Vers de vase, 1906· Poésies et monologues· I Calendrier du pécheur
VIII. Août
Peut être, dans ce mois de chaleurs étouffantesDans le milieu du jour aimes-tu mieux dormir ?Car le poisson mord mal, nul appât ne le tente,Et tu ne prendrais rien, je dois t’en avertir.
Le matin et le soir, voilà l’heure excellente !Va donc ! Comme en juillet, satisfais ton désir,Choisis ta place et pêche à la ligne dormanteEt certes tu n’auras pas à t’en repentir.
Au bord de ton canot installe bien ta ligne ;Mais ne fais pas de bruit, car la carpe est maligne ;Et lorsque tu verras s’agiter ton flotteur,
Ferre ! Mais pas trop tôt, car l’adroite commèrePourrait se détacher. — Une carpe ordinaire,Vaut dix autres poissons de la même grosseur.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de vase, Paris, BORNEMANN, ÉDITEUR, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources