Une gerbe, 1879
La débâcle
SOUVENIR DU PRINTEMPS DE 1865
« Avril ! aimable avril,‖ que ton haleine est pure !« Que de charmes nouveaux‖ je trouve en son murmure« Quand elle enfle ma voile‖ et berce mon esquif,« Quand elle fait frémir‖ le ruisseau fugitif,« Quand elle vient jouer‖ dans la chauve ramure,« Secouer, sur mon cou,‖ ma longue chevelure,« Ou rafraîchir mon front‖ mouillé par le travail !« Que ton soleil est chaud !‖ Il consume l'émail« Dont l'hiver recouvrait‖ nos champs et notre fleuve,« Et redonne à nos prés‖ une parure neuve !« Il ramène l'amour‖ et l'oiseau sous nos cieux !« Il rend à nos forêts‖ leurs chœurs mélodieux !« Il emplit les rameaux‖ d'une sève abondante,« Le cœur des jeunes gens,‖ d'une vigueur ardente !« Avril ! avril ! ton souffle‖ est plein de volupté !« Tes matins et tes soirs,‖ ô beau mois enchanté,« Naissent dans l'harmonie‖ et les flots de lumière !« Avril, c'est toi qui viens‖ égayer la chaumière« Dont la bise d'hiver‖ attristait le foyer !« C'est toi qui fais encor,‖ sous ton souffle, ondoyer,« Quand tes feux ont fondu‖ leurs cristaux immobiles,« Les flots du Saint-Laurent‖ redevenus dociles.« Hâte-toi, mois d'amour,‖ que je cueille une fleur,« La première des bois,‖ la plus fraîche en couleur,« Pour orner les cheveux‖ de ma jeune Henriette !« Hâte-toi, que je berce‖ en ma barque coquette,« Sur les vagues d'azur‖ du fleuve paresseux,« Celle qu'ont fait rougir‖ mes pudiques aveux ! »
Ainsi chantait, un jour,‖ d'une voix douce et fière,Sous les bois sans ombrage,‖ au bord du lac Saint-Pierre,Un fils du Saint-Laurent,‖ un barde jeune et bon.Doué du plus fatal‖ mais du plus noble don.Et, pendant qu'il chantait,‖ son œil mélancoliqueSuivait, dans le lointain,‖ une scène magique :C'était le fleuve aimé‖ qui, las d'être captif,S'agitait dans son lit‖ comme un coursier rétif,Secouait le fardeau‖ de ses glaces massives,En éclats scintillants‖ les poussait vers ses rives,Et les broyait ensemble‖ avec autant de bruitQu'en fait, à son réveil,‖ un volcan dans la nuit.Les paysans heureux,‖ pour mieux voir le spectacleQu'offrait, ce printemps-là,‖ la tardive débâcle,Jusques au bord des eaux‖ venaient de toute part,Et, par des cris joyeux,‖ saluaient le départDe ces bancs de cristal‖ dont l'attitude altièreAvait voulu braver‖ la saison printanière.On voyait accourir‖ la troupe des enfantsJetant, dans le ciel pur,‖ mille cris triomphants ;Les cheveux enchaînés‖ sous de molles résilles,On voyait accourir‖ l'essaim des jeunes filles,En corsage d'indienne,‖ en modestes jupons.Leurs bouches prodiguaient‖ des sourires friponsEt leurs voix frappaient l'air‖ de notes argentines.Elles semblaient ainsi‖ de joyeuses ondinesQue le printemps rendait‖ à leurs limpides eaux,Et qui cherchaient leur grotte‖ au milieu des roseaux.
Mais quelle est cette vierge‖ à l'air doux et candideQui laisse sa compagne‖ et va, d'un pas timide,S'asseoir sur le vieux tronc‖ d'un orme renversé ?De quel touchant espoir‖ son cœur est-il bercé ?Quelle peine nouvelle‖ ou quelle inquiétudeLui font, quand tout est gai,‖ chercher la solitude ?La joie et la douleur‖ n'aiment guère le bruit.Son regard, attaché‖ sur la glace qui fuit,De temps en temps se lève‖ et se porte à la rive,Plein d'un trouble charmant‖ et d'une ardeur craintive.Quel est l'objet aimé‖ dont le charme puissantPeut enchaîner ainsi‖ ce regard ravissant ?Est-ce donc toi, Damas,‖ est-ce donc toi, poète ?Et celle qui t'attend‖ est-ce ton Henriette ?Ah ! oui, car je te vois,‖ le front tout radieux,Diriger, moins rêveur,‖ ta course vers les lieuxOù la fille des champs‖ est assise plaintive !En te voyant venir‖ ton amante attentiveA baissé son beau front‖ où montait la rougeur,A baissé ses cils d'or‖ et son grand œil songeur !
Pendant que jusqu'au loin‖ les glaces ébranléesS'agitent sourdement‖ sur les ondes gonflées ;Pendant que sur les bords‖ les timides échosDisent les chants du ciel‖ et la clameur des flots,Comme deux jeunes fleurs‖ épanchent leur dictame,En secret les amants‖ vont épancher leur âme.Ils disent, en riant,‖ leurs soins un peu jaloux,Échangent, de nouveau,‖ les serments les plus doux,Et se sentent plus forts‖ pour l'heure de l'épreuve.Les parfums de la brise‖ et l'aspect du grand fleuve,La pureté des airs,‖ les murmures, les chants,Les rayons du soleil‖ qui dansent sur les champs,Les bruits qui tout à coup‖ succèdent au silence,Cette étrange vigueur‖ et cette effervescenceQui circulent partout,‖ venant tout ranimer,Redoublent, dans leur cœur,‖ la puissance d'aimer.Et la terre à leurs yeux‖ paraît bien rétrécie !Ils n'auront pas assez,‖ pour s'aimer, de la vie !Ils sentent quelque chose‖ au fond de tant d'amourQue ne peut leur donner‖ le terrestre séjour !Leurs regards confondus‖ se remplissent de larmes ;Ils se trouvent heureux‖ et des mots pleins de charmesS'échappent de leur bouche‖ avec de longs soupirs.Hélas ! pourquoi faut-il‖ qu'au milieu des plaisirsIl se glisse souvent‖ une pensée amère ?Est-ce pour avertir‖ que tout est éphémère ?Que rien ne doit durer‖ dans ces mondes flottants ?Que tout passe bien vite‖ et nous en même temps ?
— Henriette, disait‖ le sensible poète,Ton amour est ma vie,‖ et pourtant je regretteDe t'avoir inspiré‖ de si suaves feux ;Je regrette le jour‖ où mes chastes aveuxOnt fait naître soudain‖ des roses sur ta joue.Je t'aime comme alors,‖ et plus, je te l'avoue ;Mais que sert de s'aimer‖ si l'on ne peut s'unir,Si le Prêtre de Dieu‖ ne doit pas nous bénir ?Je suis bien pauvre, hélas !‖ et mon cœur désespèreDe te voir volontiers‖ partager ma misère.Mon luth, ô mon amie,‖ est mon unique bien ;Le monde aime mes chants‖ mais ne me donne rien :Je ne ramperais pas,‖ d'ailleurs, devant un trône ;Je ne chanterais point‖ pour une vile aumône ;Et j'aime mieux rester‖ à jamais indigentQue de vendre, ma lyre‖ une pièce d'argent !
— Par quel chagrin, Damas,‖ ton âme est-elle étreinte ?Pourquoi me blesses-tu‖ par une injuste crainte ?Partager ton destin,‖ être pauvre avec toiN'est-ce pas, ô Damas,‖ mon seul désir à moi ?L'or n'apporte souvent‖ qu'un bonheur bien futile :L'amour et la vertu‖ le donnent moins fragile.
— Mais pourrai-je chanter‖ si je te vois souffrir ?Mes accords désolés‖ devront bientôt mourir.
— Oh ! j'unirai ma voix‖ à ton accent suprême,Et le monde dira‖ qu'on pleure mais qu'on aime.
— Qui parle par la bouche,‖ ô charme de mon cœur ?De tous mes vains discours‖ ton amour est vainqueur.Je craignais de trouver‖ ton âme résignéeEt par un autre amour‖ peut-être dominée.
— Tu me blesses, Damas,‖ par ce cruel soupçon.Tribul est riche et laid ;‖ c'est un méchant garçon.
Il insulte l'Église‖ et méprise le prêtre :Son cœur est plein de fiel‖ et son bras est bien traître :La vengeance a pour lui‖ les attraits les plus doux ;Et, s'il aime quelqu'un,‖ il est sombre et jaloux.
— Pardonne à ton ami,‖ ma sensible Henriette,Tu m'aimes, je le sais,‖ d'une amitié parfaite.
Mais regarde, là-bas,‖ cet énorme rempartQue forment les glaçons‖ emportés au hasard ;On dirait qu'un géant‖ les entasse avec ragePour détourner le fleuve‖ et noyer son rivage.Quels bruits ! quelles clameurs‖ et quels rugissements !Quels chocs et quels éclats !‖ quels vifs scintillementsLe soleil fait pleuvoir‖ de ces informes glaces !Comme on voit se dresser‖ leurs immenses surfaces !Et le fleuve profond‖ s'arrête épouvanté ;On dirait qu'à sa source‖ il remonte irrité !Son flot sombre et grondeur‖ jusqu'à nos pieds s'élance !Il couvre le rivage !‖ Il s'avance ! Il s'avance !…Adieu ! mon Henriette,‖ adieu ! pardonne-moi ;Je vais joindre ma mère‖ et calmer son effroi.
Saint-Laurent ! Saint-Laurent !‖ ô superbe rivière,N'as-tu donc plus assez,‖ pour ton onde si fière,Du lit que Dieu lui-même‖ a voulu te creuser ?Pourquoi, fleuve orgueilleux,‖ sur ton rivage oserJeter, comme un linceul,‖ l'écume de ta lame ?Es-tu donc aussi toi‖ pris du désir infâmeD'agrandir ton royaume‖ en volant tes voisins ?Depuis quand ces verts prés‖ et ces riants jardinsSont-ils donc devenus‖ comme une urne profondeOù peut insolemment‖ se dérouler ton onde ?Pourquoi ta voix grossie‖ a-l-elle tant d'horreur,Et pourquoi ton aspect‖ répand-il la terreur ?
Cet air de paix profonde‖ et d'allégresse pure,Qu'on voyait rayonner‖ sur la brune figureDe tous les paysans‖ réunis prés des eaux,S'effaça tout à coup‖ au penser des fléauxQue pouvaient apporter‖ les ondes déchaînées.La gaîté déserta‖ leurs âmes consternées ;Ils quittèrent en foule‖ et précipitammentLe rivage où montait‖ le terrible élément.
Quand Damas, pour aller‖ vers sa mère inquiète,Eut laissé, sur l'ormeau,‖ la fidèle Henriette,Elle resta pensive‖ en face du tableauQui s'ouvrait devant elle‖ étrange autant que beau :Elle entendait encor‖ dans son âme attendrieVibrer de son amant‖ la voix noble et chérie.
Bien vite cependant‖ le tumulte et les crisQue poussent, jusqu'au ciel,‖ les paysans surprisL'arrachent aux douceurs‖ de son aimable rêve :En voyant que tout fuit,‖ honteuse, elle se lèveEt tourne promptement‖ ses pas vers la maison.Mais voici que soudain,‖ à travers un buissonJeté comme un rideau‖ derrière le tronc d'orme,Elle voit s'avancer‖ une face difformeDont les yeux dilatés‖ flambent d'un feu jaloux.Elle n'entend qu'un mot :‖ Malheur ! malheur à vous !Que lui jette au hasard‖ une bouche en grimace,Pendant qu'un poing crispé‖ se lève et la menace.« — Tribul ! Tribul ! dit-elle,‖ ô monstre, laisse-moi ! »Et rapide elle fuit‖ toute pâle d'effroi.
Quel spectacle inouï !‖ quel désordre ! quel trouble !Tout s'agite partout ;‖ le tumulte redouble !Les braves paysans,‖ émus, épouvantés,En implorant le ciel,‖ courent de tous côtés.Les uns laissent déjà‖ leur maison peu solide,Emportant avec eux,‖ dans leur fuite rapide,Tous les objets divers‖ qu'ils ont d'abord trouvés,Et cherchent un refuge‖ aux lieux plus élevés ;Les autres, moins craintifs,‖ à cette heure suprême,Attendent leur destin‖ dans leur demeure même.La mansarde leur offre‖ un gîte bien étroit ?Ils n'en pourront bientôt‖ sortir que par le toit ;Mais plutôt que de fuir‖ ils en font leur asile.
On sort de leur étable‖ et l'on mène, à la file,Par des chemins nouveaux,‖ sur le haut du fenil,Les bêtes que menace‖ un imminent péril.On entend le cheval‖ qui hennit et piétineEt le bœuf paresseux‖ qui beugle et se mutine.Les coqs battent de l'aile‖ et chantent follement ;les chiens, flairant le sol,‖ hurlent sinistrement :La jeune fille en pleurs‖ jette une plainte amèreEt l'enfant étonné‖ se cramponne à sa mère.
Le spectacle est navrant.‖ Les banquises, là bas,S'accumulent toujours‖ avec un sourd fracas.Et le fleuve gonflé,‖ sur ses rives fécondes,Implacable, rejette‖ avec fureur ses ondes.Les champs sont engloutis‖ sous des torrents nouveauxLes arbres sans feuillage,‖ élevant, leurs rameauxAu dessus de ce lac‖ au flot rapide et sombre,Ressemblent au vaisseau‖ qui perd sa voile et sombre.Comme après un naufrage,‖ étendus sur les mers,Flottent, au gré des vents,‖ mille débris divers,Ainsi flottent partout,‖ dans l'immense prairie,Mille objets emportés‖ par le fleuve en furie.Et le soleil répand,‖ comme ou signe d'adieu,Sur ce tableau lugubre‖ un long sillon de feu.
Quel calme tout à coup‖ règne dans la nature !Pas un seul chant d'oiseau,‖ pas un léger murmure !Au loin les bancs de glace,‖ immobiles, pressés,Semblent d'immenses rocs‖ l'un sur l'autre entassés.Les eaux ne montent plus,‖ le fleuve se repose.Est-il donc effrayé‖ des souffrances qu'il cause,Ou se repose-t-il‖ dans un profond sommeil.Pour mieux recommencer‖ la lutte à son réveil ?Dans les prés, au-dessus‖ de ces vagues étranges,On ne voit s'élever‖ que les combles des grangesOù tremblent, confondus,‖ les divers animaux,Que les faîtes pelés‖ des pommiers, des ormeaux,Et que les gais pignons‖ des maisonnettes blanches.Des canots effilés‖ ou des radeaux de planchesAux fenêtres des toits‖ demeurent amarrés :C'est le dernier asile‖ où viendront, éplorés,Les pauvres paysans‖ chassés de leur demeure.Et sur la nappe humide‖ on voit fuir, à toute heure,Au bruit de l'aviron‖ qui plonge dans les flots,D'une maison à l'autre‖ un de ces longs canots.Mais quelle est donc, là-bas,‖ cette fière nacelleQui semble se courber‖ sur l'onde qui ruisselle ?Quel est ce couple heureux‖ qui se parle d'amourSur l'élément perfide‖ et sous les feux du jour ?C'est le barde rustique‖ avec son Henriette !Aimez-vous ! aimez-vous !‖ nulle voix indiscrèteAu vent ne jettera‖ vos propos amoureux !En face du malheur,‖ enfants, soyez heureux !L'amour est plus puissant‖ entouré de ruines !…La souffrance et l'amour‖ font les âmes divines !…Aimez-vous ! aimez-vous !‖ Le bonheur, doux enfants,Est infidèle, hélas !‖ comme les flots mouvants !
O soleil paresseux,‖ tu caches ta lumièreEt tu n'as pas fini‖ ta course journalière !Vas-tu donc te coucher‖ comme un vieux pèlerinQui ne peut, sans dormir,‖ achever son chemin ?Pourquoi ce voile noir‖ dont tu couvres ta face ?Ce regard qui languit ?‖ ce rayon qui s'efface ?Pourquoi ton front brillant‖ s'est-il donc obscurci,Et ton orbe orgueilleux,‖ tout à coup, rétréci ?Naguère, en descendant‖ derrière nos montagnes,Tu souriais encore‖ à nos fraîches campagnes ;Tu ranimais nos bois‖ par ta douce chaleurEt rendais à nos prés‖ leur charmante couleur !O soleil paresseux,‖ la terre est belle encoreQuand ton joyeux reflet‖ l'illumine et la dore !Ne te hâte pas tant‖ de prendre ton sommeil ;Verse-lui jusqu'au soir‖ ton feu pur et vermeil ;Chasse au loin devant toi‖ cette nue au flanc sombreQui monte à l'horizon‖ comme un spectre dans l'ombre !Et toi ne souffle pas,‖ fraîche brise du soir !Si les flots à ta voix‖ venaient à s'émouvoir,Si ton souffle agitait‖ cette nappe mobileQui recouvre partout‖ notre rive fertile,Quels seraient nos malheurs !‖ quel serait notre deuil !…Ah ! nos champs deviendraient‖ un immense cercueil !
Le soleil, dérobé‖ par un épais nuage,A laissé, sur les eaux‖ qui couvrent le rivage,S'étendre, par degrés,‖ de ténébreux sillons ;Dans les cieux grisonnants‖ quelques pâles rayons,S'ouvrant en éventail,‖ s'échappent de la nue.Ils présagent qu'un vent,‖ sur la campagne nue,Va s'élever bientôt,‖ violent, furieux.Le front des paysans‖ devient plus soucieux ;Leur cœur, saisi d'effroi,‖ bat avec violence ;Les époux consternés‖ échangent, en silence,Un regard où la crainte‖ est mêlée à l'amour ;Les mères, les enfants‖ s'en viennent, tour à tour,S'agenouiller en pleurs‖ devant la sainte imageDe celle dont la voix‖ dissipe tout orage :« O vierge, disent-ils,‖ nous espérons en vous ;Nous sommes vos enfants,‖ vierge, secourez-nous ! »Déjà l'ombre au ciel plane‖ et le jour baisse vite ;Sous l'haleine du vent‖ déjà l'onde s'agite.Les flots après les flots‖ s'avancent menaçants,Déracinent les troncs‖ des arbres frémissants,Emportent au hasard‖ les débris des clôtures,Et se heurtent aux toits‖ avec de longs murmures.
O rivages aimés,‖ naguère si joyeux,Quel aspect désolant‖ vous offrez à nos yeux !Vous avez dépouillé‖ vos vêtements de fête,Et le printemps n'a pas‖ couronné votre tête !Vous êtes devenus‖ pareils au lit profondOù s'élance, écumeux,‖ un fleuve vagabond.
La nuit ! voici la nuit,‖ le front ceint de ténèbres !La nuit avec des voix,‖ des murmures funèbres !J'entends de longs soupirs,‖ de rauques hurlements !J'entends d'étranges bruits,‖ d'affreux gémissements !Des plaintes, des clameurs‖ qui montent jusqu'aux nues !Désespoirs inouïs,‖ angoisses inconnues !Voix d'hommes effrayés‖ appelant au secours !Voix de femmes pleurant‖ les fruits de leurs amours !Jeunes filles qu'étouffe‖ une terreur amère !Petits enfants en pleurs‖ qui demandent leur mère !Cris divers d'animaux‖ qui pressentent la mort !Vent qui souffle toujours‖ et de plus en plus fort !Sourds murmures des flots‖ qui s'agitent et roulent !Lugubres craquements‖ des maisons qui s'écroulent !Tout se plaint, tout gémit‖ dans les ombres du soir !Tout n'est partout, hélas !‖ que mort ou désespoir !
O nuit pleine d'horreur !‖ ô nuit épouvantable,Lève ton voile noir‖ et ton ombre implacable !Laisse-nous contempler‖ ces désastres nouveaux !Quels flots bondissent, là,‖ comme de blancs troupeaux ?Quels flots tumultueux,‖ au souffle des tempêtesAgitent, en hurlant,‖ leurs écumeuses crêtes,Comme des pins altiers‖ tourmentés par le ventAgitent les rameaux‖ de leur faîte mouvant ?Ils mordent les lambris‖ des maisons et des granges !A leurs chocs répétés‖ des voix, des cris étranges,Comme de sourds échos,‖ répondent tristement !
Voyez-vous ? voyez-vous‖ sur le sombre élémentCe toit démantelé‖ qui s'éloigne et vacille ?Il berce, sur l'abîme,‖ une pauvre familleQui demande à grands cris‖ un secours trop tardif.Entendez-vous, là bas,‖ cet autre accent plaintif ?C'est le suprême adieu‖ d'une mère éploréeA son fidèle époux,‖ à sa fille adorée !Trop faible pour laisser‖ sa couche de douleur,Elle commande aux siens‖ d'échapper au malheur ?Qu'elle ne peut hélas !‖ éviter elle-même.Rien ne doit la sauver‖ de ce danger extrême.Elle voit devant elle‖ une effroyable mort.Mais s'occupe d'eux seuls‖ et tremble pour leur sort.L'eau s'élève avec bruit‖ vers son lit solitaireComme le sable autour‖ d'un tombeau qu'on enterre !Déjà le toit frémit,‖ s'incline, et, sur les flotsS'écroule en étouffant‖ ses suprêmes sanglots !
Là-bas ! là-bas ! ô ciel !‖ qui luttent dans les ombres !Quels sont, de toute part,‖ quels sont ces groupes sombresQui se tiennent noués‖ au faîte des ormeaux ?Qui, noyés à demi,‖ cramponnés aux rameaux,Se ballottent au gré‖ de la bise et des lames ?
Des vieillards décrépits‖ et d'adorables femmes,Des vierges à l'œil pur‖ et de faibles enfantsOnt confié leurs jours‖ à ces gîtes mouvants !
Ici, l'arbre, chargé‖ d'une masse trop lourde,S'incline lentement,‖ pousse une plainte sourdeEt rend les malheureux‖ à l'abîme obscurci :Là, c'est un faible enfant‖ que, de son sein transi,Laisse tomber, hélas !‖ une mère épuisée !Et, plus loin, un vieillard‖ dont la main s'est brisée ?En serrant les rameaux‖ d'un cenellier noueux,Replonge dans les flots‖ son crâne sans cheveux !
Où vont-ils ? où vont-ils‖ sur la mer furibondeCes canots vacillants‖ et tout remplis de monde ?Ce n'est plus au refrain‖ des joyeuses chansonsQue dans les flots obscurs‖ plongent les avirons,C'est au bruit des sanglots‖ et des plaintes funèbres !Où vont ces malheureux‖ au milieu des ténèbres ?Ne vont-ils pas bientôt‖ se heurter à l'écueil ?N'auront-ils pas aussi‖ les ondes pour cercueil ?O ciel ! protège-les !‖ c'est assez de victimes !Referme, Dieu puissant,‖ ces horribles abîmesQue ton bras redoutable‖ a laissés s'entr'ouvrir,Et que l'on voie encor‖ ces rives refleurir !
O prière inutile !‖ En vain ma voix implore,Il faut une victime !‖ une victime encore !O Damas ! ô Damas !‖ réponds, où donc es-tu ?Que devient ton amour ?‖ Que devient ta vertu ?Ton esprit égaré‖ rêve-t-il d'harmonie ?Damas, n'entends-tu pas‖ un râle d'agonie,Une plaintive voix‖ qui va s'affaiblissant ?N'entends-tu pas, Damas,‖ un adieu saisissantQue l'orage qui passe‖ emporte sur son aile ;Que berce sur son sein‖ la vague solennelle ?Ne vois-tu point ces bras‖ qui se lèvent vers toi ?Ces regards suppliants,‖ pleins d'amour et d'effroi,Que plongent dans la nuit‖ une vierge mourante ?Pauvre Damas, c'est elle :‖ elle ta tendre amanteQui se débat en vain,‖ et, par un long effort,S'épuise à repousser‖ l'étreinte de la mort !Mais si tu n'entends pas‖ sa douloureuse plainte,Un autre la comprend.‖ Seul il vogue sans crainteAu milieu des débris‖ qui flottent sur les eaux,Il aime la tempête‖ et rit de ces fléauxQui vont anéantir‖ les paysans superbes.Leurs bouches n'auront plus‖ pour lui de mots acerbes !
Au bord de son canot‖ il allume un fanalEt s'avance en chantant‖ un couplet infernal.
En face de la mort‖ la vierge malheureuseA saisi cependant,‖ d'une main vigoureuse,La branche d'un pommier‖ qu'elle même a planté ;Elle soutient ainsi,‖ sur le gouffre irrité,Son visage souffrant,‖ sa chevelure blondeQue chaque brise incline‖ et chaque flot inonde.De temps en temps sa voix‖ n'élève dans les airs,Mais nul ne veut répondre‖ à ses sanglots amers.Est-ce une illusion ?‖ une barque s'avance !A son humide proue‖ un fanal se balance.La vierge sent l'espoir‖ renaître dans son cœur ;Elle s'attache à l'arbre‖ avec plus de vigueurDe crainte de périr‖ tout près d'être sauvée.
La voilà ! la voilà !‖ la barque est arrivée !Mais quel démon la guide !‖ Il ouvre un œil brutalEt sa bouche prodigue‖ un rire qui fait mal !Alors dans sa terreur‖ Henriette s'écrie :
— « O Tribul, sauve-moi !‖ sauve-moi, je t'en prie ! »
Et Tribul la regarde‖ avec un air moqueur ;Et son œil se remplit‖ d'une fauve lueurA la pâle clarté‖ du fanal qui scintille.
— « Par pitié ! sauve-moi !‖ » reprend la jeune fille.Et son bras fatigué‖ glisse sur le rameau.
Toujours silencieux,‖ son infâme bourreauVoit sur l'arbre agité‖ sa main blanche qui glisse,Et, dans son cœur pervers,‖ jouit de son supplice.
— « Tribul ! Tribul ! pour Dieu !‖… je péris !… je péris ! »Et le monstre est muet :‖ et l'étrange sourisQui fait épanouir‖ sa figure damnéeRépond seul aux sanglots‖ de cette infortunée.Il voit les flots émus‖ soulever ses cheveux ;Il voit se tordre en vain‖ ses bras purs et nerveux ;Il voit sa main étreindre,‖ avec douleur et force,La branche qui frémit‖ et dont la rude écorceDéchire et fait saigner‖ à chaque instant ses doigts !La vierge s'affaiblit‖ et sa bouche est sans voix ;Ses regards effarés‖ se couvrent de nuages ;Son esprit voit flotter‖ de sinistres images.Et le monstre impassible‖ est là qui rit toujours ;Pouvant la sauver, il‖ la laisse sans secours.Il la regarde encor‖ d'un d'œil sinistre et fauve :
— « Jure d'être à moi seul,‖ dit-il, et je te sauve. »
La vierge qui se noie,‖ en entendant ces mots,Par un suprême effort‖ élève, sur les flots,Son front pâle et glacé‖ d'où la vague ruisselle.On voit se ranimer‖ une vive étincelleDans ce regard mourant‖ qui semblait ne plus voir.Elle est charmante encor‖ malgré le désespoirQui contracte et flétrit‖ sa figure étonnée :— « Misérable ! » dit-elle,‖ et sa voix indignéeDans l'écume des flots‖ va se perdre et mourir.Ses doigts endoloris‖ commencent à s'ouvrir ;Sa main n'a plus de force ;‖ elle glisse ! elle glisse !
— « Jure, dit le démon,‖ je finis ton supplice ! »
Tout est sourd à sa voix‖ hors le vent qui gémit !Mais la main de la vierge‖ étreint l'arbre et frémit.C'est le terme fatal‖ d'une lutte effrayante !…Une forme légère,‖ indécise, ondoyanteSe berce au gré des flots,‖ des vents impétueux ;Une main entr'ouverte,‖ un bras voluptueuxS'élèvent par instants‖ au dessus de l'abîme ;Mais bientôt tout s'efface,‖ il ne reste qu'un crime !Le barbare Tribul,‖ sans bruit, s'éloigne alorsEt vogue poursuivi‖ par un sombre remords.
O Damas ! ô Damas !‖ laisse pleurer ton âme !Elle n'est plus déjà‖ cette adorable femmeDont la vertu touchante‖ et le naissant amourPayaient tes chastes feux‖ d'un si tendre retour !La mort a moissonné,‖ dès l'aube de son âge,La plus charmante fleur‖ de ton joli village !N'éveille plus les bois‖ par tes chants réjouis !Tes projets de bonheur‖ se sont évanouisComme un songe au réveil‖ et comme une fumée !Ne la demande plus‖ ta jeune bien-aimée :Son corps charmant et pur‖ gît au fond du torrent !Elle a tourné vers toi‖ son regard expirant !Elle t'a demandé‖ dans une humble prière !Et seul un homme impur,‖ un monstre au cœur de pierre,Est venu souriant‖ pour la voir expirer !Le lâche ! le pervers !‖ il pouvait espérer,En lui portant secours‖ à cette heure suprême,Te ravir à jamais‖ celle que ton cœur aime ;Mais, détestant l'infâme‖ et fidèle à sa foi,Elle aima mieux mourir‖ que de vivre sans toi !
« Juin répand sur nos bords‖ les fleurs de sa corbeille,« De suaves accents,‖ dès que le jour s'éveille,« Font retentir au loin‖ nos bois mystérieux ;« Sur les sillons fumants‖ les insectes joyeux« Se hâtent à poursuivre‖ une facile proie ;« Le papillon doré‖ tend ses ailes de soie« Et danse tout le jour‖ dans un rayon de feu ;« Le vaste Saint-Laurent‖ déroule son flot bleu« Qui vient mourir sans bruit‖ sur les bords du rivage« L'air est plein de parfums,‖ le ciel est sans orage,« Mais rien n'est beau pour moi,‖ car tout espoir est vain !« Je voudrais que le jour‖ n'eut plus de lendemain !« Ceux qui m'aimaient le plus‖ m'ont laissé, sur la terre,« Achever, triste et seul,‖ mon chemin solitaire !« Je cherche autour de moi‖ les êtres regrettés,« Que le ciel, en un jour,‖ hélas ! m'a tous ôtés !« Partout je n'aperçois‖ que ruines, désastres !« La nuit est dans mon âme‖ et mon ciel est sans astres !
« O rivages chéris,‖ où sont ces toits riants« Qui naguère brillaient‖ au milieu de vos champs« Pareils à des rubis‖ au bord d'un diadème ?« Pourquoi vois-je partout‖ la face morne et blême« De quelques malheureux‖ qui pleurent comme moi ?« L'aspect de l'avenir‖ me fait trembler d'effroi.
« Roule, ô beau Saint-Laurent,‖ roule calme et tranquille !« Viens caresser nos bords‖ de ta lame docile !« Ta vengeance est parfaite,‖ ô fleuve souverain !« Mais réponds à ma plainte,‖ et redis mon chagrin !« Murmure, comme moi‖ dans ma douleur amère,« Le nom de mon amie‖ et le nom de ma mère !« Et, quand je vais prier‖ sur leurs humbles tombeaux,« Unis à mes accents‖ le doux bruit de tes eaux ! » ?Ainsi chantait Damas,‖ et sa muse plaintive.Sa muse attendrissait‖ les échos de la riveEt puis, de temps en temps,‖ deux noms mélodieuxS'échappaient de sa lèvre‖ et montaient vers les cieux
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 266((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a pure / murmure féminine, classiqueb esquif / fugitif masculine, classiquec ramure / chevelure féminine, classiqued travail / l'émail masculine, classiquee fleuve / neuve féminine, classiquef cieux / mélodieux masculine, classiqueg abondante / ardente féminine, classiqueh volupté / enchanté masculine, classiquei lumière / chaumière féminine, classiquej foyer / ondoyer masculine, classiquek immobiles / dociles féminine, classiquel fleur / couleur masculine, classiquem Henriette / coquette féminine, classiquen paresseux / aveux masculine, classiquea fière / Saint-Pierre féminine, classiqueb bon / don masculine, classiquec mélancolique / magique féminine, classiqued captif / rétif masculine, classiquee massives / rives féminine, classiquef bruit / nuit masculine, classiqueg spectacle / débâcle féminine, classiqueh part / départ masculine, classiquei altière / printanière féminine, classiquej enfants / triomphants masculine, classiquek résilles / filles féminine, classiquel jupons / fripons masculine, classiquem argentines / ondines féminine, classiquen eaux / roseaux masculine, classiquea candide / timide féminine, classiqueb renversé / bercé masculine, classiquec inquiétude / solitude féminine, classiqued bruit / fuit masculine, classiquee rive / craintive féminine, classiquef puissant / ravissant masculine, classiqueg poète / Henriette féminine, classiqueh radieux / lieux masculine, classiquei plaintive / attentive féminine, classiquej rougeur / songeur masculine, classiquea ébranlées / gonflées féminine, classiqueb échos / flots masculine, classiquec dictame / âme féminine, classiqued jaloux / doux masculine, classiquee l'épreuve / fleuve féminine, classiquef chants / champs masculine, classiqueg silence / effervescence féminine, classiqueh ranimer / d'aimer masculine, classiquei rétrécie / vie féminine, classiquej d'amour / séjour masculine, classiquek larmes / charmes féminine, classiquel soupirs / plaisirs masculine, classiquem amère / éphémère féminine, classiquen flottants / temps masculine, classiquea poète / regrette féminine, classiqueb feux / aveux masculine, classiquec joue / l'avoue féminine, classiqued s'unir / bénir masculine, classiquee désespère / misère féminine, classiquef bien / rien masculine, classiqueg trône / aumône féminine, classiqueh indigent / d'argent masculine, classiquea étreinte / crainte féminine, classiqueb toi / moi masculine, classiquec futile / fragile féminine, classiquea souffrir / mourir masculine, classiquea suprême / aime féminine, classiquea cœur / vainqueur masculine, classiqueb résignée / dominée féminine, classiquea soupçon / garçon masculine, classiquea prêtre / traître féminine, classiqueb doux / jaloux masculine, classiquea Henriette / parfaite féminine, classiquea rempart / hasard masculine, classiqueb rage / rivage féminine, classiquec rugissements / scintillements masculine, classiqued glaces / surfaces féminine, classiquee épouvanté / irrité masculine, classiquef s'élance / s'avance féminine, classiqueg pardonne-moi / effroi masculine, classiquea rivière / fière féminine, classiqueb creuser / oser masculine, classiquec lame / infâme féminine, classiqued voisins / jardins masculine, classiquee profonde / onde féminine, classiquef d'horreur / terreur masculine, classiquea pure / figure féminine, classiqueb eaux / fléaux masculine, classiquec déchaînées / consternées féminine, classiqued précipitamment / élément masculine, classiquea inquiète / Henriette féminine, classiqueb tableau / beau masculine, classiquec attendrie / chérie féminine, classiquea cris / surpris masculine, classiqueb rêve / lève féminine, classiquec maison / buisson masculine, classiqued d'orme / difforme féminine, classiquee jaloux / vous masculine, classiquef grimace / menace féminine, classiqueg laisse-moi / d'effroi masculine, classiquea trouble / redouble féminine, classiqueb épouvantés / côtés masculine, classiquec solide / rapide féminine, classiqued trouvés / élevés masculine, classiquee suprême / même féminine, classiquef étroit / toit masculine, classiqueg asile / file féminine, classiqueb fenil / péril masculine, classiquec piétine / mutine féminine, classiqued follement / sinistrement masculine, classiquee amère / mère féminine, classiquea bas / fracas masculine, classiqueb fécondes / ondes féminine, classiquec nouveaux / rameaux masculine, classiqued sombre féminine, classiquee mers / divers masculine, classiquef prairie / furie féminine, classiqueg d'adieu / feu masculine, classiquea nature / murmure féminine, classiqueb pressés / entassés masculine, classiquec repose / cause féminine, classiqued sommeil / réveil masculine, classiquee étranges / granges féminine, classiquef animaux / ormeaux masculine, classiqueg blanches / planches féminine, classiqueh amarrés / éplorés masculine, classiquei demeure / heure féminine, classiquej flots / canots masculine, classiquek nacelle / ruisselle féminine, classiquel d'amour / jour masculine, classiquem Henriette / indiscrète féminine, classiquen amoureux / heureux masculine, classiqueo ruines / divines féminine, classiquep enfants / mouvants masculine, classiquea lumière / journalière féminine, classiqueb pèlerin / chemin masculine, classiquec face / s'efface féminine, classiqued obscurci / rétréci masculine, classiquee montagnes / campagnes féminine, classiquef chaleur / couleur masculine, classiqueg encore / dore féminine, classiqueh sommeil / vermeil masculine, classiquei sombre / l'ombre féminine, classiquej soir / s'émouvoir masculine, classiquek mobile / fertile féminine, classiquel deuil / cercueil masculine, classiquea nuage / rivage féminine, classiqueb sillons / rayons masculine, classiquec nue féminine, classiqued furieux / soucieux masculine, classiquee violence / silence féminine, classiquef l'amour / tour masculine, classiqueg image / orage féminine, classiqueh vous / secourez-nous masculine, classiquei vite / s'agite féminine, classiquej menaçants / frémissants masculine, classiquek clôtures / murmures féminine, classiquea joyeux / yeux masculine, classiqueb fête / tête féminine, classiquec profond / vagabond masculine, classiquea ténèbres / funèbres féminine, classiqueb hurlements / gémissements masculine, classiquec nues / inconnues féminine, classiqued secours / amours masculine, classiquef mort / fort masculine, classiqueg roulent / s'écroulent féminine, classiqueh soir / désespoir masculine, classiquea épouvantable / implacable féminine, classiqueb nouveaux / troupeaux masculine, classiquec tempêtes / crêtes féminine, classiqued vent / mouvant masculine, classiquee granges / étranges féminine, classiquef tristement / élément masculine, classiqueb vacille / famille féminine, classiquec tardif / plaintif masculine, classiqued éplorée / adorée féminine, classiquee douleur / malheur masculine, classiquef elle-même / extrême féminine, classiqueg mort / sort masculine, classiqueh solitaire / enterre féminine, classiquei flots / sanglots masculine, classiquea ombres / sombres féminine, classiqueb ormeaux / rameaux masculine, classiquec lames / femmes féminine, classiquea lourde / sourde féminine, classiqueb obscurci / transi masculine, classiquec épuisée / brisée féminine, classiqued noueux / cheveux masculine, classiquea furibonde / monde féminine, classiqueb chansons / avirons masculine, classiquec funèbres / ténèbres féminine, classiqued l'écueil / cercueil masculine, classiquee victimes / abîmes féminine, classiquef s'entr'ouvrir / refleurir masculine, classiquea implore / encore féminine, classiqueb es-tu / vertu masculine, classiquec d'harmonie / d'agonie féminine, classiqued s'affaiblissant / saisissant masculine, classiquee aile / solennelle féminine, classiquef toi / d'effroi masculine, classiqueg mourante / amante féminine, classiqueh effort / mort masculine, classiquei plainte / crainte féminine, classiquek superbes / acerbes féminine, classiquea fanal / infernal masculine, classiquea malheureuse / vigoureuse féminine, classiqueb planté / irrité masculine, classiquec blonde / inonde féminine, classiqued airs / amers masculine, classiquee s'avance / balance féminine, classiquef cœur / vigueur masculine, classiqueg sauvée / arrivée féminine, classiqueb brutal / mal masculine, classiquec s'écrie / prie féminine, classiquea moqueur / lueur masculine, classiqueb scintille / fille féminine, classiqueb rameau / bourreau masculine, classiqueb glisse / supplice féminine, classiquea péris / souris masculine, classiqueb damnée / infortunée féminine, classiquec cheveux / nerveux masculine, classiqued force / écorce féminine, classiquee doigts / voix masculine, classiquef nuages / images féminine, classiqueg toujours / secours masculine, classiqueh fauve / sauve féminine, classiquea mots / flots masculine, classiqueb ruisselle / étincelle féminine, classiquec voir / désespoir masculine, classiqued étonnée / indignée féminine, classiquee mourir / s'ouvrir masculine, classiquea gémit / frémit masculine, classiqueb effrayante / ondoyante féminine, classiquec impétueux / voluptueux masculine, classiqued l'abîme / crime féminine, classiquee alors / remords masculine, classiquea âme / femme féminine, classiqueb amour / retour masculine, classiquec âge / village féminine, classiqued réjouis / évanouis masculine, classiquee fumée / bien-aimée féminine, classiquef torrent / expirant masculine, classiqueg prière / pierre féminine, classiqueh expirer / espérer masculine, classiquej foi / toi masculine, classiquea corbeille / s'éveille féminine, classiqueb mystérieux / joyeux masculine, classiquec proie / soie féminine, classiqued feu / bleu masculine, classiquee rivage / orage féminine, classiquef vain / lendemain masculine, classiqueg terre / solitaire féminine, classiqueh regrettés / ôtés masculine, classiquei désastres / astres féminine, classiquea riants / champs masculine, classiqueb diadème / blême féminine, classiquec moi / d'effroi masculine, classiquea tranquille / docile féminine, classiqueb souverain / chagrin masculine, classiqued tombeaux / eaux masculine, classiquee plaintive / rive féminine, classiquef mélodieux / cieux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
532 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Une gerbe, QUÉBEC, TYPOGRAPHIE DE C. DARVEAU, 1879· numérisation Project Gutenberg Canada· Sources