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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Poèmes antiques, 1852

Niobé

Charles-Marie Leconte de Lisle· strophes variées, alexandrins, 483 vers

1847.

Ville au bouclier d'or,‖ favorite des dieux,Toi que bâtit la lyre‖ aux sons mélodieux,Toi que baigne Dircé‖ d'une onde inspiratrice,D'Héraclès justicier‖ magnanime nourrice,Thèbes ! — Toi qui contins‖ entre tes murs sacrésLe dieu né de la foudre,‖ aux longs cheveux dorés,Ceint de pampre, Iacchos,‖ qui, la lèvre rougie,Danse, le thyrse en main,‖ aux monts de la Phrygie ;Ville illustre où l'éclair‖ féconda Sémélé,Un peuple immense en toi‖ murmure amoncelé.

Au lever du soleil‖ doucement agitée,Telle chante la mer,‖ quand Ino-Leucothée,La fille de Cadmus,‖ déesse à qui tu plais,Abandonne en riant‖ son humide palaisEt déroule à longs plis‖ le voile tutélaireQui d'Éole irrité‖ fait tomber la colère.Les nymphes aux beaux yeux,‖ habitantes des eaux,Ont couronné leurs fronts‖ d'algues et de roseaux,Et s'élançant du sein‖ des grottes de Nérée,Suivent la belle Ino,‖ compagne vénérée,Pareilles sur les mers‖ à des cygnes neigeux,Elles nagent ! Les flots‖ s'apaisent sous leurs jeux,Et le puissant soupir‖ des ondes maternellesMonte par intervalle‖ aux voûtes éternelles.Tel murmure ton peuple,‖ ô cité de Cadmus !De joyeuses clameurs‖ tes remparts sont émus ;Tes temples animés‖ de marbres prophétiquesOuvrent aux longs regards‖ leurs radieux portiques ;Aux pieds des grands autels‖ qu'un sang épais rougitSous le couteau sacré‖ l'hécatombe mugit,Et vers le ciel propice‖ une brise embauméeEmporte des trépieds‖ la pieuse fumée.Phœbos Lycoréen,‖ l'œil mi-clos de sommeil,De la blonde Thétys‖ touche le sein vermeil :La nuit tranquille couvre,‖ en déployant ses ailes,La terre de Pélops‖ d'ombres universelles.Les jeux héracléens,‖ aux bords de l'Isménus,Finissent, et font place‖ aux banquets de Vénus ;L'olivier cher aux dieux‖ ceint les fronts héroïques ;Et tous, avec des chants,‖ vers les remparts lyriques,Reviennent à grand bruit,‖ comme des flots nombreux,Par les plaines, les monts‖ et les chemins poudreux.Leur rumeur les devance,‖ et, du berceau d'Alcide,Jette un écho sonore‖ aux monts de la Phocide.Mille agiles coursiers‖ impatients du frein,Liés aux chars roulant‖ sur les axes d'airain,Superbes, contenus‖ dans leur fougue domptée,Rongent le mors blanchi‖ d'une écume argentée.Qu'ils sont beaux, asservis,‖ mais fiers sous l'aiguillon,Et creusant dans la poudre‖ un palpitant sillon !Les uns, aux crins touffus,‖ aux naseaux intrépides,De l'amoureux Alphée‖ ont bu les eaux rapides.Ceux-ci remplis encor‖ de sauvages élans,Sous le hardi Lapithe‖ assouplissent leurs flancs,Et rêvant, dans leur vol,‖ la libre Thessalie,Hennissent tout joyeux‖ sous le joug qui les lie.Ceux-là, près de Pylos,‖ par Zéphyre enfantés,Nourris d'algue marine,‖ et sans cesse irrités,S'abandonnant au feu‖ d'un sang irrésistible,Ont du dieu paternel‖ gardé l'aile invisible ;Et, toujours ruisselants‖ de rage et de sueur,Jettent de leurs grands yeux‖ une ardente lueur.Ils entraînent, fumants‖ d'une brûlante haleine,Les grands vieillards drapés‖ dans la pourpre ou la laine,Graves, majestueux,‖ couronnés de respect ;Et les jeunes vainqueurs‖ au belliqueux aspect,Qui, fiers du noble poids‖ de leur gloire première,Sur leurs casques polis‖ font jouer la lumière.Les enfants de Cadmus,‖ à leur trace attachés,S'agitent derrière eux,‖ haletants et penchés,Et dans Thèbes bientôt‖ les coursiers qui frémissentDéposent les guerriers‖ sous qui les chars gémissent.Le palais d'Amphion,‖ aux portiques sculptés,S'entr'ouvre aux lourds essieux‖ l'un par l'autre heurtés.Chaque héros s'élance,‖ et les fortes armuresOnt glacé tous les cœurs‖ par d'effrayants murmures.Les serviteurs du roi,‖ sur le seuil assemblés,Servent l'orge et l'avoine‖ aux coursiers dételés ;Et les chars, recouverts‖ de laines protectrices,S'inclinent lentement‖ contre les murs propices.

Sous des voûtes de marbre,‖ abri mystérieux,Loin des bruits du palais,‖ de l'oreille et des yeux,En de limpides bains,‖ nourris de sources vives,De larges conques d'or‖ reçoivent les convives.L'huile baigne à doux flots‖ leurs membres assouplis ;De longs tissus de lin‖ les couvrent de leurs plis ;Puis, aux sons amoureux‖ des lyres ioniques,Ils entrent, revêtus‖ d'éclatantes tuniques.Ô surprise ! En la salle‖ aux contours spacieux,L'argent, l'ambre et l'ivoire‖ éblouissent leurs yeux.Dix nymphes d'or massif,‖ qu'on dirait animées,Tendent d'un bras brillant‖ dix torches enflammées ;Mille flambeaux encore,‖ aux voûtes suspendus,Font jaillir tour à tour‖ leurs feux inattendus ;Et la flamme, inondant‖ l'enceinte rayonnante,Semant d'ardents reflets‖ la pourpre environnante,Irradie en éclairs‖ aux lambris de métal.Comme un dieu que supporte‖ un riche piédestal,Le divin Amphion,‖ semblable au fils de Rhée,D'un sceptre étincelant‖ charge sa main sacrée,Et soutient, le front haut,‖ de ses larges genoux,Sa lyre créatrice‖ aux accents forts et doux.Le calme et la bonté,‖ la gloire et le génieCouronnent à la fois‖ ce roi de l'harmonie.Dans sa robe de pourpre,‖ immobile et songeur,Il suit auprès des dieux‖ son esprit voyageur ;Il règne, il chante, il rêve.‖ Il est heureux et sage.Sa barbe, à longs flocons‖ déjà blanchis par l'âge,Sur sa grande poitrine‖ avec lenteur descend,Et le bandeau royal‖ couvre son front puissant.Assise à ses côtés‖ sur la pourpre natale,La fière Niobé,‖ la fille de Tantale,Blanche dans son orgueil,‖ avec félicitéContemple les beaux fruits‖ de sa fécondité,Sept filles et sept fils,‖ richesse maternelleQu'elle réchauffe encore‖ à l'abri de son aile.Autour d'elle, à ses pieds,‖ actives, et roulantLa quenouille d'ivoire‖ au gré de leur doigt blanc,Vingt femmes de Lydie‖ aux riches bandelettesOurdissent finement‖ les laines violettes.Telles, près de Thétys,‖ sous les grottes d'azurQue baigne incessamment‖ un flot tranquille et pur,En un lit de corail‖ les blanches NéréidesTournent en souriant‖ leurs quenouilles humides.

Pourtant les serviteurs‖ font d'un bras diligentCouler les vins dorés‖ des cratères d'argent ;Le miel tombe en rayons‖ des profondes amphores ;Aux convives du roi‖ les jeunes canéphoresOffrent leurs fruits vermeils.‖ — Sous le festin fumantLa table aux ais nombreux‖ a gémi longuement.

Les héros sont assis,‖ ceints d'un rameau de lierre.Le tranquille repos‖ rit sur leurs fronts joyeux ;Et pour charmer encor‖ la table hospitalière,L'aède aux chants aimés‖ va célébrer les dieux.Le divin Amphion,‖ roi que l'Olympe honore,Calme les bruits épars,‖ de son sceptre incliné ;Et vers la voûte immense,‖ éclatante et sonore,Sur le mode éolien‖ la lyre a résonné.

Toi qui règnes au sein‖ de la voûte azurée,Éther, dominateur‖ de tout, flamme sacrée,Aliment éternel‖ des astres radieux,De la terre et des flots,‖ des hommes et des dieux !Ardeur vivante ! Éther !‖ Source immense, invisible,Qui, pareil en ton cours‖ au torrent invincible,Dispenses, te frayant‖ mille chemins divers,La chaleur et la vie‖ au multiple univers,Salut, éther divin,‖ ô substance première !Et vous, signaux du ciel,‖ flamboyante lumière,Compagnons de la nuit,‖ toujours jeunes et beaux,Salut, du vieux Khronos‖ impassibles flambeaux !Et toi, nature, habile‖ et sachant toutes choses,Ceinte d'éclairs, d'épis,‖ d'étoiles et de roses,Épouse de l'éther !‖ Toi qui sur nous étendsComme pour nous bénir‖ tes deux bras éclatants,Nature, ô vierge-mère,‖ ô nourrice éternelle,La vie à flots profonds‖ coule de ta mamelle,Et les dieux, adorant‖ ta puissante beauté,Te partagent leur gloire‖ et leur éternité.Salut, vieil Ouranos,‖ agitateur des mondes,Qui guides dans l'azur‖ leurs courses vagabondes,Dieu caché, dieu visible,‖ indomptable et changeant,Qui ceins les vastes airs‖ de ton vol diligent !Salut, Zeus, roi du feu,‖ sous qui le ciel palpite,Dont le courroux subtil‖ gronde et se précipite,Ô Zeus au noir sourcil,‖ éclatant voyageur,Salut, fils de Khronos,‖ salut, ô dieu vengeur !

Il chante. — En son repos,‖ la mer aux flots mobilesD'un concert moins sublime‖ émeut ses bords charmésLes héros suspendus‖ à ses lèvres habilesOnt délaissé la coupe‖ et les mets parfumés.Cédant aux voluptés‖ de leur joie infinie,Tels, oubliant la terre‖ et l'encens des autels,Aux accents d'Apollon,‖ les calmes immortelsS'abreuvent à longs traits‖ d'une immense harmonie.

Ô race d'Ouranos,‖ ô Titans monstrueux,Ô rois découronnés‖ par Zeus, fils de Saturne,Pleurez et gémissez‖ dans l'abîme nocturneDu monde aux larges flancs‖ captifs tumultueux !Atteste Zeus vainqueur,‖ dieu terrible aux cent têtes,Dernier né de la terre,‖ immense TyphoéÀ la bouche fumante,‖ ô père des tempêtes,De l'immobile Hadès‖ habitant foudroyé !

Chantez l'immortel Zeus,‖ jeunes océanidesQui vous jouez en rond‖ sur les perles humidesCéto, Callirhoé,‖ Clymène aux pieds charmants,Cymathoé, Thétys,‖ Glaucé, Cymatolège,Électre au cou d'albâtre,‖ Eunice aux bras de neige,Reines des bleus palais‖ sous les flots écumants !

Saliens vagabonds,‖ retentissants Curètes,Qui gardiez son enfance‖ en d'obscures retraites,Du choc des boucliers‖ faites trembler les cieux !Générateurs des fruits,‖ dieux aux robes tombantes,Chantez en chœur sa gloire,‖ ô sacrés corybantes,Indomptables danseurs‖ aux bonds prodigieux !

Et toi qu'il fit jaillir‖ de sa tête infinie,Déesse au casque d'or,‖ Pallas Tritogénie,Enseigne sa prudence‖ aux ignorants mortels.Viens, dis-nous ses amours,‖ blanche fille de l'onde,Aphrodite au sein rose,‖ ô reine à tête blonde,Volupté, dont le rire‖ a conquis des autels !

Vous tous, du divin Zeus,‖ salut, enfants sans nombre,De l'Olympe éthéré‖ jusqu'à l'Érèbe sombreFruits de ses mille hymens,‖ monarques étoilésQui régnez à ses pieds‖ et brillez à son ombre,Vous ne descendez point‖ aux tombeaux désolés.Vous êtes sa pensée‖ aux formes innombrables,Vous êtes son courroux,‖ sa force et sa grandeur.Salut, déesses, dieux !‖ Soyez-nous favorables,Salut, rayons vivants‖ tombés de sa splendeur.

Quel nuage a couvert‖ de son ombre fataleTon front majestueux,‖ ô fille de Tantale ?Ton noir sourcil s'abaisse ;‖ un éclair soucieux,Précurseur de l'orage,‖ a jailli de tes yeux,Et de ton sein royal‖ la blancheur palpitanteSe gonfle sous les plis‖ de ta robe flottante.

Il en est un pourtant‖ plus illustre et plus beau,C'est le dieu de Sminthée‖ et de la Méonie :De l'antique Ouranos‖ il porte le flambeau,Il verse dans son vol‖ la flamme et l'harmonie.

C'est le roi de Pytho,‖ de Milet, de Claros,C'est le Lycoréen‖ meurtrier de Titye,Qui sourit, plein d'orgueil,‖ quand sa flèche est partie ;Le dieu certain du but,‖ protecteur des héros.

Sur le Pinde ombragé,‖ filles de Mnémosyne,Vous unissez vos voix‖ à sa lyre divine ;Et délaissant son char‖ à la cime des cieux,Il marche environné‖ d'un chœur harmonieux.

Il est jeune, il est fier !‖ Les brises vagabondesGlissent avec amour‖ sur ses cheveux dorés ;Ô muses, et pour vous,‖ de ses lèvres fécondesTombent les rhythmes d'or‖ et les chants inspirés ;Puis, il suspend sa lyre‖ aux temples préférés,Et plonge étincelant‖ aux écumantes ondes.

Dès qu'aux bords de Délos‖ ses yeux furent ouvertsUn arc d'argent frémit‖ dans ses mains magnanimes ;Et foulant le sommet‖ des montagnes sublimes,D'un regard lumineux‖ il baigna l'univers !

Salut ! Je te salue,‖ Apollon, qui, sans cesse,Sur le Pinde as guidé‖ ma timide jeunesse ;Daigne inspirer ma voix,‖ dieu que j'aime, et permetsQue ma lyre et mes chants‖ ne t'offensent jamais.

Et toi, sœur d'Apollon,‖ ô vierge chasseresse,Diane aux flèches d'or !‖ Intrépide déesse,Tu hantes les sommets‖ battus des sombres vents.Sous la pluie et la neige‖ et de sang altérée,Tu poursuis sans repos‖ de ta flèche acéréeLes grands lions couchés‖ au fond des bois mouvants.

Nul n'échappe à tes coups,‖ ô reine d'Ortygie !La source des forêts‖ lave ta main rougie,Et quand Apollon passe‖ en dardant ses éclairs,Tu livres ton beau corps‖ aux baisers des flots clairs.

Malheur à qui t'a vue‖ aux sources d'Érymanthe !En vain il suppliera‖ son immortelle amante :Ô vierge inexorable,‖ ô chasseur insensé !Il ne pressera plus‖ le sein qui l'a bercé ;Et les blancs lévriers‖ que ses yeux ont vu naître,Oublieux de sa voix,‖ déchireront leur maître !

Salut, belle Cynthie‖ aux redoutables mains,Qui, parfois, délaissant‖ les belliqueuses chasses,Danses aux bords delphiens,‖ mêlée aux jeux des Grâces,Ô fille du grand Zeus,‖ nourrice des humains !

Et toi, Léto ! Salut,‖ mère pleine de gloire !Tu n'auras point brillé‖ d'un éclat illusoire :Deux illustres enfants‖ entre tous te sont nés.Par delà les cités,‖ les monts, la mer profonde,Vénérable déesse‖ aux destins fortunés,Ils ont porté ta gloire‖ aux limites du monde.

Ô reine, ô Niobé,‖ Pythie en proie au dieu,Tu te lèves, superbe,‖ et les regards en feu,Et d'un geste apaisant‖ l'assemblée éperdue,Vers l'Aède inspiré‖ ta main s'est étendue.Tu parles ! Ô terreur !‖ Quels discours insensésDe tes lèvres sans frein‖ tombent à flots pressés ?Ainsi du froid Hémus‖ les neiges ébranléesS'écroulent avec bruit‖ dans les blanches vallées ;L'écho gronde en fuyant,‖ et les tristes pasteursHâtent les bœufs tardifs‖ vers les toits protecteurs.Ton souffle a fait pâlir‖ le divin interprète :Sur la lyre aux trois voix‖ le plectre d'or s'arrête,Et quelques sons encor,‖ soupirs harmonieux,S'exhalent en mourant‖ comme une plainte aux dieux !

Silence ! — Un chant funeste‖ a frappé mon oreille…Tout mon cœur s'est troublé‖ d'une audace pareille.Un mortel, las de vivre,‖ insulta-t-il jamaisLa fille de Tantale‖ assise en son palais ?Mieux vaudrait, qu'au berceau,‖ son implacable mèreEût arrêté le cours‖ de sa vie éphémère,Que d'attirer ainsi,‖ sur son front insensé,L'orage qui dormait‖ dans mon cœur offensé.Tais-toi. — Je veux t'offrir‖ un retour tutélaire.Les louanges de Zeus‖ irritent ma colère…Et c'est assez, sans doute,‖ au tartare cruelQu'il attache à mon père‖ un supplice éternel !Il était d'autres dieux‖ que les tiens, — Race auguste,Dont le sang était pur,‖ dont l'empire était juste,Fils de la terre immense‖ et du vieil Ouranos.

Ces monarques régnaient‖ dans les cieux en repos.Propices aux mortels,‖ tout remplis de largesse,Ils dispensaient la paix,‖ le bonheur, la sagesse ;Et la terre, bercée‖ en leurs bras caressants,Vantait la piété‖ de ses fils tout-puissants.Chante ces dieux déchus‖ des voûtes éthérées,Qui, frappés dans le sein‖ des batailles sacrées,Sous les doubles assauts‖ de la foudre et du temps,Gisent au noir Hadès ;‖ chante les dieux Titans !Hypérion, Atlas‖ et l'époux de Clymène,Et celui d'où sortit‖ toute science humaine,L'illustre Prométhée‖ aux yeux perçants ! CeluiPour qui seul entre tous‖ l'avenir avait lui.Le ravisseur du feu,‖ cher aux mortels sublimes,Qui longtemps enchaîné‖ sur de sauvages cimes,Bâtissait un grand rêve‖ aux serres du vautour ;Sur qui, durant les nuits,‖ pleuraient, pleines d'amour,Les filles d'océan‖ aux invisibles ailes ;Qu'Héraclès délivra‖ de ses mains immortelles,Et qui fera jaillir‖ de son sein indomptéLe jour de la justice‖ et de la liberté.Chante ces dieux ! Ceux-là‖ furent heureux et sages :Leur culte au fond des cœurs‖ survit au cours des âges.Dans les flancs maternels‖ de la terre couchés,Sur le jeune avenir‖ leurs yeux sont attachés,Certains qu'au jour fatal,‖ précipité du trône,Zeus s'évanouira‖ sur les ailes de Khrone ;Qu'un autre dieu plus fort,‖ dans l'Olympe désert,Régnant, enveloppé‖ d'un éternel concert,Et d'un songe inutile‖ entretenant la terre,Refusera la coupe‖ aux lèvres qu'il altère ;Que lui-même, vaincu‖ par de hardis mortels,Verra le feu sacré‖ mourir sur ses autels ;Que les déshérités‖ gisant dans l'ombre avare,Franchiront glorieux‖ les fleuves du TartareEt que les dieux humains‖ apaisant nos sanglots,Réuniront la terre‖ à l'antique Ouranos !Ô stupide vainqueur‖ du divin Prométhée,Puisse, du ciel, ta race‖ avec toi rejetée,De ton règne aboli‖ comptant les mornes jours,Au gouffre originel‖ descendre pour toujours !J'ai honte de ton sang‖ qui coule dans mes veines…Mais toi-même as brisé‖ ces détestables chaînes,Ô Zeus ! Toi que je hais !‖ Dieu jaloux, dieu pervers,Implacable fardeau‖ de l'immense univers !Quand mon père tomba‖ sous ta force usurpéeImpuissant ennemi,‖ que ne m'as-tu frappée ?Mais ta colère est vaine‖ à troubler mes destins :Je règne sans terreur‖ assise en mes festins ;Mon époux me vénère‖ et mon peuple m'honore !Sept filles et sept fils‖ à leur brillante aurorePlus beaux, plus courageux,‖ meilleurs que tes enfants,Croissent chers à mon cœur,‖ sous mes yeux triomphants.Qui pourrait égaler‖ ma gloire sur la terre ?Est-ce toi, de Coeos‖ fille errante, adultère,Oublieuse du sang‖ généreux dont tu sors,Toi qui ternis la fleur‖ de tes jeunes trésors,Et dans l'âpre Délos‖ par Héré poursuivie,À deux enfants furtifs‖ vins accorder la vie !Je brave ces enfants‖ d'une impure union,Ce fils usurpateur‖ du char d'Hypérion,Cette fille imposée‖ à nos forêts paisibles !Je défie à la fois‖ leurs colères risibles,J'appelle à moi leurs traits‖ fatals aux cerfs des bois…Et toi, mère orgueilleuse,‖ aux échos de ma voixIrrite tes enfants‖ jaloux ! Ô lâche esclave,Ô Léto, Niobé‖ te défie et te brave !

Comme à l'heure où le vent‖ passe au noir firmament,Les grands arbres émus‖ se plaignent sourdement,À ce défi mortel‖ la craintive assembléeFait entendre une voix‖ de mille voix mêlée,Mais confuse et pareille‖ à ces lointains sanglotsQue poussent dans la nuit‖ les lamentables flots.L'aède est tourmenté‖ d'une ardente pensée !Pâle, les yeux hagards,‖ la tête hérissée,Depuis que sans retour,‖ ô fière Niobé,Le blasphème divin‖ de ta lèvre est tombé,Comme la pythonisse‖ errante dans le temple,Il sent venir les dieux !‖ Et son œil les contemple,Et sa voix les annonce !‖ Et ses bras étendusSemblent guider leurs coups‖ sur nos fronts suspendus !La voûte du palais‖ flamboie et se disperseComme la foudre fait‖ du ciel noir qu'elle perce…Les lambris de métal‖ tombent étincelantsSur les mets renversés‖ et les hôtes tremblants…Chacun fuit au hasard,‖ et la foule mouvanteSe heurte avec des cris‖ de suprême épouvante.Un immortel, un dieu,‖ l'œil ardent, l'arc en main,Sur les murs vacillants‖ pose un pied surhumain :C'est Apollon ! Diane,‖ ardente à la vengeance,Au fraternel archer‖ sourit d'intelligence.L'arc du dieu retentit‖ sous le trait assassin ;Il vole, et de Tantale‖ il va percer le sein.Comme un jeune arbrisseau‖ dans sa saison première,La flèche d'Apollon‖ t'arrache à la lumière :Tu regardes ta mère,‖ ô jeune infortuné,Et tu meurs ! — Mieux valait‖ ne jamais être né !Diane tend son arc,‖ et la flèche altéréeBoit le sang de Néère‖ à la tête dorée.Elle tombe et gémit.‖ Phœbos au carquois d'orAttache Illionée‖ à son frère Agénor ;Le fer divin, guidé‖ par une main trop sûre,Les unit dans la mort‖ parla même blessure.Callirhoé tremblante‖ et pâle de terreur,Veut éviter des dieux‖ l'implacable fureur…Elle fuit, et sa mère‖ en son sein la protège,Mais Diane a rougi‖ son épaule de neige ;Jusques au cœur glacé‖ le trait mortel l'atteint,Et la vierge aux doux yeux‖ dans un soupir s'éteint.Sypyle a réuni‖ tout son jeune courage ;Debout, et œil tranquille,‖ il contemple l'orage.L'arc sacré frappe en vain‖ son front audacieux,Le fier adolescent‖ meurt sans baisser les yeux.Du dieu de Méonie‖ innocente victime,Il révèle en mourant‖ sa race magnanime.Ismène et Cléodos,‖ Phédime et PélopisChancellent tour à tour,‖ pareils à des épisQue le gai moissonneur,‖ l'âme de plaisir pleine,Ainsi qu'un blond trésor‖ amasse dans la plaine.Ils sont tous là sanglants,‖ vierges, jeunes guerriers,La tête ceinte encor‖ de myrte ou de lauriers ;Belles et beaux, couchés‖ dans leur blanche khlamydeQue le sang par endroits‖ teint de sa pourpre humide.L'une garde en tombant‖ le sourire amoureuxDont ses lèvres brillaient‖ en des jours plus heureux ;L'autre, calme, et dormant‖ dans sa pose amollie,Couvre de ses cheveux‖ son jeune flanc qui plie…Leurs frères, à leurs pieds,‖ par la Parque surpris,Gisent amoncelés‖ au milieu des débris.Amphion, à l'aspect‖ de sa famille éteinte,Dans l'ardente douleur‖ dont son âme est atteinte,Ouvre son sein royal,‖ et, sous un coup mortel,Presse le front des siens‖ de son front paternel.Niobé le contemple,‖ immobile et muette,Et, de son désespoir,‖ comprimant la tempête,Seule vivante au sein‖ de ces morts qu'elle aimait,Elle dresse ce front‖ que nul coup ne soumet.

Comme un grand corps taillé‖ par une main habile,Le marbre te saisit‖ d'une étreinte immobile.Des pleurs marmoréens‖ ruissellent de tes yeux ;La neige du Paros‖ ceint ton front soucieux.En flots pétrifiés‖ ta chevelure épaisseArrête sur ton cou‖ l'ombre de chaque tresse ;Et tes vagues regards‖ où s'est éteint le jour,Ton épaule superbe‖ au sévère contour,Tes larges flancs, si beaux‖ dans leur splendeur royale,Qu'ils brillaient à travers‖ la pourpre orientale :Et tes seins jaillissants,‖ ces futurs nourriciers,Des vengeurs de leur mère‖ et des dieux justiciers,Tout est marbre ! Un dieu fend‖ la pourpre de ta robe,Et plus rien désormais‖ aux yeux ne te dérobe !

Que ta douleur est belle,‖ ô marbre sans pareil !Non, jamais corps divins‖ dorés par le soleil,Dans les cités d'Hellas‖ jamais blanches statuesDe grâce et de jeunesse‖ et d'amour revêtues,Du sculpteur palpitant‖ songes mélodieux,Muets à notre oreille‖ et qui chantent aux yeux ;Jamais fronts doux et fiers‖ où la joie étincelleN'ont valu ce regard‖ et ce cou qui chancelle,Ces bras majestueux‖ dans leur geste brisés,Ces flancs si pleins de vie‖ et d'efforts épuisés,Ce corps où la beauté,‖ cette flamme éternelle,Triomphe de la mort‖ et resplendit en elle !

On dirait à te voir,‖ ô marbre désolé,Que du ciseau sculpteur‖ des larmes ont coulé !Tu vis, tu vis encor !‖ Sous ta robe insensibleTon cœur est dévoré‖ d'un songe indestructible.Tu vois de tes grands yeux‖ vides comme la nuitTes enfants bien-aimés‖ que la haine poursuit.Ô pâle Tantalide,‖ ô mère de détresse,Leur regard défaillant‖ t'appelle et te caresse…Ils meurent tour à tour,‖ et renaissant plus beauxPour disparaître encor‖ dans leurs sanglants tombeaux,Ils lacèrent ton cœur‖ mieux que les EuménidesNe flagellent les morts‖ aux demeures livides !Oh ! Qui soulèvera‖ le fardeau de tes jours ?Niobé, Niobé !‖ Souffriras-tu toujours ?

Les siècles tomberont‖ de l'Olympe, sans nombre !Khronos les balaîra‖ d'une aile immense et sombre ;Et, dans le vaste éther,‖ dissipés au soleil,Ils s'en iront dormir‖ leur éternel sommeil.Mais toi, tu renaîtras‖ plus sereine et plus belle.Ton cœur fera bondir‖ ta poitrine immortelle,Ton palais couvrira‖ le monde ! Et sous tes yeux,Innombrables et beaux‖ et semblables aux dieux,Tes enfants chanteront,‖ ô mère magnanime,Le destin glorieux‖ de ton orgueil sublime.

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
204[aa] 7[abab] 9[abba] 1[aabab] 1[ababba]
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Mots à la rime
a dieux / mélodieux masculine, classiqueb inspiratrice / nourrice féminine, classiquec sacrés / dorés masculine, classiqued rougie / Phrygie féminine, classiquee Sémélé / amoncelé masculine, classiquea agitée / Ino-Leucothée féminine, classiqueb plais / palais masculine, classiquec tutélaire / colère féminine, classiqued eaux / roseaux masculine, classiquee Nérée / vénérée féminine, classiquef neigeux / jeux masculine, classiqueg maternelles / éternelles féminine, classiqueh Cadmus / émus masculine, classiquei prophétiques / portiques féminine, classiquej rougit / mugit masculine, classiquek embaumée / fumée féminine, classiquel sommeil / vermeil masculine, classiquem ailes / universelles féminine, classiquen l'Isménus / Vénus masculine, classiqueo héroïques / lyriques féminine, classiquep nombreux / poudreux masculine, classiqueq d'Alcide / Phocide féminine, classiquer frein / d'airain masculine, classiques domptée / argentée féminine, classiquet l'aiguillon / sillon masculine, classiqueu intrépides / rapides féminine, classiquev élans / flancs masculine, classiquew Thessalie / lie féminine, classiquex enfantés / irrités masculine, classiquey irrésistible / invisible féminine, classiquez sueur / lueur masculine, classiquea haleine / laine féminine, classiqueb respect / aspect masculine, classiquec première / lumière féminine, classiqued attachés / penchés masculine, classiquee frémissent / gémissent féminine, classiquef sculptés / heurtés masculine, classiqueg armures / murmures féminine, classiqueh assemblés / dételés masculine, classiquei protectrices / propices féminine, classiquea mystérieux / yeux masculine, classiqueb vives / convives féminine, classiquec assouplis / plis masculine, classiqued ioniques / tuniques féminine, classiquee spacieux / yeux masculine, classiquef animées / enflammées féminine, classiqueg suspendus / inattendus masculine, classiqueh rayonnante / environnante féminine, classiquei métal / piédestal masculine, classiquej Rhée / sacrée féminine, classiquek genoux / doux masculine, classiquel génie / l'harmonie féminine, classiquem songeur / voyageur masculine, classiquen sage / l'âge féminine, classiqueo descend / puissant masculine, classiquep natale / Tantale féminine, classiqueq félicité / fécondité masculine, classiquer maternelle / aile féminine, classiques roulant / blanc masculine, classiquet bandelettes / violettes féminine, classiqueu d'azur / pur masculine, classiquev Néréides / humides féminine, classiquea diligent / d'argent masculine, classiqueb amphores / canéphores féminine, classiquec fumant / longuement masculine, classiquea lierre / hospitalière féminine, classiqueb joyeux / dieux masculine, classiquec honore / sonore féminine, classiqued incliné / résonné masculine, classiquea azurée / sacrée féminine, classiqueb radieux / dieux masculine, classiquec invisible / invincible féminine, classiqued divers / univers masculine, classiquef beaux / flambeaux masculine, classiqueg choses / roses féminine, classiqueh étends / éclatants masculine, classiquei éternelle / mamelle féminine, classiquej beauté / éternité masculine, classiquek mondes / vagabondes féminine, classiquel changeant / diligent masculine, classiquem palpite / précipite féminine, classiquen voyageur / vengeur masculine, classiquea mobiles / habiles féminine, classiqueb charmés / parfumés masculine, classiquec infinie / harmonie féminine, classiqued autels / immortels masculine, classiquea monstrueux / tumultueux masculine, classiqueb Saturne / nocturne féminine, classiquec têtes / tempêtes féminine, classiqued Typhoé / foudroyé masculine, classiquea océanides / humides féminine, classiqueb charmants / écumants masculine, classiquec Cymatolège / neige féminine, classiquea Curètes / retraites féminine, classiqueb cieux / prodigieux masculine, classiquec tombantes / corybantes féminine, classiquea infinie / Tritogénie féminine, classiqueb mortels / autels masculine, classiquec l'onde / blonde féminine, classiquea nombre / sombre / ombre féminine, classiqueb étoilés / désolés masculine, classiquec innombrables / favorables féminine, classiqued grandeur / splendeur masculine, classiquea fatale / Tantale féminine, classiqueb soucieux / yeux masculine, classiquec palpitante / flottante féminine, classiquea beau / flambeau masculine, classiqueb Méonie / l'harmonie féminine, classiquea Claros / héros masculine, classiqueb Titye / partie féminine, classiquea Mnémosyne / divine féminine, classiqueb cieux / harmonieux masculine, classiquea vagabondes / fécondes / ondes féminine, classiqueb dorés / inspirés / préférés masculine, classiquea ouverts / l'univers masculine, classiqueb magnanimes / sublimes féminine, classiquea cesse / jeunesse féminine, classiqueb permets / jamais masculine, classiquea chasseresse / déesse féminine, classiqueb vents / mouvants masculine, classiquec altérée / acérée féminine, classiquea d'Ortygie / rougie féminine, classiqueb éclairs / clairs masculine, classiquea d'Érymanthe / amante féminine, classiqueb insensé / bercé masculine, classiquec naître / maître féminine, classiquea mains / humains masculine, classiqueb chasses / Grâces féminine, classiquea gloire / illusoire féminine, classiqueb nés / fortunés masculine, classiquec profonde / monde féminine, classiquea dieu / feu masculine, classiqueb éperdue / étendue féminine, classiquec insensés / pressés masculine, classiqued ébranlées / vallées féminine, classiquee pasteurs / protecteurs masculine, classiquef interprète / s'arrête féminine, classiqueg harmonieux / dieux masculine, classiquea oreille / pareille féminine, classiqueb jamais / palais masculine, classiquec mère / éphémère féminine, classiqued insensé / offensé masculine, classiquef cruel / éternel masculine, classiqueg auguste / juste féminine, classiqueh Ouranos / repos masculine, classiqueb largesse / sagesse féminine, classiquec caressants / tout-puissants masculine, classiqued éthérées / sacrées féminine, classiquee temps / Titans masculine, classiquef Clymène / humaine féminine, classiqueg Celui / lui masculine, classiqueh sublimes / cimes féminine, classiquei vautour / d'amour masculine, classiquej ailes / immortelles féminine, classiquek indompté / liberté masculine, classiquel sages / âges féminine, classiquem couchés / attachés masculine, classiquen trône / Khrone féminine, classiqueo désert / concert masculine, classiquep terre / altère féminine, classiquer avare / Tartare féminine, équivalentes sanglots / Ouranos masculine, classiquet Prométhée / rejetée féminine, classiqueu jours / toujours masculine, classiquev veines / chaînes féminine, classiquew pervers / univers masculine, classiquex usurpée / frappée féminine, classiquey destins / festins masculine, classiquez m'honore / aurore féminine, classiquea enfants / triomphants masculine, classiqueb terre / adultère féminine, classiquec sors / trésors masculine, classiqued poursuivie / vie féminine, classiquee union / d'Hypérion masculine, classiquef paisibles / risibles féminine, classiqueg bois / voix masculine, classiqueh esclave / brave féminine, classiquea firmament / sourdement masculine, classiqueb assemblée / mêlée féminine, classiquec sanglots / flots masculine, classiqued pensée / hérissée féminine, classiquee Niobé / tombé masculine, classiquef temple / contemple féminine, classiqueg étendus / suspendus masculine, classiqueh disperse / perce féminine, classiquei étincelants / tremblants masculine, classiquej mouvante / épouvante féminine, classiquek main / surhumain masculine, classiquel vengeance / d'intelligence féminine, classiquem assassin / sein masculine, classiqueo infortuné / né masculine, classiquep altérée / dorée féminine, classiqueq d'or / Agénor masculine, classiquer sûre / blessure féminine, classiques terreur / fureur masculine, classiquet protège / neige féminine, classiqueu l'atteint / s'éteint masculine, classiquev courage / l'orage féminine, classiquew audacieux / yeux masculine, classiquex victime / magnanime féminine, classiquey Pélopis / épis masculine, classiquez pleine / plaine féminine, classiquea guerriers / lauriers masculine, classiqueb khlamyde / humide féminine, classiquec amoureux / heureux masculine, classiqued amollie / plie féminine, classiquee surpris / débris masculine, classiquef éteinte / atteinte féminine, classiqueg mortel / paternel masculine, classiqueh muette / tempête féminine, classiquei aimait / soumet masculine, classiquea habile / immobile féminine, classiqueb yeux / soucieux masculine, classiquec épaisse / tresse féminine, classiqued jour / contour masculine, classiquee royale / orientale féminine, classiquef nourriciers / justiciers masculine, classiqueg robe / dérobe féminine, classiquea pareil / soleil masculine, classiqueb statues / revêtues féminine, classiquec mélodieux / yeux masculine, classiqued étincelle / chancelle féminine, classiquee brisés / épuisés masculine, classiquef éternelle / elle féminine, classiquea désolé / coulé masculine, classiqueb insensible / indestructible féminine, classiquec nuit / poursuit masculine, classiqued détresse / caresse féminine, classiquee beaux / tombeaux masculine, classiquef Euménides / livides féminine, classiquea nombre / sombre féminine, classiqueb soleil / sommeil masculine, classiquec belle / immortelle féminine, classiqued yeux / dieux masculine, classiquee magnanime / sublime féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

483 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes antiques, Librairie Marc Ducloux, Éditeur, 1852· numérisation Biblio.tic· Sources