Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Poèmes barbares, 1862

Qaïn

Charles-Marie Leconte de Lisle· strophes variées, alexandrins, 500 vers

En la trentième année,‖ au siècle de l'épreuve,Étant captif parmi‖ les cavaliers d'Assur,Thogorma, le Voyant,‖ fils d'Élam, fils de Thur,Eut ce rêve, couché‖ dans les roseaux du fleuve,A l'heure où le soleil‖ blanchit l'herbe et le mur.

Depuis que le Chasseur‖ Iahvèh, qui terrasseLes forts et de leur chair‖ nourrit l'aigle et le chien,Avait lié son peuple‖ au joug assyrien,Tous, se rasant les poils‖ du crâne et de la face,Stupides, s'étaient tus‖ et n'entendaient plus rien.

Ployés sous le fardeau‖ des misères accrues,Dans la faim, dans la soif,‖ dans l'épouvante assis,Ils revoyaient leurs murs‖ écroulés et noircis,Et, comme aux crocs publics‖ pendent les viandes crues,Leurs princes aux gibets des Rois incirconcis ;

Le pied de l'infidèle‖ appuyé sur la nuqueDes vaillants, le saint temple‖ où priaient les aïeuxSouillé, vide, fumant,‖ effondré par les pieux,Et les vierges en pleurs‖ sous le fouet de l'eunuque,Et le sombre Iahvèh‖ muet au fond des cieux.

Or, laissant, ce jour-là,‖ près des mornes aïeulesEt des enfants couchés‖ dans les nattes de cuir,Les femmes aux yeux noirs‖ de sa tribu gémir,Le fils d'Élam, meurtri‖ par la sangle des meules,Le long du grand Khobar‖ se coucha pour dormir.

Les bandes d'étalons,‖ par la plaine inondéeDe lumière, gisaient‖ sous le dattier roussi,Et les taureaux, et les‖ dromadaires aussi,Avec les chameliers‖ d'Iran et de Khaldée.Thogorma, le Voyant,‖ eut ce rêve. Voici :

C'était un soir des temps‖ mystérieux du monde,Alors que du midi‖ jusqu'au septentrionToute vigueur grondait‖ en pleine éruption,L'arbre, le roc, la fleur,‖ l'homme et la bête immonde,Et que Dieu haletait‖ dans sa création.

C'était un soir des temps.‖ Par monceaux, les nuées,Émergeant de la cuve‖ ardente de la mer,Tantôt, comme des blocs‖ d'airain, pendaient dans l'air ;Tantôt, d'un tourbillon‖ véhément remuées,Hurlantes, s'écroulaient‖ en un immense éclair.

Vers le couchant rayé‖ d'écarlate, un œil loucheEt rouge s'enfonçait‖ dans les écumes d'or,Tandis qu'à l'orient,‖ l'âpre Gelboé-hor,De la racine au faîte‖ éclatant et farouche,Flambait, bûcher funèbre‖ où le sang coule encor.

Et loin, plus loin, là-bas,‖ le sable aux dunes noires,Plein du cri des chacals‖ et du renâclementDe l'onagre, et parfois‖ traversé brusquementPar quelque monstre épais‖ qui grinçait des mâchoiresEt laissait après lui‖ comme un ébranlement.

Mais derrière le haut‖ Gelboé-hor, chargéesD'un livide brouillard‖ chaud des fauves odeursQue répandent les ours‖ et les lions grondeurs,Ainsi que font les mers‖ par les vents outragées,On entendait râler‖ de vagues profondeurs.

Thogorma dans ses yeux‖ vit monter des muraillesDe fer d'où s'enroulaient‖ des spirales de toursEt de palais cerclés‖ d'airain sur des blocs lourds ;Ruche énorme, géhenne‖ aux lugubres entraillesOù s'engouffraient les Forts,‖ princes des anciens jours.

Ils s'en venaient de la‖ montagne et de la plaine,Du fond des sombres bois‖ et du désert sans fin,Plus massifs que le cèdre‖ et plus hauts que le pin,Suants, échevelés,‖ soufflant leur rude haleineAvec leur bouche épaisse‖ et rouge, et pleins de faim.

C'est ainsi qu'ils rentraient,‖ l'ours velu des cavernesA l'épaule, ou le cerf,‖ ou le lion sanglant.Et les femmes marchaient,‖ géantes, d'un pas lent,Sous les vases d'airain‖ qu'emplit l'eau des citernes,Graves, et les bras nus,‖ et les mains sur le flanc.

Elles allaient, dardant‖ leurs prunelles superbes,Les seins droits, le col haut,‖ dans la sérénitéTerrible de la force‖ et de la liberté,Et posant tour à tour‖ dans la ronce et les herbesLeurs pieds fermes et blancs‖ avec tranquillité.

Le vent respectueux,‖ parmi leurs tresses sombres,Sur leur nuque de marbre‖ errait en frémissant,Tandis que les parois‖ des rocs couleur de sang,Comme de grands miroirs‖ suspendus dans les ombres,De la pourpre du soir‖ baignaient leur dos puissant.

Les ânes de Khamos,‖ les vaches aux mamellesPesantes, les boucs noirs,‖ les taureaux vagabondsSe hâtaient, sous l'épieu,‖ par files et par bonds ;Et de grands chiens mordaient‖ le jarret des chamelles ;Et les portes criaient‖ en tournant sur leurs gonds.

Et les éclats de rire‖ et les chansons férocesMêlés aux beuglements‖ lugubres des troupeaux,Tels que le bruit des rocs‖ secoués par les eaux,Montaient jusques aux tours‖ où, le poing sur leurs crosses,Des vieillards regardaient,‖ dans leurs robes de peaux ;

Spectres de qui la barbe,‖ inondant leurs poitrines,De son écume errante‖ argentait leurs bras roux,Immobiles, de lourds‖ colliers de cuivre aux cous,Et qui, d'en haut, dardaient,‖ l'orgueil plein les narines,Sur leur race des yeux‖ profonds comme des trous.

Puis, quand tout, foule et bruit‖ et poussière mouvante,Eut disparu dans l'orbe‖ immense des remparts,L'abîme de la nuit‖ laissa de toutes partsSuinter la terreur vague‖ et sourdre l'épouvanteEn un rauque soupir‖ sous le ciel morne épars.

Et le Voyant sentit‖ le poil de sa peau rudeSe hérisser tout droit‖ en face de cela,Car il connut, dans son‖ esprit, que c'était làLa Ville de l'angoisse‖ et de la solitude,Sépulcre de Qaïn‖ au pays d'Hévila ;

Le lieu sombre où, saignant‖ des pieds et des paupières,Il dit à sa famille‖ errante : — BâtissezMa tombe, car les temps‖ de vivre sont passés.Couchez-moi, libre et seul,‖ sur un monceau de pierres ;Le Rôdeur veut dormir,‖ il est las, c'est assez.

Gorges des monts déserts,‖ régions inconnuesAux vivants, vous m'avez‖ vu fuir de l'aube au soir.Je m'arrête, et voici‖ que je me laisse choir.Couchez-moi sur le dos,‖ la face vers les nues,Enfants de mon amour‖ et de mon désespoir.

Que le soleil regarde‖ et que l'eau du ciel laveLe signe que la haine‖ a creusé sur mon front !Ni les aigles, ni les‖ vautours ne mangerontMa chair, ni l'ombre aussi‖ ne clora mon œil cave.Autour de mon tombeau‖ les lâches se tairont.

Mais le sanglot des vents,‖ l'horreur des longues veilles,Le râle de la soif‖ et celui de la faim,L'amertume d'hier‖ et celle de demain,Que l'angoisse du monde‖ emplisse mes oreillesEt hurle dans mon cœur‖ comme un torrent sans frein ! —

Or, ils firent ainsi.‖ Le formidable ouvrageS'amoncela dans l'air‖ des aigles déserté.L'Ancêtre se coucha‖ par les siècles dompté,Et, les yeux grands ouverts,‖ dans l'azur ou l'orage,La face au ciel, dormit‖ selon sa volonté.

Hénokhia ! cité‖ monstrueuse des Mâles,Antre des Violents,‖ citadelle des Forts,Qui ne connus jamais‖ la peur ni le remords,Telles du fils d'Élam‖ frémirent les chairs pâles,Quand tu te redressas‖ du fond des siècles morts.

Abîme où, loin des cieux‖ aventurant son aile,L'Ange vit la beauté‖ de la femme et l'aima,Où le fruit qu'un divin‖ adultère forma,L'homme géant, brisa‖ la vulve maternelle,Ton spectre emplit les yeux‖ du Voyant Thogorma.

Il vit tes escaliers‖ puissants bordés de torchesHautes qui tournoyaient,‖ rouges, au vent des soirs ;Il entendit tes ours‖ gronder, tes lions noirsRugir, liés de marche‖ en marche, et, sous tes porches,Tes crocodiles geindre‖ au fond des réservoirs ;

Et, de tous les recoins‖ de ta masse farouche,Le souffle des dormeurs‖ dont l'œil ouvert reluit,Tandis que çà et là,‖ sinistres et sans bruit,Quelques fantômes lents,‖ se dressant sur leur couche,Écoutaient murmurer‖ les choses de la nuit.

Mais voici que du sein‖ déchiré des ténèbres,Des confins du désert‖ creusés en tourbillon,Un Cavalier, sur un‖ furieux étalon,Hagard, les poings roidis,‖ plein de clameurs funèbres,Accourut, franchissant‖ le roc et le vallon.

Sa chevelure blême,‖ en lanières épaisses,Crépitait au travers‖ de l'ombre horriblement ;Et, derrière, en un rauque‖ et long bourdonnement,Se déroulaient, selon‖ la taille et les espèces,Les bêtes de la terre‖ et du haut firmament.

Aigles, lions et chiens,‖ et les reptiles souples,Et l'onagre et le loup,‖ et l'ours et le vautour,Et l'épais Béhémoth,‖ rugueux comme une tour,Maudissaient dans leur langue,‖ en se ruant par couples,Ta ville sombre, Hénokh !‖ et pullulaient autour.

Mais dans leurs lits d'airain‖ dormaient les fils des Anges.Et le grand Cavalier,‖ heurtant les murs, cria :— Malheur à toi, monceau‖ d'orgueil, Hénokhia !Ville du Vagabond‖ révolté dans ses langes,Que le Jaloux, avant‖ les temps, répudia !

Sépulcre du Maudit,‖ la vengeance est prochaine.La mer se gonfle et gronde,‖ et la bave des eauxBien au-dessus des monts‖ va noyer les oiseaux.L'extermination‖ suprême se déchaîne,Et du ciel qui s'effondre‖ a rompu les sept sceaux.

La face du désert‖ dira : Qu'est devenueHénokhia, semblable‖ au Gelboé pierreux ?Et l'aigle et le corbeau‖ viendront, disant entre eux :Où donc se dressait-elle‖ autrefois sous la nue,La Ville aux murs de fer‖ des géants vigoureux ?

Mais rien ne survivra,‖ pas même ta poussière,Pas même un de vos os,‖ enfants du Meurtrier !Holà ! j'entends l'abîme‖ impatient crier,Et le gouffre t'attire,‖ ô race carnassièreDe Celui qui ne sut‖ ni fléchir ni prier !

Qaïn, Qaïn, Qaïn !‖ Dans la nuit sans aurore,Dès le ventre d'Héva‖ maudit et condamné,Malheur à toi par qui‖ le soleil nouveau-néBut, plein d'horreur, le sang‖ qui fume et crie encorePour les siècles, au fond‖ de ton cœur forcené !

Malheur à toi, dormeur‖ silencieux, chair vile,Esprit que la vengeance‖ éternelle a sacré,Toi qui n'as jamais cru,‖ ni jamais espéré !Plus heureux le chien mort‖ pourri hors de ta ville !Dans ton crime effroyable‖ Iahvèh t'a muré. —

Alors, au faîte obscur‖ de la cité rebelle,Soulevant son dos large‖ et l'épaule et le front,Se dressa lentement,‖ sous l'injure — et l'affront,Le Géant qu'enfanta‖ pour la douleur nouvelleCelle par qui les fils‖ de l'homme périront.

Il se dressa debout‖ sur le lit granitiqueOù, tranquille, depuis‖ dix siècles révolus,Il s'était endormi‖ pour ne s'éveiller plus ;Puis il regarda l'ombre‖ et le désert antique,Et sur l'ampleur du sein‖ croisa ses bras velus.

Sa barbe et ses cheveux‖ dérobaient son visage ;Mais, sous l'épais sourcil,‖ et luisant à travers,Ses yeux, hantés d'un songe‖ unique, et grands ouverts,Contemplaient par delà‖ l'horizon, d'âge en âge,Les jours évanouis‖ et le jeune univers.

Thogorma vit alors‖ la famille innombrableDes fils d'Hénokh emplir,‖ dans un fourmillementImmense, palais, tours‖ et murs, en un moment ;Et, tous, ils regardaient‖ l'Ancêtre vénérable,Debout, et qui rêvait‖ silencieusement.

Et les bêtes poussaient‖ leurs hurlements de haine,Et l'étalon, soufflant‖ du feu par les naseaux,Broyait les vieux palmiers‖ comme autant de roseaux,Et le grand Cavalier‖ gardien de la GéhenneMêlait sa clameur âpre‖ aux cris des animaux.

Mais l'Homme violent,‖ du sommet de son aire,Tendit son bras noueux‖ dans la nuit, et voilà,Plus haut que ce tumulte‖ entier, comme il parlaD'une voix lente et grave‖ et semblable au tonnerre,Qui d'échos en échos‖ par le désert roula :

— Qui me réveille ainsi‖ dans l'ombre sans issueOù j'ai dormi dix fois‖ cent ans, roide et glacé ?Est-ce toi, premier cri‖ de la mort, qu'a pousséLe Jeune Homme d'Hébron‖ sous la lourde massueEt les débris fumants‖ de l'autel renversé ?

Tais-toi, tais-toi, sanglot,‖ qui montes jusqu'au faîteDe ce sépulcre antique‖ où j'étais étendu !Dans mes nuits et mes jours‖ je t'ai trop entendu.Tais-toi, tais-toi, la chose‖ irréparable est faite.J'ai veillé si longtemps‖ que le sommeil m'est dû.

Mais non ! Ce n'est point là‖ ta clameur séculaire,Pâle enfant de la femme,‖ inerte sur son sein !O victime, tu sais‖ le sinistre desseinD'Iahvèh m'aveuglant‖ du feu de sa colère.L'iniquité divine‖ est ton seul assassin.

Silence, ô Cavalier‖ de la Géhenne ! O BêtesFurieuses, qu'il traîne‖ après lui, taisez-vous !Je veux parler aussi,‖ c'est l'heure, afin que tousVous sachiez, ô hurleurs‖ stupides que vous êtes,Ce que dit le Vengeur‖ Qaïn au Dieu jaloux.

Silence ! Je revois‖ l'innocence du monde.J'entends chanter encore‖ aux vents harmonieuxLes bois épanouis‖ sous la gloire des deux ;La force et la beauté‖ de la terre fécondeEn un rêve sublime‖ habitent dans mes yeux.

Le soir tranquille unit‖ aux soupirs des colombes,Dans le brouillard doré‖ qui baigne les halliers,Le doux rugissement‖ des lions familiers ;Le terrestre Jardin‖ sourit, vierge de tombes,Aux Anges endormis‖ à l'ombre des palmiers.

L'inépuisable joie‖ émane de la Vie ;L'embrassement profond‖ de la terre et du cielEmplit d'un même amour‖ le cœur universel ;Et la Femme, à jamais‖ vénérée et ravie,Multiplie en un long‖ baiser l'Homme immortel.

Et l'aurore qui rit‖ avec ses lèvres roses,De jour en jour, en cet‖ adorable berceau,Pour le bonheur sans fin‖ éveille un dieu nouveau ;Et moi, moi, je grandis‖ dans la splendeur des choses,Impérissablement‖ jeune, innocent et beau !

Compagnon des Esprits‖ célestes, origineDe glorieux enfants‖ créateurs à leur tour,Je sais le mot vivant,‖ le verbe de l'amour ;Je parle et fais jaillir‖ de la source divine,Aussi bien qu'Élohim,‖ d'autres mondes au jour !

Éden ! ô Vision‖ éblouissante et brève,Toi dont, avant les temps,‖ j'étais déshérité !Éden, Éden ! voici‖ que mon cœur irritéVoit changer brusquement‖ la forme de son rêve,Et le glaive flamboie‖ à l'horizon quitté.

Éden ! ô le plus cher‖ et le plus doux des songes,Toi vers qui j'ai poussé‖ d'inutiles sanglots !Loin de tes murs sacrés‖ éternellement closLa malédiction‖ me balaye, et tu plongesComme un soleil perdu‖ dans l'abîme des flots.

Les flancs et les pieds nus,‖ ma mère Héva s'enfonceDans l'âpre solitude‖ où se dresse la faim.Mourante, échevelée,‖ elle succombe enfin,Et dans un cri d'horreur‖ enfante sur la ronceTa victime, Iahvèh !‖ celui qui fut Qaïn.

O nuit ! Déchirements‖ enflammés de la nue,Cèdres déracinés,‖ torrents, souffles hurleurs,O lamentations‖ de mon père, ô douleurs,O remords, vous avez‖ accueilli ma venue,Et ma mère a brûlé‖ ma lèvre de ses pleurs.

Buvant avec son lait‖ la terreur qui l'enivre,A son côté gisant‖ livide et sans abri,La foudre a répondu‖ seule à mon premier cri ;Celui qui m'engendra‖ m'a reproché de vivre,Celle qui m'a conçu‖ ne m'a jamais souri.

Misérable héritier‖ de l'angoisse première,D'un long gémissement‖ j'ai salué l'exil.Quel mal avais-je fait ?‖ Que ne m'écrasait-il,Faible et nu sur le roc,‖ quand je vis la lumière,Avant qu'un sang plus chaud‖ brûlât mon cœur viril ?

Emporté sur les eaux‖ de la Nuit primitive,Au muet tourbillon‖ d'un vain rêve pareil,Ai-je affermi l'abîme,‖ allumé le soleil,Et, pour penser : Je suis !‖ pour que la fange vive,Ai-je troublé la paix‖ de l'éternel sommeil ?

Ai-je dit à l'argile‖ inerte : Souffre et pleure !Auprès de la défense‖ ai-je mis le désir,L'ardent attrait d'un bien‖ impossible à saisir,Et le songe immortel‖ dans le néant de l'heure ?Ai-je dit de vouloir‖ et puni d'obéir ?

O misère ! Ai-je dit‖ à l'implacable Maître,Au Jaloux, tourmenteur‖ du monde et des vivants,Qui gronde dans la foudre‖ et chevauche les vents :La vie assurément‖ est bonne, je veux naître !Que m'importait la vie‖ au prix où tu la vends ?

Sois satisfait ! Qaïn‖ est né. Voici qu'il dresse,Tel qu'un cèdre, son front‖ pensif vers l'horizon.Il monte avec la nuit‖ sur les rochers d'Hébron,Et dans son cœur rongé‖ d'une sourde détresseIl songe que la terre‖ immense est sa prison.

Tout gémit, l'astre pleure‖ et le mont se lamente,Un soupir douloureux‖ s'exhale des forêts,Le désert va roulant‖ sa plainte et ses regrets,La nuit sinistre, en proie‖ au mal qui la tourmente,Rugit comme un lion‖ sous l'étreinte des rets.

Et là, sombre, debout‖ sur la roche escarpée,Tandis que la famille‖ humaine, en bas, s'endort,L'impérissable ennui‖ me travaille et me mord,Et je vois la lueur‖ de la sanglante ÉpéeRougir au loin le ciel‖ comme une aube de mort.

Je regarde marcher‖ l'antique Sentinelle,Le Khéroub chevelu‖ de lumière, au milieuDes ténèbres, l'Esprit‖ aux six ailes de feu,Qui, dardant jusqu'à moi‖ sa rigide prunelle,S'arrête sur le seuil‖ interdit par son Dieu.

Il reluit sur ma face‖ irritée, et me nomme :— Qaïn, Qaïn ! — Khéroub‖ d'Iahvèh, que veux-tu ?Me voici. — Va prier,‖ va dormir. Tout s'est tu,Le repos et l'oubli‖ bercent la terre et l'homme ;Heureux qui s'agenouille‖ et n'a pas combattu !

Pourquoi rôder toujours‖ par les ombres sacrées,Haletant comme un loup‖ des bois jusqu'au matin ?Vers la limpidité‖ du aradis lointainPourquoi tendre toujours‖ tes lèvres altérées ?Courbe la face, esclave,‖ et subis ton destin.

Rentre dans ton néant,‖ ver de terre ! Qu'importeTa révolte inutile‖ à Celui qui peut tout ?Le feu se rit de l'eau‖ qui murmure et qui bout ;Le vent n'écoute pas‖ gémir la feuille morte.Prie et prosterne-toi.‖ — Je resterai debout !

Le lâche peut ramper‖ sous le pied qui le dompte,Glorifier l'opprobre,‖ adorer le tourment,Et payer le repos‖ par l'avilissement ;Iahvèh peut bénir‖ dans leur fange et leur honteL'épouvante qui flatte‖ et la haine qui ment ;

Je resterai debout !‖ Et du soir à l'aurore,Et de l'aube à la nuit,‖ jamais je ne tairaiL'infatigable cri‖ d'un cœur désespéré !La soif de la justice,‖ ô Khéroub, me dévore.Écrase-moi, sinon,‖ jamais je ne ploîrai !

Ténèbres, répondez !‖ Qu'Iahvèh me réponde !Je souffre, qu'ai-je fait ?‖ — Le Khéroub dit : — Qaïn !Iahvèh l'a voulu.‖ Tais-toi. Fais ton cheminTerrible. — Sombre Esprit,‖ le mal est dans le monde,Oh ! pourquoi suis-je né !‖ — Tu le sauras demain. —

Je l'ai su. Comme l'ours‖ aveuglé qui trébucheDans la fosse où la mort‖ l'a longtemps attendu,Flagellé de fureur,‖ ivre, sourd, éperdu,J'ai heurté d'Iahvèh‖ l'inévitable embûche ;Il m'a précipité‖ dans le crime tendu.

O jeune homme, tes yeux,‖ tels qu'un ciel sans nuage,Étaient calmes et doux,‖ ton cœur était légerComme l'agneau qui sort‖ de l'enclos du berger ;Et Celui qui te fit‖ docile à l'esclavagePar ma main violente‖ a voulu t'égorger !

Dors au fond du Schéol !‖ Tout le sang de tes veines,O préféré d'Héva,‖ faible enfant que j'aimais,Ce sang que je t'ai pris,‖ je le saigne à jamais !Dors, ne t'éveille plus !‖ Moi, je crîrai mes peines,J'élèverai la voix‖ vers Celui que je hais.

Fils des Anges, orgueil‖ de Qaïn, race altièreEn qui brûle mon sang,‖ et vous, enfants domptésDe Seth, ô multitude‖ à genoux, écoutez !Écoutez-moi, Géants !‖ écoute-moi, poussière !Prête l'oreille, ô Nuit‖ des temps illimités !

Élohim, Élohim !‖ Voici la prophétieDu Vengeur, et je vois‖ le cortège hideuxDes siècles de la terre‖ et du ciel, et tous deux,Dans cette vision‖ lentement éclaircie,Roulent sous ta fureur‖ qui rugit autour d'eux.

Tu voudras vainement,‖ assouvi de ton rêve,Dans le gouffre des Eaux‖ premières l'engloutir ;Mais lui, lui se rira‖ du tardif repentir.Comme Léviathan‖ qui regagne la grève,De l'abîme entr'ouvert‖ tu le verras sortir.

Non plus géant, semblable‖ aux Esprits, fier et libre,Et toujours indompté,‖ sinon victorieux ;Mais servile, rampant,‖ rusé, lâche, envieux,Chair glacée où plus rien‖ ne fermente et ne vibre,L'homme pullulera‖ de nouveau sous les cieux.

Emportant dans son cœur‖ la fange du Déluge,Hors la haine et la peur‖ ayant tout oublié,Dans les siècles obscurs‖ l'homme multipliéSe précipitera‖ sans halte ni refuge,A ton spectre implacable‖ horriblement lié.

Dieu de la foudre, Dieu‖ des vents, Dieu des armées,Qui roules au désert‖ les sables étouffants,Qui te plais aux sanglots‖ d'agonie, et défendsLa pitié, Dieu qui fais‖ aux mères, affamées,Monstrueuses, manger‖ la chair dé leurs enfants !

Dieu triste, Dieu jaloux‖ qui dérobes ta face,Dieu qui mentais, disant‖ que ton œuvre était bon,Mon souffle, ô Pétrisseur‖ de l'antique limon,Un jour redressera‖ ta victime vivace.Tu lui diras : Adore !‖ Elle répondra : Non !

D'heure en heure, Iahvèh !‖ ses forces mutinéesIront élargissant‖ l'étreinte de tes bras ;Et, rejetant ton joug‖ comme un vil embarras,Dans l'espace conquis‖ les choses déchaînéesNe t'écouteront plus‖ quand tu leur parleras !

Afin d'exterminer‖ le monde qui te nie,Tu feras ruisseler‖ le sang comme une mer,Tu feras s'acharner‖ les tenailles de fer,Tu feras flamboyer,‖ dans l'horreur infinie,Près des bûchers hurlants‖ le gouffre de l'Enfer ;

Mais quand tes prêtres, loups‖ aux mâchoires robustes,Repus de graisse humaine‖ et de rage amaigris,De l'holocauste offert‖ demanderont le prix,Surgissant devant eux‖ de la cendre des Justes,Je les flagellerai‖ d'un immortel mépris.

Je ressusciterai‖ les cités submergées,Et celles dont le sable‖ a couvert les monceaux ;Dans leur lit écumeux‖ j'enfermerai les eaux ;Et les petits enfants‖ des nations vengées,Ne sachant plus ton nom,‖ riront dans leurs berceaux !

J'effondrerai des deux‖ la voûte dérisoire.Par delà l'épaisseur‖ de ce sépulcre basSur qui gronde le bruit‖ sinistre de ton pas,Je ferai bouillonner‖ les mondes dans leur gloire ;Et qui t'y cherchera‖ ne t'y trouvera pas.

Et ce sera mon jour !‖ Et, d'étoile en étoile,Le bienheureux Éden‖ longuement regrettéVerra renaître Abel‖ sur mon cœur abrité ;Et toi, mort et cousu‖ sous la funèbre toile,Tu t'anéantiras‖ dans ta stérilité. —

Le Vengeur dit cela.‖ Puis, l'immensité sombre,Bond par bond, prolongea,‖ des plaines aux paroisDes montagnes, l'écho‖ violent de la VoixQui s'enfonça longtemps‖ dans l'abîme de l'ombre.Puis, un Vent très amer‖ courut par les cieux froids.

Thogorma ne vit plus‖ ni les bêtes hurlantes,Ni le grand Cavalier,‖ ni ceux d'Hénokhia.Tout se tut. Le Silence‖ élargi déployaSes deux ailes de plomb‖ sur les choses tremblantes.Puis, brusquement, le ciel‖ convulsif flamboya.

Et, le sceau fut rompu‖ des hautes cataractes.Le poids supérieur‖ fendit et crevassaLe couvercle du monde.‖ Un long frisson passaDans toute chair vivante ;‖ et, par nappes compactes,Et par torrents, la Pluie‖ horrible commença.

Puis, de tous les côtés‖ de la terre, un murmureEncore inentendu,‖ vague, innommable, emplitL'espace, et le fracas‖ d'en haut s'ensevelitDans celui-là. La Mer,‖ avec sa chevelureDe flots blêmes, hurlait‖ en sortant de son lit.

Elle venait, croissant‖ d'heure en heure, et ses lames,Toutes droites, heurtaient‖ les monts vertigineux,Ou, projetant leur courbe‖ immense au-dessus d'eux,Rejaillissaient d'en bas‖ vers la nuée en flammes,Comme de longs serpents‖ qui déroulent leurs nœuds.

Elle allait, arpentant‖ d'un seul repli de houlePlaines, vallons, déserts,‖ forêts, toute une partDu monde, et les cités‖ et le troupeau hagardDes hommes, et les cris‖ suprêmes, et la fouleDes bêtes qu'aveuglaient‖ la foudre et le brouillard.

Hérissés, et trouant‖ l'air épais, en spirale,De grands oiseaux, claquant‖ du bec, le col pendant,Lourds de pluie et rompus‖ de peur, et regardantLes montagnes plonger‖ sous la mer sépulcrale,Montaient toujours, suivis‖ par l'abîme grondant.

Quelques sombres Esprits,‖ balancés sur leurs ailes,Impassibles témoins‖ du monde enseveli,Attendaient pour partir‖ que tout fût accompli,Et que sur le désert‖ des Eaux universellesS'étendît pesamment‖ l'irrévocable oubli.

Enfin, quand le soleil,‖ comme un œil cave et videQui, sans voir, regardait‖ les espaces béants,Émergea des vapeurs‖ ternes des océans ;Quand, d'un dernier lien,‖ le Suaire livideEut de l'univers mort‖ serré les os géants ;

Quand le plus haut des pics‖ eut bavé son écume,Thogorma, fils d'Élam,‖ d'épouvante blêmi,Vit Qaïn le Vengeur,‖ l'immortel EnnemiD'Iahvèh, qui marchait,‖ sinistre, dans la brume,Vers l'Arche monstrueuse‖ apparue à demi.

Et l'homme s'éveilla‖ du sommeil prophétique,Le long du grand Khobar‖ où boit un peuple impur.Et ceci fut écrit,‖ avec le roseau dur,Sur une peau d'onagre,‖ en langue khaldaïque,Par le Voyant, captif‖ des cavaliers d'Assur.

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
98[abbab] 1[abba] 1[abaaba]
Mètre
Alexandrins· profil 6−6
Strophes
98 quintils, 1 quatrain, 1 sizain
Mots à la rime
a l'épreuve / fleuve féminine, classiqueb d'Assur / Thur / mur masculine, classiquea terrasse / face féminine, classiqueb chien / assyrien / rien masculine, classiquea accrues / crues féminine, classiqueb assis / noircis / incirconcis masculine, classiquea nuque / l'eunuque féminine, classiqueb aïeux / pieux / cieux masculine, classiquea aïeules / meules féminine, classiqueb cuir / gémir / dormir masculine, classiquea inondée / Khaldée féminine, classiqueb roussi / aussi / Voici masculine, classiquea monde / immonde féminine, classiqueb septentrion / éruption / création masculine, équivalentea nuées / remuées féminine, classiqueb mer / l'air / éclair masculine, classiquea louche / farouche féminine, classiqueb d'or / Gelboé-hor / encor masculine, classiquea noires / mâchoires féminine, classiqueb renâclement / brusquement / ébranlement masculine, classiquea chargées / outragées féminine, classiqueb odeurs / grondeurs / profondeurs masculine, classiquea murailles / entrailles féminine, classiqueb tours / lourds / jours masculine, classiquea plaine / haleine féminine, classiqueb fin / pin / faim masculine, classiquea cavernes / citernes féminine, classiqueb sanglant / lent / flanc masculine, classiquea superbes / herbes féminine, classiqueb sérénité / liberté / tranquillité masculine, classiquea sombres / ombres féminine, classiqueb frémissant / sang / puissant masculine, classiquea mamelles / chamelles féminine, classiqueb vagabonds / bonds / gonds masculine, classiquea féroces / crosses féminine, classiqueb troupeaux / eaux / peaux masculine, classiquea poitrines / narines féminine, classiqueb roux / cous / trous masculine, classiquea mouvante / l'épouvante féminine, classiqueb remparts / parts / épars masculine, classiquea rude / solitude féminine, classiqueb cela / là / d'Hévila masculine, classiquea paupières / pierres féminine, classiqueb Bâtissez / passés / assez masculine, classiquea inconnues / nues féminine, classiqueb soir / choir / désespoir masculine, classiquea lave / cave féminine, classiqueb front / mangeront / tairont masculine, non classiquea veilles / oreilles féminine, non classiqueb faim / demain / frein masculine, classiquea ouvrage / l'orage féminine, classiqueb déserté / dompté / volonté masculine, classiquea Mâles / pâles féminine, classiqueb Forts / remords / morts masculine, classiquea aile / maternelle féminine, classiqueb l'aima / forma / Thogorma masculine, classiquea torches / porches féminine, classiqueb soirs / noirs / réservoirs masculine, classiquea farouche / couche féminine, classiqueb reluit / bruit / nuit masculine, classiquea ténèbres / funèbres féminine, classiqueb tourbillon / étalon / vallon masculine, classiquea épaisses / espèces féminine, classiqueb horriblement / bourdonnement / firmament masculine, classiquea souples / couples féminine, classiqueb vautour / tour / autour masculine, classiquea Anges / langes féminine, classiqueb cria / Hénokhia / répudia masculine, classiquea prochaine / déchaîne féminine, classiqueb eaux / oiseaux / sceaux masculine, classiquea devenue / nue féminine, classiqueb pierreux / eux / vigoureux masculine, classiquea poussière / carnassière féminine, classiqueb Meurtrier / crier masculine, classiquec prier / condamné masculine, classiquea aurore / encore féminine, classiquec nouveau-né / forcené masculine, classiquea vile / ville féminine, classiqueb sacré / espéré / muré masculine, classiquea rebelle / nouvelle féminine, classiqueb front / l'affront / périront masculine, classiquea granitique / antique féminine, classiqueb révolus / plus / velus masculine, classiquea visage / âge féminine, classiqueb travers / ouverts / univers masculine, classiquea innombrable / vénérable féminine, classiqueb fourmillement / moment / silencieusement masculine, classiquea haine / Géhenne féminine, classiqueb naseaux / roseaux / animaux masculine, classiquea aire / tonnerre féminine, classiqueb voilà / parla / roula masculine, classiquea issue / massue féminine, classiqueb glacé / poussé / renversé masculine, classiquea faîte / faite féminine, classiqueb étendu / entendu / dû masculine, classiquea séculaire / colère féminine, classiqueb sein / dessein / assassin masculine, classiquea Bêtes / êtes féminine, classiqueb taisez-vous / tous / jaloux masculine, classiquea monde / féconde féminine, classiqueb harmonieux / deux / yeux masculine, classiquea colombes / tombes féminine, classiqueb halliers / familiers / palmiers masculine, classiquea Vie / ravie féminine, classiqueb ciel / universel / immortel masculine, classiquea roses / choses féminine, classiqueb berceau / nouveau / beau masculine, classiquea origine / divine féminine, classiqueb tour / l'amour / jour masculine, classiquea brève / rêve féminine, classiqueb déshérité / irrité / quitté masculine, classiquea songes / plonges féminine, non classiqueb sanglots / clos / flots masculine, classiquea s'enfonce / ronce féminine, classiqueb faim / enfin / Qaïn masculine, classiquea nue / venue féminine, classiqueb hurleurs / douleurs / pleurs masculine, classiquea l'enivre / vivre féminine, classiqueb abri / cri / souri masculine, classiquea première / lumière féminine, classiqueb l'exil / m'écrasait-il / viril masculine, classiquea primitive / vive féminine, classiqueb pareil / soleil / sommeil masculine, classiquea pleure / l'heure féminine, classiqueb désir / saisir / d'obéir masculine, classiquea Maître / naître féminine, classiqueb vivants / vents / vends masculine, classiquea dresse / détresse féminine, classiqueb l'horizon / d'Hébron / prison masculine, classiquea lamente / tourmente féminine, classiqueb forêts / regrets / rets masculine, classiquea escarpée / Épée féminine, classiqueb s'endort / mord / mort masculine, classiquea Sentinelle / prunelle féminine, classiqueb milieu / feu / Dieu masculine, classiquea nomme / l'homme féminine, classiqueb veux-tu / tu / combattu masculine, classiquea sacrées / altérées féminine, classiqueb matin / lointain / destin masculine, classiquea Qu'importe / morte féminine, classiqueb tout / bout / debout masculine, classiquea dompte / honte féminine, classiqueb tourment / l'avilissement / ment masculine, classiquea l'aurore / dévore féminine, classiqueb tairai / désespéré / ploîrai masculine, classiquea réponde / monde féminine, classiqueb Qaïn / chemin / demain masculine, classiquea trébuche / embûche féminine, classiqueb attendu / éperdu / tendu masculine, classiquea nuage / l'esclavage féminine, classiqueb léger / berger masculine, classiquec t'égorger / domptés masculine, classiquea veines / peines féminine, classiqueb j'aimais / jamais / hais masculine, classiquea altière / poussière féminine, classiquec écoutez / illimités masculine, classiquea prophétie / éclaircie féminine, classiqueb hideux / deux / d'eux masculine, classiquea rêve / grève féminine, classiqueb l'engloutir / repentir / sortir masculine, classiquea libre / vibre féminine, classiqueb victorieux / envieux / cieux masculine, classiquea Déluge / refuge féminine, classiqueb oublié / multiplié / lié masculine, classiquea armées / affamées féminine, classiqueb étouffants / défends / enfants masculine, classiquea face / vivace féminine, classiqueb bon / limon / Non masculine, classiquea mutinées / déchaînées féminine, classiqueb bras / embarras / parleras masculine, classiquea nie / infinie féminine, classiqueb mer / fer / l'Enfer masculine, classiquea robustes / Justes féminine, classiqueb amaigris / prix / mépris masculine, classiquea submergées / vengées féminine, classiqueb monceaux / eaux / berceaux masculine, classiquea dérisoire / gloire féminine, classiqueb bas / pas masculine, classiquea étoile / toile féminine, classiqueb regretté / abrité / stérilité masculine, classiquea sombre / l'ombre féminine, classiqueb parois / Voix masculine, classiquec froids / d'Hénokhia masculine, classiquea hurlantes / tremblantes féminine, classiquec déploya / flamboya masculine, classiquea cataractes / compactes féminine, classiqueb crevassa / passa / commença masculine, classiquea murmure / chevelure féminine, classiqueb emplit / s'ensevelit / lit masculine, classiquea lames / flammes féminine, classiqueb vertigineux / d'eux / nœuds masculine, classiquea houle / foule féminine, classiqueb part / hagard / brouillard masculine, classiquea spirale / sépulcrale féminine, classiqueb pendant / regardant / grondant masculine, classiquea ailes / universelles féminine, classiqueb enseveli / accompli / oubli masculine, classiquea vide / livide féminine, classiqueb béants / océans / géants masculine, classiquea écume / brume féminine, classiqueb blêmi / Ennemi / demi masculine, classiquea prophétique / khaldaïque féminine, classiqueb impur / dur / d'Assur masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.1

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

500 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources