classiquea nuage / rivage féminine, classiqueb sillons / rayons masculine, classiquec nue féminine, classiqued furieux / soucieux masculine, classiquee violence / silence féminine, classiquef l'amour / tour masculine, classiqueg image / orage féminine, classiqueh vous / secourez-nous masculine, classiquea gîte / s'agite féminine, classiqueb menaçants / frémissants masculine, classiquec clôtures / toitures féminine, classiqued joyeux / yeux masculine, classiquee fête / tête féminine, classiquef profond / vagabond masculine, classiquea ténèbres / funèbres féminine, classiqueb hurlements / gémissements masculine, classiquec nues / inconnues féminine, classiqued secours / amours masculine, classiquef mort / fort masculine, classiqueg roulent / s'écroulent féminine, classiqueh noir / désespoir masculine, classiquea charmille / famille féminine, classiqueb tardif / plaintif masculine, classiquec éplorée / adorée féminine, classiqued douleur / malheur masculine, classiquee elle-même / extrême féminine, classiquef mort / sort masculine, classiqueg solitaire / enterre féminine, classiqueh flots / sanglots masculine, classiquea ombres / sombres féminine, classiqueb ormeaux / rameaux masculine, classiquec lames / femmes féminine, classiqued enfants / mouvants masculine, classiquee lourde / sourde féminine, classiquef obscurci / transi masculine, classiqueg épuisée / brisée féminine, classiqueh noueux / cheveux masculine, classiquea furibonde / monde féminine, classiqueb chansons / avirons masculine, classiquec funèbres / ténèbres féminine, classiqued l'écueil / cercueil masculine, classiquee victimes / abîmes féminine, classiquef s'entr'ouvrir / refleurir masculine, classiquea implore / encore féminine, classiqueb es-tu / vertu masculine, classiquec d'harmonie / d'agonie féminine, classiqued s'affaiblissant / saisissant masculine, classiquee aile / solennelle féminine, classiquef d'effroi / toi masculine, classiqueg vierge / berge féminine, classiqueh effort / mort masculine, classiquea plainte / crainte féminine, classiquec d'aventure / dure féminine, classiqued infernal / fanal masculine, classiquea rapide / intrépide féminine, classiqueb planté / indompté masculine, classiquec blonde / inonde féminine, classiqued airs / amers masculine, classiquee s'avance / balance féminine, classiquef cœur / vigueur masculine, classiqueg sauvée / arrivée féminine, classiqueb brutal / mal masculine, classiquec s'écrie / prie féminine, classiquea moqueur / lueur masculine, classiqueb sourcille / fille féminine, classiqueb rameau / bourreau masculine, classiquec glisse / supplice féminine, classiquea péris / souris masculine, classiqueb damnée / infortunée féminine, classiquec cheveux / nerveux masculine, classiqued force / écorce féminine, classiquee doigts / voix masculine, classiqueb nuages / images féminine, classiquec toujours / secours masculine, classiqued fauve / sauve féminine, classiquea mots / flots masculine, classiqueb ruisselle / étincelle féminine, classiquec voir / désespoir masculine, classiqued étonnée / indignée féminine, classiquee mourir / s'ouvrir masculine, classiqueb gémit / frémit masculine, classiquec effrayante / ondoyante féminine, classiqued impétueux / voluptueux masculine, classiquee l'abîme / crime féminine, classiquea alors / remords masculine, classiquea flamme / femme féminine, classiqueb amour / retour masculine, classiquec l'âge / village féminine, classiqued réjouis / évanouis masculine, classiquee fumée / aimée féminine, classiquef torrent / expirant masculine, classiquea corbeille / s'éveille féminine, classiqueb mystérieux / joyeux masculine, classiquec proie / soie féminine, classiqued feu / bleu masculine, classiquee rivage / orage féminine, classiquef vain / lendemain masculine, classiquea terre / solitaire féminine, classiqueb regrettés / ôtés masculine, classiquec désastres / astres féminine, classiquea riants / champs masculine, classiqueb diadème / blême féminine, classiquec moi / d'effroi masculine, classiquea tranquille / docile féminine, classiqueb souverain / chagrin masculine, classiqued tombeaux / eaux masculine, classiquea plaintive / rive féminine, classiqueb mélodieux / deux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
502 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Épis, MONTREAL, LA CIE J.-ALFRED GUAY - LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1914· numérisation Project Gutenberg Canada· Sources