Poèmes barbares, 1862
La Vigne de Naboth
I
Au fond de sa demeure,‖ Akhab, l'œil sombre et dur,Sur sa couche d'ivoire‖ et de bois de SyrieGît, muet et le front‖ tourné contre le mur.
Sans manger ni dormir,‖ le roi de SamarieReste là, plein d'ennuis,‖ comme, en un jour d'été,Le voyageur courbé‖ sur la source tarie.
Akhab a soif du vin‖ de son iniquité,Et conjure, en son cœur‖ que travaille la haine,La Vache de Béth-El‖ et l'idole Astarté.
Il songe : — Suis-je un roi‖ si ma colère est vaine ?Par Baal ! j'ai chassé‖ trois fois les cavaliersDe Ben-Hadad de Tyr‖ au travers de la plaine.
J'ai vu ceux de Damas‖ s'en venir par milliers,Le sac aux reins, la corde‖ au cou, dans la poussière,Semblables aux chameaux‖ devant les chameliers ;
J'ai, d'un signe, en leur gorge‖ étouffé la prière,L'écume de leur sang‖ a rougi les hauts lieux,Et j'ai nourri mes chiens‖ de leur graisse guerrière.
Mes prophètes sont très‖ savants, et j'ai trois DieuxTrès puissants, pour garder‖ mon royaume et ma villeEt ployer sous le joug‖ mon peuple injurieux.
Et voici que ma gloire‖ est une cendre vile,Et mon sceptre un roseau‖ des marais, qui se romptAux rires insulteurs‖ de la foule servile !
C'est le Fort de Juda‖ qui m'a fait cet affront,Parce que j'ai dressé,‖ sous le noir térébinthe,L'image de Baal,‖ une escarboucle au front.
Deux fois teint d'écarlate‖ et vêtu d'hyacinthe,Comme un soleil, le Dieu‖ reluit, rouge et doré,Sur le socle de jaspe,‖ au milieu de l'enceinte.
Mais s'il ne m'a vengé‖ demain, j'aboliraiSon culte, et l'on verra‖ se dresser à sa placeLe Veau d'or d'Ephraïm‖ sur l'autel adoré.
Un désir impuissant‖ me consume et m'enlace !Sous la corne du bœuf,‖ sous le pied de l'ânon,Je suis comme un lion‖ mort, qu'on outrage en face.
Quand j'ai dit : Je le veux !‖ un homme m'a dit : Non !Il vit encor, sans peur‖ que le glaive le touche.La honte est dans mon cœur,‖ l'opprobre est sur mon nom. —
Tel, le fils de Hamri‖ se ronge sur sa couche.Ses cheveux dénoués‖ pendent confusément,Et sa dent furieuse‖ a fait saigner sa bouche.
Auprès du morne Roi‖ paraît en ce momentLa fille d'Eth-Baal,‖ la femme aux noires tressesDe Sidon, grande et belle,‖ et qu'il aime ardemment.
Astarté l'a bercée‖ aux bras de ses prêtresses ;Elle sait obscurcir‖ la lune et le soleil,Et courber les lions‖ au joug de ses caresses.
De ses yeux sombres sort‖ l'effluve du sommeil,Et ceux qu'a terrassés‖ une mort violenteS'agitent à sa voix‖ dans la nuit sans réveil.
Elle approche du lit,‖ majestueuse et lente,Regarde, et dit : — Qu'a donc‖ mon Seigneur ? et quel malDompte le cèdre altier‖ comme une faible plante ?
A-t-il vu quelque spectre‖ envoyé par Baal ?Le jour tombe. Que mon‖ Seigneur se lève et mange !Parle, ô Chef ! Quel ennui‖ trouble ton cœur royal ? —
Akhab lui dit : — O femme,‖ il faut que je me venge ;Et je ne puis dormir,‖ ni boire, ni manger,Que le sang de Naboth‖ n'ait fumé dans la fange.
Sa vigne est très fertile‖ et touche à mon verger.Or, j'ai dit à cet homme,‖ au seuil de sa demeure :Ceci me plaît ; veux-tu‖ le vendre ou l'échanger ?
Il m'a dit : C'est mon champ‖ paternel. Que je meure,Le voudrais-tu payer‖ par grain un schéqel d'or,Si je le vends jamais,‖ fût-ce à ma dernière heure !
Quand tu me donnerais‖ la plaine de Phogor,Ramoth en Galaad,‖ Seïr et l'Idumée,Et ta maison d'ivoire,‖ et ton riche trésor,
O Roi, je garderais‖ ma vigne bien aimée !C'est ainsi qu'a parlé‖ Naboth le vigneron,Tranquille sur le seuil‖ de sa porte enfumée. —
— Certes, ce peuple, Akhab,‖ par le Dieu d'Akkaron !Dit Jézabel, jouit,‖ malgré son insolence,D'un roi très patient,‖ très docile et très bon.
Que ne le frappais-tu‖ du glaive ou de la lance ?L'onagre est fort rétif‖ s'il ne courbe les reins ;Qui cède au dromadaire‖ accroît sa violence. —
— C'est le Jaloux, le Fort‖ de Juda que je crains,Dit Akhab. C'est le Dieu‖ de Naboth et d'Élie :Du peuple furieux‖ il briserait les freins.
Je verrais s'écrouler‖ ma fortune avilie,Et serais comme un bœuf‖ qui mugit sur l'autelPendant que le couteau‖ s'aiguise et qu'on le lie.
Non ! J'attendrai. Les Dieux‖ de Dan et de Beth-ElAccorderont sans doute‖ à qui soutient leur cause —De tuer sûrement‖ Naboth de Jizréhel. —
— Lève-toi donc et mange,‖ ô Chef, et te repose,Dit la Sidonienne‖ avec un rire amer ;Moi seule je ferai‖ ce que mon Seigneur n'ose.
Demain, quand le soleil‖ s'en ira vers la mer,Sans que ta main royale‖ ait touché cet esclave,J'atteste qu'il mourra‖ sur le mont de Somer.
Et l'homme de Thesbé‖ pourra baver sa baveEt hurler, du Karmel‖ à l'Horeb, comme un chienAffamé, qui s'enfuit‖ aussitôt qu'on le brave.
Mon Seigneur lui dira :‖ Qu'ai-je fait, sinon rien ?A-t-on trouvé ma main‖ dans ce meurtre, ou mon signe ? —Akhab, en souriant,‖ dit : — O femme, c'est bien !
J'aurai le sang de l'homme‖ et le vin de sa vigne ! —
II
Vers l'heure où le soleil‖ allume au noir LibanComme autant de flambeaux‖ les cèdres par les rampes,Les Anciens sont assis,‖ hors des murs, sur un banc.
Ce sont trois beaux vieillards,‖ avec de larges tempes,De grands fronts, des nez d'aigle‖ et des yeux vifs et doux,Qui, sous l'épais sourcil,‖ luisent comme des lampes.
Dans leurs robes de lin,‖ la main sur les genoux,Ils siègent, les pieds nus‖ dans la fraîcheur des sables,A l'ombre des figuiers‖ d'où pendent les fruits roux.
La myrrhe a parfumé‖ leurs barbes vénérables ;Et leurs longs cheveux blancs‖ sur l'épaule et le dosS'épandent, aux flocons‖ de la neige semblables.
Mais leur cœur est plus noir‖ que le sépulcre clos ;Leur cœur comme la tombe‖ est plein de cendre morte ;L'avarice a séché‖ la moelle de leurs os.
Vils instruments soumis‖ à la main la plus forte,Ils foulent à prix d'or‖ l'équité sainte aux pieds,Sachant ce que le sang‖ des malheureux rapporte.
Naboth est devant eux,‖ debout, les bras liés,Comme pour l'holocauste‖ un bouc, noire victimePar qui les vieux péchés‖ de tous sont expiés.
Deux fils de Bélial,‖ d'une voix unanime,Disent : — Voici. Cet homme‖ est vraiment criminel.Qu'il saigne du blasphème‖ et qu'il meure du crime !
Or, il a blasphémé‖ le nom de l'Éternel. —Naboth dit : — L'Éternel‖ m'entend et me regarde.Je suis pur devant lui,‖ n'ayant rien fait de tel.
J'atteste le Très-Haut‖ et me fie en sa garde.Ceux-ci mentent. Craignez,‖ Pères, de mal juger,Car Dieu juge à son tour,‖ qu'il se hâte ou qu'il tarde.
Voyez ! Ai-je fermé‖ ma porte à l'étranger ?Ai-je tari le puits‖ du pauvre pour mon fleuve ?L'orphelin faible et nu,‖ m'a-t-on vu l'outrager ?
Qu'ils se lèvent, ceux-là‖ qui m'ont mis à l'épreuve !Qu'ils disent : Nous avions‖ soif et nous avions faim,L'étranger, l'orphelin,‖ et le pauvre et la veuve ;
Naboth le vigneron‖ n'a point ouvert sa main,Naboth de Jizréhel,‖ irritant notre plaie,Sous l'œil des affamés‖ a mangé tout son pain !
Nul ne dira cela,‖ si sa parole est vraie.Or, qui peut blasphémer‖ étant pur devant Dieu ?Séparez le bon grain,‖ mes Pères, de l'ivraie.
Remettez d'un sens droit‖ toute chose en son lieu.Si je mens, que le ciel‖ s'entr'ouvre et me dévore,Que l'Exterminateur‖ me brûle de son feu ! —
Le plus vieux des Anciens‖ dit : — Il blasphème encore !Allez, lapidez-le,‖ car il parle très mal,N'étant plein que de vent,‖ comme une outre sonore. —
Or, non loin des figuiers,‖ les fils de BélialFrappent le vigneron‖ avec de lourdes pierres ;La cervelle et le sang‖ souillent ce lieu fatal.
Et Naboth rend l'esprit.‖ Les bêtes carnassièresViendront, la nuit, hurler‖ sur le corps encor chaud,Et les oiseaux plonger‖ leurs becs dans ses paupières.
En ce temps, Jézabel,‖ attentive au plus hautDu palais, dit au Roi :‖ — Seigneur, la chose est faite :Naboth est mort. O Chef,‖ monte en ton chariot.
Aux sons victorieux‖ des cymbales de fête,Viens visiter ta vigne,‖ ô royal vigneron ! —Et du sombre palais‖ tous deux quittent le faîte.
Ils vont. Et la trompette‖ éclate, et le clairon,Et le sistre, et la harpe,‖ et le tambour. La fouleS'ouvre sous le poitrail‖ des chevaux de Sidon.
Le chariot de cèdre,‖ aux moyeux d'argent, roule ;Et le peuple, saisi‖ de peur, s'est prosternéAu passage du couple‖ abhorré qui le foule.
Mais voici. Sur le seuil‖ du juste assassiné,Croisant ses bras velus‖ sur sa large poitrine,Se dresse un grand vieillard,‖ farouche et décharné.
Son crâne est comme un roc‖ couvert d'herbe marine ;Une sueur écume‖ à ses cheveux pendants,Et le poil se hérisse‖ autour de sa narine.
Du fond de ses yeux creux‖ flambent des feux ardents.D'un orteil convulsif,‖ comme un lion sauvage,Il fouille la poussière‖ et fait grincer ses dents.
Sur le cuir corrodé‖ de son âpre visageOn lit qu'il a toujours‖ marché, toujours souffert,Toujours vécu, plus fort‖ au sein du même orage ;
Qu'il a dormi cent nuits‖ dans l'antre noir ouvertAux gorges de l'Horeb ;‖ auprès des puits sans onde,Qu'il a hurlé de soif‖ dans le feu du désert ;
Et qu'en ce siècle impur,‖ en qui le mal abonde,Son maître a flagellé‖ d'un fouet étincelantEt poussé sur les Rois‖ sa course vagabonde.
Or, les chevaux, soudain,‖ se cabrent, reculantD'horreur devant ce spectre.‖ Ils courent, haut la tête,Ivres, mâchant le mors,‖ et l'épouvante au flanc.
Arbres, buissons, enclos,‖ rocs, rien ne les arrête :Ils courent, comme un vol‖ des démons de la nuit,Comme un champ d'épis mûrs‖ fauchés par la tempête.
Tel, dans un tourbillon‖ de poussière et de bruit,Malgré les cavaliers‖ pleins d'une clameur vaine,Le cortège effaré‖ se disperse et s'enfuit.
L'attelage, ébranlant‖ le chariot qu'il traîne,Se couche, les naseaux‖ dans le sable, et le RoiSent tournoyer sa tête‖ et se glacer sa veine.
Lentement il se lève,‖ et, tout blême d'effroi,Regarde ce vieillard‖ sombre, que nul n'oublie,Immobile, appuyé‖ contre l'humble paroi.
Akhab, avec un grand‖ frisson, dit : — C'est Élie
III
Alors, comme un torrent‖ fougueux, des monts tombé,Qui roule flots sur flots‖ son bruit et sa colère,Voici ce qu'à ce Roi‖ dit l'Homme de Thesbé :
— Malheur ! l'aigle a crié‖ de joie au bord de l'aire ;Il aiguise son bec,‖ sachant qu'un juste est mort.Le chien montre les dents,‖ hurle dans l'ombre et flaire.
Malheur ! l'aigle affamé‖ déchire et le chien mord,Car la pierre du meurtre‖ est toute rouge et fume.Donc, le Seigneur m'a dit :‖ Va ! je suis le Dieu fort !
Je me lève dans la‖ fureur qui me consume ;Le monde est sous mes pieds,‖ la foudre est dans mes yeux,La lune et le soleil‖ nagent dans mon écume.
Va ! dis au meurtrier‖ qu'il appelle ses DieuxA l'aide, car je suis‖ debout sur les nuées,Et la vapeur du crime‖ enveloppe les cieux.
Dis-lui : Malheur, ô Chef‖ des dix prostituées,Akhab, fils de Hamri,‖ le fourbe et le voleur !Les vengeances d'en haut‖ se sont toutes ruées.
A toi qui fais du sceptre‖ un assommoir, malheur !Auprès de la fournaise‖ ardente où tu trébuchesLe four chauffé sept fois‖ est sombre et sans chaleur.
L'ours plein de ruse est pris‖ dans ses propres embûches,Et le vautour s'étrangle‖ avec l'os avalé,Et le frelon s'étouffe‖ avec le miel des ruches.
Tu songeais : Tout est bien,‖ car je n'ai point parlé.Allons ! Naboth est mort ;‖ sa vigne est mon partage.Le Dieu d'Élie est sourd,‖ le Fort est aveuglé !
Qui dira que ce meurtre‖ inique est mon ouvrage ?Le lion de Juda‖ rugit et te répond.Le Seigneur t'attendait‖ au seuil de l'héritage !
O renard, ô voleur,‖ voici qu'au premier bondIl te prend, te saisit‖ à la gorge, et se joueDe ta peur, l'œil planté‖ dans ta chair qui se fond.
Vermine d'Israël,‖ le Dieu fort te secoueDes haillons de ce peuple,‖ et les petits enfantsTe verront te débattre‖ et grouiller dans la boue.
Le Seigneur dit : Je suis‖ l'effroi des triomphants,Je suis le frein d'acier‖ qui brise la mâchoireDes Couronnés, mangeurs‖ de biches et de faons.
Je fracasse leurs chars,‖ je souffle sur leur gloire ;Ils sont tous devant moi‖ comme un sable mouvant,Et j'enfouis leurs noms‖ perdus dans la nuit noire.
Donc, le sang de Naboth‖ crie en vous poursuivant,Akhab de Samarie,‖ et toi, vile idolâtre !Le spectre de Naboth‖ sanglote dans le vent.
Dans le puits du désert‖ où filtre l'eau saumâtre,Entre vos murs de cèdre‖ et sous l'épais figuier,Dans les clameurs de fête‖ et dans les bruits de l'âtre
Dans le hennissement‖ de l'étalon guerrier,Dans la chanson du coq‖ et de la tourterelle,Akhab et Jézabel,‖ vous l'entendrez crier !
Naboth est mort ! Les chiens‖ mangeront la cervelleDu couple abominable‖ en son crime têtu ;Ma fureur fauchera‖ cette race infidèle :
Comme un bon moissonneur,‖ de vigueur revêtu,Qui tranche à tour de bras‖ les épis par centaines,Je ferai le sol ras‖ jusqu'au moindre fétu.
Dis-leur : Voici le jour‖ des sanglots et des haines,Où l'exécration‖ se gonfle, monte et bout,Et, comme un vin nouveau,‖ jaillit des cuves pleines.
Car je suis plein de rage‖ et j'écraserai tout !Et l'on verra le sang‖ des rois, tel qu'une eau sale,Déborder des toits plats‖ et rentrer dans l'égout.
Va ! ceins tes reins, Akhab,‖ excite ta cavale,Fuis, comme l'épervier,‖ vers les bords Libyens,Enfonce-toi vivant‖ dans la nuit sépulcrale…
Tu ne sortiras pas,‖ ô Roi ! de mes liens,Et je te châtîrai‖ dans ta chair et ta race,O vipère, ô chacal,‖ fils et père de chiens ! —
Akhab, poussant un cri‖ d'angoisse par l'espace,Dit : — J'ai péché ; ma vie‖ est un fumier bourbeux. —Il déchire sa robe‖ et se meurtrit la face.
De fange et de graviers‖ il souille ses cheveux,Disant : — Gloire au Très-Fort‖ de Juda ! Qu'il s'apaise !Sur l'autel du Jaloux‖ j'égorgerai cent bœufs !
Que suis-je à sa lumière ?‖ Un fétu sur la braise.La rosée au soleil‖ est moins prompte à sécher ;Moins vite le bois mort‖ flambe dans la fournaise.
Je suis comme le daim,‖ au guet sur le rocher,Qui geint de peur, palpite‖ et dans l'herbe s'enfonce,Parce qu'il sent venir‖ la flèche de l'archer.
Mais, par le Très-Puissant‖ que l'épouvante annonce,Je briserai le Veau‖ de Béth-El ! Je prometsD'ensevelir Baal‖ sous la pierre et la ronce ! —
L'Homme de Thesbé dit :‖ — O fourbe ! désormaisTu ne renîras plus‖ la clameur de tes crimes :Ils ont rugi trop haut‖ pour se taire jamais.
Comme un nuage noir‖ qui gronde sur les cimes,Voici venir, pour la‖ curée, ô Roi sanglant,La meute aux crocs aigus‖ que fouettent tes victimes.
Va ! crie et pleure, attache‖ un cilice à ton flanc,Brise sur les hauts lieux‖ l'Idole qui flamboie…Les vengeurs de Naboth‖ arrivent en hurlant !
Ouvre l'œil et l'oreille.‖ Ils bondissent de joie,Ayant vu dans la vigne‖ Akhab et Jézabel,Et de l'ongle et des dents‖ se partagent leur proie ! —
Or, ayant dit cela,‖ l'Homme de l'Éternel,Renouant sur ses reins‖ sa robe de poil rude,Par les sentiers pierreux‖ qui mènent au Carmel,
Versification
- Forme
- Terza rima sans vers clausule (terza rima)
- Rimes
- 102(aba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a dur / mur masculine, classiqueb Syrie / Samarie / tarie féminine, classiqueb d'été / iniquité masculine, classiqueb haine / vaine / plaine féminine, classiquec Astarté / cavaliers masculine, classiquea milliers / chameliers masculine, non classiqueb poussière / prière / guerrière féminine, classiqueb lieux / Dieux / injurieux masculine, classiqueb ville / vile / servile féminine, classiqueb rompt / affront / front masculine, classiqueb térébinthe / d'hyacinthe / l'enceinte féminine, classiqueb doré / j'abolirai / adoré masculine, classiqueb place / m'enlace / face féminine, classiqueb l'ânon / Non / nom masculine, classiqueb touche / couche / bouche féminine, classiqueb confusément / moment / ardemment masculine, classiqueb tresses / prêtresses / caresses féminine, classiqueb soleil / sommeil / réveil masculine, classiqueb violente / lente / plante féminine, équivalenteb mal / Baal / royal masculine, classiqueb mange / venge / fange féminine, classiqueb manger / verger / l'échanger masculine, équivalenteb demeure / meure / heure féminine, classiqueb d'or / Phogor / trésor masculine, classiqueb l'Idumée / aimée / enfumée féminine, classiqueb vigneron / d'Akkaron / bon masculine, classiqueb insolence / lance / violence féminine, classiqueb reins / crains / freins masculine, classiqueb d'Élie / avilie / lie féminine, classiqueb l'autel / Beth-El / Jizréhel masculine, classiqueb cause / repose / n'ose féminine, classiqueb amer / mer / Somer masculine, classiqueb esclave / bave / brave féminine, classiqueb chien / rien / bien masculine, classiqueb signe / vigne féminine, classiquea Liban / banc masculine, classiqueb rampes / tempes / lampes féminine, classiqueb doux / genoux / roux masculine, classiqueb sables / vénérables / semblables féminine, classiqueb dos / clos / os masculine, classiqueb morte / forte / rapporte féminine, classiqueb pieds / liés / expiés masculine, classiqueb victime / unanime / crime féminine, classiqueb criminel / l'Éternel / tel masculine, classiqueb regarde / garde / tarde féminine, classiqueb juger / l'étranger / l'outrager masculine, classiqueb fleuve / l'épreuve / veuve féminine, classiqueb faim / main / pain masculine, classiqueb plaie / vraie / l'ivraie féminine, classiqueb Dieu / lieu / feu masculine, classiqueb dévore / encore / sonore féminine, classiqueb mal / Bélial / fatal masculine, classiqueb pierres / carnassières / paupières féminine, classiqueb chaud / haut / chariot masculine, classiqueb faite / fête / faîte féminine, classiqueb vigneron / clairon / Sidon masculine, classiqueb foule / roule féminine, classiqueb prosterné / assassiné / décharné masculine, classiqueb poitrine / marine / narine féminine, classiqueb pendants / ardents / dents masculine, classiqueb sauvage / visage / orage féminine, classiqueb souffert / ouvert / désert masculine, équivalenteb onde / abonde / vagabonde féminine, classiqueb étincelant / reculant / flanc masculine, classiqueb tête / arrête / tempête féminine, classiqueb nuit / bruit / s'enfuit masculine, classiqueb vaine / traîne / veine féminine, non classiqueb Roi / d'effroi / paroi masculine, classiqueb n'oublie / Élie féminine, classiquea tombé / Thesbé masculine, classiqueb colère / l'aire / flaire féminine, classiqueb mort / mord / fort masculine, classiqueb fume / consume / écume féminine, classiqueb yeux / Dieux / cieux masculine, classiqueb nuées / prostituées / ruées féminine, classiqueb voleur / malheur / chaleur masculine, classiqueb trébuches / embûches / ruches féminine, classiqueb avalé / parlé / aveuglé masculine, classiqueb partage / ouvrage / l'héritage féminine, classiqueb répond / bond / fond masculine, classiqueb joue / secoue / boue féminine, classiqueb enfants / triomphants masculine, classiqueb mâchoire / gloire / noire féminine, classiquec faons / mouvant masculine, classiquea poursuivant / vent masculine, classiqueb idolâtre / saumâtre / l'âtre féminine, classiqueb figuier / guerrier / crier masculine, classiqueb tourterelle / cervelle / infidèle féminine, classiqueb têtu / revêtu / fétu masculine, classiqueb centaines / haines / pleines féminine, classiqueb bout / tout / l'égout masculine, classiqueb sale / cavale / sépulcrale féminine, classiqueb Libyens / liens / chiens masculine, classiqueb race / l'espace / face féminine, classiqueb bourbeux / cheveux / bœufs masculine, classiqueb s'apaise / braise / fournaise féminine, classiqueb sécher / rocher / l'archer masculine, classiqueb s'enfonce / annonce / ronce féminine, classiqueb promets / désormais / jamais masculine, classiqueb crimes / cimes / victimes féminine, classiqueb sanglant / flanc / hurlant masculine, classiqueb flamboie / joie / proie féminine, classiqueb Jézabel / l'Éternel / Carmel masculine, classiqueb rude / solitude féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
300 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources