Les Épis, 1914· Au champ de la foi
Nos trois cloches
I
Dans les brumes d'antan‖ les jours de mon enfanceOnt sombré, mais parfois‖ je m'arrête, et je penseAu calme bienfaisant‖ qui les enveloppait.Je ne connaissais rien‖ et rien ne m'occupait,Hormis les chants d'un bois,‖ les sables d'une grève,Les parfums d'une fleur.‖ Si quelquefois un rêveEssayait d'ouvrir l'aile‖ et de m'emporter loin,Ému, je regardais,‖ dans les frissons du foin,Au ruisseau qui les baigne,‖ au bois qui les abrite,Les boutons d'or, l'iris,‖ le thym, la marguerite,Et je disais au rêve ailé :— Je suis aussiUne humble fleur des champs,‖ laisse-moi vivre ici.
En ces jours reculés,‖ dans nos paroisses riches,Au milieu des sillons,‖ du pacage et des friches,Au-dessus des forêts‖ même, déjà montaientBien des clochers bénis‖ où nos espoirs tintaient,La cloche, en sa lanterne,‖ était fort solitaire.Elle aimait à chanter.‖ Rien ne la faisait taire,Ni les neiges de mars,‖ ni les ardeurs de juin.Parfois ses longs sanglots‖ nous disaient un chagrin,Elle sonnait, parfois,‖ des couplets de jeunesse,Nous aimions à l'entendre.‖ Il faut que l'on connaisse,Quand monte vers le ciel‖ un sonore tinton,Si la joie ou le deuil‖ entrent dans le canton ;Si quelque nouveau-né‖ reçoit l'eau du baptême,Ou si l'un d'entre nous‖ a dit l'adieu suprême.Elle prenait aussi,‖ dans les jours pluvieux,Le timbre nasillard‖ d'une chanson de vieux ;C'était lorsqu'en hiver‖ la pluie, après le givre,Gelait comme des pleurs‖ sur ses lèvres de cuivre.
Depuis un an peut-être‖ une rumeur volait,Mourant et renaissant‖ comme un cri de toletQuand la rame déchire,‖ en son rythme sévère,Le sein des flots. Chez nous,‖ un bruit qui persévèrePrend toujours la couleur‖ de quelque vérité.Or, plusieurs affirmaient‖ avec autoritéQue le curé lui-même,‖ une âme un peu lyrique,Verrait avec plaisir‖ notre vieille fabriqueDonner l'exemple, agir,‖ piquer de l'aiguillon,Et monter au clocher‖ le premier carillon.On parlait de cela‖ tout bas, tout haut, ensemble…Un carillon, c'est beau‖ sans doute, mais il sembleQue Dieu goûterait mieux‖ l'accord de nos esprits ;Ce serait chose rare,‖ et d'un bien plus grand prix.Le plaisir agitait‖ l'âme douce et mystiqueQui voit dans chaque temple‖ un céleste portique,Mais un amer dépit‖ troublait le sermonneurQui prétend qu'on perd tout‖ quand on donne au Seigneur.
Le voile fut levé‖ tout à fait. Un dimanche,Avec un geste altier‖ qui déploya la mancheDe son large surplis‖ éclatant de blancheur ;De la chaire où sa voix‖ avertit le pécheur,Stigmatise le tiède‖ et console le juste,Le curé déclara‖ que Dieu, le Maître Auguste,Pouvait être loué‖ par les sons de l'airain,Comme il l'est par la voix‖ du peuple souverain ;Qu'il fallait aujourd'hui,‖ sans craindre les reproches,Dans le clocher vaillant,‖ monter trois belles clochesQui diraient nos douleurs,‖ nos plaisirs, notre amour,Et pleureraient sur nous‖ à notre dernier jour.
Il se fit tout à coup,‖ sous la voûte, un murmurePareil au bruit du vent‖ dans l'épaisse ramure,Et l'auditoire entier‖ s'agita dans les bancs.Plus de doute, les mots‖ tombaient très clairs, très francs.Un nouveau marguillier,‖ notre voisin Tancrède,Un dissident par goût,‖ toussa fort, prit l'air raideQu'il prenait au conseil‖ dans nos fréquents débats ;Et saint Louis, dit-on,‖ — je ne l'affirme pas —Le bon roi saint Louis,‖ patron de la paroisse,Dans son cadre doré‖ laissa voir de l'angoisse.
Le trouble ne dura‖ qu'un moment. Par degréDescendit de nouveau‖ le silence sacré.Peut-être que chacun‖ se faisait la promesseDe dire sa pensée,‖ au sortir de la messe.Mais le curé, toujours‖ charitable et plaisant,Ajouta quelques mots,‖ et ce fut suffisant.Comme sur une source,‖ au champ, l'on voit les bêtesPencher leurs fronts, ainsi‖ s'inclinèrent les têtesUn peu dures, parfois,‖ de ses bons paroissiens,Il avait dit ceci :Jésus aima les siens,Et c'est sa charité‖ qu'en vos âmes je sème.Le beau, comme le bien,‖ mène au Dieu qui vous aime.Embellissez le temple‖ et Dieu vous bénira ;Faites chanter le bronze…‖ et le curé paiera.
II
Voici l'automne. Il est‖ comme un vieillard agileQui descend à grands pas‖ de nos coteaux d'argile,Avec sur son épaule‖ une gerbe de blé.Il est comme un ruisseau‖ qui va, souvent troubléPar le rameau qui tombe‖ ou l'agneau qui s'abreuve,Se jeter triomphant‖ dans le sein du grand fleuve.C'est le temps des labours,‖ c'est le temps des guérets,L'éteule a voilé d'or‖ plus d'un clos, les forêtsOnt dénoué déjà‖ leurs discrètes ceintures.Dans les champs moissonnés‖ que nos longues clôturesEnlacent, semble-t-il,‖ comme un traître réseau,Le travailleur se hâte‖ et l'on voit fuir l'oiseau.Devant mainte fenêtre‖ un rouet tourne et gronde.
Tancrède labourait.‖ Une lumière blondeNoyait l'herbe. On eut dit‖ des reflets printaniers.La terre allait remplir‖ de nouveau les greniers,Et la paix descendrait‖ dans toutes les demeures.Tancrède aurait voulu‖ que le jour eut plus d'heures.Il savait dès longtemps‖ tenir un mancheron.Cependant quelquefois‖ il lâchait un juron,Et l'éclair de son âme‖ allumait sa paupière ;C'était lorsque le soc‖ effleurait une pierre,Et faisait quelque peu‖ dévier le sillon.Il était un artiste‖ en labour, ce brouillon.
Jeannette le suivait‖ à sa besogne rude.L'école, pensait-il,‖ en ferait une prude…Puis, elle avait dix ans,‖ savait lire et compter.Et les enfants, au reste,‖ il faut bien les dompter,Si l'on veut que plus tard,‖ en face de l'ouvrage,En face de l'épreuve,‖ ils aient quelque courage.Tancrède était compris.‖ La pauvrette croyaitQu'elle devait souffrir‖ pendant que l'on choyaitSa sœur plus belle. Aussi,‖ jamais une réplique.
Donc Jeannette « touchait »‖, ce jour-là. Je m'explique.Mais vous savez encor,‖ fiers enfants de nos bourgs,Ce que c'est que « toucher »‖ dans le temps des labours.Tête au vent et pieds nus,‖ elle tenait les guidesEt fouettait de sa hart‖ le dos des bœufs placides ;Elle allongeait le pas,‖ trottinait de bon cœur,Pour suivre la charrue‖ et le vieux laboureur.La poussière souillait‖ ses petites mains blanches.Elle comptait toujours,‖ rendue au bout des planches,Dans la vaste prairie‖ un sillon noir de plus,Un rayon vert de moins.‖ Mais soucis superflus,La tâche d'aujourd'hui‖ ne peut être achevéeSi l'on ne fait bien longue,‖ hélas ! la relevée.
Tancrède sentait bien‖ que son front se mouillait.Il se dressait souvent,‖ et son regard fouillaitLes grêles peupliers‖ qui cachaient mal l'église,Et ses clochers plus hauts‖ que leur ramure grise.Ce jour-là, bien des gens,‖ endimanchés, ravis,Étaient venus s'asseoir‖ dans l'ombre du parvis.Or, dès la matinée,‖ à la lueur des cierges,Sous leurs manteaux fleuris,‖ dans leurs robes de vierges,Les cloches, toutes trois,‖ pareilles à trois sœurs,Avaient eu le baptême.‖ A Dieu, dans les hauteurs,Elles pouvaient parler‖ car leur voix étaient pure.Marraines et parrains,‖ très fiers, avec mesureAvaient mis leurs écus‖ dans le plateau d'argentTancrède, marguillier‖ ému, se rengorgeant,Avait été s'asseoir,‖ avec d'autres illustres,Sur un siège du chœur,‖ tout auprès des balustres,Mais il avait ensuite‖ enlevé le gilet,Endossé la bougrine‖ et repris le boulet.
Il disait maintenant‖ à son enfant docile :Les cloches sonnent tard…‖ C'est donc bien difficileDe les pendre là-haut‖ à leur solide essieu…Tiens ! j'entends quelque chose‖ enfin ! Écoute un peu,Écoute, ma Jeannette,‖ oui, voilà que ça sonne !…Tu ris, petite, et moi,‖ c'est drôle, je frissonne.Jeannette souriait.‖ Il ôta son chapeau,Et, s’essuyant le front, il murmura :— C’est beau !
III
A mon tour, ce soir-là,‖ par la sente des chaumesJ'amenais le troupeau.‖ Je crus que dans leurs dômesLes bois berçaient des chants‖ nouveaux. C'étaient des sonsMieux cadencés encor‖ que nos airs de chansons.Le dirai-je ? Jamais,‖ dans nos rustres domaines,La vieille cloche seule,‖ et jamais voix humainesN'avaient ainsi chanté‖ l'Angélus. Quel émoi,O mon cœur, vint alors‖ te troubler ! Devant moiLes génisses, les bœufs,‖ qui marchaient à la file,N'avaient plus maintenant‖ leur allure tranquille,Mais semblaient délirer‖ de plaisir. Leurs fronts rouxS'élevaient tour à tour‖ en des mouvements fousQue scandaient à la fois‖ leurs orgueilleuses cornes.Une fermière, au loin,‖ près des étables mornes,Appelait son troupeau.‖ L'appel était pressant,Un peu rude tantôt‖ et tantôt caressant,Mais bétail et berger‖ ne voulaient pas entendre,Car c’était fête au champ.Alors je vis s’étendreDes vols capricieux‖ sur les grands bois voisins.Les oiseaux me semblaient‖ grisés par les raisins,Et le soleil couchant,‖ qui s'échappa des brumes,Fit jaillir des rayons‖ de leurs mouvantes plumes.
Et le dirais-je aussi ?‖ Je vis, en même temps,Voltiger sur les prés,‖ comme aux jours du printemps,Papillons poudrés d'or‖ et fières libellules.Je vis des grillons noirs‖ qui fuyaient leurs cellules,Et des criquets gaillards‖ qui chantaient l'oraison,Comme ils font en été,‖ pendant la fenaison.
Et tout près, dans le champ‖ que labourait Tancrède.Les bœufs ne marchaient plus.‖ De leur narine tièdeIls soufflaient doucement‖ une tiède vapeur.Le front bas sous le joug,‖ les traits ballants, sans peurDe la hart qui tombait‖ sur leur croupe indolente,Alors qu'ils tiraient mal‖ ou de façon trop lente,Ils paraissaient dormir‖ ou rêver. Puis, deboutContre le clos de cèdre,‖ et, regardant partout,Anxieux, agité,‖ comme un homme qui cherche,Tancrède ! Le soleil‖ scintilla sur la percheOù s'appuyait son bras.‖ Et je l'ai vu, le vieux,Sourire à la féerie‖ en s'essuyant les yeux.
Et pendant ce temps-là,‖ dans le labour, tout proche,L'enfant s'était couchée,‖ un peu lasse. Une rocheQue la charrue avait‖ effleurée en passantLui servait d'oreiller.‖ Un trèfle encor naissantSe cachait sous ses pieds‖ frileux. Des chicoréesPenchaient leurs fleurs d'azur‖ sur ses boucles dorées.Sous sa tête mutine‖ et presque belle alors,Elle avait replié‖ ses bras. Et, sans remords,Un ange d'un baiser‖ avait clos sa prunelle.C'était l'oiseau qui dort‖ la tête sous son aile,Fatigué de voler.‖ Dans cet instant de paixElle rêvait, l'enfant,‖ à ses bœufs sous le faix,A ce sol éventré‖ par de longues blessures,A ce vieux laboureur‖ tenant, de ses mains sûres,Et tant qu'il fera jour,‖ les mancherons de bois,Et tout lui semblait noir,‖ lamentable, sans voix.Mais alors tout à coup,‖ dans le deuil de la terre,Elle voit la prairie‖ encore froide, austère,S'étendre, s'élargir‖ jusques à l'horizon,Et les sillons obscurs‖ qui coupent le gazonDeviennent radieux.‖ Ils montent vers les nues.Et trois anges, chantant‖ des stances inconnues,Apportent la semence‖ à ce labour divin.Leur geste est solennel.‖ Tout effort serait vainPour dire les accents‖ qui tombent de leur bouche.
Jeannette se réveille,‖ et, de sa rude couche,Elle crie au vieillard‖ qui s'avance songeur :
— Quel beau rêve j’ai fait !Puis, fixant la rougeurDu couchant où flottaient‖ les feux du crépuscule :
— Je les vois, les entends,‖ là sur le monticule !…Ils chantent en semant‖ pour le ciel !… Ils sont trois !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 114((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a enfance / pense féminine, classiqueb enveloppait / m'occupait masculine, classiquec grève / rêve féminine, classiqued loin / foin masculine, classiquee abrite / marguerite féminine, classiquef ailé / aussi / ici masculine, classiquea riches / friches féminine, classiqueb montaient / tintaient masculine, classiquec solitaire / taire féminine, classiqued juin / chagrin masculine, classiquee jeunesse / connaisse féminine, classiquef tinton / canton masculine, classiqueg baptême / suprême féminine, classiqueh pluvieux / vieux masculine, classiquei givre / cuivre féminine, classiquea volait / tolet masculine, classiqueb sévère / persévère féminine, classiquec vérité / autorité masculine, classiqued lyrique / fabrique féminine, classiquee l'aiguillon / carillon masculine, classiquef ensemble / semble féminine, classiqueg esprits / prix masculine, classiqueh mystique / portique féminine, classiquei sermonneur / Seigneur masculine, classiquea dimanche / manche féminine, classiqueb blancheur / pécheur masculine, classiquec juste / Auguste féminine, classiqued l'airain / souverain masculine, classiquee reproches / cloches féminine, classiquef amour / jour masculine, classiquea murmure / ramure féminine, classiqueb bancs / francs masculine, classiquec Tancrède / raide féminine, classiqued débats / pas masculine, classiquee paroisse / l'angoisse féminine, classiquea degré / sacré masculine, classiqueb promesse / messe féminine, classiquec plaisant / suffisant masculine, classiqued bêtes / têtes féminine, classiquee paroissiens / ceci / siens masculine, classiquef sème / aime féminine, classiqueg bénira / paiera masculine, classiquea agile / d'argile féminine, classiqueb blé / troublé masculine, classiquec s'abreuve / fleuve féminine, classiqued guérets / forêts masculine, classiquee ceintures / clôtures féminine, classiquef réseau / l'oiseau masculine, classiqueg gronde / blonde féminine, classiqueb printaniers / greniers masculine, classiquec demeures / d'heures féminine, classiqued mancheron / juron masculine, classiquee paupière / pierre féminine, classiquef sillon / brouillon masculine, classiquea rude / prude féminine, classiqueb compter / dompter masculine, classiquec l'ouvrage / courage féminine, classiqued croyait / choyait masculine, classiquee réplique / m'explique féminine, classiqueb bourgs / labours masculine, classiquec guides / placides féminine, classiqued cœur / laboureur masculine, classiquee blanches / planches féminine, classiquef plus / superflus masculine, classiqueg achevée / relevée féminine, classiquea mouillait / fouillait masculine, classiqueb l'église / grise féminine, classiquec ravis / parvis masculine, classiqued cierges / vierges féminine, classiquee sœurs / hauteurs masculine, classiquef pure / mesure féminine, classiqueg d'argent / rengorgeant masculine, classiqueh illustres / balustres féminine, classiquei gilet / boulet masculine, classiquea docile / difficile féminine, classiqueb essieu / peu masculine, classiquec sonne / frissonne féminine, classiqued chapeau / murmura / beau masculine, classiquea chaumes / dômes féminine, classiqueb sons / chansons masculine, classiquec domaines / humaines féminine, classiqued émoi / moi masculine, classiquee file / tranquille féminine, classiquef roux / fous masculine, classiqueg cornes / mornes féminine, classiqueh pressant / caressant masculine, classiquei entendre / champ / s’étendre féminine, classiquej voisins / raisins masculine, classiquek brumes / plumes féminine, classiquea temps / printemps masculine, classiqueb libellules / cellules féminine, classiquec l'oraison / fenaison masculine, classiquea Tancrède / tiède féminine, classiqueb vapeur / peur masculine, classiquec indolente / lente féminine, classiqued debout / partout masculine, classiquee cherche / perche féminine, classiquef vieux / yeux masculine, classiquea proche / roche féminine, classiqueb passant / naissant masculine, classiquec chicorées / dorées féminine, classiqued alors / remords masculine, classiquee prunelle / aile féminine, classiquef paix / faix masculine, classiqueg blessures / sûres féminine, classiqueh bois / voix masculine, classiquei terre / austère féminine, classiquej l'horizon / gazon masculine, classiquek nues / inconnues féminine, classiquel divin / vain masculine, classiquem bouche / couche féminine, classiqueb songeur / fait / rougeur masculine, classiqueb crépuscule / monticule féminine, classiqueb trois / fois masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
233 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Épis, MONTREAL, LA CIE J.-ALFRED GUAY - LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1914· numérisation Project Gutenberg Canada· Sources