Poèmes antiques, 1852
Bhagavat
1852.
Le grand fleuve, à travers‖ les bois aux mille plantes,Vers le lac infini‖ roulait ses ondes lentes,Majestueux, pareil‖ au bleu lotus du ciel,Confondant toute voix‖ en un chant éternel ;Cristal immaculé,‖ plus pur et plus splendideQue l'innocent esprit‖ de la vierge candide.Les suras bienheureux‖ qui calment les douleurs,Cygnes aux corps de neige,‖ aux guirlandes de fleurs,Gardaient le réservoir‖ des âmes, le saint fleuve,La coupe de saphir‖ où Bhagavat s'abreuve.Aux pieds des jujubiers‖ déployés en arceaux,Trois sages méditaient,‖ assis dans les roseaux ;Des larges nymphéas‖ contemplant les calicesIls goûtaient, absorbés,‖ de muettes délices.Sur les bambous prochains,‖ accablés de sommeil,Les aras aux becs d'or‖ luisaient en plein soleil,Sans daigner secouer,‖ comme des étincelles,Les oiseaux qui mordaient‖ la pourpre de leurs ailes.Revêtu d'un poil rude‖ et noir, le roi des oursAu grondement sauvage,‖ irritable toujours,Allait se nourrissant‖ de miel et de bananes.Les singes oscillaient‖ suspendus aux lianes.Tapi dans l'herbe humide‖ et sur soi reployé,Le tigre au ventre jaune,‖ au souple dos rayé,Dormait ; et par endroits,‖ le long des vertes îles,Comme des troncs pesants‖ flottaient les crocodiles.Parfois, un éléphant‖ songeur, roi des forêts,Passait et se perdait‖ dans les sentiers secrets,Vaste contemporain‖ des races terminées,Triste, et se souvenant‖ des antiques années.L'inquiète gazelle,‖ attentive à tout bruit,Venait, disparaissait‖ comme le trait qui fuit ;Au-dessus des nopals‖ bondissait l'antilope ;Et sous les noirs taillis‖ dont l'ombre l'enveloppe,Œil dilaté, le corps‖ nerveux et frémissant,L'immobile panthère‖ humait leur jeune sang.Du sommet des palmiers‖ pendaient les grands reptiles,Les couleuvres glissaient‖ en spirales subtiles ;Et sur les fleurs de pourpre‖ et sur les lis d'argent,Emplissant l'air d'un vol‖ sonore et diligent,Dans la forêt touffue,‖ aux longues échappées,Les abeilles vibraient,‖ d'un rayon d'or frappées.
Telle, la vie immense,‖ auguste, palpitait,Rêvait, étincelait,‖ soupirait et chantait ;Tels, les germes éclos‖ et les formes à naîtreBrisaient ou soulevaient‖ le sein large de l'être.Mais, dans l'inaction‖ surhumaine plongés,Les brahmanes muets‖ et de longs jours chargés,Ensevelis vivants‖ dans leurs songes austères,Et des roseaux du fleuve‖ habitants solitaires,Las des vaines rumeurs‖ de l'homme et des cités,En un monde inconnu‖ puisaient leurs voluptés :Des parts faites à tous‖ choisissant la meilleure,Ils fixaient leur esprit‖ sur l'âme intérieure.Enfin, le jour, glissant‖ sur la pente des cieux,D'un long regard de pourpre‖ illumina leurs yeux ;Et, sous les jujubiers‖ qu'un souffle pur balance,Chacun interrompit‖ le mystique silence.
Maitreya
J'étais jeune et jouais‖ dans le vallon natal,Au bord des bleus étangs‖ et des lacs de cristal,Où les poules nageaient,‖ où cygnes et sarcellesFaisaient étinceler‖ les perles de leurs ailes ;Dans les bois odorants,‖ de lianes fleuris,Où sur l'écorce d'or‖ chantaient les colibris.Et j'aperçus, semblable‖ à l'aurore céleste,L'Apsaras aux doux yeux,‖ gracieuse et modeste,Qui de loin s'avançait,‖ foulant les gazons verts.Ses pieds blancs résonnaient‖ de mille anneaux couverts ;Sa voix harmonieuse‖ était comme l'abeilleQui murmure et s'enivre‖ à ta coupe vermeille,Belle rose ! — Et l'amour‖ ondulait dans son sein.Les bengalis charmés,‖ la suivant par essaim,Allaient boire le miel‖ de ses lèvres pourprées ;Ses longs cheveux, pareils‖ à des lueurs dorées,Ruisselaient mollement‖ sur son cou délicat ;Et moi, j'étais baigné‖ de leur divin éclat !Le souffle frais des bois,‖ de ses deux seins de neigeÉcartait le tissu‖ léger qui les protège ;D'invisibles oiseaux‖ chantaient pleins de douceur,Et toute sa beauté‖ rayonnait dans mon cœur !Je n'ai pas su le nom‖ de l'Apsaras rapide.Que ses pieds étaient blancs‖ sur le gazon humide !Et j'ai suivi longtemps,‖ sans l'atteindre jamais,La jeune illusion‖ qu'en mes beaux jours j'aimais.Ô contemplation‖ de l'essence des choses,Efface de mon cœur‖ ces pieds, ces lèvres roses,Et ces tresses de flamme‖ et ces yeux doux et noirsQui troublent le repos‖ des austères devoirs.Sous les figuiers divins,‖ le lotus à cent feuilles,Bienheureux Bhagavat,‖ si jamais tu m'accueilles,Puissé-je, libre enfin‖ de ce désir amer,M'ensevelir en toi‖ comme on plonge à la mer.
Narada
Que de jours disparus !‖ Toujours prompte à la tâche,Durant la nuit, ma mère‖ allait traire la vache :Le serpent de Kala‖ la mordit en chemin.Ma pauvre mère, hélas !‖ Mourut le lendemain.Comme un enfant privé‖ du seul être qui l'aime,Moi, je me lamentais‖ dans ma douleur suprême.De vallée en colline‖ et de fleuve en forêts,Pâle, cheveux épars‖ et gémissant, j'erraisÀ travers les grands monts‖ et les riches contrées,Les agrestes hameaux‖ et les villes sacrées ;Sous le soleil qui brûle‖ et dévore, et souventPoussant des cris d'angoisse‖ emportés par le vent.Dans le bois redoutable‖ ou sous l'aride nueLes chacals discordants‖ saluaient ma venue,Et la plainte arrachée‖ à mon cœur soucieuxÉveillait la chouette‖ aux cris injurieux.Venu pour y dormir‖ dans ce lieu solitaire,Aux pieds d'un pippala‖ je m'assis sur la terre ;Et je vis une autre âme‖ en mon âme, et mes yeuxVoyaient croître sur l'onde‖ un lotus merveilleux ;Et, du sein entrouvert‖ de la fleur éternelle,Sortait une clarté‖ qui m'attirait vers elle.Depuis, pareils aux flots‖ se déroulant toujours,Dans cette vision‖ j'ai consumé mes jours ;Mais la source des pleurs‖ n'est point tarie encore.Dans l'ombre de ma nuit‖ ta clarté que j'adoreParfois s'est éclipsée,‖ et son retour est lent,Des êtres et des dieux,‖ ô le plus excellent !Sous les figuiers divins,‖ le lotus à cent feuilles.Bienheureux Bhagavat,‖ si jamais tu m'accueilles,Puissé-je, délivré‖ du souvenir amer,M'ensevelir en toi,‖ comme on plonge à la mer.
Angira
J'ai vécu, œil fixé‖ sur la source de l'être,Et j'ai laissé mourir‖ mon cœur pour mieux connaître.Les sages m'ont parlé,‖ sur l'antilope assis,Et j'ai tendu l'oreille‖ aux augustes récits ;Mais le doute toujours‖ appesantit ma face,Et l'enseignement pur‖ de mon esprit s'efface.Je suis très malheureux,‖ mes frères, entre tous.Mon mal intérieur‖ n'est pas connu de vous ;Et si mes yeux parfois‖ s'ouvrent à la lumière,Bientôt la nuit épaisse‖ obscurcit ma paupière.Hélas ! L'homme et la mer,‖ les bois sont agités ;Mais celui qui persiste‖ en ses austérités,Celui qui, toujours plein‖ de leur sublime imageDirige vers les dieux‖ son immobile hommage,Ferme aux tentations‖ de ce monde apparent,Voit luire Bhagavat‖ dans son cœur transparent.Tout resplendit, cité,‖ plaine, vallon, montagne ;Des nuages de fleurs‖ rougissent la campagne ;Il écoute, ravi,‖ les chœurs harmonieuxDes kinnaras sacrés,‖ des femmes aux beaux yeux,Et des flots de lumière‖ enveloppent le monde.Le vain bonheur des sens‖ s'écoule comme l'onde ;Les voluptés d'hier‖ reposent dans l'oubli ;Rien qui dans le néant‖ ne roule enseveli ;Rien qui puisse apaiser‖ ta soif inexorable,Ô passion avide,‖ ô doute insatiable,Si ce n'est le plus doux‖ et le plus beau des dieux.Sans lui tout me consume‖ et tout m'est odieux.Sous les figuiers divins,‖ le lotus à cent feuilles,Bienheureux Bhagavat,‖ si jamais tu m'accueilles,Puissé-je, ô Bhagavat,‖ chassant le doute amer,M'ensevelir en toi‖ comme on plonge à la mer.
Ainsi dans les roseaux‖ se lamentaient les sages.Des pleurs trop contenus‖ inondaient leurs visages,Et le fleuve gémit‖ en réponse à leurs voix,Et la nuit formidable‖ enveloppa les bois.Les oiseaux s'étaient tus,‖ et sur les rameaux frêlesAux nids accoutumés‖ se reployaient leurs ailes.Seuls, éveillés par l'ombre,‖ en détours indolents,Les grands pythons rôdaient,‖ dans l'herbe étincelants ;Les panthères, par bonds‖ musculeux et rapides,Dans l'épaisseur des bois‖ chassaient les daims timides ;Et sur le bord prochain,‖ le tigre, se dressant,Poussait par intervalle‖ un cri rauque et puissant.Mais le ciel, dénouant‖ ses larges draperies,Faisait aux flots dorés‖ un lit de pierreries,Et la lune, inclinant‖ son urne à l'horizon,Épanchait ses lueurs‖ d'opale au noir gazon.Les lotus entrouvraient‖ sur les eaux murmurantes,Plus larges dans la nuit,‖ leurs coupes transparentes ;L'arôme des rosiers‖ dans l'air pur dilatéRetombait plus chargé‖ de molle volupté ;Et mille mouches d'or,‖ d'azur et d'émeraude,Étoilaient de leurs feux‖ la mousse humide et chaude.
Les brahmanes pleuraient‖ en proie aux noirs ennuis.
Une plainte est au fond‖ de la rumeur des nuits,Lamentation large‖ et souffrance inconnueQui monte de la terre‖ et roule dans la nue :Soupir du globe errant‖ dans l'éternel chemin,Mais effacé toujours‖ par le soupir humain.Sombre douleur de l'homme,‖ ô voix triste et profonde,Plus forte que les bruits‖ innombrables du monde,Cri de l'âme, sanglot‖ du cœur supplicié,Qui t'entend sans frémir‖ d'amour et de pitié !Qui ne pleure sur toi,‖ magnanime faiblesse !Esprit qu'un aiguillon‖ divin excite et blesse,Qui t'ignores toi-même‖ et ne peux te saisir,Et sans borner jamais‖ l'impossible désir,Durant l'humaine nuit‖ qui jamais ne s'achève,N'embrasses l'infini‖ qu'en un sublime rêve !Ô douloureux esprit,‖ dans l'espace emporté,Altéré de lumière,‖ avide de beauté,Qui retombes toujours‖ de la hauteur divineOù tout être vivant‖ cherche son origine,Et qui gémis, saisi‖ de tristesse et d'effroi,Ô conquérant vaincu,‖ qui ne pleure sur toi !
Et les sages pleuraient.‖ Mais la blanche déesse,Ganga, sous l'onde assise,‖ entendit leur détresse.Dans la grotte de nacre,‖ aux sables d'or semés,Mille femmes peignaient‖ en anneaux parfumésSa vierge chevelure,‖ odorante et vermeille ;Mais aux voix de la rive‖ elle inclina l'oreille,Et voilée à demi‖ d'un bleuâtre éventail,Avec ses bracelets‖ de perle et de corail,Son beau corps diaphane‖ et frais, sa bouche roseOù le sourire ailé‖ comme un oiseau se pose,Et ses cheveux divins‖ de nymphéas ornés,Elle apparut et vit‖ les sages prosternés.
Ganga
Brahmanes ! Qui vivez‖ et priez sur mes rives,Vous qui d'un œil pieux‖ contemplez mes eaux vives,Pourquoi gémir ? Quel est‖ votre tourment cruel ?Un brahmane est toujours‖ un roi spirituel.Il reçoit au berceau‖ mille dons en partage ;Aimé des dieux, il est‖ intelligent et sage ;Il porte au sacrifice‖ un cœur pur et des mainsSans tache ; il vit et meurt‖ vénérable aux humains.Pourquoi gémissez-vous,‖ ô brahmanes que j'aime ?Ne possédez-vous plus‖ la science suprême ?Avez-vous offensé‖ l'essentiel espritPour n'avoir point prié‖ dans le rite prescrit ?Confiez-vous en moi,‖ mes paroles sont sûres :Je puis tarir vos pleurs‖ et fermer vos blessures,Et fixer de nouveau,‖ loin du monde agité,Vos âmes dans le rêve‖ et l'immobilité.Sur le large lotus‖ où son corps divin siège,Ainsi parlait Ganga,‖ blanche comme la neige.
Maitreya
Salut, vierge aux beaux yeux,‖ reine des saintes eaux,Plus douce que le chant‖ matinal des oiseaux,Que l'arôme amolli‖ qui des jasmins émane ;Reçois, belle Ganga,‖ le salut du brahmane.Je te dirai le trouble‖ où s'égare mon cœur.Je me suis enivré‖ d'une ardente liqueur,Et l'amour, me versant‖ son ivresse funeste,Dirige mon esprit‖ hors du chemin céleste.Ô vierge, brise en moi‖ les liens de la chair !Ô vierge, guéris-moi‖ du tourment qui m'est cher !
Narada
Salut, vierge aux beaux yeux,‖ aux boucles d'or fluide,Plus fraîche que l'Aurore‖ au diadème humide,Que les brises du fleuve‖ au fond des bois rêvant ;Reçois, belle Ganga,‖ mon hommage fervent.Je te raconterai‖ ma peine encore amère.Oui, le dernier baiser‖ que me donna ma mère,Suprême embrassement‖ après de longs adieux,De larmes de tendresse‖ emplit toujours mes yeux.Quand vient l'heure fatale‖ et que le jour s'achève,Cette image renaît‖ et trouble le saint rêve.Ô vierge, efface en moi‖ ce souvenir cruel !Ô vierge, guéris-moi‖ de tout amour mortel !
Angira
Salut, vierge aux beaux yeux,‖ rayonnante de gloire,Plus blanche que le cygne‖ et que le pur ivoire,Qui sur ton cou d'albâtre‖ enroules tes cheveux ;Reçois, belle Ganga,‖ l'offrande de mes vœux.Mon malheur est plus fort‖ que ta pitié charmante,Ô déesse ! Le doute‖ infini me tourmente.Pareil au voyageur‖ dans les bois égaré,Mon cœur dans la nuit sombre‖ erre désespéré.Ô vierge, qui dira‖ ce que je veux connaître :L'origine et la fin‖ et les formes de l'être ?
Sous un rayon de lune,‖ au bord des flots muets,Tels parlaient tour à tour‖ les sages inquiets.
Ganga
Quand de telles douleurs‖ troublent l'âme blessée,Ô brahmanes chéris,‖ l'attente est insensée.Si le remède est prêt,‖ les longs discours sont vains.Levez-vous, et quittez‖ le fleuve aux flots divins,Et la forêt profonde‖ où son beau cours commence.Ô sages, le temps presse‖ et la route est immense.Par delà les lacs bleus‖ de lotus embellis,Que le souffle vital‖ berce dans leurs grands lits,Le kaîlasa céleste,‖ entre les monts sublimes,Élève le plus haut‖ ses merveilleuses cimes.Là, sous le dôme épais‖ des feuillages pourprés,Parmi les kokilas‖ et les paons diaprés,Réside Bhagavat‖ dont la face illumine.Son sourire est mâyâ,‖ l'illusion divine ;Sur son ventre d'azur‖ roulent les grandes eaux ;La charpente des monts‖ est faite de ses os.Les fleuves ont germé‖ dans ses veines, sa têteEnferme les védas ;‖ son souffle est la tempête ;Sa marche est à la fois‖ le temps et l'action ;Son coup œil éternel‖ est la création,Et le vaste univers‖ forme son corps solide.Allez, la route est longue‖ et la vie est rapide.
Et Ganga disparut‖ dans le fleuve endormiComme un rayon qui plonge‖ et s'éclipse à demi
Pareils à l'éléphant‖ qui, de son pied sonore,Fuit l'ardente forêt‖ qu'un feu soudain dévore ;Qui mugit à travers‖ les flamboyants rameaux,Et respirant à peine‖ et consumé de maux,Emportant l'incendie‖ à son flanc qui palpite,Dans la fraîcheur des eaux‖ roule et se précipite ;À la voix de Ganga‖ les sages soucieuxSentaient les pleurs amers‖ se sécher dans leurs yeux.Sept fois, les bras tendus‖ vers l'onde bleue et claire,Ils bénirent ton nom,‖ ô vierge tutélaire,Ô fille d'Himavat,‖ déesse au corps charmant,Qui jadis habitais‖ le large firmament,Et que Bhagiratha,‖ le roi du sacrifice,Fit descendre en ce monde‖ en proie à l'injustice.Puis adorant ton nom,‖ béni par eux sept fois,Ils quittèrent le fleuve‖ et l'épaisseur des bois ;Et vers la région‖ des montagnes neigeuses,Durant les chauds soleils‖ et les nuits orageuses,Dédaigneux du péril‖ et du rire moqueur,Les yeux clos, ils marchaient‖ aux clartés de leur cœur.Enfin les lacs sacrés,‖ à l'horizon en flammes,Resplendirent, berçant‖ des esprits sur leurs lames.Dans leur sein azuré,‖ le mont intelligent,L'immense kaîlasa‖ mirait ses pics d'argentOù siège Bhagavat‖ sur un trône d'ivoire ;Et les sages en chœur‖ saluèrent sa gloire.
Les brahmanes
Kaîlasa, kaîlasa !‖ Montagne, appui du ciel,Des dieux supérieurs‖ séjour spirituel,Centre du monde, abri‖ des âmes innombrables,Où les kalahamsas‖ chantent sur les érables ;Kaîlasa, kaîlasa !‖ Trône de l'incréé,Que tu t'élances haut‖ dans l'espace sacré !Oh ! Qui pourrait monter‖ sur tes degrés énormes,Si ce n'est Bhagavat,‖ le créateur des formes ?Nous qui vivons un jour‖ et qui mourrons demain,Hélas ! Nos pieds mortels‖ s'useront en chemin ;Et sans doute épuisés‖ de vaine lassitude,Nous tomberons, vaincus,‖ sur la pente trop rude,Sans boire l'air vital‖ qui baigne tes sommets ;Mais les yeux qui t'ont vu‖ ne t'oublieront jamais !Les urnes de l'autel,‖ qui fument d'encens pleines,Ont de moins doux parfums‖ que tes vives haleines ;Tes fleuves sont pareils‖ aux pythons lumineuxQui sur les palmiers verts‖ enroulent leurs beaux nœuds ;Ils glissent au détour‖ de tes belles collinesEn guirlandes d'argent,‖ d'azur, de perles fines ;Tes étangs de saphir,‖ où croissent les lotus,Luisent dans tes vallons‖ d'un éclair revêtus ;Une rouge vapeur‖ à ton épaule ondoieComme un manteau de pourpre‖ où le couchant flamboie.Mille fleurs, sur ton sein,‖ plus brillantes encor,Au vent voluptueux‖ livrent leurs tiges d'or,Berçant dans leur calice,‖ où le miel étincelle,Mille oiseaux dont la plume‖ en diamants ruisselle.Kaîlasa, kaîlasa !‖ Soit que nos pieds hardisAtteignent la hauteur‖ pure où tu resplendis ;Soit que le souffle humain‖ manquant à nos poitrinesNous retombions morts‖ sur tes larges racines ;Ô merveille du monde,‖ ô demeure des dieux,Du visible univers‖ monarque radieux,Sois béni ! Ta beauté,‖ dans nos cœurs honorée,Fatiguera du temps‖ l'éternelle durée.Salut, route du ciel‖ que vont fouler nos pas ;Dans la vie ou la mort‖ nous ne t'oublierons pas.
Ayant chanté le mont‖ Kaîlasa, les BrahmanesSe baignèrent trois fois‖ dans les eaux diaphanes.Ainsi purifiés‖ des souillures du corps,Ils gravirent le mont,‖ plus sages et plus forts.Les aurores naissaient,‖ et, semblables aux roses,S'effeuillaient aux soleils‖ qui brûlent toutes choses ;Et les soleils voilaient‖ leur flamme, et, tour à tour,Du sein profond des nuits‖ rejaillissait le jour.Les brahmanes montaient,‖ pleins de force et de joie.Déjà les kokilas,‖ sur le bambou qui ploie,Et les paons et les coqs‖ au plumage de feuAnnonçaient le séjour,‖ l'inénarrable lieu,D'où s'épanche sans cesse,‖ en torrents de lumière,La divine mâyâ,‖ l'illusion première.Mille femmes au front‖ d'ambre, aux longs cheveux noirs,Des flots aux frais baisers‖ troublaient les bleus miroirs ;Et du timbre argenté‖ de leurs lèvres pourpréesDisaient en souriant‖ les hymnes consacrées ;Et les esprits nageaient‖ dans l'air mystérieux ;Et les doux kinnaras,‖ musiciens des dieux,Sur les flûtes d'ébène‖ et les vinâs d'ivoire,Chantaient de Bhagavat‖ l'inépuisable histoire.
Les kinnaras
I
Il était en principe,‖ unique et virtuel,Sans forme et contenant‖ l'univers éternel.Rien n'était hors de lui,‖ l'abstraction suprême !Il regardait sans voir‖ et s'ignorait soi-même.Et soudain tu jaillis‖ et tu l'enveloppas,Toi, la source infinie,‖ et de ce qui n'est pasEt des choses qui sont !‖ Toi par qui tout s'oublie,Meurt, renaît, disparaît,‖ souffre et se multiplie,Mâyâ ! Qui, dans ton sein‖ invisible et béant,Contiens l'homme et les dieux,‖ la vie et le néant !
II
La terre était tombée‖ au profond de l'abîme,Et les richis jetaient‖ une plainte unanime ;Mais bhagavat, semblable‖ au lion irrité,Rugit dans la hauteur‖ du ciel épouvanté.Le divin sanglier,‖ mâle du sacrifice,Œil rouge, et secouant‖ son poil qui se hérisse,Tel qu'un noir tourbillon,‖ un souffle impétueux,Traversant d'un seul bond‖ les airs tumultueux,Favorable aux richis‖ dont la voix le supplie,Suivait à l'odorat‖ la terre ensevelie.Il plongea sans tarder‖ au fond des grandes eaux ;Et l'océan souffrit‖ alors d'étranges maux,Et les flancs tout meurtris‖ de la chute sacrée,Étendit les longs bras‖ de l'onde déchirée,Poussant une clameur‖ douloureuse et disant :Seigneur ! Prends en pitié‖ l'abîme agonisant !Mais bhagavat nageait‖ sous les flots sans rivage.Il vit, dans l'algue épaisse‖ et les limons sauvages,La terre qui gisait‖ et palpitait encor ;Et transfixant, du bout‖ de ses défenses d'or,L'univers échoué‖ dans l'étendue humide,Il remonta couvert‖ d'une écume splendide.
III
Quand sur la nue assis,‖ noir de colère, Indra,Amassera la pluie‖ et la déchaîneraPour engloutir le monde‖ et venger son offense ;Le jeune Bhagavat,‖ dans la fleur de l'enfance,Qui, sous les açokas‖ cherchant de frais abris,Joûra dans la rosée‖ avec les colibris,Voulant sauver la terre‖ encor féconde et belle,Soutiendra d'un seul doigt,‖ comme une large ombrelle,Sous les torrents du ciel‖ qui rugiront en vain,Durant sept jours entiers,‖ l'Himalaya divin !
IV
Le chef des éléphants,‖ brûlé par la lumière,Vers midi se baignait‖ dans la fraîche rivière ;Et tout murmurant d'aise‖ et lavé d'un flot pur,Respirait des lotus‖ les calices d'azur.Un crocodile noir,‖ troublant sa quiétude,Le saisit tout à coup‖ par son pied lourd et rude.Seigneur ! Dit l'éléphant‖ plein de crainte, entends-moi !Seigneur des âmes, viens !‖ Je vais mourir sans toi.Bhagavat l'entendit,‖ et d'un effort facileBrisa comme un roseau‖ les dents du crocodile.
Aux chants des kinnaras,‖ de désirs consumés,Les brahmanes foulaient‖ les gazons parfumés ;Et sur les bleus étangs‖ et sous le vert feuillage,Cherchant de bhagavat‖ la glorieuse image,Ils virent, plein de grâce‖ et plein de majesté,Un être pur et beau‖ comme un soleil d'été.C'était le dieu. Sa noire‖ et lisse chevelure,Ceinte de fleurs des bois‖ et vierge de souillure,Tombait divinement‖ sur son dos radieux ;Le sourire animait‖ le lotus de ses yeux ;Et dans ses vêtements‖ jaunes comme la flamme,Avec son large sein‖ où s'anéantit l'âme,Et ses bracelets d'or‖ de joyaux enrichis,Et ses ongles pourprés‖ qu'adorent les richis ;Son nombril merveilleux,‖ centre unique des choses,Ses lèvres de corail‖ où fleurissent les roses,Ses éventails de cygne‖ et son parasol blanc ;Il siégeait, plus sublime‖ et plus étincelantQu'un nuage, unissant,‖ dans leur splendeur commune,L'éclair et l'arc-en-ciel,‖ le soleil et la lune.Tel était bhagavat,‖ visible à œil humain.Le nymphéa sacré‖ s'agitait dans sa main.Comme un mont d'émeraude‖ aux brillantes racines,Aux pics d'or, embellis‖ de guirlandes divines,Et portant pour ceinture‖ à ses reins florissantsDes lacs et des vallons‖ et des bois verdissants,Des jardins diaprés‖ et de limpides ondes ;Tel il siégeait. Son corps‖ embrassait les trois mondes ;Et de sa propre gloire‖ un pur rayonnementEnvironnait son front‖ majestueusement.
Bhagavat, bhagavat !‖ Essence des essences,Source de la beauté,‖ fleuve des renaissances !Lumière qui fait vivre‖ et mourir à la fois !Ils te virent, seigneur,‖ et restèrent sans voix.Comme l'herbe courbée‖ au souffle de la plaineLeur tête s'abaissa‖ sous ta mystique haleine,Et leur cœur bondissant,‖ dans leur sein dilaté,Comme un lion captif‖ chercha la liberté.L'air vital, attiré‖ par la chaleur divine,D'un insensible effort‖ monta dans la poitrine,Et sous le crâne épais,‖ à l'esprit réuni,Se fraya le chemin‖ qui mène à l'infini.Ainsi que le soleil‖ ami des hautes cimes,Tu souris, bhagavat,‖ à ces âmes sublimes.Toi-même, ô dieu puissant,‖ dispensateur des biens,Dénouas de l'esprit‖ les suprêmes liens ;Et dans ton sein sans borne,‖ océan de lumière,Ils s'unirent tous trois‖ à l'essence première,Le principe et la fin,‖ erreur et vérité,Abîme de néant‖ et de réalitéQu'enveloppe à jamais‖ de sa flamme fécondeL'invisible mâyâ,‖ créatrice du monde ;Espoir et souvenir,‖ le rêve et la raison :L'unique, l'éternelle‖ et sainte illusion.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 240((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a plantes / lentes féminine, classiqueb ciel / éternel masculine, classiquec splendide / candide féminine, classiqued douleurs / fleurs masculine, classiquee fleuve / s'abreuve féminine, classiquef arceaux / roseaux masculine, classiqueg calices / délices féminine, classiqueh sommeil / soleil masculine, classiquei étincelles / ailes féminine, classiquej ours / toujours masculine, classiquek bananes / lianes féminine, classiquel reployé / rayé masculine, classiquem îles / crocodiles féminine, classiquen forêts / secrets masculine, classiqueo terminées / années féminine, classiquep bruit / fuit masculine, classiqueq l'antilope / l'enveloppe féminine, classiquer frémissant / sang masculine, non classiques reptiles / subtiles féminine, classiquet d'argent / diligent masculine, classiqueu échappées / frappées féminine, classiquea palpitait / chantait masculine, classiqueb naître / l'être féminine, classiquec plongés / chargés masculine, classiqued austères / solitaires féminine, classiquee cités / voluptés masculine, classiquef meilleure / intérieure féminine, classiqueg cieux / yeux masculine, classiqueh balance / silence féminine, classiquea natal / cristal masculine, classiqueb sarcelles / ailes féminine, classiquec fleuris / colibris masculine, classiqued céleste / modeste féminine, classiquee verts / couverts masculine, classiquef l'abeille / vermeille féminine, classiqueg sein / essaim masculine, classiqueh pourprées / dorées féminine, classiquei délicat / éclat masculine, classiquej neige / protège féminine, classiquek douceur / cœur masculine, classiquel rapide / humide féminine, classiquem jamais / j'aimais masculine, classiquen choses / roses féminine, classiqueo noirs / devoirs masculine, classiquep feuilles / m'accueilles féminine, classiqueq amer / mer masculine, classiquea tâche / vache féminine, classiqueb chemin / lendemain masculine, classiquec l'aime / suprême féminine, classiqued forêts / j'errais masculine, classiquee contrées / sacrées féminine, classiquef souvent / vent masculine, classiqueg nue / venue féminine, classiqueh soucieux / injurieux masculine, classiquei solitaire / terre féminine, classiquej yeux / merveilleux masculine, classiquek éternelle / elle féminine, classiquel toujours / jours masculine, classiquem encore / j'adore féminine, classiquen lent / excellent masculine, classiquea l'être / connaître féminine, classiqueb assis / récits masculine, classiquec face / s'efface féminine, classiqued tous / vous masculine, classiquee lumière / paupière féminine, classiquef agités / austérités masculine, classiqueg image / hommage féminine, classiqueh apparent / transparent masculine, classiquei montagne / campagne féminine, classiquej harmonieux / yeux masculine, classiquek monde / l'onde féminine, classiquel l'oubli / enseveli masculine, classiquem inexorable / insatiable féminine, classiquen dieux / odieux masculine, classiquea sages / visages féminine, classiqueb voix / bois masculine, classiquec frêles / ailes féminine, classiqued indolents / étincelants masculine, classiquee rapides / timides féminine, classiquef dressant / puissant masculine, classiqueg draperies / pierreries féminine, classiqueh l'horizon / gazon masculine, classiquei murmurantes / transparentes féminine, classiquej dilaté / volupté masculine, classiquek d'émeraude / chaude féminine, classiquea ennuis / nuits masculine, classiqueb inconnue / nue féminine, classiquec chemin / humain masculine, classiqued profonde / monde féminine, classiquee supplicié / pitié masculine, classiquef faiblesse / blesse féminine, classiqueg saisir / désir masculine, classiqueh s'achève / rêve féminine, classiquei emporté / beauté masculine, classiquej divine / origine féminine, classiquek d'effroi / toi masculine, classiquea déesse / détresse féminine, classiqueb semés / parfumés masculine, classiquec vermeille / l'oreille féminine, classiqued éventail / corail masculine, classiquee rose / pose féminine, classiquef ornés / prosternés masculine, classiquea rives / vives féminine, classiqueb cruel / spirituel masculine, classiquec partage / sage féminine, classiqued mains / humains masculine, classiquee j'aime / suprême féminine, classiquef esprit / prescrit masculine, classiqueg sûres / blessures féminine, classiqueh agité / l'immobilité masculine, classiquei siège / neige féminine, classiquea eaux / oiseaux masculine, classiqueb émane / brahmane féminine, classiquec cœur / liqueur masculine, classiqued funeste / céleste féminine, classiquee chair / cher masculine, classiquea fluide / humide féminine, classiqueb rêvant / fervent masculine, classiquec amère / mère féminine, classiqued adieux / yeux masculine, classiquef cruel / mortel masculine, classiquea gloire / ivoire féminine, classiqueb cheveux / vœux masculine, classiquec charmante / tourmente féminine, classiqued égaré / désespéré masculine, classiquee connaître / l'être féminine, classiquea muets / inquiets masculine, classiquea blessée / insensée féminine, classiqueb vains / divins masculine, classiquec commence / immense féminine, classiqued embellis / lits masculine, classiquee sublimes / cimes féminine, classiquef pourprés / diaprés masculine, classiqueg illumine / divine féminine, classiqueh eaux / os masculine, classiquei tête / tempête féminine, classiquej l'action / création masculine, classiquek solide / rapide féminine, classiquea endormi / demi masculine, classiquea sonore / dévore féminine, classiqueb rameaux / maux masculine, classiquec palpite / précipite féminine, classiqued soucieux / yeux masculine, classiquee claire / tutélaire féminine, classiquef charmant / firmament masculine, classiqueg sacrifice / l'injustice féminine, classiqueh fois / bois masculine, classiquei neigeuses / orageuses féminine, classiquej moqueur / cœur masculine, classiquek flammes / lames féminine, classiquel intelligent / d'argent masculine, classiquem d'ivoire / gloire féminine, classiquea ciel / spirituel masculine, classiqueb innombrables / érables féminine, classiquec l'incréé / sacré masculine, classiqued énormes / formes féminine, classiquee demain / chemin masculine, classiquef lassitude / rude féminine, classiqueg sommets / jamais masculine, classiqueh pleines / haleines féminine, classiquei lumineux / nœuds masculine, classiquej collines / fines féminine, classiquek lotus / revêtus masculine, classiquel ondoie / flamboie féminine, classiquem encor / d'or masculine, classiquen étincelle / ruisselle féminine, classiqueo hardis / resplendis masculine, classiquep poitrines / racines féminine, classiqueq dieux / radieux masculine, classiquer honorée / durée féminine, classiques pas masculine, classiquea Brahmanes / diaphanes féminine, classiqueb corps / forts masculine, classiquec roses / choses féminine, classiqued tour / jour masculine, classiquee joie / ploie féminine, classiquef feu / lieu masculine, classiqueg lumière / première féminine, classiqueh noirs / miroirs masculine, classiquei pourprées / consacrées féminine, classiquej mystérieux / dieux masculine, classiquek d'ivoire / histoire féminine, classiquea virtuel / éternel masculine, classiqueb suprême / soi-même féminine, classiquec l'enveloppas / pas masculine, classiqued s'oublie / multiplie féminine, classiquee béant / néant masculine, classiquea l'abîme / unanime féminine, classiqueb irrité / épouvanté masculine, classiquec sacrifice / hérisse féminine, classiqued impétueux / tumultueux masculine, classiquee supplie / ensevelie féminine, classiquef eaux / maux masculine, classiqueg sacrée / déchirée féminine, classiqueh disant / agonisant masculine, classiquei rivage / sauvages féminine, non classiquek humide / splendide féminine, classiquea Indra / déchaînera masculine, classiqueb offense / l'enfance féminine, classiquec abris / colibris masculine, classiqued belle / ombrelle féminine, classiquee vain / divin masculine, classiquea lumière / rivière féminine, classiqueb pur / d'azur masculine, classiquec quiétude / rude féminine, classiqued entends-moi / toi masculine, classiquee facile / crocodile féminine, classiquea consumés / parfumés masculine, classiqueb feuillage / image féminine, classiquec majesté / d'été masculine, classiqued chevelure / souillure féminine, classiquee radieux / yeux masculine, classiquef flamme / l'âme féminine, classiqueg enrichis / richis masculine, classiquei blanc / étincelant masculine, classiquej commune / lune féminine, classiquek humain / main masculine, classiquel racines / divines féminine, classiquem florissants / verdissants masculine, classiquen ondes / mondes féminine, classiqueo rayonnement / majestueusement masculine, classiquea essences / renaissances féminine, classiqueb fois / voix masculine, classiquec plaine / haleine féminine, classiqued dilaté / liberté masculine, classiquee divine / poitrine féminine, classiquef réuni / l'infini masculine, classiqueg cimes / sublimes féminine, classiqueh biens / liens masculine, classiquej vérité / réalité masculine, classiquek féconde / monde féminine, classiquel raison / illusion masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
480 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes antiques, Librairie Marc Ducloux, Éditeur, 1852· numérisation Biblio.tic· Sources